Un objet du brevet est constitué par un procédé de fabrication d'un cadran en matière thermoplastique avec signes en relief moulés en une pièce avec la plaque du cadran, la partie supérieure des signes étant garnie d'une couche constituant un revêtement décoratif par impression à chaud, procédé au cours duquel la plaque du cadran est tout d'abord moulée avec des reliefs constituant des ébauches non facettées des signes à produire.
Les procédés connus de ce genre visent à donner aux signes une apparence différente de celle du fond du cadran. Ils permettent par exemple d'appliquer une couche dorée sur la face supérieure des signes. On utilise à cet effet des feuilles ou des rubans composés d'un film en matière synthétique portant une mince couche composée généralement d'un oxyde métallique, par exemple de l'aluminium, ayant une couleur semblable à celle de l'or.
Pour garnie d'une telle couche la face supérieure des signes horaires d'un cadran, on procède par impression à j'aide d'un poinçon garni d'un tampon en matière molle telle que du silicone. Le poinçon est chauffé de façon que la face de travail du tampon mou ait une température suffisante pour ramollir la matière des signes horaires au voisinage de leur face supérieure, lorsque le poinçon entre en action. L'impression est effectuée en disposant la feuille comprenant la couche décorative par-dessus le cadran, puis en exerçant une légère pression sur cette feuille à l'aide du tampon mou du poinçon. Cela a pour effet de ramollir la zone supérieure des signes et de marier la matière de ces signes à celle du film portant le revêtement décoratif, de sorte que la couche constituant ce revêtement adhère aux signes horaires.
Cette opération a pour effet de provoquer un découpage dans la feuille utilisée des éléments garnissant les signes horaires du cadran. Cette impression peut être effectuée signe par signe ou pour tous les signes à la fois, selon leur forme et la nature du revêtement décoratif qu'on veut leur transmettre.
Le tampon mou utilisé pour effectuer cette impression a pour but d'appliquer la couche constituant le revêtement décoratif du signe intimement sur la face de ce dernier, de façon que le revêtement décoratif adhère de la même façon en chaque point de la face supérieure du
signe.
Jusqu'à présent, ce procédé, d'un prix de revient
extrêmement réduit, ne permettait toutefois pas d'obtenir des signes horaires dont la face visible soit composée de facettes nettes, délimitées par des arêtes vives, ayant la même apparence que les signes métalliques facettés. Des essais effectués sur des cadrans en efférentes matières plastiques présentant des signes horaires préalablement facettés, soit par moulage, soit par usinage, ont montré que l'impression, qui doit être effectuée à une température assurant le ramollissement de la matière des signes pour faire prendre le revêtement décoratif, avait pour effet d'arrondir les arêtes entre les facettes du signe au point de faire disparaitre l'effet visé par ces facettes.
Le but du procédé selon ce brevet est de permettre une fabrication à prix modique de cadrans du genre indiqué ci-dessus, mais dont les signes aient 1 apparence de signes métalliques facettés.
Le procédé selon ce brevet est caractérisé en ce qu'on étend au-dessus de la plaque du cadran ainsi moulée un film de matière sensible à la température et portant une fine couche de la matière devant constituer le revêtement décoratif des signes, et en ce que lesdits reliefs sont ensuite facettés et garnis de leur revêtement décoratif au cours d'une seule et même opération consistant en un gaufrage effectué à l'aide d'un outil rigide, chauffé à une température supérieure aux points de solidification de la matière du cadran et dudit film, et présentant, en négatif, la forme à donner au signe.
Ce brevet a aussi pour objet le cadran obtenu par ce procédé.
Un exemple de mise en oeuvre du procédé selon ce brevet est illustré par le dessin annexé qui représente, à titre d'exemple, une forme d'exécution du cadran obtenu par ce procédé.
La fig. 1 est une vue en plan d'un cadran dont une partie des signes sont représentés dans une forme intermédiaire tandis que les autres sont terminés;
la fig. 2 est une coupe selon la ligne II-II delafig. 1;
la fig. 3 illustre une étape du procédé par une coupe selon la ligne III-III de la fig. 1
Le cadran représenté comprend une plaque 1 en matière thermoplastique qui est obtenue par moulage de façon à présenter des reliefs 2, 3 constituant des ébauches de signes horaires faisant corps avec la plaque 1. Les reliefs 2, 3 sont constitués par des bâtonnets rectangulaires dont les flancs 4 sont légèrement inclinés et la face supérieure 5 est plane.
Après le moulage, le cadran est soumis à une deuxième opération (fig. 3), au cours de laquelle on commence par étendre au-dessus du cadran une feuille composée d'un film 6 en matière synthétique portant une couche 7 destinée à constituer le revêtement décoratif 8 du signe 9. Un poinçon métallique 10, dont la face inférieure présente des facettes 11, est préalablement chauffé à une température assez élevée pour assurer le ramollissement de la matière de l'ébauche 3 du signe 9. Le poinçon 10 est alors rapproché de cette ébauche de façon à y appliquer la partie de la feuille (6, 7) qui s'étend audessus d'elle. Dès que les bords du poinçon 10 entrent en contact avec l'ébauche 3, la partie supérieure de cette dernière se ramollit et permet ainsi au poinçon 10 de poursuivre son mouvement en direction de la plaque 1 du cadran.
La matière de l'ébauche 3 remplit ainsi progressivement le dièdre constitué par les facettes 11 du poin çon 10 jusqu'au point de former le signe facetté 9.
Au cours de cette opération de facettage du signe horaire, la zone de ce signe ramollie par le poinçon 10 constitue un coussin mou qui joue le même rôle que les tampons de silicone utilisés dans les procédés connus rappelés ci-dessus. La matière du signe horaire s'applique ainsi intimement contre la feuille (6, 7) et provoque l'adhérence de la couche décorative 7 au signe 9 en mariant la matière du film 6 à celle du signe. Cette même opération a pour effet, comme dans les procédés connus décrits ci-dessus, de provoquer le découpage du revêtement 8 hors de la feuille (6, 7).
L'opération de gaufrage décrite a pour effet de modifier légèrement la forme initiale des flancs 4 de l'ébauche du signe 3, ainsi qu'on le voit en 12 dans la fig. 3. Cette altération due à l'écrasement du signe provoqué par le poinçon 10 n'est toutefois pas gênante. Au contraire, elle a pour effet de prolonger les facettes du signe terminé 9 au point de masquer les flancs bruts de ce signe.
Pour obtenir un signe 9 dont les facettes se coupent selon une arête 13 nette, il suffit que les facettes 11 du poinçon 10 soient elles-mêmes taillées de façon à se couper le long d'une arête qui soit elle-même très nette.
Pour traiter simultanément tous les signes d'une plaque de cadran, on peut utiliser un outil de forme tubulaire dont les diamètres externe et interne correspondent à ceux du tour d'heure du cadran constitué par les signes de celui-ci. L'extrémité de travail de cet outil peut alors être taillée, d'abord de façon à former les flancs 14 de chaque poinçon 10 destiné à former un signe.
Les facettes 11 peuvent alors être taillées aisément dans les faces de travail des poinçons 10 de cet outil. Ce dernier sera fabriqué de préférence en laiton, de façon que les facettes 11 puissent être taillées au diamant.
Les ébauches 2 prévues aux quatre quarts de la plaque 1 du cadran de la fig. 1 peuvent être traitées de façon similaire en vue d'obtenir des signes terminés 15 ayant la forme de deux bâtonnets semblables au signe 9, qui sont juxtaposées. Il suffit pour cela de prévoir un poinçon à quatre facettes dans sa face de travail.
Le gaufrage décrit se prête naturellement à prévoir d'autres facettages sur les signes horaires du cadran.
L'impression destinée à former le revêtement 8 n'est pas limitée à des couches dorées. Il existe des feuilles (6, 7) avec des revêtements d'oxyde d'aluminium aux couleurs rappelant celles de pierres précieuses telles que le rubis, le saphir ou l'émeraude. Par impression effectuée à l'aide de telles feuilles et le gaufrage décrit, il est ainsi possible de fabriquer des signes horaires créant l'illusion de pierres précieuses serties sur la plaque du cadran.