Procédé de fabrication d'un matériau céramique et installation pour
la mise en oeuvre de ce procédé.
La présente invention a pour objet un procédé de fabrication d'un matériau céramique et une installation pour la mise en oeuvre de ce procédé.
Le procédé objet de la présente invention est caractérisé en ce qu'on part d'une manière capable d'être transformée en matière céra inique, qu'on réduit cette matière à l'état de grains par un moyen mécanique, qu'on la sèche, la cuit, puis la laisse refroidir cil vue de son utilisation.
L'installation pour la mise en oeuvre de ce procédé est caractérisée en ce qu'elle comprend au moins un élément susceptible de transformer ladite matière en grains, au moins un élément séeheur, au moins un élément cui- seur et au moins un élément refroidisseur, ainsi que des transporteurs mécaniques desservant ces divers éléments.
Les dessins sehématiques annexés représentent, à titre d'exemples, deux formes d'exécution de l'installation permettant de fabriquer ce matériau céramique.
La fig. 1 est une vue en élévation longitudinale de la première forme d'exéeution.
La fig. 2 en est une vue en plan correspondante.
La fig. 3 est une vue en élévation longitudinale de la seconde forme d'exécution.
La fig. 4 en est une vue en plan corres pondant
La fig. 5 en est une vue de profil.
L'installation représentée dans les fig. 1 et 2 comprend un élément susceptible de transformer le matériau en grains, constitué par une machine à boudiner ou à découper 1, destinée à débiter de façon continue le matériau en grains de matière capable d'être transformée en matière céramique, telle que l'argile, à l'état encore humide, directement sur un tablier transporteur 2 auquel fait suite un second transporteur sans fin 2a. Ces deux transporteurs 2 et 2a se déplacent dans un séchoir automatique à air chaud 3 constituant i'élément sécheur. Dans ce séchoir, l'humidité contenue dans le matériau en grains encore humide est évaporée soit partiellement, soit en totalité. La température de séchage pourra être quelconque, bien que toujours inférieure à la température de cuisson du matériau.
A sa sortie du séchoir 3, le matériau en grains passe directement sur une grille mobile automatique (fig. 1 et 2) cheminant en mar che continue dans un four 5 où s'effectue la cuisson du gravier, soit par chauffage direct, soit par chauffage indirect. Le gravier céramique sortant du four 5 à l'état chaud s'étale sar un tablier transporteur 6 sur lequel il s'achemine à travers un tunnel de refroidissement 7, ventilé par un courant d'air frais arrivant à contre-courant, pour être déversé directement à l'extrémité d'aval surplombante 6' du tablier 6 dans des bennes ou autres véhicules de transport roulant sur des rails R, ou dans des silos de stockage (non représen tés).
Pour réduire au minimum les pertes de chaleur et la consommation de combustible, le chauffage du séchoir 3 s'effectue, de préférence, à l'aide d'air chaud en provenance du four.
Dans la seconde forme d'exécution représentée aux fig. 3, 4 et 5, le four nique 5 à marche continue de la fig. 1 est remplacé par une batterie de fours 5a à marche intermittente ou à marche continue. Des organes de manutention mécanique appropriés comprenant un tablier élévateur sans fin 2b se déplaçant dans une manche oblique 10 et un tablier répartiteur sans fin 2e, assurent une distribution judicieuse du gravier sortant du séchoir 3 et tombant du tablier 2a qui se déplace dans ce séchoir. Un des fours 5a peut être au remplissage, tandis que les autres fours seraient les uns en marche, les autres en cours de vidange. On réalise ainsi la con timlité du traitement tout en évitant l'emploi d'un four à grille mobile, comme c'est le cas dans la construction des fig. 1 et 2.
8 désigne la goulotte de réception et d'évacuation inférieure du gravier céramique cuit qui est recueilli au bas du tunnel incliné qui constitue chaque four 5a. Cette goulotte déverse le produit sur un tablier transporteur sans fin 9.
Les grains de gravier céramique peuvent être pleins ou preux, avoir des grosseurs, des formes et des sections variables. On en fait un mortier de fluidité variable pour obtenir un coulis, une laitance ou une barbotine, puis on coule ce mortier dans un moule ou coffrage renfermant ou non une armature et ayant la forme de l'élément de construction à obtenir, ou encore la forme de la construction elle-même à obtenir, s'il s'agit de construction d'un seul bloc.
On peut ainsi construire rationnellement des immeubles et bâtiments, des éléments de construction en tous genres (blocs, agglomérés, parpaings, plaques ou panneaux de toitures remplaçant les tuiles, etc.) et exécuter divers travaux publics. Ce matériau est particulièrement précieux dans les régions ou les pierres naturelles font défaut.
Les maisons d'habitation construites avec le matériau obtenu par le procédé objet de l'invention joignent à l'avantage des constructions en briques, qu'elles remplacent, celui de la rapidité de construction qu'on atteint avec le bétonnage ordinaire. Le procédé permet, en effet, de remplacer le bétonnage ordinaire par un bétonnage au mortier contenant, au lieu de gravier ou de sable naturel, un sable ou gravier formé de grains de matières terreuses cuites.
Ce : e procédé représente donc un important progrès technique. En effet, la méthode artisanale de construction consistant à poser les assises successives de briques à la main est remplacée ici par une méthode industrielle consistant à couler en coffrages ou autres moules un mortier plus ou moins fluide contenant du gravier céramique. Une maçonnerie ainsi obtenue allie la porosité d'un mur ordinaire en briques et tous les avantages (aération, isolation, etc.) résultant de cette porosité, à l'avantage supplémentaire d'une rapidité d'exécution égale à celle du béton usuel, sans présenter le défaut de porosité de ce lui-ci.
La main-d'oeuvre requise pour de semblables constructions en béton de gravier céramique n'a pas besoin d'être spécialisée. I1 suffit de prévoir des gâcheurs et des manoeu- vres aptes à effectuer l'opération de coulage, tandis que le maçonnage à l'aide de briques exige, comme on le sait, des maçons de métier.
Un autre avantage du procédé réside dans le fait qu'au lieu d'avoir à sécher et cuire des briques, on sèche et cuit du gravier naturel.
On sait que le séchage des briques est relativement long et que l'empilage dans les fours de cuisson exige mi travail manuel. La cuisson des briques est elle-même assez longue en raison des dimensions de la brique et en raison aussi de la nécessité d'atteindre le cceur même de celle-ci. I1 en résulte que c'est la forme de la brique et sa masse relativement importante, ainsi que la nécessité d'obtenir des briques qui ne soient ni déformées ni détériorées, qui entraînent la nécessité de fabriquer les briques à température réduite, avec interventions manuelles, ce qui exige du temps.
Au contraire, la fabrication d'éléments de construction ou la construction elle-même à l'aide de gravier céramique est beaucoup plus rapide et plus rationnelle, du fait qu'on peut sécher plus rapidement des grains que des briques, qu'on peut sans inconvénient appliquer des températures plus fortes de séchage sans crainte d'amener des déformations ou éclatements dommageables par suite d'un séchage trop poussé ou d'une cuisson trop énergique, et qu'on ne risque pas de bris ni de cassures au cours des manntentions, comme c'est le cas avec les briques.
On arrive ainsi à produire en marche continue du gravier céramique dans un laps de temps bien inférieur à celui qu'il faudrait pour fabriquer le même volume de briques ordinaires suivant la méthode habituelle, notamment du fait qu'on n'a plus besoin d'empiler de briques dans le séchoir, d'enlever ces briques séchées, de les réempiler pour les cuire, de les désempiler une fois cuites. En outre, il n'v a plus lieu de prévoir de déchargement à la main sur les chantiers, comme c'est le cas pour les briques, le gravier céramique prêt à être incorporé au mor- tier pouvant être déchargé à l'aide de bennes basculantes.
Enfin, pour fabriquer ce gravier céramique, il est possible d'utiliser des terres argileuses, au besoin concassées, de moins bonne qualité que celles qu'exigerait la
fabrication des briques, en particulier des terres peu liantes qui ne s'aggloméreraient pas suffisamment pour former des briques de dimensions courantes, mais qui possèdent cependant assez de pouvoir liant pour s'agglutiner en gravier.
REVENDICATIONS:
I. Procédé de fabrication d'un matériau céramique, caractérisé en ce qu'on part d'une matière capable d'être transformée en matière céramique, qu'on réduit cette matière à l'état de grains par un moyen mécanique, qu'on la sèche, la cuit, puis la laisse refroidir en vue de son utilisation.