Installation de glissoire pour colis de marchandises,
en particulier pour un silo à sacs
On connaît des installations de glissoires inclinées servant à l'emmagasinage de colis de marchandises, par exemple sacs, paquets et autres emballages, que l'on introduit suivant le rythme de la production au haut de la glissoire et que l'on retire selon les besoins au bas de cette glissoire. Les silos à sacs comportent une application particulière de ces glissoires.
Les variations du coefficient de frottement entre les colis. de marchandises et les glissoires obligent, en général, à choisir une inclinaison plus élevée qu'il n'est nécessaire dans la plupart des applications. Lors du chargement, les colis freinent insuffisamment et peuvent prendre une vitesse trop élevée et se déforment par suite de collisions les uns avec les autres. Certaines marchandises délicates s'abîment et, si le matériel d'emballage des colis est poreux, la marchandise peut s'échapper. Les parties courbes des glissoires ont aussi tendance à s'engorger.
L'invention a pour objet une installation de glissoire pour colis de marchandises, par exemple pour un silo à sacs, comprenant des tronçons de glissoire successifs munis chacun d'un dispositif de freinage destiné à ralentir les colis au passage.
Cette installation est caractérisée selon l'invention en ce que ledit dispositif de freinage est actionne automatiquement par le passage des colis, et comprend un organe de freinage présentant une surface de friction et pivoté à son extrémité amont, le tout de façon que, lorsque l'organe de freinage est en position de repos, la surface de friction se trouve en position active pour venir en engagement avec un colis descendant.
Le dessin représente, à titre d'exemple, quelques formes d'exécution de l'installation faisant l'objet de l'invention.
La fig. 1 montre, en coupe longitudinale, une partie d'une première forme d'exécution.
La fig. 2 est semblable à la fig. 1 et montre les organes dans une autre position.
La fig. 3 montre une variante de cette première forme d'exécution.
Les fig. 4 et 5 sont des vues en coupe selon
IV-IV et V-V de la fig. 1.
Les fig. 6 et 7 se rapportent à un détail d'une deuxième variante de l'installation de la fig. 1.
La fig. 8 en est une vue en coupe longitudinale d'une deuxième forme d'exécution.
La fig. 9 est une vue en coupe selon IX-IX de la fig. 8.
Les fig. 10 et 1 1 sont des vues en coupe selon
X-X et XI-XI de la fig. 8.
Les fig. 12, 13, 14 sont des vues schématiques en coupe longitudinale d'une variante de l'installation selon les fig. 8-11.
La fig. 15 est une coupe verticale selon la ligne
XV-XV de la fig. 14.
Les fig. 16 et 17 représentent une vue en coupe longitudinale d'une autre forme d'exécution.
La fig. 18 est une vue en plan de la fig. 16.
L'installation à laquelle se rapportent les fig. 1, 2, 4 et 5 comprend des tronçons de glissoire successifs, dont deux sont représentés en partie aux fig. 1 et 2.
A l'extrémité inférieure de chaque tronçon, le fond 1 de la glissoire présente une ouverture dans laquelle est montée une plaque basculante 2 portée par un levier à deux bras 7 pivoté en 5. En amont de la plaque 2, le fond 1 de la glissoire présente une ouverture séparée de la première par une partie pleine 4 du fond de la glissoire et dans laquelle sont disposées deux plaques de freinage allongées parallèles 3 portées chacune par un levier à un bras 6 pivoté à son extrémité amont en 6a. Les extrémités aval, réunies par une traverse 21, des leviers 6 reposent sur l'extrémité du bras arrière, coudée vers le bas, du levier 7. Une lame de support la, dont le bord supérieur se trouve au niveau de la surface de fond de la glissoire est disposée entre les plaques 3.
La surface supérieure des plaques 3 constituant surface de freinage est munie d'un revêtement à coefficient de frottement élevé. Sous la plaque 2, et fixé à cette plaque, est disposé un rail 23 sur lequel peut rouler un poids mobile 8, pourvu d'une gorge 22 dans laquelle est engagé le rail, de façon à pouvoir se déplacer entre un point situé à proximité du pivot 5 et un point éloigné de ce pivot vers l'avant. Le rail et le poids 8 sont logés dans un carter 9. Un étrier de retenue 14 chevauchant la glissoire est pivoté autour d'un axe transversal fixe 15.
Les branches latérales de l'étrier 14 présentent un prolongement 16 s'étendant vers le bas au-delà de l'axe et pourvu d'une rainure 18 dans laquelle est engagée une tige transversale 17 fixée aux leviers 6.
On peut augmenter l'effet de freinage de la surface des plaques 3 en la munissant de surélévations croissant dans le sens du glissement ou en donnant au revêtement de la surface des plaques 3 la forme d'un coin d'angle très faible. Lorsque les plaques sont abaissées, lesdites surélévations et ledit coin descendent au-dessous du niveau de la surface de fond de la glissoire.
Un appareil de déchargement (non représenté) se trouve au bas de la glissoire et retient les colis constitués ici par des sacs jusqu'au moment où ils seront déchargés. Au-dessus de l'appareil de déchargement se forme alors une file de sacs 19. Dès que le dernier des sacs 19 de ladite file prend place sur la plaque 2 du tronçon de glissoire se trouvant en amont du tronçon le plus bas, cette plaque est maintenue abaissée et les plaques de freinages 3 sont ainsi maintenues soulevées (fig. 1) de sorte que leurs surfaces de friction se trouvent au-dessus du niveau de la surface de fond de la glissoire.
Lorsqu'un autre sac 19 descend depuis plus haut de la glissoire, ce sac entre en contact avec les surfaces de friction des plaques 3 et est ainsi freiné et ralenti avant de venir buter contre la traverse 20 à arête de retenue de l'étrier 14, lequel est amené en position abaissée lorsque les plaques 3 sont soulevées. Le poids de ce sac et des sacs suivants qui formeront une seconde file en amont de la première sur le tronçon de glissoire amont, n'exerce donc pas de force sur la file de sacs aval.
Quand on décharge un ou plusieurs sacs 19 au bas de la glissoire, toute la première file de sacs glisse vers le bas. Le sac supérieur quitte ainsi la plaque 2 correspondant au tronçon amont. Le poids des sacs de la file amont qui reposent sur les plaques 3 (fig. 2) fait abaisser ces plaques qui, en s'abaissant, soulèvent la plaque 2 ainsi que l'étrier 14 qui libère ainsi le sac inférieur de la file supérieure. Ce sac glisse vers le bas et, en passant, abaisse la plaque 2, ce qui fait remonter les plaques 3 et abaisser l'étrier 14, de sorte que le sac suivant est retenu jusqu'à ce que le premier sac ait dépassé la plaque 2 et le processus se répète jusqu'à ce que la file inférieure soit de nouveau complétée de façon que son sac supérieur s'arrête sur la plaque 2 (fig. 1).
Dans les autres tronçons de la glissoire, les dispositifs de freinage et de retenue fonctionnent de la même façon.
Lorsque la glissoire est vide, les dispositifs de freinage et de retenue se trouvent tous dans la position de la fig. 1. Ainsi les plaques 3 font saillie sur la surface du fond de la glissoire, et un sac descendant librement est freiné et arrêté momentanément.
Le poids mobile 8 s'oppose dans pareil cas à une libération trop rapide d'un sac retenu par l'étrier 14. En effet, en position de repos des dispositifs, le poids 8 se trouve en position éloignée du pivot 5.
Le poids d'un sac sur les plaques 3 soulève d'abord un peu la plaque 2 jusqu'à ce que le poids puisse rouler vers le pivot 5, et alors le mouvement de basculement vers le bas des plaques 3 peut alors s'accélérer. Ainsi, il est évité que les plaques 3 s'abaissent trop rapidement en libérant le sac.
Dans une variante (fig. 3), les tronçons de glissoire pourraient n'être pourvus que des plaques de freinage 3 commandées par la plaque mobile 2 comme dans la forme d'exécution des fig. 1, 2, 4 et 5. Dans cette variante, les sacs sont seulement freinés lors de leur passage sur les plaques 3 faisant saillie en position de repos. Toutefois, dans ce cas, on pourrait utiliser un poids 8 mobile assez grand pour parvenir à faire arrêter, pour un petit moment, complètement le mouvement des sacs jusqu'à ce que la surface de friction 3 s'abaisse et que le sac reprenne contact avec le fond lisse de la glissoire et puisse continuer à glisser.
Dans une autre variante, I'étrier 14 de retenue pourrait être remplacé par un clapet 10 (montré en pointillé à la fig. i) pivotant en 11. Dans sa position de repos, le clapet 10 est vertical et il est pourvu d'un nez 12 qui peut s'engager dans une fente 13 des plaques 3 lorsque celles-ci sont soulevées (fig. 6 et 7). Le nez 12 étant engagé dans la fente 13, le clapet 10 est immobilisé en position verticale. Quand un sac 19 descend avec une vitesse élevée dans la glissoire, ce sac est arrêté par le clapet 10 jusqu'à ce que les plaques de freinage 3 s'abaissent et libè rent le clapet 10. Le sac continuera alors à glisser en basculant le clapet 10 autour du pivot 11.
L'installation à laquelle se rapportent les fig. 8 à 11 comprend une série de tronçons de glissoire successifs ayant chacun, à son extrémité aval, un organe de freinage formé par un battant oblique 26 descendant vers le fond 1 de la glissoire 1 et monté de façon à pouvoir pivoter à son extrémité supérieure autour du pivot fixe 27. Au-dessus de ce battant oblique 26 est disposé un rail 31 qui peut pivoter à son extrémité opposée autour d'un pivot 32 monté sur un bloc élastique en caoutchouc 33. A son autre extrémité, le rail 31 est sous l'influence d'un ressort 34. Entre le battant 26 et le rail 31 est disposé un organe de roulement comprenant un axe 30 sur lequel sont montés fous un disque central 29 roulant sur le rail 31 et deux disques extérieurs 28 roulant sur le battant oblique 26.
La rotation du battant oblique 26 est limitée vers le bas par une traverse 35 venant prendre appui sur des butées lb de la glissoire (fig. 11). Dès qu'un sac arrive dans l'espace en forme de coin formé par le battant oblique 26 et le fond 1 de la glissoire, il glisse sur la surface inférieure, constituant surface de freinage du battant oblique, et est ralenti tout en soulevant ce battant.
Ceci déplace l'organe de roulement vers la droite.
Les disques 28 et 29 tournent dans des directions opposées. Pour faciliter le départ de l'organe de roulement 28, 29, le rail 31 présente, près de son point de pivotement 32, une rampe 36 oblique par rapport au battant 26. En se soulevant, le battant 26 libère le sac freiné.
Dans la variante de cette installation à laquelle se rapportent les fig. 12 à 15, le battant 26 formant frein est relié à un dispositif de retenue commandé par un levier traînant 37, 38. Celui-ci est pivoté en 36 et comporte deux bras de levier dont l'un 37 s'étend dans la trajectoire des colis de marchandises 42 et l'autre, 38, est articulé à un élément de retenue 39 pivoté en 40 sur l'extrémité aval du battant oblique 26. L'élément de retenue 39 est pourvu d'une traverse de retenue 41 qui peut être revêtue de caoutchouc. Quand l'appareil de déchargement au bas de la glissoire 1 est fermé et que des colis 42 s'amoncellent vers le haut de la glissoire, il se forme une file de colis.
Dès que l'un de ces colis reste sous le levier traînant 37, 38, ce dernier est maintenu dans sa position représentée dans la fig. 13 et le colis suivant est retenu par la traverse de retenue 41. La pression de la file de colis qui suit ne se transmet donc pas à la file de colis inférieure. Lorsque la glissoire est vidée, le bras 37 du levier traînant 37, 38 s'abaisse et, au moyen d'un étrier 43, le bras de levier 38 soulève l'organe 39 et sa traverse de retenue 41 qui libère le colis suivant (fig. 14). Lorsque le dernier des colis 42 a passé, l'organe de roulement 28, 29 revient dans sa position inférieure initiale.
En construisant le battant oblique 26 en un matériel élastique, par exemple en bois de frêne, il peut s'adapter à l'épaisseur plus ou moins grande des colis et si le rapport des bras de levier 37, 38 est assez grand, par exemple 5 : 1, la force sur la traverse de retenue 41 est suffisante.
Dans l'installation à laquelle se rapportent les fig. 16 à 18, chaque dispositif de freinage est agencé comme ceux de l'installation des fig. 8 à 11. En aval de chaque dispositif de freinage est monté un dispositif de retenue indépendant qui comporte un levier 45 placé dans le fond de la glissoire et une contre-surface 46 fixée au-dessus de la glissoire. Le levier mobile 45 pivote autour de l'axe 47. La surface 48 de l'un des bras du levier 45 peut se placer dans le prolongement du fond 1 de la glissoire et sert de surface de pression. L'autre bras du levier 45 compote un coin 49 pouvant s'élever au-dessus du fond 1 de la glissoire et dont la surface 50 est placée au-dessous de la contre-surface 46.
Les surfaces 48 et 50 sont réunies par une surface intermédiaire 51 qui fait avec la surface 50 un angle tel que, lorsque le coin 49 s'abaisse au-dessous du fond de la glissoire 1, cette surface 51 se trouve dans le plan du fond 1 de la glissoire.
Lorsque la glissoire se remplit, comme expliqué pour les exemples précédents, un colis repose sur la surface 48 et le colis suivant est retenu par le coin 49, et serré contre la contre-surface 46. Lorsque le colis placé sur la surface 48 la quitte, le levier 45 bascule et le colis suivant est libéré.
Dans une variante destinée à des sacs provenant dune machine à ensacher et ayant une section arrondie qui s'accorde mal avec la section à surfaces planes de la glissoire, on pourra munir les tronçons supérieurs de la glissoire de dispositifs de freinage selon les fig. 8 à 11. Ceux-ci aplatissent les sacs qui sont alors conduits plus favorablement tant dans les parties droites que dans les parties courbes de la glissoire. Les sections inférieures de la glissoire sont, de préférence, munies de dispositifs de freinage et de retenue selon les fig. 1, 2, 4 et 5 qui sont bien capables d'agir sur les sacs aplatis et faisant meilleur contact avec le fond de la glissoire.