Procédé pour la confection d'une couronne dentaire à facettes, à double paroi,
coquille pour sa mise en oeuvre, et couronne dentaire en résultant
Le présent brevet a pour objets un procédé pour la confection d'une couronne dentaire à facettes, à double paroi, une coquille pour sa mise en oeuvre et une couronne dentaire en résultant.
On connaît des couronnes à facettes qui consistent en un capuchon ou dé scellé sur le moignon de la dent et fait d'une matiere métallique, de préférence d'or, et d'une partie en une matière imitant la couleur naturelle de la dent. Cette partie est en général agencée en forme d'une plaquette en porcelaine ou en une matière synthétique qui recouvre la face labiale ou vestibulaire du capuchon, ou qui est fixée dans une ouverture ménagée dans cette paroi. Elle est retenue en place, soit moyennant un petit rebord de la partie métallique dans lequel elle est sertie, soit par des griffes métalliques qui serrent son bord ou qui sont ancrées dans la plaquette même, soit par collage.
Toutes ces formes connues de couronnes à facettes présentent l'inconvénient que l'ancrage de la plaquette reste visible, ou bien qu'il n'est pas assez solide, si bien qu'on risque, surtout par la possibilité d'infiltration de liquides buccaux entre la partie métallique et le revêtement, une décoloration et même un décollement de celui-ci.
Afin de parer à ces inconvénients, on a été amené à faire des couronnes à facettes à double paroi et dont seule la paroi intérieure est scellée sur le moignon de la dent à couronner, la paroi métallique extérieure englobant toutes les faces de la dent, sauf celles qui doivent présenter, vers l'extérieur, le revêtement imitant la couleur des dents naturelles et qui consiste en porcelaine ou en une autre matière appropriée naturelle ou synthétique. Entre la paroi inté fleure et la paroi métallique extérieure, il se trouve un interstice, de préférence maintenu par des tiges métalliques servant en même temps de moyens de rétention pour le revêtement qui se prolonge dans cet interstice, garantissant ainsi non seulement un ancrage solide, mais excluant toute infiltration d'acides buccaux entre la paroi intérieure métallique et le revêtement.
Cette couronne à facettes est plus particulièrement décrite dans le brevet No 385411.
Pour obtenir une telle couronne, on procède, d'après le brevet susmentionné, de la façon suivante: à partir de l'empreinte du moignon préparée dans la bouche du patient, on obtient un modèle du moignon sur lequel on reconstitue la dent en cire. De cette dent reconstituée, une clé ou matrice en plâtre est faite qui englobe toutes les faces extérieures de la partie métallique de la future couronne. La matrice est alors axialement coupée en deux, puis la cire présentant la forme extérieure de la future couronne est enlevée du moignon, sur lequel est créé, par application de la cire calibrée, le modèle de la paroi intérieure, en forme d'un capuchon ou dé.
Ensuite, on réunit le modèle de la paroi métallique extérieure en adaptant à l'intérieur de la matrice aux endroits correspondant à cette partie, de la cire d'une épaisseur appropriée, puis le moignon coiffé du capuchon ou dé est remis dans la matrice dont on enlève alors, d'abord une moitié, afin de lier, d'un côté, les modèles extérieur et intérieur des parois métalliques, pour en faire ensuite autant pour l'autre côté. Le modèle ainsi obtenu de la partie métallique de la couronne est enlevé du moignon et prêt pour la coulée opérée de façon connue.
Or, ce procédé présente l'inconvénient d'être assez complexe et d'exiger beaucoup de temps pour son exécution soignée. La présente invention se propose de remédier à cet inconvénient. Le procédé, objet du brevet, est caractérisé en ce que sur le modèle du moignon de la dent obtenu à partir de l'empreinte prise dans la bouche, on applique un capuchon en une matière telle que la cire, ce capuchon représentant la paroi intérieure de la partie métallique de la couronne; puis en ce qu'on appose et lie audit capuchon une pièce en forme de coquille préfabriquée représentant la paroi extérieure de la partie métallique de la couronne, ladite coquille étant disposée de façon à laisser un interstice entre elle et le capuchon, permettant ainsi au revêtement visible de la couronne de s'y étendre.
La coquille, qui peut être en cire ou en une autre matière appropriée, peut être choisie d'après un jeu de formes, par exemple numérotées, auxquelles correspond un stock desdites pièces détachées en forme de coquille et où on trouve le modèle choisi. La paroi extérieure de la partie métallique comprend toujours toutes les faces de la dent qui ne seront pas visibles dans la bouche, c'est-à-dire qu'on ne réserve au revêtement que les faces visibles des dents.
Pour augmenter la solidité de la couronne, surtout pour maintenir la distance entre les deux parois, ainsi que pour assurer l'ancrage du revêtement, on peut encore prévoir des tiges faites, de préférence, de petits bouts de fil métallique dont le point de fusion est plus élevé que le point de fusion de l'alliage destiné à la coulée de la couronne. Ces tiges peuvent être mises en place lors de la confection du modèle, ou bien faire partie des coquilles préfabriquées.
La coquille étant solidement liée au capuchon ou dé, le modèle de la partie métallique est prêt à la coulée qui sera opérée de la façon habituelle et connue.
Une coquille pour la mise en oeuvre du procédé est préfabriquée en une matière calcinable ou en métal. Elle peut être fabriquée en un certain nombre de formes et de grandeurs standardisées, c'est-à-dire, par exemple, par séries à plusieurs grandeurs pour chaque dent, par exemple en cire, mais aussi en n'importe quelle autre matière appropriée calcinable, à savoir en une matière susceptible de se volatiliser lors du chauffage du moule confectionné autour du modèle de la couronne.
Elle peut, en plus, être pourvue, dès la fabrication, de tiges métalliques servant à garantir, d'une part, le bon proportionnement de l'interstice entre les parois intérieure et extérieure, d'autre part, la rétention du revêtement prolongé dans l'interstice entre ces deux parois, ces tiges étant constituées par des bouts de fil métallique, répondant aux conditions mentionnées ci-dessus. Ces coquilles peuvent, enfin, être faites, elles-mêmes, en une matière métallique, par exemple en or, pour être liées, par exemple par soudage, directement à un capuchon ou dé coulé seul et pourvu des tiges de rétention; ou bien elles peuvent être munies dès la fabrication de telles tiges.
Une couronne dentaire confectionnée d'après le procédé ci-dessus est caractérisée en ce qu'elle comprend entre la paroi extérieure et la paroi intérieure de sa partie métallique, des tiges de rétention.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, une forme d'exécution d'une couronne dentaire obtenue au moyen d'une coquille et par la mise en ceu- vre du procédé, objet du brevet.
La fig. 1 représente une forme d'exécution d'une coquille vue en perspective;
la fig. 2, la même coquille, vue d'en face, c'està-dire du côté vestibulaire;
la fig. 3, une coupe longitudinale de la même coquille, coupée suivant la ligne III-III de la fig. 2, vue dans la direction des flèches;
la fig. 4, la même coquille vue dans la direction de la flèche IV de la fig. 3
la fig. 5, le modèle de moignon, coiffé du modèle de la partie métallique de la couronne, ce dernier étant montré en coupe longitudinale;
la fig. 6, le même modèle, enlevé du moignon et vu de face.
Les fig. 1 à 4 montrent une coquille destinée à une couronne d'une incisive. Il est entendu que les coquilles préfabriquées peuvent présenter toutes les fonnes distinctes nécessaires pour la confection des couronnes destinées à couronner les différentes dents.
I1 est de même entendu que ces différentes formes sont faites par séries à dimensions échelonnées.
Comme il a déjà été mentionné ci-avant, ces coquilles peuvent consister, soit en cire, soit en n'importe quelle autre matière naturelle ou artificielle susceptible de se volatiliser lors du chauffage du moule de coulage confectionné autour du modèle de la partie métallique de la couronne. En plus, ces coquilles peuvent être pourvues, dès leur fabrication, des tiges de distance et de rétention, non montrées dans les fig. 1 à 4.
La fig. 5 montre la partie supérieure d'un modèle de moignon 1, fait à partir de l'empreinte prise dans la bouche du patient, et coiffé du modèle de la couronne; dans la fig. 5, le modèle de la couronne est montré en coupe verticale, tandis que le moignon n'est pas coupé. Ce modèle est confectionné d'après le procédé suivant: après avoir préparé le moignon 1, on crée sur celui-ci la paroi intérieure de la couronne en appliquant sur la surface du moignon 1, par exemple, de la cire calibrée et en formant ainsi le capuchon ou dé 2. Après avoir formé ce capuchon ou dé 2, on détermine la forme et les dimensions de la coquille à apposer. A cet effet, on se sert d'un jeu de formes, par exemple, numérotées, présentant les différentes dimensions et les différentes formes des coquilles préfabriquées.
Lorsqu'on a trouvé la forme convenable, on choisit dans le stock de coquilles une coquille correspondant à la forme déterminée. Cette coquille 3 est alors directement apposée du côté lingual ou bien palatin au bord du dé et lui est solidement liée, par exemple par un raccord 4 en cuire.
La coquille 3 doit être disposée de façon à laisser entre elle et le dé 2 un interstice 5. Dans certains cas, on a intérêt d'appliquer un deuxième raccord 6 un peu plus haut pour raccourcir l'interstice entre la coquille formant la paroi extérieure et le dé formant la paroi intérieure; ce deuxième raccord n'est cependant pas indispensable. Le bord de la coquille est indiqué par le trait en pointillé. Du côté vestibulaire ou bien labial, et vers la gencive, la face de la paroi intérieure, à savoir du dé 2, présente un rebord 8 qui se termine à fleur avec la racine 1' de la dent.
La ligne en trait interrompu tiré, dans la fig. 5, du côté vestibulaire du sommet de la paroi extérieure constituée par la coquille 3 jusqu'au bord extérieur du rebord 8 indique la face du revêtement 9 qui sera appliqué après la coulée, d'une façon habituelle et connue sur la partie métallique de la couronne du côté visible dans la bouche, tout en s'étendant dans l'interstice 5. Ce revêtement 9 est ancré, d'une part, à l'intérieur de l'interstice 5 par les tiges de rétention 11, montrées dans la fig. 6 et n'étant représentées qu'à titre de mémoire dans la fig. 5 par des traits mixtes, d'autre part, sur la face labiale du dé moyennant des arêtes 7 obtenues par des incisions obliques pratiquées dans cette face.
La fig. 6 montre le modèle de la partie métallique de la couronne vu de face, c'est-à-dire du côté labial.
Une variante du procédé décrit consiste en ce qu'on ne prépare que le modèle du capuchon ou dé, dont on fait la coulée de façon à obtenir le seul capuchon en métal, de préférence en or. Ensuite, on y fixe par soudage une coquille représentant la paroi extérieure de la partie métallique de la couronne, cette coquille étant, elle, déjà préfabriquée en une matière métallique, par exemple en or. En mettant et en soudant la coquille, on doit avoir soin de laisser, de la façon prévue, l'interstice entre les deux parois.
Avant de poser la coquille, on soudera sur le dé les tiges de rétention, pourvu qu'elles ne soient pas déjà prévues sur la face intérieure de la coquille.
REVENDICATIONS
I. Procédé pour la confection d'une couronne dentaire à facettes, à double paroi, caractérisé en ce que, sur le modèle du moignon de la dent, obtenu à partir de l'empreinte prise dans la bouche, on applique un capuchon en une matière telle que la cire, ce capuchon représentant la paroi intérieure de la partie métallique de la couronne; puis en ce qu'on appose et lie audit capuchon une pièce en forme de coquille préfabriquée, représentant la paroi extérieure de la partie métallique de la couronne, ladite coquille étant disposée de façon à laisser un interstice entre elle et le capuchon, permettant ainsi au revêtement visible de la couronne de s'y étendre.