Procédé pour la fabrication d'un corps cohérent continu composé principalement d'amiante La présente invention a pour objet un procédé de fabrication d'un corps cohérent continu composé prin cipalement d'amiante, à partir d'une dispersion aqueuse de fibres d'amiante et d'un réactif, dans lequel on fait réagir le réactif avec un liquide de coagulation pour produire un précipité qui lie les fibres.
Dans les procé dés connus, le réactif dans la dispersion peut être, par exemple, un savon soluble et le liquide de coagulation peut être une solution contenant des cations d'un métal polyvalent ou des cations hydrogènes, ou les deux, de façon que le savon soluble soit converti en un savon ou en un acide gras non soluble dans l'eau qui constitue l'agent de liaison.
Dans le procédé envisagé maintenant, tout réactif et tout liquide de coagulation qui réagissent pour former un liant peuvent être utilisés, le réactif le plus approprié étant toutefois un savon de sodium et le liquide de coagulation le plus intéressant une solution de sulfate d'aluminium de sulfate de zinc.
Les dispersions d'amiante du type indiqué, qui sont ordinairement à base d'amiante ,chrysotile, peuvent être formées avec un seul agent de dispersion ou avec plu sieurs de ces agents.
Un savon hydrosoluble utilisé comme réactif pour la coagulation subséquente agit aussi comme agent dispersif. Les dispersions tendent à être instables et commencent à coaguler non seulement en contact avec un liquide de coagulation, mais aussi si elles sont diluées. Une dispersion typique est quelque peu visqueuse, par exemple de la viscosité d'une crème.
L'invention est basée .sur l'observation selon laquelle quand une telle dispersion et le liquide de coagulation sont mis en contact l'un avec l'autre, il existe dans l'inter face entre eux un film qui peut être continuellement retiré de cette interface.
Le procédé faisant l'objet de l'invention est caracté risé en ce qu'on soumet la dispersion formant une masse à une traction au moyen d'un support sans fin qui est mouillé par le liquide de coagulation, de façon qu'une couche de dispersion soit enlevée, la surface de la cou che en contact avec le support étant au moins partielle ment coagulée .et la surface opposée -de la couche étant exposée à l'air et hors de contact avec toute surface solide transversale, telle par exemple une lame ou un rouleau, tant qu'elle n'est pas coagulée,
.on fait revenir une partie de la .dispersion non coagulée de cette surface exposée contre le mouvement du support afin de laisser sur ce dernier un film partiellement coagulé de la dis persion avec une face exposée, on applique à nouveau du liquide de coagulation sur la face exposée du film, et on détache le film du support pendant ou après l'ap@pli- cation de ce nouveau liquide de coagulation.
Le support peut porter une couche de dispersion, et pour cela il doit exister une interface entre le support et la masse. Le but est de produire un film mince et uniforme qui puisse être détaché ensuite du support, et il est nécessaire par conséquent d'empêcher l'excès de dispersion d'être entraîné.
Cet excès de dispersion peut revenir en arrière par gravité si la surface du support se déplace vers le haut à distance <B>de</B> .la masse, L'excès de dispersion peut être aussi éliminé vers l'arrière par un jet d'air, et ce jet d'air peut être utilisé aussi pour com pléter l'action de la gravité.
Il existe diverses façons d'assurer continuellement une interface entre le support et la masse. Ainsi, la sur face du support peut être en contact avec la surface supérieure de la masse de dispersion ou être trempée dans cette masse.
Un mode d'exécution particulièrement avantageux consiste à utiliser comme surface de support une paroi extrême mobile vers le haut d'une auge ou de tout autre récipient qui contient la masse.
Celle-ci peut être for mée .aussi sur la surface du support en appliquant la dispersion à cette surface. Si cela se fait dans une région où la surface se déplace vers le haut, la dispersion tend à s'écouler vers le bas du support, mais une couche est entraînée vers le haut.
Si on utilise un jet d'air pour déplacer l'excès de dispersion dans la couche contre le mouvement du support, la surface du support peut être horizontale et même légèrement inclinée vers le bas dans la région où la masse est formée.
Dans ce mode d'exécution, le film est formé à l'interface entre le support et la masse, et le support ne coopère avec aucune autre surface pour former un canal qui détermine la forme de la masse de dispersion.
L'avantage important obtenu est qu'il n'existe aucun orifice ni intervalle étroit entre le support et une autre surface à travers lequel la dispersion devrait passer et qui pourrait être facilement bloqué par de petits fais ceaux de fibres non dispersées ou par des corps étran gers tels qu'on en rencontre régulièrement dans l'amiante brute à partir
de laquelle la dispersion est formée.
Il s'ensuit aussi que les dimensions <B>de</B> la section droite du film sont déterminées entre autres par les caractéristiques d'écoulement de la :dispersion et par la géométrie de l'interface.
On a trouvé qu'il est avantageux de réduire la quan tité de liquide de coagulation portée dans l'interface par le support, principalement parce que tout excès de liquide de coagulation peut s'écouler en dehors du sup port dans ou sur la masse et former des caillots dans celle-ci.
Le support sans fin peut être constitué par une courroie ou un tambour, et dans chaque cas il peut comporter une surface poreuse ou une surface imper méable;
en outre, il peut être poreux partout et non seulement à sa surface. Un support comportant une sur face poreuse compressible porte facilement le liquide de coagulation à la dispersion et -il peut être comprimé par un rouleau pour expulser l'excès de liquide de coagula tion après que le filin a été détaché. Il n'y a aucune dif ficulté à <RTI
ID="0002.0070"> détacher le film d'un support poreux qui est mouillé par le liquide de coagulation, parce qu'un savon ou un acide gras soluble n'entre pas dans les pores si ceux-ci contiennent le liquide de coagulation ou si leurs parois sont mouillées par ce dernier. Au contraire, une couche de .savon ou d'acide gras insoluble (et de fibres) est formée :
immédiatement sur le support, mais aucune partie de cette couche ne pénètre au-delà des irrégula rités de la surface du support. Il .est facile de détacher une telle couche.
Un support à surface imperméable est efficace quand celle-ci est uniformément mouillée, par le liquide de coagulation.
Le support peut être constitué aussi par un treillis, par exemple un treillis métallique tel qu'en utilisent les machines Fourdrinier pour ,la fabrication du papier.
Après le retrait de l'excès de liquide de .coagulation, la couche n'est que partiellement .coagulée. Bien que le liquide de coagulation, un sulfate par exemple, diffuse dans le film à partir du support jusqu'à ce que le film soit détaché de ce dernier,
l'application d'une nouvelle quantité de liquide de coagulation à la surface exposée est nécessaire pour compléter rapidement la coagulation requise pour rendre le film suffisamment résistant pour le détachement et le traitement subséquent.
Bien que ce nouveau liquide de coagulation puisse être pulvérisé sur le film, on préfère l'utiliser sous forme d'un bain dans lequel le film est amené.
En accord avec l'épais seur de la dispersion qui n'a pas réagi, entraînée à dis- tance par le film, qui dépend à son tour dans une cer taine mesure de la viscosité de la dispersion, la longueur du bain de liquide de coagulation à travers lequel le film est porté pour compléter la réaction de la dispersion sur ce support peut être de 0,3 à 6 m par exemple.
Le film est détaché du support en une région appro priée de sa trajectoire, par exemple à l'extérieur du bain de liquide de coagulation ou dans ce bain. Le détache ment dans le bain présente cet avantage que le liquide de coagulation peut agir sur la surface :
interne du film quand ce dernier est détaché et contribuer ainsi à ce que le réactif dans le film de dispersion réagisse com plètement. Le film détaché peut être conduit à une bobine d'enroulement.
Une fois qu'une pellicule a été formée sur la surface exposée du film, les dimensions de la section droite sont pratiquement déterminées. Même alors, il est avan tageux qu'après .avoir été détaché le film ne vienne pas en contact avec une surface transversale jusqu'à ce que la coagulation soit .achevée.
S'il existe de la dispersion non coagulée à l'intérieur d'une pellicule externe coagu lée du film au moment où ce dernier est soumis à une pression quelconque telle que celle qui peut être exer cée par un passage en contact avec une lame ou un rouleau,
la dispersion non coagulée tend à se déplacer vers l'arrière à l'intérieur du film et à former une bulle qui éclate et rompt le film.
Le film peut être détaché du support à la main au début du procédé, mais il peut se briser au cours d'une opération continue. Le filin qui suit peut alors adhérer au support.
Bien qu'il puisse être à son tour détaché à la main, il est évident qu'un détachement automatique serait satisfaisant. Cela peut se faire au moyen d'un jet de fluide,<B>de</B> préférence un jet du liquide de coagulation, dirigé sur le support. Ce jet peut s'écouler pendant toute l'opération. On comprend facilement que lorsque le bord d'attaque du film partiellement coagulé a été soulevé du support mobile, le détachement du film se poursuit quand le support passe devant le jet.
Le film ainsi déta ché nage dans leRTI ID="0002.0218" WI="7" HE="4" LX="1381" LY="1790"> bain coagulant et il est facilement capté par l'opérateur et conduit à une bobine d'enroulement. S'il existe un écoulement continu dru liquide de coagula tion à travers le bain vers un déversoir et si une bobine d'enroulement est placée au niveau de ce déversoir,
l'extrémité libre du film peut être amenée au déversoir et au-delà de ce dernier pour être prise automatique ment par la bobine.
Une fois l'excès de dispersion éliminé, le film com posé partiellement de dispersion coagulée et partielle ment de dispersion qui n'a pas réagi peut présenter une épaisseur allant jusqu'à un demi-millimètre environ.
Le film détaché est mouillé et, si on le désire, il peut être séché avant d'atteindre la bobine d'enroulement ou après l'avoir atteinte. Un produit final .important de ce procédé est un fil qui peut être obtenu en filant un film, ou plusieurs films, ou urne ou .plusieurs bandes décou- pées dans un film plus large.
Le film ou la bande peut être tordu ou filé à l'état humide, ou il peut être séché par simple exposition à l'air .ou par la chaleur. L'épais seur finale du film, s'il est séché à plat, peut être par exemple d'un centième à deux centièmes de milli mètre.
Le support peut varier considérablement en largeur, par exemple d'un millimètre, pour produire un fil fin à 1000 millimètres ou plus ou pour donner un produit semblable au papier. On peut .aussi former plusieurs films étroits sur un seul support.
La dispersion peut être faite à l'aide de deux agents dispersifs, par exemple un savon hydrosoluble et un autre agent dispersif anionique tensioactif, et peut avoir la composition suivante en poids:
eau du robinet d'une dureté d'environ 30 parties pour mille exprimée en carbonate de calcium, à 60 C, 1100 parties-, amiante chrysoffle (degré 2) 20 parties; dodécyl- benzène-sulfoinate de sodium 1,2 partie; savon (sels de sodium d'acide gras mélangés à ,longue chaîne, teneur d'eau moyenne 20%) 8 parties; sulfate d'aluminium 0,7 partie.
Le liquide de coagulation peut être une solution à 5 % de sulfate de zinc dans l'eau. On a trouvé qu'un film continu peut être formé à partir de cette disper sion et de ce ,liquide .de coagulation à une vitesse de 20 m/mn.
La dispersion peut contenir d'autres particules ou d'autres fibres qui peuvent être dispersées de manière colloïdale ou non colloïdale. Il peut s'agir par exemple de particules de polymères ou de graphite ou de fibres de verre. Ces particules et ces fibres deviennent des parties constituantes du film, soit par réaction, soit par entraînement mécanique.
Des émulsions ou des latex, de caoutchouc par exemple, peuvent être aussi présents et devenir parties constituantes du film.
Le dessin annexé représente, schématiquement et à titre d'exemple, des appareils pour la mise en oeuvre du procédé objet de l'invention et une variante la fig. 1 est une vue d'un .premier appareil<B>;</B> la fig. 2 est une variante, à plus grande échelle, cor- respondant à la fig. 1 ;
la fig. 3 est une vue partielle d'un second appareitl ; la fig. 4 est ,une coupe selon IV-IV de la fig. 3 ; les fig. 5 à 9 sont des vues, complètes ou partielles, d'autres appareils, et .les fig. 10 et 11 sont respectivement une vue latérale et une vue .en plan d'un autre appareil.
Dans l',appareil représenté à -la fig. 1, une masse de dispersion est maintenue dans un récipient 1 compor tant un déversoir de trop-plein 2 à une extrémité, la dispersion fraîche étant pompée à ,l'autre extrémité à travers un tuyau 3 par une pompe 4 depuis un réservoir 5,
de manière qu'il existe un écoulement continu à tra vers le récipient. Un rouleau 6 autour duquel passe une courroie poreuse sans fin 7, mouillée avec un liquide de coagulation, est disposé de façon que lorsque la cour roie passe au-dessous du rouleau, sa surface soit en contact avec la surface de la masse.
La courroie exerce une traction sur la dispersion dans la surface de contact entre la courroie et la masse et emporte une couche de dispersion en dehors du bain. Un peu de cette couche revient en arrière dans le bain en quittant le filin formé sur la surface
supérieure de la courroie quand celle-ci se déplace vers le haut depuis le rouleau 6 pour passer sur un rouleau 8. La. courroie se déplace ensuite prati quement horizontalement pour passer autour d'un autre rouleau 9 à partir duquel elle .se déplace vers le bas pour entrer dans un bain de liquide <RTI
ID="0003.0134"> coagulant placé dans une cuve 10 au fond de laquelle est monté un nou veau rouleau 11 autour .duquel passe ,la courroie avant de sortir de la cuve.
On a trouvé que sur le brin infé- rieur de la courroie, la dispersion qui n'a pas réagi sur la courroie peut se déplacer vers le bas et créer des irrégularités dans le film. Il peut être avantageux par conséquent de pulvériser le liquide de coagulation sur le filin à travers
une tuyère 12 dans une zone où la courroie se déplace horizontalement, afin d'augmenter la réaction qui s'effectue avant que le film soit placé verticalement.
Le film est détaché de la courroie quand celle-ci commence à remonter vers le haut dans la cuve 10 et<B>il</B> se déplace sur une certaine distance à travers le bain sans être supporté par la courroie. En quittant le bain, le film passe sur un rouleau de traction 14 à partir duquel il passe sur un autre rouleau 15 jusqu'à un dis positif de filage 18.
La courroie se déplace en avant et hors de la cuve 10 en entraînant avec elle du liquide de coagulation. En quittant la cuve 10, la courroie 7 passe dans la zone de serrage entre le rouleau 8 et un rouleau 16 afin d'élimi ner une partie, mais évidemment pas la totalité du liquide qu'elle entraîne, puis elle revient ,sur le bain de disper sion.
Le liquide éliminé est recueilli par une auge 13. La courroie peut être engagée par une brosse pour enle- vers toutes les fibres qui peuvent n'avoir pas été retirées de la courroie lors du détachement du film.
Pour la raison donnée plus haut, la profondeur du bain de liquide de coagulation dans la cuve 10 et la vitesse .de la courroie doivent être en rapport de manière que le film ne vienne pas en contact avec le rouleau de traction 14 ni avec d'autres surfaces dures tant qu'il n'est pas coagulé sur toute son épaisseur.
Pour que l'opération continue réussisse, il est nécessaire qu'une dispersion de concentration constante et un liquide de coagulation de concentration constante soient amenés en contact sur la surface de la courroie, c'est-à-dire dans l'interface entre la courroie et la masse. Un peu du liquide de coagulation peut diffuser dans la masse de dispersion.
En outre, ilRTI ID="0003.0224" WI="7" HE="4" LX="1502" LY="1585"> peut se produire une certaine dilution de la dispersion par les produits de la réaction. La dispersion ne reste pas stable si sa concentration varie dans une grande mesure,
et si la concentration varie il est nécessaire de remplacer continuellement la dispersion dans la surface de contact par une dispersion fraîche. Cela se fait avec l'appareil de la fig. 1 en obli geant la dispersion à s'écouler de façon continue à tra vers le bain de manière à créer une circulation et de restaurer sa concentration au cours de cette
circulation. Pendant cette concentration, les produits de réaction indésirables peuvent être neutralisés. On peut utiliser une source principale de .dispersion plus concentrée que désiré entrant dans le récipient 5 par un tuyau 17 et qui, lorsqu'elle est mélangée avec la dispersion quelque peu diluée s'écoulant par le déversoir 2,
donne une dis persion de la concentration désirée.
Quand le procédé décrit est mis en oeuvre dans l'ap pareil de la fig. 1, les fibres sont orientées en prédomi nance dans la direction du mouvement de la courroie. Bien que cette disposition donne une forte résistance dans une direction,
elle entraîne aussi une faible exten- sibilité. Afin de produire un film dont les fibres présen tent une orientation palus laissée au hasard, la disper sion peut être ralentie quand elle arrive dans la surface de contact. Un tel ralentissement peut être produit par une forme appropriée du récipient qui contient le bain.
Par exemple (fig. 2), la base du récipient contenant le bain de dispersion peut être inclinée vers le bas en 19 au-dessous du rouleau 6, de manière que sur la surface de contact la dispersion soit ralentie. Il est avantageux alors que la vitesse réelle dans .la surface de contact soit très sensiblement la même que celle de la courroie 7.
La dispersion peut être entraînée aussi à travers le récipient parallèlement à l'axe du rouleau 6 de manière que les fibres soient orientées en prédominance trans versalement à la courroie 7.
Quand le support est constitué par une courroie poreuse, dans les appareils des fig. 1 et 2, la courroie absorbe la solution en excès, c'est-à-dire les produits de réaction indésirables,
à partir du film. Ainsi le ris que de dilution de la dispersion ou d'accumulation de produits indésirables dans la surface de contact de la courroie avec la masse est faible, et il peut être inutile de remplacer la dispersion de façon continue par une dispersion fraîche.
La courroie est de préférence com posée, comprenant un support non poreux et une cou che d'une éponge absorbante compressible ou de toute autre matière poreuse.
Dans ,l'appareil représenté aux fig. 3 et 4, une masse de dispersion est maintenue dans une auge 20 dont une extrémité présente des fentes verticales 21. Le support est une courroie 22 qui se déplace autour d'un tam bour 124. L'extrémité fendue de l'auge 20 est placée contre une partie courbe se déplaçant vers le haut de la courroie 22 de manière à être approximativement tan gente au fond des fentes 21.
La dispersion s'écoule à travers chaque fente et à travers l'espace proche de la courroie pour être entraînée vers le haut sous forme de couches 23 qui tendent à s'étaler latéralement, comme représenté (fig. 4).
L'excès de dispersion revient vers le bas et il se forme des films dont chacun présente une largeur supérieure à la largeur de la fente d'une quan tité qui dépend de la hauteur de la surface libre de la dispersion au-dessus du niveau de tangence des bords des fentes avec la courroie.
La courroie 22 doit être suf fisamment proche de l'extrémité de l'auge 20 et se déplace vers le haut à une vitesse suffisante pour que toute dispersion tendant à se déplacer vers le bas depuis la base de l'auge soit recueillie et emportée par la cour roie avant de tomber. La :courroie, en quittant le tam bour, se déplace vers le bas dans un bain de liquide de coagulation.
La dispersion est envoyée dans l'auge à un débit constant et détachée sous forme de film exactement avec le même débit.
Les fentes 21 représentées aux fig. 3 et 4 sont parti culièrement utiles quand le but est de produire un cer tain nombre de films étroits destinés à être tordus ensemble pour former un fil. Si on désire obtenir un large film, l'extrémité de l'auge 20 peut être entière ment ouverte. Les parois latérales peuvent être incur vées pour se conformer à la trajectoire de la courroie, et elles sont de préférence divergentes vers le haut.
On peut noter que le support coopérant avec l'auge, que celle-ci soit ouverte ou fendue, peut être un tambour.
Un tel appareil à .auge fendue peut présenter neuf fentes de 4 mm de largeur chacune afin de produire neuf films. Les fentes partent du fond de l'auge 20 et s'éten dent vers le haut sur 52 mm. La paroi fendue de l'auge est plate et forme un .angle de 970 .avec la base. Cette base est disposée dans un plan horizontal proche de l'axe horizontal d'un tambour recouvert d'éponge, d'un diamètre de 180 mm.
La dispersion est amenée de façon continue dans l'auge et, lors du fonctionnement, elle est stabilisée à une profondeur de 25 mm. Il se forme neuf rubans de films d'une largeur :de 6 mm chacun avant que ces films soient détachés du support.
La fig. 5 montre un appareil d'une conception diffé rente et plus simple. Le bain de liquide de coagulation est contenu dans une cuve 24 horizontale peu profonde et non dans une cuve verticale comme à la fig. 1. Un support est ,constitué par une courroie en treillis 25 qui passe autour de deux rouleaux 26 et 27 seulement et capte la dispersion d'une auge 28 semblable à l'auge 20.
Le liquide de coagulation est contenu dans un réser voir 29 à partir duquel une pompe 30 aspire le liquide continuellement et le décharge dans une tuyère 31 à par tir de laquelle le liquide passe en jet sur le côté supérieur du brin inférieur de la courroie 25, assurant deux fonc tions. La première est .de débarrasser la courroie de tou tes fibres qu'elle peut porter, et la seconde est de déta cher le film 32 de la courroie, soit au début du procédé, soit s'il doit être coupé.
La courroie passe entre deux rouleaux 49 destinés à éliminer l'excès de liquide. Le film détaché passe à travers le liquide de coagulation dans la cuve 24, puis sur un rouleau de traction 33 sur lequel passe une courroie perforée 34. Depuis la cour roie 32, le film se déplace vers le bas dans un dispositif de filage 35.
Le filage impartit une tension au film et il est avantageux que cette tension ne soda pas appliquée au film en tout point tant qu'il n'est pas complètement coagulé. On utilise donc un petit rouleau 33' qui engage le film sur le rouleau 33.
Le liquide s'écoule vers le bas avec le film vers le dispositif de filage 35, aidant à déta cher le film du rouleau 33, et s'écoule depuis .le dii:spo- sitif 35 à travers un tuyau 36 dans une cuve 37. Une pompe 38 l'aspire depuis cette cuve pour le décharger à travers une tuyère 39 pour détacher le film si c'est nécessaire. L'excès de liquide s'écoule depuis la cuve 37 à l'égout par un trop-plein 40.
Le liquide de coagulation s'écoule continuellement hors de la cuve 24 à travers la courroie 34 dans une trémie 41 à partir de laquelle il est renvoyé par un tuyau 42 dans le réservoir 29. Du liquide de coagulation frais est .amené dans le réservoir 29 par un tuyau 43.
Si on utilisait dans cet appareil une courroie poreuse compressible comme dans l'appareil<B>de</B> la fig. 1 à la place d'une courroie <B>de</B> gaze,
les jets devraient être évidemment arrangés autrement. Ce nouvel arrange ment est représenté à la fig. 6 qui montre un appareil dans lequel une courroie poreuse 44 est débarrassée de son film par un liquide .de coagulation amené par une tuyère 45. Dans cet appareil, le film 32 passe sur une roue de traction perforée 46 -et il est détaché par un jet fourni par une tuyère interne 47.
L'application de la tension de filage au film avant qu'il atteigne la roue 46 est empêchée par un rouleau 46'. La roue est lavée par le liquide de coagulation quittant la cuve 24 et s'écou lant dans la trémie 48.
La fig. 7 montre un appareil dans lequel le support est constitué par un tambour 50 qui capte la disper sion dans une auge 51 et forme une paroi d'un réci pient 52 pour le liquide de coagulation. Le fond de ce récipient est formé par une glissière 53 et le tambour 50 vient presque en contact avec celle-ci. Une cloison 54 est montée dans le récipient 52 pour séparer la partie du récipient dans laquelle le liquide de coagulation est amené depuis le tambour, de façon qu'il .existe un bain de liquide tranquille près du tambour.
La dispersion sur la face exposée du film réagit avec le liquide de ce bain, et du liquide s'écoule vers le bas de manière continue le long de la glissière 53 .en contact avec le fihn.
Un jet de ,liquide de détachement est formé par une tuyère 55 alimentée depuis un réservoir 56 par une pompe 57. Ce jet nettoie le tambour 50 s'il se produit une rupture du film et le film est ,encore amené en avant en passant le long de la glissière 53.
Au moment où le film détaché .atteint l'extrémité de la glissière 53, la coagulation est complète. Le film passe sur une roue de traction 58 et .le liquide de coagu lation en ,excès s'écou le sur l'extrémité de la glissière dans le réservoir 56. De ce réservoir 1e liquide est pompé par une pompe 59 vers .le récipient 52, de même que par la pompe 57 pour la tuyère 55.
Il est évident qu'on peut utiliser plusieurs tuyères 55 pour former plusieurs jets de détachement si on le désire.
L'appareil représenté partiellement à la fig. 8 com prend une auge 74 semblable à celles représentées aux fig. 3 à 7 pour .contenir la masse. Un courant d'air est utilisé pour favoriser l'action de la gravitation qui amène l'excès de .dispersion à distance de la masse pour le renvoyer dans cette dernière. Un support 72 mouillé avec le liquide de coagulation se .déplace vers le haut au-delà d'une masse de dispersion 73 dans une auge 74.
La couche très fine et partiellement coagulée à la surface du support est désignée par la référence 78 et la couche tirée vers le haut par la référence 77.
Un jet d'air 75 sortant d'une tuyère 76 est dirigé contre la couche 77 de dispersion sur le support de façon que l'excès de .dispersion soit ramené .dans la masse 73 à la surface de la couche 77 et qu'une quantité limitée seu lement passe vers l'avant avec le support 72 pour former un mince film 79 qui est ensuite complètement coagulé avant ou après avoir été détaché du support.
La fig. 9 montre un appareil dans lequel la disper sion est formée en une masse sur la surface d'un sup port. Ce support est constitué par une courroie imper méable 60 qui passe autour de trois rouleaux 61, 62, 63, le dernier étant immergé dans un bain de liquide de coagulation contenu dans une cuve 64.
La courroie 60 se déplace vers le bas à partir du rouleau 61, vers le rouleau 62, et au courts de ce déplacement reçoit la dis persion amenée .sous un débit constant à travers un tuyau 65 qui se termine par une .tuyère 66.
La disper sion forme une masse sur la courroie 60 qui emporte une .couche de cette dispersion à partir de la partie inférieure de la masse. Une partie de cette couche re vient dans le bain et une partie s'étale d'elle-même pour former un film 67. Le film est amené dans le liquide de coagulation contenu dans l'a cuve 64. Le film coagulé 68 est détaché par un jet de liquide de coagulation fourni par une tuyère 69 et il est tiré sur un rouleau 70.
L'excès de coagulant est éliminé du support 60 par un racloir 71.
L'appareil représenté aux fig. 10 et 11 est semblable à celui de la fig. 9, sauf que l'action de la gravité pour obliger une partie de la couche à revenir en arrière et pour étaler le reste de la couche en travers du support est remplacée par l'action d'un jet d'air. Un support 80 mouillé par le liquide de coagulation est déplacé sensi blement dans un plan horizontal. Il reçoit un courant de dispersion 81 sortant d'une tuyère 82.
Ce courant est emporté par le support sous forme d'une couche qui est frappée par un jet d'air 83 sortant d'une tuyère 84. Ce jet souffle la partie supérieure de la couche vers l'arrière, de sorte que la couche augmente d'épaisseur et s'étale latéralement, formant une masse 85 d'une plus grande épaisseur que la couche. La dispersion non coa gulée est amenée en avant, avec la couche de dispersion coagulée qui est en contact avec la surface d'un support, sous forme d'un film 86.
La masse 85 est stable en ce sens que la masse de fibres retirée du film 86 par unité de temps est égale à la masse de fibres amenée sur le support 80 par le courant 81. Le support 80 porte ensuite le film 86 jusqu'à un bain de liquide de coagu lation.
Dans tous les .appareils décrits, l'excès de liquide de coagulation peut être éliminé du support de diverses façons, par exemple par raclage au moyen d'une ou de plusieurs lames. Si le support est un treillis, il peut pas ser à travers la zone de serrage entre deux rouleaux dont l'un comporte une surface poreuse compressible. L'excès de liquide peut être éliminé d'un support consti tué par un treillis par aspiration.
Si un support formé d'un treillis ou un support perméable se déplace suffi samment lentement, un drainage naturel peut convenir et aucun stade spécial ne doit être prévu pour éliminer <B>le</B> liquide de coagulation de ce support avant qu'il vienne à nouveau en contact avec la masse de dispersion.
Quand on produit un large film qui doit être divisé en films plus étroits, le large film peut être engagé par des couteaux ou des organes équivalents avant sa coagu lation complète ou même après qu'une pellicule s'est formée sur le film. Ces organes de coupe sont agencés de manière à ne pas former ,avec le support une zone de serrage qui pourrait être facilement bloquée.
Un support constitué par une courroie ou par un tambour peut comporter des rainures dans toute d;irec- tion pour donner un film d'épaisseur variable.