Machine cryptographique La présente invention a pour objet une machine cryptographique pour chiffrage et déchiffrage, c'est- à-dire pour obtenir d'un texte clair un texte chiffré, ou vice versa.
L'invention a pour but de rationaliser et de sim plifier l'établissement de cryptogrammes. Jusqu'à pré sent, ces derniers étaient produits plus ou moins manuellement et avec une grande quantité de tableaux et de séries de clés préparées à l'avance. L'inconvénient de tels systèmes cryptographiques est, entre autres, que les séries de clés ne peuvent pas être établies sur place et en même temps que le chiffrage.
La présente invention a pour but de remédier à ces inconvénients et la machine qui en fait l'objet est caractérisée en ce qu'elle comprend: a) des roues à ergots réglables les unes par rapport aux autres et portant des ergots susceptibles d'être amenés dans une position de repos, respectivement de travail, b) pour chaque roue un bras agencé pour être actionné, au cours de la rotation de la roue, par les ergots qui se trouvent en position de travail, c) pour chaque bras un organe d'indication qui est déplacé par ledit bras d'une position de repos à une position de tra vail quand ce bras est actionné par un ergot en posi tion de travail,
les organes d'indication constituant ainsi deux combinaisons de positions disposées sur deux rangées différentes, et caractérisée, en outre, en ce qu'elle comprend un support d'une série d'alpha bets non ordonnés, ainsi qu'un organe portant un alphabet ordonné, le support et l'organe étant dépla- çables l'un par rapport à l'autre pour amener l'alpha bet ordonné en regard de l'un quelconque des alpha bets non ordonnés, dans le but de permetre de choi sir, pour le chiffrage ou le déchiffrage, l'un des alpha- bets non ordonnés d'après une combinaison, parti culière pour chaque alphabet, desdites positions.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, une forme d'exécution de la machine objet de l'in vention.
La fig. 1 en est une vue d'en haut avec le cou vercle partiellement coupé.
La fig. 2 est une coupe verticale de la machine. La fig. 3 est une vue par derrière de la machine avec le couvercle enlevé.
La fig. 4 est une vue de côté de la machine avec le couvercle partiellement coupé pour faire voir un détail du mécanisme d'alimentation.
La fig. 5 montre un porte-alphabet agrandi.
La fig. 6 montre une bande d'alphabet non ordonné.
La machine cryptographique représentée comprend une plaque de base 1 portant deux parois latérales 3 et 4 (fig. 3) entre lesquelles est monté un arbre 2 sur lequel peuvent tourner cinq roues à ergots 5 à 9 qui présentent, respectivement, dix-neuf, vingt et un, vingt-trois, vingt-cinq et vingt-six ergots équidistants, chacune de ces cinq roues à ergots étant reliée de manière déconnectable à cinq roues dentées 10 à 14 présentant également dix-neuf, vingt et une,
vingt- trois, vingt-cinq et vingt-six dents, c'est-à-dire une dent par ergot porté par la roue à ergots correspon dante.
Les ergots 15 (fig. 2) sont déplaçables axialement et les roues à ergots 5 à 9 portent, sur leur péri phérie, des évidements 16 munis de lettres dont cha cune correspond à un des ergots 15. Lesdits ergots agissent ou non d'après leur position axiale (position de travail ou position de repos) sur des bras 17 et les font osciller dans le sens inverse de celui des aiguilles d'une montre, ainsi qu'il ressort de la fig. 2. Les bras 17 sont des bras en équerre, montés rotatifs sur un arbre 22 et présentent, à leur extrémité supé rieure, des plaques 18 munies chacune d'un chiffre.
La plaque associée à la roue à ergots 5 porte le chif fre 1, la plaque associée à la roue à ergots 6 porte le chiffre 2, etc. Les chiffres des plaques 18 peuvent être lus dans une rangée supérieure 20 ou une rangée inférieure 21 de fenêtres prévues dans un boîtier 19 (fig. 1). Les bras 17 sont montés pivotants sur l'arbre 22 et sont actionnés par des ressorts de rap pel 48 (fig. 2) dans le sens des aiguilles d'une montre.
Chaque roue dentée 10 à 14 engrène avec une roue dentée 23 à 27, lesquelles roues présentent un seul et même nombre de dents, de sorte que pour chaque rotation de l'arbre 22 d'un angle correspondant à une dent des roues 23 à 27, toutes les roues à ergots 5 à 9 avancent également d'un pas égal à l'angle entre deux ergots, vu que les roues à ergots 5 à 9 sont au préalable couplées aux roues dentées 10 à 14. L'extrémité de l'arbre 22 (fig. 3) porte une roue dentée à rochet 27' qui présente le même nombre de dents que les roues dentées 23 à 27.
Un levier 28 est disposé à proximité de cette roue dentée à rochet 27', levier qui peut pivoter autour de l'arbre 22 et qui est muni d'un cliquet 29 monté pivotant autour d'un goujon 31 et sur lequel agit un ressort 30. Le cliquet 29 engrène avec les dents de la roue dentée à rochet 27'. Chaque fois que le levier 28 est pressé vers le bas, l'arbre 22 tourne d'un angle correspon dant à une dent de la roue 27'. En vue du fait que chacune des roues à ergots 5 à 9 possède un nombre d'ergots égal au nombre de dents de la roue dentée associée 10 à 14, il est clair que chaque roue à ergots avancera également d'un pas, c'est-à-dire d'un angle formé entre deux ergots.
Ainsi, si la roue 27' possède dix dents elle avancera de 360, tandis que la roue à ergot 5 avancera de 3600/19, c'est-à-dire environ 190. On comprend que les roues à ergots 5 à 9 ne reprennent la même position qu'après 19 X 21 X 23 X 25 X 26 pressions du levier 28, qui représentent le nombre des éléments ou clés de chiffrage et qui correspondent au nombre de lettres qui peuvent être chiffrées, c'est-à-dire à 5 965 050 éléments ou clés de chiffrage, ce qui représente un grand progrès par rapport aux machines connues dont les clés de chif frage sont limitées.
La plaque de base 1 se prolonge à l'extérieur, au-delà du dispositif décrit pour faire tourner les roues à ergots et protégé par boîtier 19, et présente des supports 32 permettant l'insertion de bandes 33 qui portent des alphabets non ordonnés de chiffrage. Chaque support 32 est pourvu d'un signe distinctif 34 sur son bord (fig. 1). Enfin, une tige 35, fixée dans des pattes 36 et 37 permet le déplacement d'un curseur 38 muni d'un cadre porteur d'une fenêtre 39 et d'un alphabet ordonné 40. La fenêtre 39 permet la lecture d'une des bandes 33.
Le curseur 38 porte une oreille 41 permettant son déplacement. Le chiffrage ou le déchiffrage se fait comme suit : la position initiale des roues à ergots 5 à 9 et aussi la position des ergots des roues est établie à la main et selon une convention passée entre l'émet teur et le récepteur. Dans l'une des deux rangées de fenêtres 20 ou 21 on lit le plus petit des deux nom bres qui y apparaissent, par exemple 13 dans la fig. 1, formé des chiffres 1 et 3 . Ceci pour la simple raison que le plus petit des deux nombres, par exemple 13 , est plus facile à lire que le plus grand de ces nombres, dans l'exemple 245 , et on l'utilise pour choisir l'alphabet ordonné.
On place le curseur 38 dans une position telle que sa fenêtre 39 encadre la bande 33 dont le signe distinctif 34 sur son bord porte le nombre 13 >>. On cherche la lettre à chiffrer ou à déchiffrer dans l'alphabet ordonné 40 et on lit la lettre correspondante dans l'alphabet non ordonné de ladite bande. Ensuite, on presse le levier 28 vers le bas, de sorte que les roues à ergots 5 à 9 avancent d'un pas et que les plaques 18 occupent de nouvelles positions. On lit le plus petit nombre apparaissant dans la série de fenêtres 20, 21 de la nouvelle position et on amène le cur seur 38 de manière que sa fenêtre encadre la bande 33 correspondant à ce nombre.
Dans la forme d'exécution représentée, la machine présente 16 alphabets non ordonnés de chiffrages dif férents sous forme de bandes 33 dont la disposition sur les supports 32 peut être changée chaque jour et déterminée par tirage au sort. Les divers supports 32 portent les numéros 0, 1, 2, 3, 4, 5, 12, 13, 14, 15, 23, 24, 25, 34, 35 et 45 (fig. 1).
Les positions et de ce fait les positions initiales des roues à ergots 5 à 9 sont, comme le montre la fig. 1, visibles en face d'une ligne de référence 19b dans des fenêtres 19a du boîtier 19.
Les positions initiales des ergots sont contrôlées d'une manière conventionnelle, c'est-à-dire en utili sant un texte de contrôle destiné à être utilisé pour un réglage déterminé des ergots.
A titre d'exemple on décrira maintenant l'opé ration de chiffrage du mot DATUM , en suppo sant que les roues à ergots et leurs ergots aient préala blement été réglés de façon que les plus petits des nombres indiqués à la suite apparaissent dans les fenêtres 20 et 21.
Comme dans l'exemple de la fig. 1, c'est par exemple le nombre 13 qui apparaît en premier dans l'une des fenêtres, on déplace alors le curseur 38 au moyen de l'oreille 41 jusqu'à faire apparaître l'alphabet non ordonné 13 dans la fenêtre 39. On peut alors lire la lettre J dans la fenêtre en face de la lettre D du curseur. En suite on presse le levier 28 de nouveau vers le bas, le chiffre 12 par exemple apparaît dans l'une des fenêtres, on déplace le cur seur vers l'alphabet 12 et on peut lire la lettre Q dans la fenêtre en face de la lettre A du curseur. Le levier est de nouveau pressé vers le bas, le chiffre 3 par exemple apparaît dans l'une des fenêtres, le curseur est alors déplacé vers l'alphabet 3 et la lettre A peut être lue en face de la lettre T du cur seur.
On presse comme avant le levier 28 vers le bas et le chiffre 45 par exemple apparaît dans l'une des fenêtres. Le curseur est déplacé vers l'alphabet 45, et on peut lire la lettre V dans la fenêtre vis-à-vis de la lettre U du curseur. Le levier est une dernière fois pressé vers le bas, le chiffre 35 par exemple apparaît dans l'une des fenêtres, ou déplace le cur seur vers l'alphabet 35 et on peut ainsi lire la lettre O en face de la lettre M du curseur.
Le mot chiffré obtenu est ainsi JQAVO . Pour le déchiffrage on procède de la même manière, en gardant le même réglage initial des roues à ergots et des ergots. En partant du mot JQAVO on obtient alors le mot DATUM en texte clair.
Etant donné que le chiffrage se fait de la même manière que le déchiffrage et qu'on cherche les lettres du texte clair et les lettres du texte chiffré dans un alphabet ordonné, il en résulte un grand avantage.
En variante, au lieu de dplacer la fenêtre 39 en regard des supports 32, on peut prévoir une fenêtre fixe en position et des supports mobiles mon tés sur un tambour rotatif. Enfin, la machine peut être agencée de manière que ledit tambour tourne automatiquement pour amener l'alphabet désiré dans la fenêtre 39 et correspondant au plus petit nombre apparaissant dans les rangées 20 et 21 des fenêtres.