Procédé pour le meulage de filaments artificiels ou synthétiques. On fait, dans la pratique, un usage de plus en plus étendu des monofilaments arti ficiels ou synthétiques dans les emplois les plus divers et plus particulièrement dans l'in dustrie de la brosserie. Cela est. vrai notam ment pour les monofilaments à base de super- poly eondensats linéaires sj-nthétiques, par exemple de superpoly amides.
Bien que, par l'ensemble de leurs caracté ristiques, ces articles donnent satisfaction dans la plupart des applications, ils sont cependant susceptibles d'améliorations à certains égards. C'est ainsi qu'on a. observé que les filaments en question présentent des extrémités ne con venant pas toujours bien pour les emplois en visagés. En particulier, ces extrémités compor tent fréquemment des arêtes vives ou des barbes de coupe qui résultent. du sectionne ment des filaments effectué dans des condi tions laissant parfois à désirer.
Des défec tuosités de ce genre présentent des inconvé nients dans nombre d'applications (cas des crins de brosses à dents qui. peuvent altérer les gencives ou posséder un pouvoir fouillant insuffisant, cas des crins de brosses à tête qui ont tendance à arracher les cheveux, cas des crins de brosses industrielles de peigneuses qui retiennent. parfois des filaments).
Pour pallier ces inconvénients, on a pro posé de polir l'extrémité active des mono filaments, qu'ils soient on non montés de façon définitive. Au cours de l'opération de polis- sage, les irrégularités de coupe des extrémités des filaments se trouvent considérablement atténuées, voire supprimées.
Par ailleurs, on reproche (le temps à autre aux filaments en question, qui sont le plus souvent de forme cylindrique, de manquer de souplesse, sur leurs portions terminales chi moins. A cet effet, on a fabriqué des mono- filaments de forme tronconique, mais les moyens polir y parvenir sont délicats et eoû- teux. On a également préconisé de meuler les portions terminales des filaments, montés ou non sur des supports, notamment dans le cas des brosses.
De toute façon, que l'on ait cherché à po lir les extrémités des monofilaments ou à effi ler les portions terminales de ces derniers, on a eu recours, comme matière abrasive, à de l'émeri. Mais on a constaté qu'à. l'usage, cette matière ne donnait pas entière satisfaction. Du fait que son action est trop brutale, on observe assez souvent de véritables déchire ments des filaments, voire même des amorces de fusion de la matière. Si l'on essaie de mo dérer l'effet de l'émeri, par exemple en dimi nuant la pression de contact des monofila- ments avec l'abrasif, on a un résultat nette ment insuffisant et, en tout cas, irrégulier.
La présente invention a pour objet un pro cédé pour le meulage des filaments artificiels ou synthétiques, qui répond bien mieux que jusqu'à présent aux desiderata de la pratique. Ce procédé est caractérisé en ce que l'on utilise le grès comme matière abrasive, pour le meulage en question.
Le grès est couramment utilisé dans nom bre d'industries pour la fabrication de meules diverses, concurremment avec un grand nom bre d'autres substances. Aussi ne pouvait-on vraiment prévoir que, dans le. cas présent, oit obtiendrait des résultats aussi remarquables;
en travaillant dans des conditions normales, on observe une action douce et progressive de polissage et d'usure, sans aucun endommage ment de la matière; on effectue de manière très régulière l'arrondissement, l'ébarbage ou l'effilage et a la possibilité de graduer les effets par l'intervention de différents facteurs, tels notamment que la durée de l'action, la pression par laquelle oit applique les parties intéressées des filaments sur le -rès abrasif, le refroidissement éventuel par l'air, l'eau ou tout autre agent en cours de travail.
Tous ces résultats sont encore d'autant:. plus inattendus que la titulaire n'a pas non plus obtenu de résultats intéressants avec les matières autres que l'émeri employées couram ment comme agents d'abrasion on de polissage et telles que le corindon, le carborundum, le feutre, la flanelle, etc.
Bien entendu, dans le procédé selon l'in vention, on peut meuler les extrémités des crins, que ceux-ci soient assemblés entre eux, par exemple sous forme de botillons, avant toute mise en place ultérieure, ou bien qu'ils se présentent prêts à être utilisés, par exemple, dans le cas des brosses, déjà disposés sur les montures de ces articles.
On peut aussi, au cours de l'opération de meulage, soit déplacer les portions traitées des crins par rapport à. la matière abrasive, soit, et ce sera le cas général, déplacer cette ma tière, lesdites portions ne subissant que le seul déplacement nécessaire pour intéresser les parties terminales de tous les nionofilaitients. On a constaté que la réalisation la plus avan tageuse consistait. à constituer la. matière abra sive sous forme d'une meule, les crins étant déplacés soit manuellement, soit automatique- ment, de tacon à satisfaire à l'exigence plus haut signalée.
Oit ne peut fixer à priori les divers fae- teurs tels que temps, pression, vitesse, refroi dissement, qu'il est nécessaire de faire inter venir pour obtenir les résultats optima au cours du procédé selon l'invention, ear ces facteurs dépendent de diverses données et, avan tf tout, (le la nature des inonofilanients à traiter et de l'usage auquel ils sont destiné.
-Hais tout technicien sera très facilement à même de déterminer de manière très rapide les conditions les plus avantageuses.
C'est dans le cas du meulage de monofila- nients pour brosserie que le présent procédé s'est révélé le plus intéressant, notamment pour effiler les extrémités des crins pour pin ceaux, blaireaux, brosses industrielles spéciale, et pour polir et éventuellement ébarber la coupe de crins pour brosses à dents, brosses à tête, brosses à. habits, brosses de pei-neuses de matières textiles;
mais l'invention s'appli que également, dans le cas de nionofilaments, pour d'autres usages, par exemple comme fil pour l'assemblage, de pièces d'une certaine épaisseur et déjà. perforée (crins pour cordon nier), comme crins pour lisses de tissage, en un mot dans tous les cas où il est souhai table de disposer de filaments doués d'extré mités de forme régulière, effilées ou dépour vues de défauts de coupe sensibles.
Parmi les différents nionofilanients aux quels s'applique le procédé selon l'invention, on doit particulièrement citer ceux à base: de superpolveondensats linéaires sviitliéti- ques tels que les superpolyesters, les super- polyuréthanes et.
les superpoly ainicles et, parmi ces dernières, plus spécialement, la polyliexa- méthylèneadipamide, la polyhexamétliviène- sébaçamide, la polyamide issue de l'acide ,s-amino-capi-oïque (ou de soit lactaine ) ou (le l'acide 11-ainino-undécanoïque, de superpolymères linéaires svnthétiqite,# tels que les polymères vinyliques,
comme le chlorure de polyvinyle pur ou sureliloré, le chlorure de polvvinvlidène, l'acétate de pol.-- vinyle, les copolymères acétate et chlorure cle vinyle, le cyanure de polyvinyle, d'esters cellulosiques, tels que le triacétate de cellulose.
Les exemples qui suivent illustrent. des modes de réalisation de l'invention.
Exemple <I>1:</I> Sur l'arbre d'un moteur électrique, d'une puissance de 7. CV, tournant à 700 tours par minute, est fixée une meule en grès de Saverne de 100 min d'épaisseur et de 200 mm de dia mètre, ce qui correspond à, une vitesse péri phérique linéaire de 440 mètres par minute.
On amène au contact de la meule, en appuyant légèrement, l'extrémité libre des crins d'une brosse à habits ;arnie avec (les iuonofilaments en polyhexaméthylèneadip- aniide de 35Î100 de mm de diamètre; ladite brosse comporte trois pions au cm2 et 30 crins par pion et la longueur libre des crins est. de '? 5 min. Au cours du traitement, on oriente la brosse de différentes façons, afin que toutes les extrémités des crins soient également inté ressées.
Au bout de 1. minute, on interrompt l'opération et constate que les brins ont tous leur extrémité libre arrondie et correctement ébarbée. La brosse ainsi traitée, plus douce, ne risque pas d'arracher les fibres textiles constituant les tissus, et son action est. plus efficace qu'une même brosse non traitée.
<I>Exemple 2:</I> On utilise le même appareillage que celui < lui est décrit clans l'exemple 1 pour traiter une brosse à cheveux montée avec des mono- filaments en polyhexaméthylène-adipamide de 2:'\i00 de mm de diamètre; cette brosse com porte 4 pions au em2 et 20 crins par pion, la longueur libre des crins étant de 20 mm. On opère comme clans l'exemple 1 et obtient fina lement une brosse dont les crins présentent une extrémité libre bien meulée, d'efficacité satisfaisante et de sensation agréable au cours du brossage des cheveux.
Exemple <I>3:</I> On utilise une meule en --rès des Vosges Fixée sur l'arbre d'un moteur électrique d'une puissance de 0,7 CV, tournant à. 500 tours par minute. Cette meule a 70 mm d'épaisseur et 190 mm de diamètre, ce qui correspond à une vitesse périphérique linéaire de 300 mètres par minute. On refroidit la meule par un courant d'eau et amène au contact. de celle-ci, en appuyant. légèrement, une brosse circulaire pour peigneuse, garnie avec des crins en polyhexaméthylène-sébaçamide ondulés, de 35111()o de min de diamètre. Cette brosse pré sente 6 pions au em2 et 30 crins par pion, et la longueur libre de ces crins est de 50 mm.
Après avoir orienté la brosse de différentes façons sur la meule, afin que toutes les extré mités soient également intéressées, ceci pen dant un intervalle de temps de 1 minute, on obtient. finalement un article qui possède une action efficace, sans provoquer de casses ou d'arrachages de filaments textiles.
<I>Exemple 1:</I> On a recours au même dispositif que celui qui est décrit dans l'exemple 3 pour traiter une brosse industrielle garnie avec des mono- filaments de '51I00 de mm de diamètre, à. base de polyamide issue de l'autopolycondensation de l'acide 11-aminoundécanoïque. Cette brosse présente 1 pion au em2, 160 crins par pion et. la longueur libre des crins est de 35 mm. .Iu cours du traitement, on oriente la brosse de façon à intéresser la portion terminale des crins sur une longueur de 3 à 4 mm et pro longe l'action pendant deux minutes.
On ob tient finalement une brosse comportant des crins ayant des portions terminales effilées et pouvant être utilisée comme brosse à laver douée d'une grande souplesse.
<I>Exemple 5:</I> Sur l'arbre d'un moteur électrique d'une puissance de 1 CV tournant à 700 tours par minute est fixée une meule en grès de Sav erne de 50 mm d'épaisseur et de 100 mm de dia mètre, ce qui correspond à une vitesse péri phérique linéaire de 220 mètres par minute. On amène au contact de la meule, en appuyant légèrement, l'extrémité libre des crins d'une brosse à dents garnie avec des monofilaments en polyhexaméthylèneadipamide de 3 i10() de mm de diamètre. Cette brosse comporte 12 pions au cm2 et 20 crins par pion. La longueur libre des crins varie entre 8 mm et 13 min.
Après meulage de 45 secondes, on obtient une brosse dont les crins présentent des portions terminales tronconiques, dépour- vues d'arêtes vives et, dont. la. douceur et le pouvoir fouillant sont très satisfaisants.