Procédé de fabrication de pièces tubulaires par extrusion à froid L'invention a pour objet un procédé de fabrica tion de pièces tubulaires ou partiellement tubulaires par extrusion à froid.
Les procédés de fabrication par extrusion et filage à froid se sont considérablement développés depuis quelques années, mais l'application de ces procédés aux métaux ferreux, en particulier aux métaux ou alliages tels que les aciers alliés, présente des difficultés de lubrification qui n'ont en général été résolues jusqu'à présent qu'en se limitant à de faibles rapports de filage permettant de réaliser la déformation du métal dans des conditions admis sibles.
Pour permettre une augmentation du taux de déformation, il était en effet nécessaire d'opérer à température plus élevée, et de ce fait, le fini des produits obtenus n'était pas parfait.
Les différents procédés connus sont onéreux, nécessitent en général, entre les différentes passes d'extrusion ou de filage, des recuits multiples effec tués à des températures supérieures au point de transformation du métal, et conduisant bien souvent à des produits défectueux.
On sait par ailleurs qu'en raison de la nécessité de réduire le taux de déformation, il est de pratique courante, avant filage, de travailler d'abord le lopin par extrusion, à l'intérieur d'une matrice dont le fond épouse la forme de la face inférieure du lopin, de telle façon que le travail par extrusion se trouve limité en profondeur à une pénétration du poinçon, jusqu'à une faible distance de ce fond de matrice, la toile de fond d'extrusion étant ensuite enlevée habi tuellement par découpage.
Or, ce découpage, qui s'effectue par cisaillement au-delà de la limite élastique du métal, présente l'inconvénient de provoquer des déchirures sur toute la hauteur correspondant au cisaillement de la toile de fond, ces déchirures s'accentuant par la suite au cours de l'opération de filage destinée à amener la pièce à ses dimensions définitives.
Indépendamment des recuits multiples précédem ment indiqués, ce découpage oblige donc à tronçon ner la pièce après filage, pour éliminer la partie déchirée correspondant au cisaillement de la toile de fond.
Le procédé qui fait objet de l'invention, pour la fabrication de pièces. tubulaires ou partiellement tubu laires par extrusion à froid du métal vers l'arrière, en vue d'effectuer un perçage du lopin de départ, suivi d'une opération de débouchage de la toile de fond d'extrusion, précédant une opération de filage à froid des ébauches destinée à les amener à leurs dimensions définitives, est caractérisé par le fait qu'on effectue l'opération d'extrusion après avoir créé d'abord, au moyen du poinçon d'extrusion, que l'on ne fait pénétrer que superficiellement dans le lopin de départ,
un logement de retenue d'un lubrifiant solide en contact avec la base du poinçon d'extrusion, lubrifiant qui est entraîné par le mouvement du métal extrudé, et qui assure ainsi la lubrification progressive de la paroi périphérique dudit poinçon d'extrusion, au fur et à mesure de la remontée du métal le long de ladite paroi périphérique;
qu'on débouche l'ébauche extrudée en filant sa toile de fond vers l'avant, après substitution d'un fond de matrice perforé, de forme appropriée, permettant d'éviter tout cisaillement du métal au-dessus du niveau supérieur dudit fond de matrice, qu'on effec tue le filage des ébauches ainsi débouchées à l'inté rieur d'une matrice, dans laquelle on superpose deux ou trois ébauches placées avec leur extrémité débou- chée tournée vers le haut, et dont la partie inférieure rétreinte assure le guidage de l'ébauche inférieure.
Un des avantages principaux de ce procédé réside dans le fait qu'il est possible d'éviter tout traitement thermique intermédiaire à haute température, au voisinage du point de transformation du métal, soit avant le débouchage de l'ébauche, soit après ce débouchage avant de procéder au filage.
Dans une mise en #uvre du procédé, il est pos sible d'améliorer le processus des opérations qui viennent d'être décrites en employant également pour l'opération de filage un lubrifiant solide de type simi laire à celui servant pour l'extrusion, sans l'appliquer en suspension dans un lubrifiant liquide.
Dans cette variante de mise en oeuvre du procédé, non seulement les traitements thermiques au voisi nage du point de transformation du métal peuvent être supprimés, mais encore on peut même éviter de soumettre l'ébauche, après extrusion et débouchage, à un traitement thermique de restauration du métal, et par voie de conséquence, on peut supprimer éga lement l'opération de phosphatation qui suit habi tuellement un tel traitement de restauration.
Il suffit alors de tremper simplement l'ébauche dans le lubrifiant solide avant de la filer à partir de l'extrémité opposée à l'extrémité débouchée, car la surface de ladite ébauche est, dans ce cas, encore assez phosphatée pour permettre l'accrochage dudit lubrifiant solide.
Cette simplification peut être obtenue à la condi tion de prévoir, au début du filage, une opération préalable de compression des ébauches, réalisée au moyen d'un porte-aiguille comportant à sa partie inférieure un rebord circulaire périphérique, rebord permettant l'obtention, à la partie supérieure de chaque ébauche, d'une gorge de retenue de lubrifiant solide, permettant d'assurer la lubrification de l'ébauche suivante.
Le dessin illustre plusieurs opérations d'un exem ple de mise en #uvre du procédé selon l'invention, exemple qui est relatif à la fabrication d'axes de pistons de forme cylindrique. Dans le dessin La fig. 1 est une vue en perspective d'un lopin de forme cylindrique destiné à être traité d'abord par extrusion ; la fig. 2 est une coupe axiale de l'ensemble poin çon d'extrusion, matrice et éjecteur après la pre mière opération d'extrusion superficielle permettant l'emploi d'un lubrifiant solide;
la fig. 3 est une coupe axiale des mêmes organes après la deuxième opération d'extrusion ; la fig. 4 est une coupe axiale d'une matrice et d'un poinçon d'extrusion après la troisième opéra tion correspondant au filage de la toile de fond vers l'avant avec freinage de l'écoulement de la matière par filage en rétreinte des toiles de fond provenant des pièces précédemment extrudées; la fig. 5 est une vue en perspective de la pièce extrudée après séparation de la toile de fond ;
la fig. 6 est une coupe axiale d'une matrice de filage, d'un porte-aiguille et d'une aiguille de filage montrant la position de trois pièces superposées au cours du filage de la pièce médiane, et la réduction progressive de diamètre des pièces ; la fig. 7 est une vue en perspective de la pièce telle qu'elle se présente après l'opération de filage ; la fig. 8 est une coupe axiale après la deuxième opération d'extrusion représentée sur la fig. 3 mon trant la disposition des fibres du métal ;
la fig. 9 est une coupe axiale de l'ébauche après la troisième opération de filage de la toile de fond représentée sur la fig. 4 montrant la nouvelle dispo sition des fibres du métal ; et la fig. 10 est une coupe axiale d'une matrice de filage avec son porte-aiguille à rebord,, et son aiguille de filage, montrant une ébauche inférieure en cours de filage et une ébauche supérieure formant cale d'application de pression à la fin du filage de l'ébauche inférieure, et soumise ensuite à l'action du porte-aiguille à rebord.
II est clair que les pièces de section circulaire représentées sur le dessin annexé pourraient être aussi bien remplacées par des pièces de .section ovale ou polygonale ou de toutes formes appropriées, les sections des matrices, des poinçons et des aiguilles de poinçon se trouvant modifiées en conséquence.
Les pièces en cours d'usinage et soumises aux opérations d'extrusion et de filage sont désignées respectivement par 1 sur la fig. 1, par la sur la fig. 2, par lb sur la fig. 3, par 1c sur la fig. 4, par 1d sur les fig. 5, 6 et 10, par le sur la fig. 6, par 1 f sur les fig. 6 et 7,
et par 1g sur la fi-.<B>10.</B> La matrice d'extrusion utilisée pour les trois premières opérations correspondant aux fig. 2, 3 et 4 est en deux pièces. La première pièce est désignée par 2, la partie inférieure des matrices par 3 et 3a, le poinçon d'extrusion par 4, l'éjecteur par 5 et son poussoir par 5a. Cet éjecteur n'est représenté d'ailleurs que sur les fig. 2 et 3.
Sur la fig. 4 correspondant à l'opération de filage vers l'avant, la toile de fond de la pièce 1c, qui vient de se séparer de la pièce extrudée, est désignée par le nombre de référence 6.
Pour freiner l'écoulement de la matière à travers le vide laissé dans la partie inférieure 3a de la matrice affectée à la troisième opération, on laisse les toiles de fond 6 se rétreindre, de façon -à prendre progressivement les formes 7 et 8 de diamètres réduits par rapport à l'alésage de la pièce 1c.
La partie inférieure 3a de la matrice comporte un alésage 9 correspondant à un diamètre légère ment plus grand que celui du poinçon 4, la différence de diamètre étant d'ailleurs très faible. Dans ces conditions, la toile de fond 6 se sépare de la pièce 1c par une déchirure 10 de forme sensiblement cir culaire, placée légèrement au-dessous du niveau infé rieur 11 de la pièce 1c.
Il suffit alors, pour passer de la forme de la pièce 1 c à la forme 1 d d'enlever la légère bavure entre les niveaux 10 et 11, par exemple par une opé ration de tonnelage si nécessaire.
Sur la fig. 6 on voit que le porte-aiguille 12 ser vant au filage appuie par sa partie inférieure 14 sur la partie supérieure de la pièce 1d qui est utilisée dans ce cas comme cale d'épaisseur pour permettre le filage d'une pièce semblable le représentée sur la figure en cours d'usinage, pièce qui appuie elle-même sur une pièce 1 f représentée également sur la fig. 7.
Le porte-aiguille 12 est équipé avec une aiguille 13 dont le diamètre est inférieur à celui de l'alésage des pièces 1d et le.
Au cours du filage le diamètre extérieur des piè ces extrudées se réduit jusqu'à la position représen tée en 15 au bas de la fig. 6.
De la même manière, le diamètre intérieur de la pièce filée 1 f se réduit au diamètre correspondant au nombre de référence 16, c'est-à-dire au diamètre de l'aiguille 13 du porte-aiguille 12.
Pour éviter, au moment où on relève le porte aiguille, que les pièces 1d, le et 1 f ne puissent se sou lever, il a été prévu dans la matrice 17 visible sur la fig. 6, une gorge de retenue 18, dans laquelle peut pénétrer la matière de la partie externe de la pièce le au fur et à mesure de son filage, ce qui assure une espèce de goupillage au moment de la remontée du poinçon et de l'aiguille.
Un lubrifiant solide, tel que le bisulfure de mo lybdène ou de tungstène, qui se trouve enfermé à l'extrémité du poinçon d'extrusion, après l'opération d'amorçage d'un logement de retenue représenté sur la fig. 2, se trouve entraîné par ce poinçon jusqu'au fond, en assurant la lubrification efficace de toute la surface soumise à l'action du poinçon, au fur et à mesure de la descente de ce dernier.
Les procédés habituels de phosphatation qui per mettent l'accrochage d'un lubrifiant tel que phos phate de zinc, savon de soude et silicate de soude par exemple, ou celui désigné sous la dénomination commerciale Bonderlube , sont appliqués au lopin 1 représenté sur la fig. 1, mais, en supposant que la couche phosphatée se trouve rompue au cours du travail d'extrusion, le lubrifiant solide continue à assurer une lubrification efficace. L'expérience a prouvé que l'étanchéité réalisée est absolue, car l'état de surface obtenu au contact du poinçon, même sur la toile de fond, ne révèle aucune déchirure.
L'utilisation d'un tel lubrifiant solide par simple dépôt effectué sur la face supérieure du lopin, ne pourrait être envisagée sans recourir à l'opération représentée sur la fig. 2, car le lubrifiant solide serait expulsé, soit par la forme du poinçon, soit par le courant d'air dû à la descente du poinçon.
II y a lieu de remarquer toutefois que le lubrifiant solide peut être également introduit par adjonction dans le bain servant, après phosphatation, à déposer le savon lubrifiant.
Dans le procédé de filage représenté en variante sur la fig. 10' on a désigné le porte-aiguille par la référence 12a, l'aiguille étant toujours désignée par le nombre 13, la partie inférieure du porte-aiguille 12a comportant un rebord périphérique désigné par 14a.
On a désigné par 1g l'ébauche en cours de filage dans la matrice 17a, la gorgï; circulaire de logement du lubrifiant solide étant désignée par 19. L'ébauche supérieure 1d qui servira de cale pour permettre la fin de l'opération de filage de l'ébauche 1g a été représentée sur la fig. 10 dans la position correspon dant au moment où elle vient d'être introduite dans la matrice, c'est-à-dire avant attaque par le porte aiguille.
Lorsque le rebord 14a vient appuyer à la partie supérieure 20 de cette ébauche 1d, non seule ment le refoulement de la matière engendre la gorge 19 qui servira à la lubrification de l'ébauche suivante, mais encore la matière se rétreint jusqu'au niveau du diamètre 16 correspondant à celui du porte- aiguille 13.
Le procédé de filage se trouve donc modifié comme suit: après trempage de l'ébauche préalable ment débouchée dans le lubrifiant solide, on la sou met à une opération de compression réalisée au moyen du porte-aiguille 12a à rebord 14a que l'on applique du côté qui vient d'être débouché ; on retire ensuite le porte-aiguille et on introduit du lubrifiant solide de même nature que celui mentionné précé demment à la partie supérieure de l'ébauche déjà partiellement filée, en remplissant notamment la gorge de retenue engendrée au cours de l'opération précédente de compression;
on introduit ensuite une nouvelle ébauche, préalablement trempée comme la précédente dans du lubrifiant solide, au-dessus de l'ébauche partiellement filée, en plaçant également son extrémité débouchée vers le haut, de façon à l'utiliser d'abord comme cale d'application de pres sion pendant la fin du filage de l'ébauche précédente, ladite ébauche servant de cale étant ensuite soumise à l'action du porte-aiguille à rebord circulaire péri phérique, pendant que sa partie inférieure commence à se rétreindre ; on retire à nouveau le porte-aiguille pour introduire du lubrifiant solide, et une nouvelle ébauche préalablement lubrifiée, et ainsi de suite.
Le mécanisme de la lubrification au cours de la descente de l'ébauche Id est le suivant Le lubrifiant introduit dans la gorge 19 se trouve également projeté sur la partie supérieure 21 de l'ébauche lg, cette partie 21 correspondant à la cuvette 22 du porte-aiguille 12a.
Du fait du léger dégagement correspondant à la différence de dia mètre intérieur de la matrice, à sa partie supérieure, où le diamètre est celui de l'alésage 23, et à sa partie médiane, où le diamètre correspond à celui de l'alé sage 24, le lubrifiant contenu dans la gorge 19 remonte progressivement, au fur et à mesure de l'enfoncement de l'ébauche 1d, le long de la périphé rie de cette ébauche.
De même, la pression s'exerçant sur la partie supérieure 20 de l'ébauche lg tend à chasser le lubri fiant entre l'alésage intérieur de l'ébauche 1d et l'aiguille 13, en même temps que le diamètre de l'ébauche elle-même tend à diminuer pour épouser le diamètre extérieur de l'aiguille 13.
De cette façon, l'ébauche 1d, qui a déjà été enduite au préalable du lubrifiant solide, se trouve extérieurement et intérieurement lubrifiée avant d'atteindre le niveau où elle va commencer à se filer en rétreinte. L'échauffement dû au filage est d'ailleurs insuffisant pour détruire le lubrifiant solide utilisé, qui est de préférence, comme on l'a déjà indiqué, du bisulfure de molybdène ou de tungstène.
Au moment où le porte-aiguille 12a et l'aiguille 13 remontent vers le haut pour permettre l'introduc tion de l'ébauche 1d, l'ébauche 1g ne peut pas être entraînée par l'aiguille 13 en raison du verrouillage réalisé par le léger dégagement correspondant à la différence de diamètre de la matrice au niveau des alésages 23 et 24 précités.
Une lubrification est donc assurée à l'intérieur de l'ébauche 1g pour la remontée de l'aiguille 13 qui se fait évidemment avec un certain frottement entre ladite aiguille et le diamètre intérieur de l'alé sage 16, et avec entraînement progressif du lubrifiant solide vers le haut.
Quant au travail de filage proprement dit, l'échauffement qu'il entraîne est limité, par le fait que le lubrifiant solide tend à remonter progressi vement le long du diamètre extérieur 15 de la pièce filée en assurant la lubrification externe de l'ébauche jusqu'à sa partie supérieure, c'est-à-dire jusqu'au niveau de l'alésage 24.
En résumé, en créant, à la partie supérieure de l'ébauche, avant de la soumettre à l'opération pro prement dite de filage, une gorge de logement de lubrifiant solide, on obtient, du fait de la pression au contact entre les deux ébauches, une remontée progressive du lubrifiant le long des parois de l'ébau che supérieure, lubrification qui agit ensuite au cours du filage d'une part, et lors de la remontée de l'aiguille 13 d'autre part.
On voit ainsi que l'utilisation de lubrifiant solide mis en suspension dans un savon lubrifiant tel que celui connu sous la dénomination commerciale Bonderlube , qui constitue un nouveau procédé applicable avant l'opération d'extrusion, et, dans le cas de la fig. 6, avant le filage, n'est plus nécessaire dans le cas illustré par la fig. 10 où le lubrifiant solide peut être utilisé tel quel puisqu'il peut alors adhérer sur la surface de l'ébauche extrudée et débouchée.
Avant l'extrusion, il est facile de comprendre que le trempage dans une telle suspension savon neuse permet de répartir, de façon parfaitement adhérente et uniforme, le lubrifiant solide sur toutes les parties du lopin à usiner.
Une autre caractéristique du procédé illustré par la fig. 10 réside dans le fait que le filage est effectué sur l'ébauche après retournement de celle-ci, de façon à provoquer, par rapport au corps: de la pièce, un écoulement de la matière dans une direction oppo sée au sens d'écoulement correspondant au filage de la toile de fond.
Dans ces conditions, les empilements de dislocations consécutifs à l'opération de filage de la toile de fond se trouvent, après retournement de l'ébauche, orientés dans un sens favorable à l'écou lement de la matière, ou tout au moins n'opposent pas une grande résistance à cet écoulement, ce qui facilite le travail de filage par rapport aux procédés habituellement connus, en réduisant l'élévation de température des matrices, des porte-aiguilles et des aiguilles de filage.
Ainsi, grâce au rebord 14a du porte-aiguille, qui permet de constituer un logement de retenue de lubrifiant solide, et au retournement préalable de l'ébauche extrudée et débouchée, avant de la sou mettre au filage, on peut, dans le procédé illustré par la fig. 10, effectuer ce filage sans traitement thermique de restauration préalable, en trempant simplement l'ébauche phosphatée dans du lubrifiant solide.
Il y a lieu de remarquer que les aiguilles de filage et les matrices chauffent progressivement, et que la première pièce que l'on file à température relative ment basse n'est qu'imparfaitement lubrifiée par du lubrifiant solide, puisque l'on n'introduit du lubrifiant solide en quantité notable dans une gorge de retenue qu'au moment où la première ébauche est partielle ment filée et occupe la position représentée en 1g sur la fig. 10.
Au fur et à mesure de l'élévation de température de la matrice et de l'aiguille de filage, la nécessité de la gorge de retenue du lubrifiant solide devient de plus en plus impérative, mais dans la pratique, dès l'introduction de la deuxième ébauche 1d dans la matrice de filage, pour former cale d'application de pression pendant la fin du filage de l'ébauche 1g introduite en premier, la lubrification efficace de toutes les ébauches successives est assurée.
On a indiqué dans le préambule de la présente description les désavantages des procédés classiques consistant à découper la toile de fond par cisaille ment du métal, procédés qui provoquent des déchi rures à la partie inférieure de la pièce en cours d'usi nage. Ces déchirures n'existent pas sur la pièce 1c du fait de la possibilité de travailler au-dessous de la limite élastique du métal par écoulement de la matière vers le bas, c'est-à-dire vers l'avant, écou lement qui est cependant ralenti par la présence des toiles de fond 7 et 8 progressivement filées en réduc tion de diamètre dans l'alésage de la matrice 6.
On a mentionné précédemment que les trois opé rations d'extrusion et de débouchage représentées respectivement sur les fig. 2, 3 et 4 peuvent être faites l'une à la suite de l'autre, sans aucun traite ment thermique intermédiaire. Ceci permet de grou per les trois opérations en une seule opération de presse en utilisant un plateau revolver ou tout autre dispositif d'alimentation approprié, et des poinçons multiples, une simple substitution étant opérée entre la deuxième et la troisième opérations, de la partie inférieure de la matrice 3a de la fig. 4 à la partie 3 des fig. 2 et 3, prévue avec un éjecteur 5 et un poussoir d'éjecteur 5a.
Les trois opérations se font donc en une seule descente de presse et le temps d'usinage se trouve réduit à celui d'une seule opé ration.
En comparant les deux coupes des fig. 8 et 9, on comprend la raison pour laquelle aucun traitement thermique n'est nécessaire entre la deuxième opéra tion d'extrusion et l'opération de débouchage par filage de la toile de fond.
En effet, les fibres de la partie inférieure de l'ébauche qui sont dirigées vers le centre de cette dernière sont redressées en direction de la partie inférieure de la matrice 3a au cours. de l'opération de débouchage de la fig. 4. Ce redressement des fibres de la partie centrale de l'ébauche se traduit par un effet de compression de la matière au voisi nage du poinçon, dans. le sens perpendiculaire à la direction des fibres, de telle façon que cette matière n'a pas tendance à se déchirer lors du débouchage de la toile de fond, comme dans une opération de cisaillement, mais tend au contraire à remplir par faitement bien l'espace entourant le bas du poinçon.
Il est facile de comprendre par ailleurs que l'action du poinçon pourrait entraîner plus facilement la for mation de déchirures par cisaillement de la matière, si les fibres métalliques étaient orientées vers le bas en direction de la périphérie de la matrice.
On obtient donc par le procédé décrit une ébau che absolument saine .sur toute la hauteur de son alésage, ébauche qui est utilisée ensuite pour l'opé ration de filage comme cela est indiqué sur les fig. 6 et 10.
Il est clair que le filage de la pièce pourrait ne pas être opéré en réduction de diamètre, mais aussi bien en augmentation, ou être adapté pour réaliser des pièces ayant plusieurs diamètres différents inté rieurs ou extérieurs.
Les exemples des fig. 6 et 10 concernent des tubes destinés à réaliser des axes de piston. Le dia mètre extérieur de la pièce le est réduit progressive ment de 30 mm à 22 mm, l'alésage intérieur ayant son diamètre réduit de 16 à 15 mm.
La longueur de 29 mm de la pièce 1d est portée par contre à 75 mm.
En évitant tout traitement thermique au voisinage du point de transformation du métal, le procédé per met d'éviter de détruire la globulisation des carbures entre l'extrusion et le filage. Cette dernière opéra tion peut alors, comme l'extrusion, être effectuée avec une pression réduite.
Il y a lieu de remarquer qu'en assurant une lubri fication efficace, et en supprimant les déchirures par cisaillement du métal, le procédé décrit permet éga lement d'éviter la formation de micro-soudures, et l'élévation anormale de température du lubrifiant et des outils qui résulte de l'arrachement desdites micro- soudures, élévation qui entraîne inévitablement la destruction du lubrifiant accroché sur la couche de phosphatation et, par voie de conséquence, une usure anormale de l'outillage.
Les modifications de cotes du poinçon et des matrices, dues à leur usure prématurée se trouvent ainsi supprimées, et les tolérances de fabrication peu vent être respectées.
De plus, l'élimination des traitements thermiques à haute température, et la possibilité de suppression pure et simple de tout traitement thermique entre les différentes opérations d'extrusion, de débouchage et de filage permettent d'éviter la formation de cala mine.
Le procédé décrit rend ainsi possible la fabrica tion de pièces extrudées et filées parfaitement saines sur toute leur longueur, ces pièces ne comportant pas de déchirures à leur partie inférieure. On peut en conséquence utiliser ledit procédé pour la fabrication de pièces tubulaires, avec une économie importante de matière et de main-d'ceuvre.
En outre, l'usinage d'aciers alliés, considéré jus qu'ici comme impossible à réaliser par extrusion et filage, peut se faire sans difficulté au moyen du procédé décrit, et sans mettre en jeu des puissances supérieures à la résistance des, outils.
Un autre avantage du procédé décrit réside dans le fait que le filage de la pièce peut être fait après l'opération de filage de la toile de fond vers l'avant, sans procéder au préalable à un traitement thermique au voisinage du point de transformation du métal, mais en effectuant tout au plus un traitement de res tauration à basse température pendant quelques heu res, aux alentours de 300 à 4000 dans le cas des aciers :
spéciaux mentionnés ci-dessus, traitement de restauration qui est suffisant pour débloquer les dis locations du réseau cristallin et rendre à la matière toutes ses possibilités de déplacement, et qui pré sente .en outre l'avantage de ne pas produire d'oxy dation superficielle et de ne pas détruire la globuli- sation des carbures opérée sur le lopin avant de le travailler par extrusion. Le lubrifiant, dont la tem pérature de destruction est supérieure à celle employée ci-dessus, se conserve intact au cours de ce traitement de restauration.
En raison de la faculté d'obtenir une lubrification parfaite en cours d'extrusion, il devient possible, même avec des aciers alliés considérés jusqu'à pré sent comme impossibles à extruder et à filer, de réa liser, pour un diamètre extérieur déterminé, des profondeurs d'extrusion jusqu'alors inconcevables, permettant, dans certains cas, de supprimer purement et simplement l'opération de filage, comme dans le cas des axes de pistons de vélomoteurs par exemple, ou, de toute façon, de rendre cette opération moins difficile, en augmentant considérablement la vie des matrices.
La suppression du filage, lorsqu'elle est possible, permet de réaliser une économie supplémentaire con sidérable, en particulier du fait que le traitement thermique et l'opération de phosphatation qui doivent être prévus normalement entre l'opération du débou- chage de la toile de fond et celle du filage de l'ébau che, sont alors supprimés.