Essieu avant de véhicule, notamment de tracteur Les essieux de véhicules, en particulier les essieux avant des tracteurs, sont parfois à roues indépen dantes, mais le plus souvent constitués par un bras pivotant en son milieu, 'ce bras pouvant comporter des moyens de suspension.
Le développement du machinisme agricole con duit à monter des outils aussi bien à l'avant qu'à l'arrière des tracteurs, ces derniers pouvant main tenant rouler en marche arrière avec les mêmes vi tesses qu'en avant.
Les exigences des outils sont fort différentes. En effet, il est parfois avantageux que l'outil s'adapte au dévers du terrain. D'autres fois, il faut qu'il soit fixé rigidement au châssis du tracteur.
La présente invention vise précisément à satis faire aux conditions indiquées ci-dessus. Elle a pour objet un essieu avant de véhicule, notamment de tracteur, comprenant un bras disposé transversale ment au châssis du véhicule et monté pivotant par rapport à celui-ci dans sa partie médiane selon un axe situé longitudinalement par rapport au châssis, les roues étant articulées par rapport à ce bras. Cet essieu est caractérisé par le fait qu'il comprend un dispositif de verrouillage permettant de rendre le bras pivotant fixe par rapport au châssis.
Le dessin annexé représente, schématiquement et à titre d'exemple, trois formes d'exécution de l'essieu avant de véhicule selon l'invention.
La fig. 1 est une vue partielle, en perspective, de la première forme d'exécution.
Les fig. 2 et 3 sont des vues frontales des deux autres formes d'exécution. L'essieu avant de véhicule représenté à la fig. 1 comprend un bras 1 disposé transversalement au châssis 2 du véhicule et monté pivotant par rapport à celui-ci dans sa partie médiane 3 selon un axe 4 situé longitudinalement par rapport au châssis 2. En effet, un tourillon 5 est fixé à une entretoise 6 du châssis 2, parallèlement aux longerons 7 de celui-ci. Le bras 1 est solidaire d'une douille 8, par laquelle il est engagé sur ce tourillon 5.
Chaque extrémité du bras 1 est terminée par un tourillon 10 servant d'axe d'articulation à un bras de suspension 11 portant à son extrémité libre une pièce tubulaire 12 dans. laquelle pivote, selon un axe approximativement vertical, la fusée 13 portant la roue 9. L'arbre 14 assurant le pivotement de la fusée 13 est relié à son extrémité 15 par une biel- lette 16 à une barre de direction 17.
La suspension élastique du véhicule est assurée ; grâce à un ressort à boudins 18 agissant à la com pression, entre un bossage 19 du bras 11 et un prolongement 20, courbé en forme de potence, du bras 1.
Les caractères constructifs décrits ci-dessus sont connus et font partie de différents types. de tracteurs habituels. Toutefois, dans la construction représentée au dessin annexé, l'essieu avant de ce véhicule est muni d'un dispositif de verrouillage permettant de bloquer le bras pivotant 1 dans plusieurs positions i angulaires par rapport au châssis 2. Ce dispositif de verrouillage comprend, dans l'exemple représenté, une cheville de blocage 2.1 portée par le châssis 2, cette cheville étant susceptible d'être engagée dans l'un de plusieurs trous 22 percés dans une partie 23 solidaire du bras 1.
La cheville 21 est engagée à baïonnette dans un trou percé dans une oreille 24 fixée à l'extrémité du longeron respectif 7 du châs sis 2. La cheville 21 porte à son extrémité avant un levier de manaeuvre 25. Son extrémité arrière est munie d'une goupille de blocage assurant une sta bilité parfaite de la cheville 21 lorsqu'elle est engagée dans le trou de l'oreille 24.
Un second dispositif de verrouillage semblable à celui qui vient d'être décrit est disposé à l'extrémité avant de l'autre longeron 7 du châssis 2.
On comprend sans autre, à la vue du dessin, qu'en engageant les chevilles 21 des dispositifs de verrouillage dans la position représentée, le bras pivotant 1 de l'essieu est rendu rigidement solidaire du châssis 2 dans une position pour laquelle le bras 1 se trouve dans le même plan que le châssis 2 ou dans un plan parallèle à celui-ci. On comprend aussi que, lorsque le tracteur travail en dévers, par exem ple lorsque les deux roues situées du même côté roulent dans un sillon de labourage ou lorsque le tracteur travaille dans un terrain en pente, on peut aussi provoquer le verrouillage du bras pivotant 1 par rapport au châssis 2 dans une telle position de dévers.
Il suffit alors d'engager la cheville 2.1 dans l'un des autres trous 22 de la plaque 23. Les dispo sitifs de verrouillage décrits ci-dessus permettent donc non seulement de bloquer le bras pivotant 1 en position parallèle au châssis 2, mais aussi dans différentes positions angulaires, selon le terrain et le genre de travail qui doit être effectué par le trac teur.
Un tel essieu pivotant verrouillable d'un trac teur est tout particulièrement utile lorsqu'on veut fixer un outil sur la partie avant du tracteur. C'est pourquoi, dans la forme d'exécution représentée, le bras pivotant 1 comprend dans sa partie médiane 3 un prolongement 26, dirigé vers le haut perpendicu lairement au bras 1. La rigidité de ce prolongement 26 est assurée grâce à une équerre 27 fixée derrière ce prolongement 26, entre celui-ci et la douille 8. Trois points de fixation pour des outils amovibles sont prévus sur cet essieu.
Deux points de fixation inférieure 28 et 29, constitués chacun par deux oreilles percées de trous, sont disposés symétrique ment sur le bras pivotant 1, de part et d'autre du centre de pivotement 4. Le troisième point de fixa tion 30, constitué lui aussi par deux oreilles percées de trous, est situé au voisinage de l'extrémité du prolongement 26. De préférence, ces trois points de fixation 28, 29 et 30 sont disposés selon les cotes normalisées dans ce domaine pour l'accrochage d'outils agricoles sur un tracteur.
De ce fait, les outils déjà prévus pour être fixés à l'arrière d'un tracteur agricole pourront sans autre être adaptés à l'essieu avant, grâce à la présence de ces trois points de fixation 28 à 30.
En outre, et comme dans certains cas déterminés, l'outil fixé à l'avant du tracteur peut provoquer une charge supplémentaire de celui-ci telle que les res sorts de suspension 18 soient par trop affaissés, ce qui peut être désagréable pour la conduite du trac- teur, ou même défavorable pour le travail de l'outil, des moyens permettent de limiter l'action des res sorts 18 des dispositifs de suspension des roues 9 aux extrémités du bras pivotant 1. Ces moyens com prennent une vis de butée 31 vissée dans un alésage 32 taraudé verticalement dans l'extrémité du pro longement 20.
On comprend sans autre qu'en vis sant cette vis 31 dans l'alésage 32, celle-ci s'engage à l'intérieur du ressort à boudins 18, et son extré mité 33 vient buter contre le bossage 19 du bras de suspension 11. On peut donc régler la position de chacune des vis 31 pour qu'à partir d'un certain affaissement des ressorts 18, toute action élastique de celui-ci soit supprimé par butée de l'extrémité 33 des vis 31 contre ledit bossage 19.
L'essieu avant de véhicule décrit ci-dessus per met donc de satisfaire à toutes les exigences du travail, et notamment du travail agricole. En effet, si l'outil fixé au tracteur doit suivre le dévers du terrain, on laisse le bras 1 pivoter librement sur le tourillon 5 et l'on peut, si nécessaire, modifier ou annuler l'action des ressorts 18 de suspension en manoeuvrant les vis 31 si la flexibilité de la suspension est gênante pour un certain travail. Tou tefois, l'essieu décrit garde toutes ses qualités dans le cas de marche du tracteur en terrain fortement accidenté où le pivotement du bras 1 conjugué avec l'action des ressorts de suspension 18 est nécessaire.
La possibilité d'immobiliser le bras pivotant 1 par rapport au châssis 2 du tracteur donne à celui-ci une bien meilleure stabilité pour la marche en dévers, car le pivotement possible de l'essieu par rapport au châssis dans le plan médian est très défavorable pour cette stabilité.
La seconde forme d'exécution représentée à la fig. 2 est une construction dans laquelle les bras 11, à l'extrémité desquels sont fixées les roues 9, au lieu d'être articulés aux extrémités du bras 1, sont articulés sur des tourillons 10 fixés dans la partie médiane inférieure dudit bras 1. Les ressorts de suspension 18 sont disposés directement entre le bras 1 et les bras 11, et des vis de butée réglables 31 permettent, soit de supprimer toute action élastique des ressorts 18, soit de limiter leur affaissement. Le bras 1 porte, en outre, comme dans la première forme d'exécution, les trois points de fixation 28, 29 et 30 pour le montage d'un outil quelconque.
Le dispositif de verrouillage de cet essieu est semblable à celui indiqué à la fig. 1, c'est-à-dire qu'il comprend aussi une plaque 23 rapportée au voisinage de chacune des extrémités du bras 1, ces plaques 23 étant percées de plusieurs trous. 22. Une cheville 21, engagée dans une oreille fixée à l'extré mité du longeron correspondant du châssis, permet le verrouillage de l'essieu par rapport au châssis dans la position désirée.
Dans cette seconde forme d'exécution, il est à noter que le tourillon 5 d'articulation du bras 1 sur le châssis, de même que les tourillons 10 pourraient être disposés et orientés d'une manière quelconque les uns par rapport aux autres. Ces trois tourillons 5 et 10 pourraient même être combinés en un seul, les bras 11 étant alors articulés selon le même axe géométrique que l'axe géométrique 4 de pivotement du bras 1 par rapport au châssis du véhicule.
Dans la troisième forme d'exécution représentée à la fig. 3, les roues 9 sont suspendues par rapport au bras oscillant 1 au moyen de deux ressorts à lames 34 et 35. Le bras 1, selon cette construction, porte un prolongement 26 vers le haut, prolonge ment 26 qui est de plus forte section que dans les deux premières formes d'exécution. Le ressort 34 est fixé par sa partie médiane contre ledit prolon gement 26 entre deux bords de guidage 36.
Quant au ressort 35, il est fixé par sa partie médiane sous le bras 1. Les roues 9 sont montées par l'inter médiaire de leur arbre de pivotement 14 dans des supports 37 articulés en 38 et 39 aux extrémités correspondantes des ressorts 34 et 35.
Dans cette forme d'exécution, les trous 22 du dispositif de verrouillage du bras 1 par rapport au châssis du véhicule sont ménagés directement dans le bras 1. Les chevilles 21, engagées dans ces trous 22, pénètrent dans un trou correspondant ménagé dans la partie frontale du châssis du véhicule.
Cet essieu présente aussi aux extrémités du bras 1 et du prolongement 26 les points de fixa tion 28, 29 et 30 pour le montage d'un outil quel conque.
Ce dernier essieu (fig. 3) présente donc les mê mes avantages que ceux décrits en regard des fig. 1 et 2. Toutefois, aucun moyen ne permet de modifier ou d'annuler l'action des ressorts 34 et 35. Il est bien. clair, toutefois, que de tels moyens pourraient aussi être appliqués à cet essieu. On pourrait, par exemple, utiliser des vis du même genre que les vis 31 se vissant dans les extrémités du bras 1 et venant buter contre le ressort à lame 35 pour limiter l'amplitude de mouvement de la suspension.
De nombreuses variantes d'exécution des essieux décrits ci-dessus pourraient être imaginées. Ainsi, les dispositifs de verrouillage, au lieu d'utiliser des che villes de blocage, pourraient utiliser des dispositifs à vis ou à cran d'arrêt quelconques connus, tels que, par exemple, un cliquet engagé dans une cré maillère arquée ou rectiligne.
Ce verrouillage du bras pivotant 1 pourrait aussi se faire par inter position d'un bloc de caoutchouc, en utilisant, par exemple, des Silentbloc (marque déposée). Quant aux moyens permettant de modifier l'action des ressorts de suspension 18, ils pourraient aussi être remplacés par n'importe quels autres moyens connus et utilisés notamment pour obtenir un durcissement d'une suspension déterminée par adjonction d'un ressort, par exemple. Il va de soi que les dispositifs de verrouillage du bras pivotant 1 décrits ci-dessus sont aussi applicables aux tracteurs non pourvus de suspension élastique.