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La présente invention a pour objet un procédé prati- que et rapide pour la fabrication en série des dents arti- ficielles en résine synthétique renforcée par un complexe siliceux nouveau, ces dents pouvant, par leurs propriétés techniques, rivaliser sur le plan fonctionnel avec les dents en porcelaine, tout en surpassant sur de nombreux points les dents en matière plastique renforcée, connues jusqu'à présent.
Divers moyens ont déjà été préconisés pour la fabrica- tion des dents en matière plastique renforcée, notamment:
1 ) L'addition à la matière plastique d'une charge granuleuse de quartz ou de cristal de roche. (Brevets belges N 436.067 et 436.086).
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2 ) L'addition à la matière plastique d'une charge fibreuse ultra-courte de 1 à 3mm, de verre ou de quartz, à filaments préférentiels de 1 à 3 microns, appuyés dans le plan de la trituration d'une charge complémentaire et gra- nuleuse de verre ou de quartz . (Brevet allemand N 877.815).
3 ) Faces triturantes ou incisantes en porcelaine, ciment ou métal, complétées par de la résine synthétique.
(Brevet français N 980.501).
4 ) Agglomérat de fibres minérales (principalement de verre) de 1 à 20 microns et de résine synthétique, des- tiné aux parties des dents exposées aux efforts de la mas- tication et de l'incision, cet agglomérat étant complété par un surmoulage en résine synthétique non renforcée, dans es endroits ne supportant aucun effort d'usure mécanique.
(@revet français du demandeur du 25 mars 1952,N 1.053.031).
5 ) Agglomérat de fibres de verre de 10 à 100 microns, traversant de part en part les parties de dents à fonctions rasticatrices et incisives, et de globules silico-résineux formés de particules siliceuses et granuleuses, incluses dans de petits grains globuleux de polymère synthétique, ces globules s'insérant dans les vides entre les filaments de verre, lesdits filaments étant de préférence de 20 à 50 microns, suffisamment rugueux et abrasifs, mais étant en même temps encore assez souples, et se présentant dans la pâte de l'agglomérat sous forme de fibres très longues, principalement de plusieurs décimètres, assemblées en flo- con. (Brevet français déposé le 10 Octobre 1956 sous N P.V. 723.440 par le demandeur en qualité d'inventeur et co-déposant).
Certaines de ces méthodes n'avaient qu'un intérêt purement théorique et n'ont permis aucune réalisation
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potuique industrialisée et commercialisée, dans quelque pays que ce soit. C'est le cas notamment des trois premières méthodes citées. Les deux premières ne donnaient aucun accroissement pratique de la résistance à l'abrasion, par rapport aux dents en résine simple;, en dehors d'autres in- compatibilités d'ordre technique et esthétique. Quant à la troisième méthode citée, elle ne pouvait être.appliquée à une fabrication de dents en série, mais tout au plus à la prothèse individuelle fixe.
Les deux dernières méthodes citées, par contre, ont donné lieu à une réalisation pratique des dents, et la cinquième méthode citée a permis, tout particulièrement, une fabrication de dents à bonne résistance à l'abrasion et à pouvoir mordant assez efficace. Toutefois, cette der- nière méthode possède un inconvénient technique, notamment celui d'une préparation assez compliquée et relativement lente de la pâte d'agglomérat siliceux:, sans intervention mécanique. De plus9 pour pouvoir réaliser cette pâte à partir de fibres très longues (principalement de quelques décimètres), cette méthode ne permet pas l'emploi de fila- ments de verre à diamètres supérieurs à 50 microns, car ceux-ci sont alors trop cassants pour les manipuler en flocons à filaments emmêlés,sans les briser.
Or, l'expé- rience a démontré que plus les filaments de verre sont épais, plus forte devient leur résistance à l'abrasion et à l'écrasement, ce qui est très utile pour l'accroissement des caractéristiques correspondantes dans les dents finies.
Le procédé suivant la présente invention a pour but de permettre la réalisation d'une fabrication pratique et rapide des dents artificielles de série, à constitution mixte, dont les parties de dents à fonctions incisives et
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masticatoires sont moulées en un composé synthétique ren-. forcé par un complexe siliceux inédit à texture fibro- granulaire, conférant à ces dents un pouvoir mordant ré- ellement très bon et une résistance à l'abrasion buccale d'un degré très élevé et inégalé jusqu'à présent, tandis que leurs parties qui ne doivent subir aucun effort mé- canique d'abrasion, sont reproduites en résine synthétique simple, à l'instar des procédés précédents du demandeur.
Le procédé selon la présente invention est carac- térisé en ce que les parties des dents, exposées aux ef- sorts de l'incision et de la mastication, sont moulées à partir d'un agglomérat formé d'un complexe siliceux fibro-granulaire et d'un liant résineux adhésif, ledit complexe siliceux étant constitué d'un mélange mécanique préalable, d'une part, de filaments de verre de 25 à 125 microns ou davantage, ces filaments de verre étant brisés dans un broyeur centrifuge en fragments plus ou moins courts, mais en l'absence de fragments minuscules assimi- lables à la poussière, et d'autre part, de globules cristallo-résineux, ces globules étant formés de granules de cristal, enveloppés d'une couche plus ou moins sphéri- que ou globuleuse de substance synthétique résineuse, soluble dans les solvants organiques.
Ce procédé est caractérisé, en outre, en ce que les parties en agglomérat si.lico-résineux, de filaments de verre de 25 à 125 microns et de globules cristallo-résineux, sont complétées par une ou plusieurs couches de résine synthétique simple ou non renforcée, jusqu'à forme entière des dents, principalement du côté vestibulaire,en plusieurs coloris et dégradés imitant l'aspect des dents humaines.
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Le fait d'utiliser pour le moulage de l'agglomérat silico-résineux, suivant l'invention, un mélange mécanique préalable de ses constituants,, prêt à l'emploi et suscepti- ble d'être préparé en grande quantité, représente une sé- rieuse économie de temps et de main-d'oeuvre par rapport à ceux qu'il fallait consacrer précédemment à la dispersion et à l'introduction manuelle de globules silico-résineux entre les filaments de verre, longs et effilochés (brevet français du demandeur du 10 octobre 1956). De plus, l'uti- lisation de filaments de verre relativement épais permet une plus grande résistance à l'abrasion et un pouvoir mor- dant plus efficace, d'autant plus,
qu'en utilisant des fi- laments de verre brisés dans un broyeur en fragments plus ou moins courts et dispersés par des moyens mécaniques, l'agglomérat silice-résineux, suivant l'invention, peut être réalisé avec une plus grande proportion de filaments de verre, sans en être affecté dans son aspect esthétique, que dans le cas de l'emploi, dans la pâte d'agglomérat siliceux, de fibres de verre plus ou moins longues et fines.
La présente invention prévoit deux variantes du procédé général, décrites séparément ci-après et appelées respectivement :"procédé primaire" et "procédé secondaire", termes dont on se servira dans la description, pour éviter toute confusion.
Le procédé primaire de la présente invention est caractérisé, d'une part, en ce que les parties de dents à fonctions incisives et masticatoires sont moulées et poly- mérisées, partiellement ou complètement, sous la forme de petits blocs appropriés à chaque type de dents, à partir
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d'une pâte contenant un mélange mécanique préalable de filaments de ferre à diamètres préférentiels de 50 à 100 microns et de globules cristallo-résineux à granules in- ternes de cristal, lesdits filaments de verre étant bri- sés dans un broyeur centrifuge en fragments de quelques millimètres à quelques centimètres, mais en l'absence de fragments ultra-courts assimilables à la poussière, et dtautre part,
en ce que les petits blocs en agglomérat silico-résineux et les couches complémentaires en résine synthétique simple sont réalisés en deux moulages dis- tincts et successifs, dans les alvéoles appropriées de moules séparés.
Pour la réalisation de dents selon le procédé pri- maire de l'invention, il faut donc utiliser deux séries de moules différents, à savoir : série avec les formea partielles de dents, pour le moulage de petits blocs en agglomérat silico-résijeux (reproduisant les bords inci- sifs et les faces linguales des dents antérieures, ainsi que les faces triturantes des dents postérieures), et une autre série avec les formes des dents entières, pour le surmoulage final de complément, sur les blocs précités.
Ce procédé présente un avantage important de précision, de sûreté et de régularité dans la qualité de la fabrication des dents, car, d'une part, le moulage de ces blocs dans les alvéoles appropriées de moules spéciaux leur confère une forme et une épaisseur adéquate et constante, parfai- tement adaptée à chaque type et dimension des dents, et d'autre part, l'introduction et le guidage de ces blocs dans et par les alvéoles de dents entières, leur assure la précision de l'emplacement à occuper par l'agglomérat
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silico-rési@eux dans les dents finies.
Toutefois, le procédé primaire présente néanmoins un léger désavantage économique et commercial, par le prix de revient plus élevé que celui du moulage des dents en résine simple, réalisé en une seule phase. Aussi, une variante simplifiée du procédé général, suivant l'invention, est également prévue, à savoir celle du procédé secondaire, qui peut permettre une réalisation des dents renforcées à un prix de revient du niveau de celui des dents en résine simple et à fabrication la plus courante.
Les dents du . procédé secondaire sont également basées sur deux éléments constitutifs et à fonctions identiques aux dents du procé- dé primaire, mais à l'opposé de ce dernier, elles sont di- rectement réalisées par un moulage à phase unique, dans les moules à formes entières de dents, d'où il résulte une certaine économie de la main-d'oeuvre.
Le procédé secondaire, suivant la présente invention, est caractérisé, d'une part, en ce que les parties de dents à fonctions incisives et masticatoires sont moulées à par- tir de l'agglomérat silico-résineux formé du mélange méoa- nique préalable de filaments de verre à diamètres préfé- rentiels de 50 à 100 microns et de globules cristallo- résineux, lesdits filaments de verre étant brisés dans un broyeur centrifuge en fragments très courts et susceptibles d'être introduits par versage dans les alvéoles des dents les plus petites, à l'entrée de quelques millimètres car- rés, mais en l'absence de fragments minuscules assimila- bles à la poussière, et d'autre part, en ce que les parties en.
agglomérat silico-résineux et les couches complémentai- res en résine synthétique simple sont réalisées par un moulage à phase unique, dans le même moule.
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Il est à noter, cependant, que la réalisation & dents du procédé secondaire et simplifié n'est pas sans inconvénients techniques, car le moulage unique et direct des deux éléments constitutifs de ces dents présente un certain risque de déplacement de l'agglomérat silico- résineux et ne peut donc toujours assurer une épaisseur suffisante et indispensable à celui-ci, comme également la précision de ses contours et de son emplacement dans la forme des dents finies, à l'instar du procédé primaire.
Les caractéristiques techniques essentielles du procédé général de la présente invention, conférant aux dents finies leurs propriétés de résistance à l'abrasion et du pouvoir mordant, proviennent particulièrement de la composition du complexe siliceux de l'agglomérat, soit de ).'action simultanée des filaments de verre relativement épasis, et des granules internes de cristal, solidement sucrés dans les globules de polymère.
Le principe de la résistance à l'abrasion de l'ag- glomérat silico-résineux dans toutes les variantes du procédé général, suivant l'invention, est basé sur le blocage de l'usure de la substance résineuse extérieure par les aspérités des éléments siliceux du renforcement, légèrement saillantes à fleur de la surface dans le plan de la trituration. Au début, dans les dents neuves, la surface de l'agglomérat est unie et lisse, car les aspé- rités siliceuses et la substance résineuse extérieure se trouvent au même niveau ; mais dès qu'une usure minime de la résine extérieure s'est produite en profondeur entre les aspérités des éléments siliceux, les dégageant en même temps et les rendant légèrement saillantes, toute
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usure ultérieure et progressive est stoppée.
Celle-ci ne pourrait s'accentuer même avec un usage très prolongé, car l'attaque antagoniste ne peut atteindre davantage la sub- stance résineuse extérieure et ne se produit qu'au niveau des aspérités siliceuses saillantes, qui ont une très for- te résistance à l'abrasion, à moins de les attaquer par des abrasifs très puissants capables de mordre dans le verre (ce qui ne peut se présenter en bouche).
Les surfa- ces de ces dents, dans le plan de la trituration, possè- dent alors une très légère rugosité, similaire à celle de dents en porcelaine légèrement abrasées, mai. s qui n'est pas gênante pour la mastication, ni davantage pour le contact de la langue,
Les globules de polymère à charge interne de cris- tal sont réalisés par polymérisation granulaire ou globu- laire en dispersion dans un bain aqueux, contenant (en suspension ou en dissolution) un ou des- adjuvants habi- tuels d'isolation entre les gouttelettes de liquide mono- mère, préalablement chargé de poudre siliceuse, l'ensemble étant maintenu en dispersion constante ou continue, jus- qu'à la fin de la polymérisation, par une agitation très énergique.
L'enveloppement individuel des particules gra- nuleuses de cristal par le composé synthétique résineux s'opère automatiquement, lors de la transformation de durcissement des gouttelettes de monomère dispersé en globules de polymère, dans lesquels ces granules de cris- tal sont définitivement fixés à la fin de la polymérisation.
Toutes les particules de cristal sont généralement enveloppées du revêtement résineux de ces globules sphéri- ques de polymère, et on n'en voit pas en liberté si l'on examine le produit de polymérisation au microscope. Par
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contre, dans une dent moulée à titre d'expérience, cette charge se révèle au toucher, après une légère usure de la résine superficielle lisse par les abrasifs humides (par exemple: de la pierre ponce ou du carbonate de calcium), faisant alors apparaître la rugosité des particules de cristal à fleur de la surface.
Celles-ci sont très diffi- ciles à éliminer de la masse résineuse par l'abrasion pure et simple, étant intimement liées à chaque globule de polymère, le tout formant, en fait, un véritable complexe minéralo-résineux, impossible à dissocier autre- ment que par la dissolution du polymère d'enveloppement.
Pour les dents à réaliser suivant le procédé de la présente invention,, la charge interne et granuleuse de ces globules de polymère doit être de cristal de verre ou ,la roche, très pur et incolore au maximum, réduit en pou- dre par broyage et à granules tamisés par toile de 120 à 180 mailles par pouce carré (correspondant aux grains d'environ 80 à 120 microns de diamètre moyen). Il est conseillé de limiter cette charge à environ 50 % en poids du liquide monomère à polymérieser, car une charge interne exagérée risque de rendre l'agglomérat silico-résineur fragile aux chocs dans les dents finies moulées conformé- ment au procédé de la présente invention, par l'insuffi- sance quantitative de l'apport résineux.
Pour obtenir les caractéristiques esthétiques in- dispensables des dents à réaliser selon le procédé de l'invention, les globules cristallo-résineux doivent être exempts de toutes traces d'impuretés métalliques, internes et externes, pouvant provenir du broyage en poudre du cristal et de la polymérisation de ces globules,- Afin d'éviter-ces défauts, il est recommandé de prendre les
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précautions ci-après. D'une part, la poudre de cristal broyé et tamisé doit être soigneusement traitée à l'acide chlorhydrique, puis lavée jusqu'à neutralisation complète, à l'eau ordinaire et distillée, et ensuite séchée à l'abri de tout contact métallique.
D'autre part, afin de ne pas enfermer des particules de métal ou d'oxydes métalliques à 1'inférieur des globules de polymère, simultanément et parallèlement à l'enveloppement des granules de cristal par leur gaine résineuse extérieure, il est conseillé de réaliser la polymérisation des globules cristallo-résineux dans un appareil émaillé, ou recouvert intérieurement de toute autre substance minérale ou organique susceptible de résister à l'action abrasive de la charge siliceuse dispersée, en même temps qu'à l'action dissolvante ou gonflante du liquide monomère en polymérisation.
Pour la réalisation de dents suivant le procédé primaire de l'invention, on procède comme suit : On brise très rapidement les fibres de verre, de préféren- ce de 50 à 100 microns (qui sont assez cassantes à ces épaisseurs), dans un broyeur centrifuge à grande vitesse, muni d'un fond en tôle perforée à trous suffisamment grands, pouvant donner passage, sous l'action d'une pres- sion d'air du broyeur, aux filaments de quelques milli- mètres à quelques centimètres. Afin d'éliminer les fila- ments minuscules assimilables à la poussière, on passe le produit de broyage sur un tamis à mailles d'environ 0,50 à 1 mm d'ouverture, qui laissent le passage aux filaments trop courts et minuscules, en arrêtant les fi- laments utiles.
. Etant donné que le frottement de ces fibres abra- sives dans le broyeur métallique les charge de traces et
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d'@mpuretés de ce dernier (préjudiciables à la qualité des dents), il est conseillé de faire subir aux filaments un traitement de purification à l'acide chlorhydrique, suivi d'un lavage soigné jusqu'à neutralisation complète et d'un séchage à l'abri de tout contact avec un métal.
Ensuite, on mélange dans un broyeur à galets en porcelaine les filaments de verre brisés avec des globu- les cristallo-résineux (préalablement colorés), jusqu'à dispersion complète des filaments, ce qui se produit très rapidement et facilement, car les fibres de verre relati- vement épaisses de 50 à 100 microns n'ont aucune tendance de s'agglutiner en grumeaux (comme les filaments extra- fins, par exemple, de 1 à 20 microns) . La proportion de filaments de verre dans ce mélange peut être assez élevé, pouvant être facilement portée à 50 % du poids des globu- les cristallo-résineux d'accompagnement, et même davantage.
Pour la réalisation des dents, suivait le procédé primaire de l'invention, on prépare la pâte de petits blocs en agglomérat silico-résineux en imbibant le mélange mécanique, de filaments de verre brisés et de globules cristallo-résineux, au moyen du liquide monomère, de pré- férence légèrement visqueux. Cette préparation peut être faite en quantité assez importante, par exemple, pour plusieurs centaines.de blocs à la fois, et on laisse re- poser le mélange de l'ensemble jusqu'à gélification suf- fisante du liquide monomère et obtention d'une consistance de la pâte à malléabilité favorable pour le moulage.
En utilisant, pour le liant résineux, un liquide monomère à gélification assez lente, on peut préparer les mélanges de pâte longtemps à l'avance, en les employant, par exemple, le lendemain ou même après plusieurs jours de conservation,
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celle-ci pouvant être faite éventuellement à basse tempé- rature en-dessous de 0 C, dans un appareil frigorifique.
Les petits blocs en agglomérat silico-résineux sont moulés dans les alvéoles à formes appropriées, avec une. isolation adéquate, par exemple, au moyen d'une feuil- le cellulosique de préférence colorée (de teinte bleue); ils sont ensuite durcis, soit légèrement par polymérisa- tion partielle du liait monomère, soit, de préférence, complètement par polymérisation totale de ce monomère.
Pour leur emploi ultérieur, ces petits blocs sont débavurés, de préférence d'une façon complète, et même dépolis en cas de polymérisation à durcissement total, afin de favoriser la soudure de la résine du surmoulage de complément.
On peut réaliser ce dépolissage à la meulette ou pointe abrasive, ce qui est relativement lent et ne peut être appliqué qu'à une fabrication peu' importante, de petites séries. Pour une fabrication plus ou moins impor- tante par séries correspondantes, on peut appliquer à ces petits blocs un dépolissage par traitement mécanique rapide, sur un ensemble de blocs appartenant au même modèle de la forme ou pouvant être facilement reclassés par triage ul- térieur.
Ce dépolissage mé canique est réalisé, suivant l'invention, en soumettant l'ensemble des blocs réunis (avant ou après leur débavurage, mais portent encore des traces adhérentes d'isolation cellulosique), à une agita- tion très rapide à remous très violents et tumultueux, dans un récipient, bocal ou ballon en verre ou en porce- laine, contenant de l'eau additionnée de sable ou de poudre de verre, à grains suffisamment abrasifs pour pro- duire 'une morsure rapide mais peu profonde de la surface de ces petits blocs (grains tamisés=par toile de 100 à
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200 mailles par pouce carré). Ce traitement peut être fait très rapidement, en une ou quelques minutes (ce qui dépend de la vitesse de l'agitation et de la violence du remous),
et il provoque un dépolissage régulier avec une rugosité suffisante, tout en débarrassant automatiquement les petits blocs des traces adhérentes d'isolation cellulosique, qui se décollent dans l'eau et se détachent par frottement. Ce traitement sera parachevé par un lavage des blocs à l'eau courante (dans un panier en treillis qui laisse passer les fragments-cellulosiques et le sable), suivi d'un rinçage à l'eau distillée et éventuellement à l'alcool. Ensuite, les blocs seront séchés à fond dans une étuve ou sous les rayons infra-rouges, jusqu'à disparition totale de toute trace d'humidité, préjudiciable aux moulages ultérieurs.
Pour terminer le moulage des dents, on place ces petits blocs en agglomérat silico-résineux dans les alvéoles de moules à forme entière de dents, et on effectue le sur- moulage en résine synthétique simple, avec plusieurs colo- ris en dégradés (minimum deux coloris: du collet et de l'émail, ou maximum trois coloris: du collet, de la dentine et de l'émail). L'ensemble est ensuite comprimé à fond, as- sez lentement et progressivement, puis durci d'une façon complète sous une pression et à une température qui sont appropriées aux composés synthétiques utilisés.
Pour la réalisation du mélange mécanique fibro- granulaire de l'agglomérat, suivant le procédé secondaire de l'invention, on procède exactement comme pour celui du procédé primaire (broyage, tamisage et traitement des fi- laments de verre, mélange mécanique avec les globules croistallo-résiesu etc...). La seule différence réside dans la dimension des filaments de verre à obtenir, qui
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doivent être brisés en fragments plus courts, en utilisant comme fond du broyeur centrifuge une tôle perforée à trous beaucoup plus petits, pouvant donner passage, sous l'action d'une pression d'air du broyeur, à des fragments suscepti- bles d'être introduits par versage dans les alvéoles des dents les plus petites, à l'entrée de quelques millimètres carrés (environ 3 à 4 mm).
Pour le moulage des dents, suivant le procédé se- condaire de l'invention, le mélange fibro-granulaire est imbibé de liant liquide monomère, soit directement dans les alvéoles de dents, soit dans un récipient, formant ainsi une pâte polymérisable. Comme pour les blocs en agglomérat siulico-résineux.k le mélange fibro-granulaire du procédé secondaire doit occuper, dans les alvéoles des dents en- tières, des emplacements correspondant aux parties masti- catoires et incisives. Il faut plutôt exagérer leur masse en épaisseur qu'inversement, car il existe un risque de fuites ou de déplacements de la pâte de cet agglomérat, lors de la pression du moulage final. De plus, il est utile de se servir d'une spatule pour ébaucher la forme se rapprochant de celle des blocs de la variante primaire.
Les parties ébauchées en pâte d'agglomérat silico-résineux sont directement complétées par le composé synthétique simple, jusqu'au remplissage total des alvéoles, avec les coloris en dégradés imitant les dents naturelles et un excédent suffisant, capable d'assurer une compression sa- tisfaisante de l'ensemble. Pour finir, celui-ci doit être comprimé très lentement et progressivement, puis durci d'une façon complète, sous une pression et à une tempéra- ture qui sont appropriées aux composés synthétiques uti- lisés.
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Les résines synthétiques à employer pour les dents, conformément à la présente invention, peuvent être en géné- ral de la famille des thermoplastiques ou de la famille des thermodurcissables, ou encore d'une espèce intermédiaire qui n'est pas tout à fait thermostable, sans être pratique- ment- thermoplastique, cette dernière espèce étant même pré- férable (par exemple, selon le brevet belge du demandeur, déposé le 15 mai 1957 sous le N Ct.
440.007). De plus,le composé synthétique à utiliser pour les globules cristallo- résineux doit être naturellement soluble dans les solvants organiques à l'état de polymère, afin de pouvoir souder ces globules par le liquide monomère du liant de l'agglomérat @lico-resineus. En dehors de ces considérations, le choix composé synthétique pour la fabrication des dents ren- forcées, selon les deux variantes du procédé général, doit être guidé par la possibilité pratique de le mouler et de le durcir très rapidement.
Le surmoulage de complément en composé synthétique simple peut être réalisé, soit, de préférence, sous forme de poudre polymère imbibée de liquide monomère (on de pâte polymérisable), se soudant aux éléments en agglomérat silico-résinexu par l'action dissolvante du monomère,soit sous forme de poudre thermoplastique sèche, fondant à la chaleur et se soudant en cet état à l'agglomérat siliceux également à base de résine thermoplastique. Cette dernière méthode est la plus rapide, mais a l'inconvénient de réa- liser des dents à résistance physique généralement trop faible dans la texture résineuse, particulièrement insuffi- sante en tant que résistance thermo-physique.
Le même composé synthétique peut être utilisé pour toutes les parties de dents, mais on peut également mouler
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seliles-ci en combinant des résines d'espèces différentes.
On peut notamment utiliser une résine synthétique insoluble dans les solvants organiques pour les couches de surmoulage en résine simple, tandis que, pour les parties en agglomérat silico-résineux et le talon de ces dents on peut employer une résine synthétique soluble dans lesdits,solvants. Il est évident que, dans ce cas, ces différentes espèces de résines doivent pouvoir se souder entre elles, soit par compatibilité à l'état de monomères, soit à l'état plasti- que à chaud sous pression.
Les dents de série, suivant les procédés de l'in- vention, sont particulièrement destinées à la prothèse amovible (dentiers, appareils squelettiques etc...), mais elles peuvent être également utilisées dans la prothèse individuelle fixe (dents à pivot, dents de bridges etc...), compte tenu de leur grande résistance à l'abrasion, surtout les dents du procédé primaire. Après les ajustages appro- priés, on les scelle sur un pivot ou une armature métalli- que de soutien au moyen d'une résine soudable à ces dents.
Les dessins annexés montrent à titre indicatif et non limitatif divers éléments de la présente invention.
La figure 1 représente, en coupe et à fort grossis- sement (d'environ 50 fois), un fragment intérieur de l'ag- glomérat silico-résineux du procédé primaire et secondaire, avec une vue de l'ensemble de ses constituants. Les fila- ments de verre 50 s'entrecroisent et se touchent en di- vers points, et dans les espaces libres entre eux s'insè- rent les globules plus ou moins sphériques 51 à granules internes de cristal 52, le tout étant aggloméré par le liant-résineux 53, provenant du liquide monomère polymérisé.
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La figure 2 représente,en coupe allant de ltexté- rieur vers l'intérieur et à fort grossissement (d'environ 50 fois), un fragment de l'agglomérat silico-résineux du procédé primaire et secondaire, d'une partie masticatoire et extérieure de la dent, après un certain usage buccal.
La substance résineuse.extérieure 54- usée à très faible profondeur, se trouve légèrement en-dessous du niveau du plan de la trituration 55 (en pointillé), tandis que les aspérités des éléments siliceux, filaments de verre 56 et granules internes de cristal 57, aboutissant au plan de la trituration 55, font légèrement saillie sur la substance résineuse 54 (des globules de polymère et du liant inter- médiaire), bloquant toute usure ultérieure et progressive de cette dernière.
La figure 3 représente, en coupe longitudinale, deux dents du procédé primaire, d'une part, une dent anté- rieure ayant son bloc en agglomérat silico-résineux 58 à l'endroit de la face linguale et au bord incisif (débor- dant sur la face vestibulaire), et son surmoulage en ré- sine simple 59 dans la région vestibulaLre et lingualo- gingivale, et d'autre part, une dent postérieure ayant son bloc en agglomérat silico-résineux 60 à l'endroit de la face triturante (débordant un peu sur la face vestibu- laire), et son surmoulage en résine simple 61 du côté vestibulaire et au talon.
La figure 4 représente, en coupe longitudinale,deux dents du procédé secondaire, d'une part, une dent antérieure avec son agglomérat silioo-résineux 62 du côté lingual et son surmoulage en résine simple 63 dans la région vestibu- laire et lingualo-gingivale, et d'autre part, une dent pos- térieure avec son agglomérat silico-résineux 64 à la face
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triturante et son surmoulage en résine simple 65 dans la région vestibulaire et au talon.
On remarquera que, dans les dents de la'figure 4 la jonction entre les couches de matières, composant l'en- semble des dents, est assez imprécise, contrairement à la netteté de la jonction entre les blocs silico-résineux et le surmoulage de complément dans les dents de la figure 3