Procédé pour la fabrication de pièces dentaires artificielles en porcelaine.
La présente invention est relative à la fabrication de dents artificielles en porcelaine et notamment à celle des dents destinées à être assujetties sur leurs supports par scelle- nlerlt sans utilisation de crampons. Pour obtenir une meilleure rétention dn scellement rétention à laquelle s'oppose le glaçage superficiel que présente la porcelaine après cuis uon -, il est possible de traiter la surface cie I d(nt qui doit être scellée par de l'avide fi uorl'vdrique. C*e traitement ne détermine tontefois qu'un simple dépolissage de la surface dc la dent, insuffisant, dans bien des cas,
lonr assurer un scellement assez solide pour éviter le décollement ou l'arraehement accidentel de la dent. I1 s'est notamment montré pratiquement impossible d'assurer, sans uti li.'ation de crampons, une bonne rétention des dents plates sur leur support.
L'invention a pour objet un procédé qui permet d'améliorer très sensiblement la rétention des dents artificielles en porcelaine, du type susmentionné.
Le procédé suivant l'invention est caractérisé en ce que l'on forme une surface de scellement rugueuse au moyen d'une couche de porcelaine à laquelle est incorporée de la poudre cl'un matériau réfractaire présentant une dureté an moins aussi élevée que celle de la porcelaine et une résistance à l'attaque par l'acide fluorhydrique sensiblement supérieure à celle de la porcelaine. On obtient ainsi, après cuisson, un produit dont la surface présente, dans la partie additionnée du maté riau réfractaire susmentionné, une rugosité en rapport avec les dimensions des grains du matériau utilisé et de laquelle résulte une faculté de rétention par seellement notablement accrue, même sans attaque par l'acide fluorhydrique.
Comme matériau réfractaire en poudre susceptible d'être incorporé à la porcelaine, on peut utiliser, par exemple, l'alumine fondue, naturelle on artificielle, corindon, le quartz, la quartzite, la serpentine, le silice, certains silicates présentant les propriétés requises ci-dessus indiquées, le zircone et, en général, toutes roches très dures et réfractaires. Pour simplifier l'exposé, il sera ciaprès uniquement question d'alumine, étant entendu que cette indication n'est nullement limitative et que les précisions données cidessus s'appliquent, en changeant ce qui doit être changé, aux autres matériaux réfractaires utilisables au lieu de l'alumine. L'incorporation d'alumine à la porcelaine, non seulement ne diminue pas la résistance mécanique de cette dernière, mais assure une augmentation de cette résistance.
En tout cas, on constate une excellente soudure des grains d'alumine avec la porcelaine, ce qui peut vraisemblablement être expliqué par le fait que l'alumine est attaquée superficiellement à chaud par les silicates rentrant dans la composition de la porcelaine.
Pratiquement, on peut utiliser comme poudre d'alumine pour la réalisation de l'invention, des grains de corindon passant par des tamis allant du Nu"43 (correspondant à nne grosseur de grains de 400 à 1410) au N" 220 (correspondant à une grosseur degrains de 25 à 90). Les meilleurs résultats semblent être obtenus au moyen de grains correspondant aux tamis allant du N" 80 au N" 150, les dimensions optima pour ces grains paraissant se trouver entre 100 et 200. Toutefois, les grains correspondant au NO 220 donnent encore une rugosité appréciable et très supérieure à celle qu'on obtient par l'attaque d'une porcelaine normale par l'acide fluorhydrique. La proportion d'alumine incorporée à-la porcelaine peut varier dans de larges limites.
Des résultats satisfaisants sont obtenus, par exemple, en employant des mélanges de porcelaine et d'alumine correspondant approximativement à un rapport volumétrique de 2 pour la porcelaine à 1 pour l'alumine, la dose optima étant déterminée par des essais pour chaque porcelaine.
On peut, si cela est utile, augmenter la rugosité obtenue par l'incorporation de poudre d'alumine - et, par conséquent, la fa- culté de rétention par scellement - en traitant la surface intéressée, à froid, par l'acide fluorhydrique, celui-ci attaquant la po'ce laine en respectant les grains d'alumine dont les arêtes vives sont alors parfaitement dénudées. On a constaté que même le fluorure acide d'ammonium, dont le pouvoir d'attaque sur les silicates composant la porcelaine est supérieur à celui de l'acide fluorhydrique, n'attaque pratiquement pas les grains de corindon incorporés à la porcelaine conformément à l'invention.
Le procédé faisant l'objet de l'invention peut être appliqué dans tous les cas où il s'agit de fixer par scellement des dents ou des portions de dents artificielles. Il s'applique notamment aux reconstitutions en porcelaine devant être scellées sur des dents naturelles
(couronnes, inlays , onlays ), aux dents artificielles de tons types devant être scellées sur des montures métalliques ou utilisées sur des prothèses en matières plastiques (caoutchouc durci, celluloïd, résines synthétiques, etc.).
Dans l'application de ee procédé aux couronnes de porcelaine et aux incrustation!; faites par le dentiste lui-même, on peut se contenter de garnir le moule de platine sur lequel est alors cuite la porcelaine, d'une cou che mince de poudre à porcelaine additionnée de poudre d'alumine. On procède ensuite à la cuisson de cette couche et l'on termine le travail par les méthodes habituelles avec de la porcelaine ordinaire. Après démoulage, la surface cuite sur le platine étant luisante, il suffit de la traiter à froid à l'acide fluorhy- drique pour dénuder les grains d'alumine et obtenir la rugosité favorable au scellement.
Dans l'application de l'invention aux dents artificielles fabriquées industriellement, plusieurs méthodes peuvent être envisagées.
Une première variante consiste, lors du moulage de la dent, à garnir de poudre propre à la production de porcelaine, additionnée de poudre d'alumine, les parties du moule correspondant aux surfaces qui devront être rugueuses sur la dent terminée, le remplissage du reste du moule étant effectué avec de la poudre à porcelaine normale. Le traitement par l'acide fluorhydrique peut être fait soit par le fabricant, soit par le dentiste lui-même.
Suivant une seconde variante, plus spécialement applicable aux dents dites diatori ques , après séchage et démoulage de la dent, mais avant cuisson, on enduit au pinceau les surfaces à rendre rugueuses avec an lait clair de poudre à porcelaine additionnée de poudre d'alumine, après quoi on procède à la cuisson.
Une variante analogue à cette dernière
consiste à enduire de colle ou de vernis, addi tionnée. ou non de poudre à porcelaine, les parties de la dent crue à rendre rugueuse, puis à les saupoudrer d'alumine, les grains
d'alumine se trouvant alors soudés à la surface au moment de la vitrification de la por
celaine à la cuisson.
On peut aussi appliquer l'invention à des
dents du type diatorique déjà cuites, en ba
digeonnant au pinceau les parties voulues de la dent avec nn lait de porcelaine additionné d'alumine, la porcelaine constituant ce lait présentant un point de fusion légèrement inférieur à celui cie la porcelaine de la dent, la dent étant ensuite soumise à une seconde cuisson à une température assez élevée pour produire la fusion de la porcelaine du badigeon, mais insuffisante pour provoquer la fusion de la dent.
Dans tous les cas, l'application de l'inven- tion permet d'obtenir pour les dents une solidité de scellement tont à fait remarquable, même s'il s'agit de dents plates. On réalise ainsi en même temps qu'une simplification notahle dans les opérations cie fahrication et d'ajustage fles dents artificielles, un eneom- brement pratiquement nul des organes d'assemblage; on a, cn outre, la possibilité de réduire au minimum l'épaisseur tant de la porcelaine que de la monture en matière plastique, ce qui assure, au total, une diminution sensible de prix de revient et du poids des appareils.
Un autre résultat avantageux procuré par l'invention réside en ce que le retrait des matières plastiques (et en particulier de la vul- canite) ne se produit pratiquement plus au niveau de la porcelaine rugueuse, la matière plastique restant étroitement liée à celle-ci.
Pour les dents diatoriques, en particulier, où ce retrait, peu apparent de].'extérieul, est cependant important et crée des vides se prêtant à des infiltrations et rétentions de substances putrescibles, le progrès qui en découle est important au point de vue hygiénique.
En outre, dans la fabrication de ce dernier type de dents, la solidité du scellement obtenu grâce à l'invention est susceptible de rendre inutile le travail de retouche que l'on fait subir à des dents après démoulage et avant cuisson, en vue de rendre rétentif le trou central. Indépendamment de la simplification et de l'économie résultant de cette suppression, les dents diatoriques deviendront interchangeables ¯ notamment dans le cas où l'incorporation d'alumine aura été faite au cours du moulage de la dent -, ce qui rendra possible leur utilisation par scellement sur des prothèses métalliques ou des bridges.
Au dessin ci-annexé on a représenté, à titre d'exemples non limitatifs, deux dents artificielles obtenues au moyen du procédé suivant l'invention.
La fig. 1 est une vue en coupe d'une dent plate a fixée sans crampons sur une prothèse b, par exemple en caoutchouc durci. Confort mément à l'invention, la surface de scelle- ment cie la dent a comporte une couche c de porcelaine additionnée de poudre d'alumine.
C'tette surface présente ici des cannelures d formées par moulage et destinées à augmenter la solidité du scellement.
La fig. 2 est une vue en coupe d'nne dent diatonique c scellée sur une prothèse f, égalenîent en caoutchouc durci. Une couche de porcelaine aluminée g est ici prévue sur toute la surface de la dent destinée à être enrobée dans la masse de caoutchouc durci. Grâce à la liaison étroite entre ce dernier et la porcelaine aluminée, aucun vide ne se produit par suite du retrait du caoutchouc entre la dent et la prothèse. Comme il a été expliqué plus haut, les évidements latéraux i (représentés en traits mixtes) qui sont habituellement pratiqués avant cuisson dans le trou central h de la dent en. vue de rendre celui-ci rétentif, peuvent être avantageusement supprimés.