Procédé de fabrication d'un élément de transport et de transmission
Pour la fabrication d'éléments de transport et de transmission, par exemple de courroies, de tapis transporteurs et d'articles analogues, on enrobe dans un revêtement - gé- néralement de caoutchouc - des tissus de coton, de rayonne de viscose, de filés synthétiques, etc.
Les chaînes de ces tissus doivent avoir une résistance élevée à la traction et ne s'allonger que faiblement dans les conditions d'emploi des articles. I1 convient de noter que la tension d'utilisation ne représente qu'un faible pourcentage de la charge de rupture; un allongement anormal du tapis contraint l'utilisateur soit à utiliser des systèmes tendeurs coûteux, soit à raccourcir l'élément, d'où perte de rendement des installations.
Les trames, de leur côté, doivent assurer la résistance transversale et doivent fixer les agrafes en association avec le caoutchouc et empêcher les déchirures de la courroie.
Plus la longueur des éléments est grande, plus, pour les raisons indiquées ci-dessus, un élément doit être indéformable et plus il est nécessaire de donner une résistance élevée dans le sens de la chaîne. On parvient à ce résultat en augmentant le nombre de couches de tissus mais alors la résistance transversale devient inutilement grande d'où augmentation du prix de revient sans contre-partie.
Pour remédier à cet inconvénient, on peut espacer les trames dans les tissus ; cette solution réduit cependant la tenue aux agrafes. On a déjà proposé de construire l'armature des éléments avec des combinaisons de couches de tissu normal et de couches de nappes tramées comme celles qui sont utilisées dans l'industrie du pneumatique. Par exemple, dans un élément à cinq nappes, les deux nappes extérieures sont constituées par du tissu et les trois nappes intermédiaires par des nappes du type pneumatique.
Pour améliorer la flexibilité transversale et en même temps la résistance aux agrafes de la trame, on a proposé l'emploi de tissus mix tes, comportant des matériaux différents en chaîne et en trame. C'est ainsi que l'on a employé des tissus ayant en chaîne de la rayonne ou du coton, et en trame des fils synthétiques, par exemple de polyamides, de polyesters ou de verre. Dans ces tissus mixtes, des phénomènes de frottements abrasifs d'un textile sur l'autre peuvent se produire et diminuer les résultats escomptés. Il est difficile, d'autre part, de formuler des traitements d'adhérisage de l'armature au revêtement donnant satisfaction en même temps avec chacun des matériaux utilisés.
Enfin, pour que les éléments présentent une bonne résistance aux chocs (par exemple pour les mines, etc.), on a été amené à employer de gros fils et à mettre en ceuvre des tissus lourds. L'ondulation des fils dans les tissus améliore l'élasticité requise.
La présente invention apporte une solution simple convenant à toutes les exigences spéciales des éléments de transport et de transmission. Elle se rapporte à un procédé de fabrication d'un élément de transport et de transmission en caoutchouc, ce procédé étant caractérisé en ce qu'on renforce l'élément exclusivement par des nappes de câblés parallèles.
Non seulement on économise les frais de tissage mais pour chacune des nappes employées on peut:
a) utiliser des matériaux différents (coton
rayonne de viscose, fils de verre, fils
synthétiques, fils métalliques, etc.);
b) donner à ces matériaux une résistance
à l'impact convenable (par exemple par
augmentation des torsions);
c) appliquer à ces matériaux les traite
ments d'adhérisage appropriés (on ne
traite pas, par exemple, de la même
manière la rayonne et le métal);
d) enlever tout allongement plastique par
étirage à sec ou au mouillé des nappes.
Dans une mise en oeuvre particulière, pour avoir une résistance longitudinale convenable, on superpose soit parallèlement, soit avec un croisement approprié, un certain nombre de nappes de câblés utilisés dans l'industrie du pneumatique; on obtient ainsi économiquement et avec un garnissage plus facile à la calandre des intervalles entre le fil, les caractéristiques demandées autrefois aux chaînes des tissus.
Nous allons exposer, à titre d'exemple, quelques mises en oeuvre particulières du procédé selon l'invention.
Exemple 1
Elément de transport à cinq nappes
Nappe No 1 - câblés de rayonne 1650/2
disposés longitudinalement.
Nappe No 2 - câblés de rayonne 1650/2
disposés perpendiculairement
aux câblés de la nappe No 1.
Nappe No 3 - câblés de rayonne 1650/2
disposés longitudinalement.
Nappe No 4 - câblés de rayonne 1650/2
disposés perpendiculairement
aux câblés de la nappe No 1.
Nappe No 5 - câblés de rayonne 1650/2
disposés longitudinalement.
Les nappes 1-3-5 donnent la résistance réclamée autrefois aux chaînes des tissus, tandis que les nappes No 2 et 4 remplacent les trames.
Exemple 2
Toutes les nappes sont en câblés 1650/2.
Les Nos 2, 3 et 4 sont disposés longitudinalement et les nappes 1 et 5 transversalement.
Les nappes de trame sont disposées extérieurement aux nappes de chaîne. Cette disposition est sans inconvénient sur le comportement de l'élément notamment à l'agrafage mais permet de rassembler les nappes de chaîne dans la zone de l'axe neutre et lui évite ainsi une fatigue anormale. Le résultat obtenu est très supérieur à celui que l'on peut observer avec un élément ayant le même nombre total de nappes mais dans lequel les nappes de trame sont intercalées entre les nappes de chaîne comme on peut le constater dans l'exemple 1.
On a construit des éléments transporteurs comportant trois nappes de chaîne en câblés de rayonne à haute ténacité 400/3 X 3 et deux nappes de trame en rayonne haute ténacité 400/3 X 2.
a) Les trames constituaient les nappes 2
et 4 et les chaînes, les nappes 1-3-5;
b) les trames constituaient les nappes 1
et 5 et les chaînes les nappes 2-3-4.
L'élément transporteur construit suivant b a un comportement à la fatigue qui est supérieur de 250 o/o au mouillé et de 15 "/o à sec à celui construit selon le schéma a .
Exemple 3
Elément de transport à cinq nappes
Les nappes Nos 1-3-5 sont en câblés de rayonne 1650/2, disposées longitudinalement et les nappes N s 2 et 4 en câblés de nylon 840/2 disposées perpendiculairement aux nappes précédentes.
Exemple 4
Elément de transport à cinq nappes
Les nappes N"" 1, 3, 5 sont en câblés de rayonne 400/3 X 3 disposées longitudinalement. Les nappes N s 2 et 4 sont en câblés de rayonne 400/3 X 3 disposées à 45O par rapport aux précédentes, l'une vers la droite, l'autre vers la gauche.
Exemple 5
Elément de transport à sept nappes
Les nappes Nos 1, 4, 7 sont en câblés de rayonne 400/3 X 3 disposées longitudinalement. Les nappes Nos 2 et 3 sont en câblés de rayonne 400/3 X 3 disposées à 45O par rapport aux précédentes, N 2 vers la droite, No 3 vers la gauche. Les nappes Nos 5 et 6 sont en câblés de rayonne 400/3 X 3 disposées à 45O par rapport aux nappes 1, 4, 7, soit N 5 vers la droite et N" 6 vers la gauche.
Exemple 6
Elément de transport à cinq nappes
Les nappes N"s 2, 3, 4 sont en câblés de Meryl 400/3 X 3 disposées longitudinalement; les nappes Nos 1 et 5 sont en câblés de coton 12/5 disposées perpendiculairement aux nappes précédentes.
Exemple 7
Elément de transport à cinq nappes
Les nappes N., s 1, 3, 5 sont en câblés de rayonne Meryl 1100/3 X 3 disposées longitudinalement; les nappes Nos 2 et 4 sont en fils d'acier, disposées à 200 par rapport aux précédentes, l'une vers la adroite, l'autre vers la gauche.
Le fil métallique disposé sous un angle faible résiste bien aux flexions de l'élément sur les rouleaux de renvoi et sur les rouleaux releveurs.
Il convient de souligner que la disposition oblique des câblés métalliques de trame doit être préférée. Si les câblés de trame sont disposés perpendiculairement à l'axe de l'élément, ils se fatiguent rapidement, surtout s'il s'agit d'éléments étroits, par suite de la flexion imposée par les rouleaux releveurs.
Dans la disposition angulaire des trames métalliques, les angles peuvent être ajustés à la largeur des éléments et aux angles des rouleaux releveurs de manière à avoir un résultat satisfaisant.
On a constaté également que dans certains cas on peut réaliser des éléments ne comportant que des nappes de chaîne et angulaires, à
condition qu'un certain nombre de nappes soient orientées selon un angle assez grand pour que la résistance transversale soit suffisante.
Dans le cas des courroies de transmission classiques, il y a également intérêt à disposer les nappes de trame à l'extérieur; celles-ci peuvent être constituées par un matériau donnant une bonne résistance au frottement qui peut se produire sur les poulies ou sur des parties fixes. On peut utiliser par exemple des
câblés de polyamides, de polyesters, etc.