Banc d'étirage pour métier à filer en continu La présente invention a pour objet un banc d'éti rage pour métier à filer en continu, comprenant deux manchons souples qui retiennent entre eux la mèche textile et l'accompagnent jusqu'à proximité du point de contact des cylindres étireurs.
Le but de l'invention est de permettre l'applica tion du type ci-dessus de banc d'étirage pour métier à filer en continu aux mèches obtenues par cardage à partir de déchets ou produits de régénération de fibres textiles telles que coton, rayonne de viscose, laine, etc. Jusqu'à présent, dans le filage des déchets et produits de régénération au moyen de métiers à filer en continu équipés d'un rotor d'étirage ou de dispositifs générateurs de fausse torsion, on n'a pas pu obtenir d'étirages supérieurs à 30 "/o.
Avec le banc d'étirage suivant la présente invention, on obtient des étirages compris entre 40 et 60'% et, en outre, il devient possible de construire des métiers à filer en continu dans lesquels travaillent en tandem un banc d'étirage à manchons souples et un dispositif d'étirage comprenant des moyens produisant une fausse torsion et, dans ce cas,
à l'étirage de 40 à 60 % que fournit le banc, on ajoute l'étirage que fournit ledit dispositif.
Le banc d'étirage faisant l'objet de l'invention, comprenant deux manchons souples retenant et ac compagnant entre eux la mèche jusqu'à proximité du point de contact des cylindres étireurs, est carac térisé en ce que l'organe de guidage avant de l'un des manchons est disposé plus près de ce point de contact que l'organe de guidage avant de l'autre man chon, de façon telle que la mèche, avant d'arriver à ce point de contact, parcourt un trajet en étant appuyée sur l'un des cylindres étireurs. Suivant une forme d'exécution préférée, le man chon dont l'organe de guidage avant est plus près du point de contact des cylindres étireurs se trouve, par rapport au deuxième manchon,
dans une position telle que le premier manchon, dans son trajet d'ac compagnement de la mèche, forme un angle rentrant sous l'action de l'organe de guidage avant du deuxième manchon.
Grâce à cette disposition des manchons du banc d'étirage, on arrive à ce que l'un des manchons se termine très près des cylindres étireurs et à ce que le trajet que parcourt la mèche sans accompagnement soit très réduit. De cette façon, bien que la mèche contienne une proportion élevée de fibres courtes, le nombre de fibres flottantes est minimum, ce qui fait qu'il est possible de la soumettre à un étirage plus prononcé que si le trajet sans accompagnement était d'une plus grande longueur.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, une forme d'exécution du banc d'étirage faisant l'ob jet de l'invention.
La fig. 1 en est unie vue en élévation frontale. La fig. 2 est une vue en coupe transversale sui vant la ligne II-II de la fig. 1.
La fig. 3 est une vue partielle agrandie de la figure précédente, qui porte sur les cylindres étireurs et la partie des manchons la plus proche de ces cylindres.
Sur les différentes figures, on a indiqué par 1 la mèche en cours de filage, par 2 et 3 des manchons qui la retiennent et l'accompagnent, par 4 et 5 deux cylindres étireurs, par P le point où ces cylindres 4 et 5 entrent en contact, par 6 et 7 des cylindres tournants qui guident respectivement les manchons 2 et 3, et par 8 et 9 des cylindres qui jouent le rôle de cylindres alimentaires et qui servent d'organes de g<I>a</I> uidage arrière des manchons.
Ainsi que l'on peut le voir sur les fig. 2 et 3, le manchon 2 se déplace en position accolée avec le manchon 3, dans tout le brin qui va du rayon 8' du cylindre 8 au rayon 7" du cylindre 7. Le trajet d'accompagnement de la mèche 1 par le manchon 2 s'étend depuis ce rayon 8' jusqu'au rayon 6" du cy lindre 6, et se décompose en deux parties: le brin cité 8'-7", qui assure à la mèche un double accom pagnement grâce à la superposition des deux man chons, et le brin 7"-6" qui fournit à la mèche un accompagnement simple.
Le cylindre 6 qui guide en avant le manchon 2 se trouve plus près du point de contact P que le cylindre 7 qui guide sur l'avant le manchon 3, la position dudit cylindre 6 étant telle que la mèche 1, avant de parvenir au point P, par court un trajet appuyée sur le cylindre étireur 5 ; ce trajet est celui qui est compris entre les rayons 5' et 5" du cylindre étireur 5. La distance diffé- rente des cylindres 6 et 7 au point P permet au rouleau 6 de s'approcher beaucoup de ce point P et du cylindre étireur 5, sans que le cylindre 7 le gêne.
De cette façon, le trajet que parcourt la mèche peut être très court entre le moment où elle quitte en 6" le manchon 2 et le moment où elle arrive au point P et où elle est saisie par les deux cylin dres étireurs 4 et 5, et le trajet que parcourent les fibres sans accompagnement, du rayon 6" au rayon 5' est encore plus court. (Sur la fig. 3, on a laissé un écartement plus grand qu'il n'est nécessaire pour donner une illustration plus claire.) On voit en outre que le manchon 2, sur son trajet d'accompagnement de la mèche 1, donc sur le trajet qui va du rayon 8' au rayon 6",
forme un angle rentrant en raison de la position pénétrante du cylindre 7 qui guide en avant le manchon 3. Cet angle rentrant est celui qui est indiqué par A, et ses deux côtés sont les deux portions de manchons 2 qui vont de 8" à 7' et de 7" à 6'. Dans l'exemple représenté, on observe en outre que la situation re lative des deux manchons 2 et 3 est telle qu'à cause de la position pénétrante du cylindre 8 qui guide en arrière le manchon 2, le manchon 3 forme un deuxième angle rentrant B.
Avec les deux angles rentrants A et B, on obtient une adaptation des manchons entre eux, grâce à la quelle ils s'enveloppent mutuellement. Cette adapta tion a l'avantage d'améliorer l'effet de retenue et d'accompagnement des fibres par les manchons et contribue à permettre que l'étirage soit poussé Jus qu'à des limites supérieures aux limites usuelles.
Bien que la forme d'exécution représentée comporte deux angles rentrants, un dans chaque manchon, on pour rait prévoir des variantes dans lesquelles deux angles rentrants seraient formés dans un même manchon, et rien n'empêche non plus qu'il existe seulement un angle rentrant dans l'un des manchons, ou même que les manchons soient tous deux sans aucun angle rentrant.
Les organes de guidage des manchons 2 et 3, c'est-à-dire les cylindres avant 6 et 7 et les cylindres arrière 8 et 9, sont montés dans des supports laté raux, comme indiqué par 10 sur les fig. 1 et 2, et ces supports sont montés à rotation sur un arbre 11, parallèle aux cylindres du banc d'étirage. De cette façon, par rotation autour de l'arbre 11, on peut ajuster à volonté l'écartement entre le point de con tact P des cylindres étireurs 4 et 5 et le cylindre de guidage le plus proche de ce point de contact P.
Ainsi, on dispose, d'un moyen facile pour donner à cet écartement une valeur proportionnée à la lon- P <B>a</B> eur moyenne des fibres constituant la mèche 1 que l'on file.
Le banc d'étirage décrit peut être combiné avec un dispositif d'étirage qui comprend des moyens pour produire une fausse torsion dans la mèche 1. En pa reil cas, ce dispositif sera disposé de façon que les cylindres étireurs 4 et 5 du banc jouent en même temps le rôle de cylindres alimentaires pour ledit dispositif, l'ensemble constituant un mécanisme d'éti rage à deux étages d'étirage en série. Les moyens de production de fausse torsion peuvent être constitués par tout dispositif approprié parmi ceux qui sont connus à cet effet dans la technique textile actuelle.