Procédé de fabrication d'une meule de forme Jusqu'à ces derniers temps, les dentures des pièces d'horlogerie (pignons, etc.) et de pièces semblables étaient taillées avec des fraises en acier au carbone, telles que la fraise 1 qui est représentée partiellement à la fig. 1, dont les dents sont détalonnées au burin sur un tour à détalonner, suivant des arcs de spirale.
Depuis quelque temps, on trouve aussi sur le marché des fraises qui sont faites en métal dur, par exemple en < Widia u (marque d6po- sée). Une telle fraise 2 est représentée partiel lement à la fig. 2. Le détalonnage doit néces sairement être effectué à la meule.
Avec les procédés et les meules connus, ce travail est long et coûteux : une meule plate 3 dont seule ment le bord travaille fait des mouvements rec tilignes suivant la direction 4 et contourne pas à pas le profil de la dent qu'il s'agit de déta- lonner. Celle-ci aura donc un dos rectiligne;
ce qui présente différents inconvénients, car sur la fraise neuve sur laquelle la pointe d'une dent particulière se trouve en A, la hauteur du pro fil est h et l'angle de dépouille est a, alors que sur la même dent affûtée à différentes reprises jusqu'à ce que sa pointe se trouve en A', la hauteur du profil aura diminué et sera h' et l'angle de dépouille aura diminué et sera a,'. La diminution de la hauteur du profil a pour conséquence un changement de la forme (hau teur) des dents au cours de la production d'une série des pignons, etc., qui devraient être iden- tiques, donc un changement des conditions d'engrenage.
La diminution de l'angle de dé pouille cause une augmentation de la pression exercée par la dent de la fraise sur le pignon dont les pivots, de dimensions très petites, ne supportent pas de tels efforts et seront défor més, de sorte que le pignon tournera mal rond.
Pour pouvoir profiter des avantages bien connus des fraises en métal dur tout en évitant les inconvénients qui viennent d'être mention nés des fraises connues, il a fallu trouver des moyens qui permettent le détalonnage suivant des arcs de spirale comme sur les fraises en acier au carbone.
L'invention a pour objet un procédé de fabrication d'une meule de forme, au cours. du quel on confectionne d'abord par tournage une ébauche de meule en métal relativement doux en donnant à sa surface périphérique le con tour que la meule doit avoir quand elle est terminée, on répartit ensuite sur cette surface de la poudre de diamant et enfonce cette der nière dans la surface de l'ébauche en utilisant un galet à surface dure.
Le procédé, objet de l'invention, est carac térisé par le fait qu'on utilise pour le tournage un burin formé par un disque ayant à sa péri phérie une encoche et dont le taillant est formé par l'intersection d'une paroi de cette encoche avec la surface périphérique qui est une surface, de rotation, et en ce qu'on utilise comme galet pour l'enfoncement de la poudre de diamant dans la surface périphérique de l'ébauche de meule, ledit burin de tournage.
Une mise en aeuvre du procédé selon l'in vention est décrite ci-après en référence au dessin annexé, dans lequel la fig. 3 est une vue en élévation schémati que, partie en coupe, montrant le tournage d'une ébauche de meule ; la fig. 4 est une vue de face schématique montrant comment est effectué l'enfoncement de la poudre de diamant dans l'ébauche de meule.
Pour détalonner les dents d'une fraise ser vant, par exemple, au taillage de la denture de pignons ou d'autres pièces d'horlogerie, on emploie un burin de tournage 6 du genre connu formé d'un disque pourvu d'une enco che périphérique 6a et dont le taillant 7 est formé à l'intersection d'une paroi latérale de cette encoche 6a avec la surface périphérique 6b qui est une surface de rotation ayant en sec tion transversale le même profil que les dents de la fraise. Sur un tasseau de meule 8 qui est monté sur un quill de rectifiage 14 on fixe une ébauche de meule 11. Celle-ci consiste en un disque d'une matière telle que du cuivre ou de la fonte d'acier qui, au préalable, a été pourvu d'un alésage central l la permettant son mon tage précis sur le tasseau 8.
On pratique alors dans cette ébauche de meule 11, par tournage, une gorge périphérique 12 en se servant du burin de tournage 6 dont le manche 6c est serré fixe sur la tourelle 13 du tour. On pro cède de manière telle que la gorge 12 reçoive un profil de forme complémentaire à celle du profil de la surface périphérique 6b du burin, en évitant un chariotage longitudinal. L'entraî nement en rotation du tasseau 8 et de l'ébauche de meule 11 pendant le tournage se fait en agis sant sur la broche 10 du quill, le tasseau 8 étant encore soutenu par une contre-pointe 9.
Sur toute l'étendue de la surface périphéri que 11b à profil convexe-concave qui vient d'être usinée par tournage, de l'ébauche 11, on répartit un film compact et uniforme de poudre de matière abrasive d'une dureté au moins égale ou de préférence supérieure à celle des métaux durs, par exemple de la poudre de dia mant. Pour effectuer cette répartition, on peut préparer une dispersion intime de la poudre dans un liquide volatil tel que l'alcool pour ré partir ensuite uniformément cette dispersion sur la surface 11b suivant un procédé emprunté à la peinture, par exemple en utilisant un pis tolet ; quand le liquide se sera évaporé, il res tera le film de poudre abrasive.
Par la suite, les grains de cette poudre abra sive sont enfoncés dans la surface 11b de l'ébauche par une opération purement mécani que : la surface très lisse 6b du burin 6 se dé roule - en appliquant une pression de con tact déterminée et produite par des moyens non représentés tels que des ressorts - sur le pour tour entier de la surface<B>1<I>1</I> b.</B> La longueur cir- conférentielle L de la surface 6b, égale à la pé riphérie totale moins la longueur de l'encoche 6a, doit évidemment être un peu plus grande que le périmètre de la surface 11b ;
la surface 6b doit être considérablement plus dure que la surface 1 lb, afin qu'au moins la majeure proportion des grains de matière abrasive pé nètrent dans la surface 11b, et non dans la sur face 6b du burin 6 qui peut être fait en métal dur, par exemple. On pourra faire rouler ces surfaces 6b et 11 b l'une sur l'autre une fois ou, si cela est nécessaire, plusieurs fois en renver sant le sens du roulement. Il faut toutefois prendre en considération que les grains ne doi vent pas être noyés complètement dans la sur face 6b, mais seulement y être encastrés suffi samment, comme cela est connu à ceux qui s'occupent de la fabrication des meules.
On re connaît l'avantage qu'il y a d'utiliser pour cette opération le burin de tournage 6 comme galet de roulage : les surfaces 6b et 11 b sont confor mées l'une à l'autre avec une exactitude rigou reuse en ce qui concerne leur profil transver sal, sans qu'il faille recourir à des procédés ou dispositifs spéciaux et coûteux. Or, cette exacti tude est indispensable pour obtenir une péné tration uniforme des grains de matière abrasive dans la surface 11 b, et la pénétration uniforme est indispensable pour obtenir une meule de qualité.
Il va de soi que pour l'opération de rou lage, le manche 6c du burin devra être tou- rillonné avec un minimum de jeu radial dans un palier qui sera fixé sur la tourelle 13 si l'on effectue le roulage sur le tour, ce qui permet de laisser le tasseau 8 monté sur le quill 14 et la contre-pointe 9.
La fraise, faite en une pièce de métal dur et façonnée, à l'exception du détalonnage, sui vant des procédés connus, est maintenant sou mise à l'opération de détalonnage. Cette opé ration est effectuée suivant un principe sem blable à celui mentionné ci-dessus, qui est uti lisé par le détalonnage des fraises en acier au carbone, sauf qu'à la place du burin de déta- lonnage on utilise la meule.
On pourrait appliquer l'invention à la fa brication d'autres meules de forme qu'il serait difficile ou impossible d'obtenir par d'autres procédés, et qui ne doivent pas nécessairement servir au détalonnage de fraises, mais, par exemple, à l'affûtage de burins de tournage dont le taillant, de forme correspondante, est façonné dans une plaquette de métal dur. En affûtant toujours avec la même meule, il est facile de conserver une forme déterminée du taillant et des pièces obtenues par tournage avec le.burin qui a ce taillant, résultat très re cherché pour garantir l'interchangeabilité des pièces de série.
Si l'on considère une suite d'opérations al lant de l'utilisation d'un outil 6 dans la fabri cation de meules identiques jusqu'au détalon- nage de fraises ou à l'affûtage de burins, on verra que cet outil 6 peut servir en quelque sorte d'étalon permettant l'obtention de pro- fils rigoureusement identiques, de fraises déta- lonnées ou de burins affûtés, même si 1e nom bre des fraises ou des burins d'une série exige l'utilisation de plusieurs meules en cours d'exé cution de la série.
L'outil-étalon 6 pourra aussi servir à la confection d'une meule de rodage dont la sur face périphérique, non diamantée, a le même profil que la meule ; cette meule de rodage pourra être utilisée pour effectuer la super- finition des dents de la fraise par une opéra tion semblable à l'opération de détalonnage effectuée avec la meule, avec utilisation de pâte de rodage.