Boggie de voiture de chemin de fer La présente invention a pour objet un boggie de voiture de chemin de fer, comprenant deux longe rons dans chacun desquels est ménagée une ouverture recevant l'une des extrémités d'une traverse, des montants adjacents à cette ouverture, et deux grou pes de ressorts supportant la traverse et prenant ap pui respectivement sur les longerons.
Ce boggie est caractérisé par le fait qu'il com prend deux dispositifs de poussée agissant chacun sur une extrémité de la traverse et comprenant chacun un plongeur et un boitier, l'un de ces deux derniers éléments étant accroché au longeron correspondant et l'autre de ces éléments étant accroché à l'extrémité adjacente de la traverse,
et un dispositif élastique comprimé entre le plongeur et le bo"itier et agencé de manière à pousser ladite extrémité de la traverse contre l'un desdits montants de l'ouverture corres pondante.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, une forme d'exécution de l'objet de l'invention.
La fig. 1 est une vue en élévation latérale d'un boggie de voiture de chemin de fer.
La fig. 2 est une vue en plan, en partie en coupe, du boggie représenté sur la fig. 1.
La fig. 3 est une vue partielle en plan, à plus grande échelle et en partie en coupe, d'un dispo sitif de poussée de traverse monté sur l'un des côtés du boggie.
On a représenté sur le dessin un boggie 10 de voiture de chemin de fer ne comportant pas de dis positif à friction pour contrôler les oscillations des ressorts supportant la traverse. Ce boggie 10 com- prend deux longerons 12 espacés l'un de l'autre, une traverse 14 supportant la caisse de la voiture, des groupes de ressorts 16 supportant la traverse et des ensembles 18 comprenant chacun un essieu et des roues portant sur une voie ferrée, ces ensembles étant montés sur les longerons 12 dans des botes d'essieux 20.
Dans cette forme d'exécution particu- lière, un plateau à rebord 21 est placé entre cha que groupe de ressorts 16 et le longeron correspon dant du châssis.
Chaque longeron 12 comprend un élément de tension 22, un élément de compression 24 et des montants 26 et 28, situés à une certaine distance l'un de l'autre, qui réunissent les éléments de tension et de compression et délimitent avec ces éléments une ouverture 30 recevant la traverse. Les extrémités inférieures des montants 26 et 28 sont plus éloi gnées l'une de l'autre que leurs parties supérieures, ce qui fait que cette ouverture 30 est plus large à sa partie inférieure.
La traverse 14 s'étend dans l'ouver ture 30 de chacun des longerons 12 et elle repose sur le groupe de ressorts 16 qui est supporté par la partie 32 de l'élément de tension 22 qui sert de siège à ces ressorts.
Au voisinage de leurs extrémités extérieures, l'élément de tension 22 et l'élément de compression. 24 de chaque longeron se rejoignent de manière à former par leur association avec les mon tants 26 et 28, des baies 33 situées à une certaine distance l'une de l'autre.
Au voisinage des deux groupes de montants, la traverse 14 comporte des saillies de guidage 34 inté rieures et extérieures qui recouvrent les parties des montants 26 et 28 disposées au-dessus de la partie inférieure élargie de l'ouverture 30 correspondante, ces saillies présentant, dans le sens vertical, une d- mension telle qu'elles peuvent passer par la partie inférieure de l'ouverture 30, ce qui permet de sortir la traverse du châssis lorsqu'on assemble ou dé monte le boggie.
Un dispositif de poussée 36 s'étend dans l'une des deux baies 33 ménagées dans chaque longeron et exerce son action entre le point de raccordement des éléments de tension 22 et de compression 24 et l'extrémité extérieure de la traverse, afin de repous ser élastiquement celle-ci pour la mettre en contact avec l'un des montants qui lui fait face sur le châs sis.
Comme on le voit sur la fig. 2, -on utilise deux de ces dispositifs de poussée par boggie, les deux dispositifs exerçant leur action contre le même côté de la traverse.
Le dispositif de poussée 36 comprend un cylin dre 38 qui est ouvert, à l'une de ses extrémités et qui, à son autre extrémité, est fermé par taie paroi terminale 38a. Prolongeant la paroi 38a vers l'ex térieur et faisant corps avec elle, une tige 38b filetée traverse une ouverture 40 pratiquée dans un sup port 42 fixé à l'extrémité extérieure de la traverse, par exemple au moyen de soudures 43.
Le support 42 s'étend vers l'extérieur à partir de l'extrémité de la traverse 14 et comporte une partie extérieure 42a s'étendant obliquement par rap port à l'arc longitudinal de la traverse.
On compren dra que le support 42 sert seulement de butée pour l'une des extrémités du dispositif de poussée 36 et que si la traverse 14 s'étendait sur le côté du longeron sur une distance supérieure à celle qu'on a représen tée sur le dessin, on pourrait réaliser cette butée simplement en perçant un trou dans la traverse et non en prévoyant un support distinct comme représenté.
Un plongeur mobile 44 (fig. 3) est disposé à l'in térieur du cylindre 38. Le plongeur 44 comprend une tige intérieure<I>44a</I> et une tige extérieure<I>44b</I> qui traverse l'extrémité ouverte du cylindre. L'ex trémité extérieure de la tige 44b présente, comme indiqué en 46, la forme d'une fourche chevauchant le voile extérieur du longeron au point de jonction entre l'élément de tension 22 et l'élément de com pression 24, de manière à accrocher l'extrémité du plongeur au longeron. Entre les tiges 44a et 44b et faisant corps avec elles,
une partie 44c constitue une butée pour un ressort. A l'avant de la partie 44c formant butée, une ouverture allongée 45 reçoit un goujon de retenue 48 qui traverse cette ouverture ainsi que des trous alignés percés dans le cylindre 38, afin de maintenir le dispositif de poussée assemblé avant son montage dans le boggie du wagon.
Entre la butée 44c du plongeur et la paroi ter minale 38a du cylindre 38 est placé un dispositif élastique 50 qui, dans la forme d'exécution repré- sentée, est un ressort hélicoïdal. Bien entendu, on comprendra que le dispositif 50 pourrait être cons titué par une matière élastique appropriée quelcon que, du caoutchouc par exemple. Au moment de son.
montage, le dispositif élastique 50 est soumis à un effort initial de compression et, de ce fait, il trans- met un effort de poussée à la traverse de manière à l'amener en contact avec les montants 28 du longe ron situés de l'autre côté de la traverse. Un écrou 52, vissé sur la tige 38b du cylindre 38, constitue un dispositif permettant de régler l'importance de la poussée exercée par le ressort 50 contre la traverse.
On voit qu'en faisant tourner l'écrou 52 à partir de la position représentée, de manière à le rapprocher de l'extrémité extérieure de la tige filetée 38b, on augmente la compression du ressort 50 et on aug mente ainsi la poussée mettant en contact la traverse avec le montant du longeron. Une goupille de blo cage 52a (fig. 3) maintient l'écrou 52 dans une posi tion relative fixe par rapport à la tige 38b.
Bien entendu, on comprendra qu'on peut adop ter, pour les diverses pièces du dispositif de poussée 36, une disposition inverse de celle qui est représen tée, de telle manière que l'ensemble comportant l'écrou de réglage et la tige filetée soit associé avec le plongeur 44 et non avec le cylindre 38, comme re présenté. Dans un cas comme dans l'autre; on ob tient le même résultat, c'est-à-dire qu'on réalise un dispositif réglable transmettant la poussée qui sert à mettre la traverse en contact avec les montants.
On monte le dispositif de poussée de la traverse de la manière indiquée ci-après.
On introduit le dispositif élastique 50 par l'ex trémité ouverte du cylindre 38 et on l'amène en contact avec la paroi terminale 38a. Ensuite, on in troduit le plongeur 44 dans l'extrémité ouverte du cylindre 38 et on le déplace vers l'intérieur en di rection de la paroi terminale 38a, de manière à com primer suffisamment le dispositif élastique 50 pour qu'on puisse introduire le goujon de retenue 48 à la fois par les trous alignés pratiqués dans le cylindre 38 et par l'ouverture 45 ménagée dans le plongeur 44.
On cesse alors d'appliquer la force qui poussait ce plongeur vers l'intérieur dans le cylindre 38, et la résistance opposée par le dispositif élastique à la compression repousse ce plongeur vers l'extérieur et l'amène en contact avec le goujon de retenue 48, ce qui maintient le dispositif de poussée 36 assemblé.
Dans cet état, ce dispositif de poussée 36 peut être commodément emmagasiné ou expédié sous la forme d'un ensemble se présentant comme une pièce unique, sans qu'il soit nécessaire de manipuler plusieurs piè ces séparées. Cela représente un avantage marqué et procure aux chemins de fer des économies de main- d'#uvre substantielles, du fait qu'on élimine la né cessité d'assembler diverses pièces individuelles avant de monter le dispositif sur le châssis d'un boggie de voiture.
Pour monter le dispositif de poussée de la tra verse dans le châssis d'un boggie de voiture de che min de fer, on fait tourner l'écrou de réglage 52 sur la tige filetée 38b, de manière à l'amener au voisinage de la paroi terminale 38a du cylindre 38. On fait alors avancer l'extrémité de la tige 38b par l'ouver ture 40 ménagée dans le support 42 de la traverse, et on place la fourche 46 du plongeur 44 à cheval sur le voile du longeron 12, au point de jonction des éléments de tension 22 et de compression 24.
En suite, on visse l'écrou 52 pour l'amener en contact avec le support 42 et on le bloque, de manière à pla- cer le dispositif élastique 50 sous la compression désirée. On introduit alors la goupille de blocage 52a afin de maintenir l'écrou 52 en position fixe.
On voit qu'on a représenté un dispositif de pous sée pour chaque longeron, chacun de ces dispositifs pénétrant dans l'une des baies 33 ménagées respec tivement dans ces longerons et "repoussant l'extrémité correspondante de la traverse contre un montant ad jacent des longerons. On remarquera également que, dans chaque longeron,
le dispositif de poussée 36 est disposé sur le même côté de la traverse de ma nière à la pousser dans le même sens et d'assurer ainsi un contact superficiel entre les extrémités de la traverse et les montants des longerons correspondants. Lorsque, en service, les ressorts 16 supportant la traverse oscillent, le contact de friction entre les extrémités de la traverse et les montants 28 des longerons amortit le déplacement des ressorts et donne au boggie un roulement beaucoup plus doux.
Comme indiqué plus haut, l'extrémité fourchue 46 du plongeur 44 du dispositif de poussée 36 chevau che le voile extérieur de chacun des longerons du boggie, au point de jonction des éléments de tension 22 et de compression 24. Lorsque, en service, la tra verse monte et descend, l'extrémité fourchue du plon geur 44 permet au dispositif de pivoter par rapport au longeron, en réponse au déplacement de cette traverse.
En outre, l'ouverture 40 pratiquée dans le support 42 est suffisamment grande pour que la tige filetée 38b du dispositif puisse pivoter verticale ment par rapport à la traverse sans se coincer. Par conséquent, on voit que le dispositif de poussée 36 peut osciller au cours du déplacement vertical de la traverse en service.
Si on le désire, on peut insérer des plaques d'usure entre le montant 28 des longerons et le côté corres pondant de la traverse, afin de diminuer l'usure des surfaces en contact. On observera qu'on a donné à l'ouverture 45 ménagée dans le plongeur 44 du dis- positif de poussée une dimension suffisante pour que, lorsque ce dispositif est en place sur le châssis du boggie, il ne se produise pas de contact entre le plon geur et le goujon de retenue 48.
On remarquera éga lement que la tige intérieure 44a du plongeur a une longueur suffisante pour maintenir la stabilité du dis positif de poussée vis-à-vis des montants, tout en lui laissant une certaine flexibilité. Il est préférable que les dispositifs de poussée soient installés sur le châssis du boggie de la voiture de chemin de fer de manière à pousser. la traverse vers le centre de la voiture dans le sens indiqué par la flèche de la fig. 2.
La raison en est, que, sur un boggie de voiture de chemin de fer, la tringlerie de freins pousse généralement la traverse vers le cen tre de la voiture lorsque les freins sont serrés et, par conséquent, si les dispositifs de poussée des traverses étaient placés de telle sorte qu'ils poussent celles-ci dans le sens opposé, c'est-à-dire en l'éloi gnant du centre de la voiture, lors du serrage des freins,
il se pourrait que l'amortissement des oscilla tions des ressorts de la traverse se trouve réduit.