Procédé de fabrication d'une grenade Certaines grenades connues en acier comportent un corps formé de deux coquilles assemblées par sertissage, puis soudées à l'endroit de ce sertissage.
La partie inférieure du corps de la grenade pré sente un filetage interne destiné à recevoir un bou chon d'obturation.
A l'intérieur du corps de grenade et soudée sur la partie supérieure de ce corps, est montée une gaine destinée à renfermer les organes détonateurs.
Ces grenades présentent de nombreux inconvé nients, et notamment les suivants 1. La constitution du corps de la grenade en deux parties constitue une complication dans la fabrication; de plus, la soudure réalisée à l'endroit du sertissage des deux parties cons tituant le corps de la grenade risque d'être détériorée sous l'effet d'un choc dans cette région.
2. Le filetage réalisé sur l'une des parties cons tituant le corps de la grenade complique l'opération d'emboutissage de cette partie.
3. La soudure réalisée pour assurer le montage de la gaine sur le corps de la grenade risque également d'être détériorée sous l'effet d'un choc.
4. L'assemblage des deux parties du corps, d'une part, et de la gaine avec la partie supé rieure de ce corps, d'autre part, est réalisé en soudant à chaud, ce qui limite sensible ment la rapidité de la fabrication et multiplie les moyens de sécurité à prévoir pour le rem plissage du corps de grenade, tout en dimi nuant sensiblement le nombre des produits explosifs employables. La présente invention a notamment pour but de remédier à ces. inconvénients.
L'invention a pour objet un procédé de fabrica tion d'une grenade comportant un corps réalisé en une seule pièce, un couvercle fermant l'une des extré- mités de ce corps et une gaine intérieure fermant son autre extrémité, caractérisé en ce que le couvercle et la gaine sont soudés sur le corps de la grenade par pression à froid.
L'invention a aussi pour objet la grenade fabri quée selon ce procédé.
Une forme d'exécution de la grenade conforme à l'invention est représentée, à titre d'exemple, sur le dessin ci-joint. Ce dessin montre, d'une part, une vue en élévation, avec coupe partielle, d'une grenade et, d'autre part, une vue en plan d'une bague fendue.
Le corps 1 de la grenade est formé d'une seule partie réalisée, par exemple, en partant d'un disque de métal par emboutissage.
Ce corps 1 comporte une partie en forme d'ogive 11 terminée par un rebord intérieur cylindrique per mettant le soudage à froid en<B>Si</B> (ligne de soudure circulaire) d'une gaine 2 sur le corps 1. La disposi tion de cette soudure permet de protéger efficace ment celle-ci contre les chocs violents.
Ce rebord intérieur a un diamètre assez impor tant de façon à permettre la mise en place d'une bague 4 fendue et filetée intérieurement, sur laquelle viendra se visser un bouchon allumeur non repré senté.
La partie en forme d'ogive 11 du corps 1 est prolongée par une partie cylindrique 12 terminée par une partie rabattue de manière à former une collerette, sur laquelle est soudé à froid un couver cle 3 (S2 représente la ligne de soudure circulaire). La partie soudée à froid du corps 1 et du cou vercle 3 est recouverte d'un capuchon 5 présentant le même diamètre extérieur que la collerette et pré sentant un rebord rabattu. Ceci a pour but de pro téger la soudure contre des chocs trop violents.
On notera que le couvercle et le capuchon sont obtenus par des procédés normaux d'emboutissage il est nécessaire, comme le montre notamment la partie gauche de la figure supérieure, de donner au couvercle une forme telle qu'il puisse s'engager dans le corps de la grenade.
On peut fabriquer également la gaine 2 par em boutissage. Ci-dessous sera décrit le procédé d'as semblage des divers éléments constituant la grenade, à savoir l'assemblage de la gaine sur le corps de la grenade, et l'assemblage du couvercle sur ce même corps.
Le soudage à froid est un procédé d'assemblage qui a été mis à l'épreuve depuis un certain temps. Il a pour but d'assembler plusieurs parties métalli ques par une pression suffisamment forte, sans néces siter un échauffement de ces parties. Quelques mé taux se prêtent à ce procédé, par exemple l'alumi nium, le cuivre, ou certains alliages. La pression nécessaire pour obtenir le but recherché dépend des caractéristiques du métal utilisé.
Il est généralement employé dans ce procédé une matrice supérieure mobile qui est appliquée avec une forte pression contre une matrice inférieure fixe.
Pour souder à froid la gaine et le corps de la grenade, on peut, par exemple, employer une matrice inférieure qui épouse partiellement la forme inté rieure de la partie en ogive du corps. La partie qui doit être soudée est comprise entre le diamètre exté rieur du rebord intérieur du corps 1 et le diamètre du trou de la gaine.
Par contre, la matrice supérieure doit être con çue de façon à s'adapter parfaitement à 1a_ partie qui doit être soudée ; elle présentera un dégage ment destiné à ne pas abîmer ou déchirer les bords de la partie supérieure de l'ogive.
Lorsque ces deux matrices sont appliquées l'une contre l'autre avec une pression suffisamment forte, on obtient une soudure sans échauffement par inter pénétration de la matière des deux parties à assem bler.
Pour le soudage à froid du couvercle 3 sur le corps 1 de la grenade, on utilise deux matrices dont l'une épouse la forme de la partie à souder avec la collerette. La matrice supérieure comprend une par tie destinée à venir exactement en contact avec la face supérieure de la collerette.
Le diamètre intérieur de la soudure ainsi obte nue sera sensiblement égal au diamètre extérieur du corps de grenade 1. La grenade ci-dessus décrite présente de nom breux avantages techniques, et notamment les sui vants 1. Le corps de grenade ne comporte aucune partie filetée, ce qui facilite sa fabrication. 2. La soudure de la gaine en cas de chute vio lente est protégée.
3. Le capuchon recouvrant la collerette ren force la ligne de soudure du couvercle en cas de choc.
4. Le soudage de la gaine et du couvercle sur le corps de grenade s'effectuant à froid, per met de remplir la grenade avec des produits très volatils.
5. Cette grenade peut être obtenue à partir de métaux tels que l'aluminium, ce qui diminue son poids. Vis-à-vis des grenades obtenues en fer étamé, l'avantage réside dans le fait qu'il ne se produit aucune détérioration de la sur face du métal lors du soudage et par suite aucun risque de corrosion.
6. Cette grenade offensive peut être transformée en. grenade défensive en la recouvrant d'une gaine d'acier fixée au bouchon allumeur.