Procédé d'extrusion de portions de poids déterminé d'une masse pâteuse
et dispositif pour la mise en oeuvre de ce procédé
I1 est en soi connu d'obtenir des portions calibrées d'une masse pâteuse et d'en déterminer le poids par extrusion au travers d'une filière, comme permet de le rappeler une partie de la fig. 1 du dessin annexe.
Dans un carter 1 présentant une filière d'extrusion 2 se meuvent des vis de bourrage 3, destinées à chasser au travers de cette filière une masse pâteuse préalablement introduite dans ledit carter par une trémie non représentée.
Ladite masse quitte ainsi la filière sous forme d'un boudin 4, qu'il suffit de sectionner au moyen d'un dispositif 5 à fils-coupant pour obtenir des portions à profil constant 4'. Le poids de ces portions dépendra, outre de la densité de la marchandise, de la section d'extrusion et de la longueur coupée. La densité et la section étant constantes, c'est la longueur qui sera déterminante pour la précision du poids et divers moyens ont déjà été proposés, pour la régler et la contrôler. On a en particulier déjà utilisé des butées telles que 6, que la masse rencontre en vue de déclencher son immobilisation avant son sectionnement.
Des mouleuses travaillant de la sorte peuvent être appelées à mouler des portions selon un rythme très élevé, qui réduit la précision du poids des portions obtenues.
C'est en vue d'améliorer cette dernière que le procédé d'extrusion d'une masse pâteuse pour constituer des portions de poids constant selon l'invention prévoit que, ladite masse étant forcée au travers d'une filière en direction d'une butée dont la rencontre provoque l'arrêt du boudin extrudé par rapport au fil coupant, on réduit la vitesse d'approche de la masse de la butée peu avant la rencontre de cette dernière.
I1 est en effet plus facile de réaliser une coupe de longueur préditerminée à vitesse momentanément réduite qu'à vitesse plus élevée.
A noter que la butée peut tout aussi bien être un corps matériel qu'un rayon lumineux par exemple, influençant une cellule photo-électrique.
Le dispositif pour la mise en oeuvre de ce procédé présentera une filière, en regard de laquelle se trouve une butée, des moyens permettant de forcer la masse au travers de cette filière, un mécanisme de sectionnement du boudin ainsi extrudée et des moyens propres à réduire la vitesse d'approche du boudin de la butée peu avant l'instant où il rencontre cette dernière et sera sectionné.
Le dessin annexé montre trois formes d'exécution du dispositif, données à titre d'exemple.
La fig. 1 est une vue semi-schématique en perspective de la première forme d'exécution.
La fig. 2 est une vue semblable se rapportant à la seconde forme d'exécution.
La fig. 3 est une vue semblable se rapportant à la troisième forme d'exécution.
Le dispositif selon la première forme d'exécution de la fig. 1 comporte, comme il a été dit plus haut, un carter 1 contenant la masse, dont elle est régulièrement alimentée, une filière 2 et des vis de bourrage 3, enfin un mécanisme sectionneur à fils-coupant 5 et une butée 6. En 4 figure la masse extrudée, dont la partie extrême 4', située entre le mécanisme sectionneur et la butée, constitue la portion à obtenir.
Les vis 3 sont entraidés à vitesse égale mais en sens contraire l'une de l'autre par l'intermédiaire d'engrenages 7 et à partir d'un moteur 8.
Cet entraînement peut toutefois se faire par deux voies différentes, à savoir directement par l'arbre 9 et l'embrayage électro-mécanique 10 intercalé, ou enco re par I'abre auxiliaire 1 1 portant l'embrayage électro-mécanique 12 et les engrenages réducteurs 13-14. Le sens de rotation reste dans ce dernier cas le même, mais à vitesse réduite. I1 est enfin évident que les deux embrayages devront, comme on va le voir, travailler à tour de rôle.
C'est le commutateur 15 qui règle la succession des opérations d'embrayage et de débrayage, étant actionné par la came double 16, calée sur un arbre 17 tournant en synchronisme avec la machine.
Le contact de ce commutateur ferme obligatoirement, soit le circuit passant par le conducteur 18 représenté en traits pleins, soit celui passant par le conducteur 19 en traits interrompus (position dessinée), l'alimentation se faisant à partir du réseau 20.
Comme on le voit, le conducteur 18 commande l'embrayage 10 de prise directe et le conducteur 19 l'embrayage 12 d'entraînement ralenti.
Normalement, c'est donc le circuit du conducteur 18 qui sera fermé mais, à chaque passage du nez de la came 16, le soulèvement du contact du commutateur 15 provoquera l'ouverture du circuit 18 et la fermeture du circuit 19. C'est dire que, les vis 3 étant normalement entraînées en marche rapide, elles seront embrayées en marche lente une fois par tour de la came 16 et pour une durée dépendant de l'arc embrassé par le nez. C'est pour pouvoir régler dans une certaine mesure cette durée, que la came est dédoublée. En modifiant le décalage angulaire de ses deux parties, on peut modifier la durée de l'action de la came c.-à-d. la durée d'enclenchement de; l'embrayage du ralenti naturellement aussi l'instant de cette fonction, selon le calage général de la came double sur l'arbre 17.
Si maintenant, cet arbre exécutant un tour par cycle de travail, soit un tour par extrusion d'une portion de masse 4', on s'arrange pour que ce passage de l'entraînement rapide à l'entraînement lent ait lieu peu avant le moment où la portion 4' aura atteint la longueur désirée, on voit qu'il suffira d'en interrompre l'extrusion et de la sectionner à l'instant précis où elle aura le poids voulu, déterminé par sa rencontre avec la butée 6.
Or, cette butée constitue un interrupteur 21 placé dans le circuit de l'embrayage 12, que la masse met ainsi hors service. Cet interrupteur sera par exemple du type microrupteur. Sa position, c.-à-d. l'instant exact du déclenchement, sera bien entendu réglable et il est entendu, comme cela a été dit plus haut, qu'il pourrait consister en un rayon lumineux combiné à une cellule photo-électrique.
Le cycle de travail se présente alors ainsi:
Immédiatement après sectionnement et éloignement d'une portion, que pourra par exemple saisir un dispositif emballeur la came 16 inversant la position du commutateur 15, celui-ci ferme le circuit 18 et met l'embrayage 10 en action. I1 s'ensuit une extrusion rapide, mais, au moment où l'extrémité libre de la masse extrudée s'approche de la butée 6, le passage du nez de la came 16 provoque une nouvelle inversion du commutateur 15 et le passage à l'extrusion lente. Immédiatement après, le contact de butée 21 provoque l'immobilisation de la masse, puis la portion est sectionnée par le mécanisme 5 au synchronisme avec la mouleuse et les opérations décrites recommencent.
La précision est, comme il a été dit plus haut, augmentée dans une large mesure du fait qu'à l'instant du déclenchement final, la vitesse d'approche de la masse de la butée est réduite, et cela sans influencer de manière appréciable la production de la machine mouleuse.
Dans la seconde forme d'exécution selon la fig. 2, la masse 22 est à nouveau extrudée par la filière 23 du carter 24 et les portions sectionnées par le mécanisme à fils-coupant 25.
La butée 26 porte ici deux contacts interrupteurs 27 et 28. Le premier agit sur l'embrayage petite vitesse, comme précédemment, le surplus étant du rest semblable à ce qui vient d'être décrit pour la première forme d'exécution. Ici, de la même façon, le contact 27 ouvre le circuit de l'embrayage commandant la vitesse réduite et provoque le débrayage de ce dernier, donc l'arrêt du bourrage, par l'intermédiaire du conducteur 29. Mais en même temps le contact 28 ferme le circuit du moteur couple un tour 30 qui, par l'intermédiaire de la came 31 et du levier 32 agissant sur les bielles 33, commande le sectionnement de la masse.
Contrairement au premier exemple, où ce sectionnement se fait à une cadence en synchronisme avec la marche de la mouleuse, le sectionnement est commandé ici par la masse et s'opère à l'instant où elle s'immobilise, augmentant ainsi la précision.
La troisième forme d'exécution selon la fig. 3 diffère des précédentes par la façon dont est réalisé la diminution de la vitesse d'extrusion.
Dans une chambre 34 précédant la filière proprement dite 35, peut pénétrer un piston 36 susceptible d'en chasser une plus ou moins grande quantité de la masse 37, provenant par bourrage du carter 38. En arrêtant ledit bourrage et enfonçant à ce moment ledit piston, il est possible de provoquer encore un lent et faible mouvement d'avancement du boudin de masse extrudée.
En prévoyant que le conducteur 39, alimentant l'embrayage électro-mécanique 40 commandant la came 41 corresponde au conducteur 19 de la première forme d'exécution de la fig. 1 (en l'absence de l'embrayage 12) on voit qu'à l'arrêt des vis de bourrage et à la mise sous tension de 19 - soit ici de 39correspondra l'excitation de l'embrayage 40, donc la rotation de la came 41 agissant sur le levier 42 pivotant en 43, produira la poussée en avant du piston 36. Les vis sont donc arrêtées, le bourrage interrompu et seul le volume que vient occuper le piston 36 oblige de la masse à sortir de la filière 35 (position dessinée).
C'est au cours de cette faible extrusion que la masse rencontrera la butée 44, provoquant en 45 l'ouverture du circuit de 39-40, soit l'immobilisation de la came 41 et du piston 36, en même temps que l'arrêt de la masse et, par des moyens non représentées (par exemple la fermeture simultanée d'un interrupteur), le sectionnement de la portion de masse à obtenir. Un ressort de rappel 46 (ou tout autre moyen) provoque alors le retrait du piston 40 en obligeant par exemple mécaniquement la came 41 à revenir en arrière.
Il existe, bien entendu, de multiples autres possibilités de réaliser l'objet de l'invention.
On pourrait par exemple, après avoir immobilisé les vis de bourrage, communiquer au carter et à la filière un léger mouvement d'avancement en direction de la butée de commande de l'arrêt de ce mouvement et de l'opération de sectionnement.
A noter que l'amplitude de ce dernier mouvement, de même que celle des avances lentes précédemment citées du boudin de masse, est de l'ordre du milimètre.
Une autre solution pourrait être de fixer au carter une barre s'étendant en direction de l'axe de la filière, par exemple au-dessous de cette dernière, par rapport à laquelle le mécanisme sectionneur peut coulisser dans la même direction étant toutefois normalement maintenu dans une position bien déterminée. Pendant que le carter, la filière, la barre et la masse extrudée avancent, il se produirait un moment où, cette dernière rencontrant la butée, il en résulterait le subit accouplement du mécanisme sectionneur et de la barre précitée (par exemple par électro-aimant). Ce mécanisme, se mouvant alors avec le boudin, le sectionnerait au point voulu, nonobstant le mouvement de l'ensemble.
Ces exemples sont bien entendu loin d'épuiser toutes les possibilités que présente l'application du principe qui est à la base de la présente invention.
REVENDICATIONS
I. Procédé d'extrusion d'une masse pâteuse pour en constituer des portions de poids constant, caractérisé en ce que ladite masse étant forcée au travers d'une filière en direction d'une butée dont la rencontre provoque l'arrêt du boudin extrudé par rapport à des moyens le sectionnant, on réduit la vitesse d'approche de la masse vers la butée peu avant la rencontre de cette dernière.