Procédé et dispositif pour Pemballage de panneaux en matière élastique fibreuse ou cellulaire,
en particulier de fibres de verre
La présente invention a pour objet un procédé pour l'emballage de panneaux en matière élastique fibreuse ou cellulaire, notamment de panneaux en fibres miné- rales, telles que fibres de verre, agglomérées entre elles au moyen de liants. De tels panneaux sont en particulier utilisés dans le domaine de l'isolation thermique et acoustique. Ces panneaux ont une structure très lâche, les fibres occupant une très faible partie de leur volume.
C'est ainsi que le volume des fibres peut être de l'ordre de 3 /o du volume total du panneau. I1 en résulte que ces panneaux ont une densité très faible et sont donc très encombrants. Ceci constitue un sérieux inconvénient pour leur transport, qui grève lourdement leur prix au lieu d'utilisation, et pour leur stockage qui nécessite des volumes couverts importants.
D'autre part, si l'on fait voyager ou si l'on stocke ces panneaux sans les protéger, il se produit des courants de circulation d'air à l'intérieur desdits panneaux, ces courants pouvant provenir notamment de phénomènes de converction ou de variations de pression atmospérique. Ces courants nuisent aux propriétés isolantes des panneaux en raison de l'humidité de l'air ambiant ou de la présence de poussières dans l'air. Ils sont particulièrement nuisibles dans le cas d'air salin, par exemple quand les panneaux sont transportés par mer, car ils provoquent sur les fibres la formation de dépôts de sel qui réduisent fortement les propriétés isolantes des panneaux.
De plus, de tels panneaux, dont les fibres affleurent la surface, sont relativement fragiles et se trouvent dégradés lorsqu'on les empile pour leur transport ou leur stockage.
Par ailleurs, la valeur intrinsèque de ces panneaux, qui est relativement faible, ne justifie pas l'utilisation d'emballages constitués par des récipients rigides imperméables à l'air, récipients qui devraient résister aux différences de pression dues aux variations barométriques et aux écarts de température.
L'invention a pour objet un procédé d'emballage de ces panneaux ou piles de panneaux qui élimine ces inconvénients.
Le procédé suivant l'invention consiste à disposer le panneau ou la pile de panneaux dans une enveloppe souple ou des parties constitutives d'enveloppe, tout en laissant libre la communication entre l'intérieur de cette dernière et l'atmosphère, à exercer un effort de compression perpendiculairement aux plus grandes faces du panneau, de façon à provoquer une réduction importante de son épaisseur, cette pression restant toutefois inférieure à la limite de déformation élastique du produit et à fermer hermétiquement l'enveloppe pendant que l'ensemble est maintenu sous compression.
Dans ces conditions, il est possible de réduire considérablement le volume des panneaux tout en leur permettant de reprendre sensiblement leur état primitif lorsqu'ils sont enlevés de l'enveloppe.
La titulaire a constaté qu'après relâchement de la pression exercée sur les grandes faces faces du ou des panneaux, le produit regonfle par suite de son élasticité, à l'intérieur de l'enveloppe fermée hermétiquement, de telle sorte que la pression à l'intérieur de ladite enveloppe devient inférieure à la pression atmosphérique.
Ce gonflement se poursuit jusqu'à ce qu'il y ait équilibre entre, d'une part, la somme des poussées élastiques tendant au gonflement du produit et la pression de l'air ou du gaz contenu dans l'enveloppe et, d'autre part, la pression extérieure à l'enveloppe, c'est-à-dire la pression atmosphérique. Cette condition d'équilibre étant réalisée, on obtient ce que l'on appellera par la suite l'état stable du panneau ou de la pile de panneaux enveloppés.
Suivant une mise en oeuvre particulière du procédé, on donne au volume de l'enveloppe une valeur supé rieure au volume qu'est susceptible de prendre le panneau ou la pile de panneaux dans son état stable.
On obtient ainsi le résultat particulièrement avantageux que, sous l'action de la pression atmosphérique, les faces du panneau ou de la pile de panneaux restent planes.
De plus, il convient, que la dimension de l'enveloppe souple, correspondant à la hauteur du panneau ou de la pile de panneaux, soit susceptible d'atteindre une valeur au moins égale à celle que prend le panneau ou la pile de panneaux lorsque l'état stable de l'ensemble est atteint. I1 est même avantageux que cette dimension de l'enveloppe soit nettement supérieure, ce qui évite, en cas de rentrée d'air, une déformation trop importante des grandes surfaces du panneau.
La compression exercée sur les panneaux peut varier dans de larges limites selon les caractéristiques du panneau (densité, nature et diamètre des fibres, nature et densité du liant, etc.). En règle générale, pour obtenir une réduction de 50 0/o de l'épaisseur initiale, il pourra être suffisant d'exercer sur les grandes faces des panneaux une compression de l'ordre de 0,1 à 0,2 bar.
La compression peut dépendre également dans une certaine mesure du temps pendant lequel les panneaux sont conservés dans leur emballage. I1 y a lieu de noter à ce sujet qu'un panneau de fibres de verre, dont la compression est de 40 /o de son épaisseur initiale, retrouve, après 30 jours, environ 97oxo et, après 3 mois, environ 95 o/o de cette épaisseur aussitôt après enlèvement de l'enveloppe.
L'enveloppe peut être constituée en tout matériau souple et imperméable, par exemple en polyéthylène, chlorure de polyvinyle, acétate de cellulose, etc.
Le panneau ou la pile de panneaux peut être disposé dans une enveloppe déjà conformée avant ou pendant l'opération de compression à la condition de laisser libre la communication entre l'intérieur de l'enveloppe et l'atmosphère.
On peut également, suivant une forme de réalisation avantageuse, disposer sur chacune des grandes faces des panneaux, avant compression, une feuille de la matière devant constituer l'enveloppe et, après compression, fermer l'enveloppe en réunissant entre eux, de façon hermétique, les bords desdites feuilles.
La compression des panneaux peut être réalisée par tous moyens appropriés, notamment entre des plaques rigides dont la surface est supérieure à celle de la grande face desdits panneaux, entre des tapis transporteurs convergents, etc.
On décrit ci-après, simplement à titre d'exemples non limitatifs, des modes de réalisation de dispositifs suivant l'invention.
Dans cette description, on se réfère aux dessins cijoints qui montrent:
fig. 1 une vue en perspective relative à une pile de panneaux disposée entre deux plateaux;
fig. 2 une vue en élévation au début de la compres sion;
fig. 3 une vue en élévation correspondante en fin de compression et fermeture hermétique de l'enveloppe;
fig. 4 une vue en perspective de la pile de panneaux dans son emballage;
fig. 5 une vue en perspective d'un dispositif permettant d'obtenir en continu le cycle des opérations de conditionnement,
fig. 6 des courbes, relatives à la reprise d'épaisseur de panneaux conditionnés conformément à l'invention, en fonction de la durée de ce conditionnement et suivant divers états de compression.
Comme visible notamment sur les fig. 1 à 3, on se propose d'emballer, en vue de son stockage ou de son transport, une pile de panneaux P entre chacun desquels on peut éventuellement intercaler une feuille de papier ou autre, cette pile ayant une épaisseur S'.
Avant compression, on dispose cette pile dans une enveloppe en matière souple pouvant être en forme de sac et ouverte en totalité ou en partie. Dans l'exemple représenté, on utilise deux feuilles M' et M" de matière souple que l'on applique sur les grandes faces de la pile, les dimensions de ces feuilles étant nettement supérieures à celles de ces grandes faces.
On fait alors subir à la pile de panneaux une compression uniforme et perpendiculaire à ces grandes faces.
Dans l'exemple considéré, cette compression est réalisée en disposant la pile entre une plaque fixe 1 1 et une plaque presseuse 10.
La compression est effectuée jusqu'à ce que l'épaisseur de la pile P soit réduite à une valeur S" qui est fonction de différents facteurs, sur lesquels on reviendra plus loin.
Pendant que la pile de panneaux P est maintenue à son épaisseur réduite S" sous l'effet de la compression, on procède à la fermeture de l'enveloppe. Dans l'exem- ple représenté, cette fermeture est obtenue en soudant entre eux, par exemple par thermosoudure, les bords des feuilles M' et M".
La soudure de l'enveloppe est réalisée de telle sorte que, tenant compte du gonflement élastique ultérieur du produit, on obtienne une enveloppe dont la hauteur soit au moins égale à la hauteur de la pile de panneaux lorsque celle-ci prend son état stable.
La fig. 4 représente un produit P, conditionné suivant l'invention. Ce produit a une épaisseur dS" légère- ment supérieure à l'épaisseur S" qui lui avait été donnée au cours de la compression et qui correspond à l'état stable, la somme de la pression élastique exercée par le produit et de la pression intérieure du gaz dans l'enveloppe étant alors égale à la pression atmosphérique signalée par une série de flèches perpendiculaires aux grandes faces de la pile.
La fig. 5 représente une installation pour l'obtention en continu des emballages suivant l'invention. Les panneaux ou piles de panneaux P sont amenés en direction de la flèche A par un transporteur 20 de tout type approprié. Ils passent entre deux dispositifs 21 et 22 délivrant chacun une feuille de matière souple d'emballage M'-M", ces feuilles venant recouvrir les grandes faces de la pile. La pile ainsi revêtue de ces feuilles passe ensuite entre le dispositif de compression schématisé par un plateau presseur 10 et des plaques 23 intercalées entre les rouleaux du transporteur 20.
Les dispositifs de pliage, rapprochement, fermeture et soudure des feuilles M'-M" autour de la pile comprime P' ne sont pas décrits et représentés étant donné qu'ils peuvent être réalisés suivant les techniques couramment utilisées dans le domaine des matières plastiques.
La pile conditionnée représentée en P, est évacuée dans le sens de la flèche'.
Les courbes de la fig. 6 sont relatives au regonflement ou reprise de l'épaisseur initiale de panneaux en fibres de verre de fabrication courante, après que lesdits panneaux ont été enlevés de leur emballage. On a porté en abscisses les temps, exprimés en jours, pen dant lesquels les panneaux sont restés conditionnés, et en ordonnées le pourcentage des déformations permanentes des panneaux. Les diverses courbes de cette figure sont relatives à différents taux de compression, allant de 10 à 50 0/o.
Ces courbes permettent de déterminer le taux de compression à donner aux panneaux ou piles de panneaux que ces derniers retrouvent un pourcentage déterminé de leur épaisseur primitive au bout d'un certain temps de stockage. C'est ainsi par exemple qu'il ressort de ces courbes que s'il s'écoule 50 jours entre le con ditionnement et l'enlèvement de l'enveloppe et que le produit doive retrouver 96 O/o au moins de son épaisseur initiale, la compression ne devra pas dépasser 40 o/o de cette épaisseur. Cette compression pourra être plus élevée si le stockage du produit à l'état emballé est moins long et si l'on tolère un retour élastique plus faible.
II faut noter que les degrés de déformation indiqués ne sont pas rigoureusement constants et que les produits fibreux, après compression, peuvent retrouver avec le temps une épaisseur sensiblement plus voisine de l'épaisseur initiale que ne le montre le graphique de la fig. 6 dont les courbes tiennent compte d'un retour élastique immédiat après l'arrêt de la compression.
L'emballage hermétique des produits conditionnés suivant l'invention permet d'assurer le maintien des conditions d'ambiance les plus favorables à l'intérieur de l'enveloppe. C'est ainsi que l'installation de conditionnement peut être située dans un milieu déterminé, par exemple à atmosphère purifiée et ayant un degré voulu d'humidité, et/ou fortement ionisé, ou traité de façon à empêcher des actions pouvant entraîner l'altération du produit conditionné, etc.