La présente invention se réfère à l'emballage des pâtes alimentaires longues du type des spaghetti, macaroni et similaires.
On sait que comme la plupart des produits alimentaires, les pâtes du type précité sont généralement mises dans le commerce à l'état emballé à l'intérieur d'étuis ou de sachets renfermant un poids déterminé de marchandise, la tolérance admise étant en fait trés réduite. Préalablement à l'emballage, il est donc nécessaire de procéder à un dosage en vue de réaliser, à partir des pâtes en vrac, des amas comportant le nombre exact de brins de pâte correspondant au poids désiré pour chaque étui ou sachet, ces amas étant ensuite amenés individuellement aux machines d'empaquetage à fonctionnement automatique.
L'expérience démontre que quel que soit le soin apporté à l'étendage des brins de pâte fraîche sur les claies de séchage et à la régulation de l'opération de séchage elle-même, les pâtes longues ne présentent jamais un profil parfaitement rectiligne, si bien que leur cintrage plus ou moins prononcé s'est jusqu'à l'heure actuelle opposé à un dosage volumétrique, évidemment plus simple. On est donc amené en pratique à avoir recours à des dispositifs électroniques de dosage par pesée, de fonctionnement relativement lent et de coût très élevé; de plus de tels dispositifs s'avèrent de fonctionnement délicat et exigent des réparations et des réglages fréquents qui ralentissent encore la cadence de fonctionnement.
La présente invention a pour but de remédier aux inconvénients précités et elle a pour objet un procédé propre à permettre le dosage volumétrique des pâtes longues préalablement à leur empaquetage, et ce en dépit des irrégularités de profil présentées par les brins.
Le procédé suivant l'invention consiste à introduire les pâtes dans un récipient à profil rectangulaire allongé dont les parois longitudinales, établies à un léger jeu près à la longueur desdites pâtes, sont conformées de manière à déterminer un rétrécissement transversal substantiellement situé à leur point milieu, à impartir audit récipient un mouvement vibratoire propre à opérer le rangement des pâtes suivant leur plus faible encombrement, à interrompre l'introduction de celles-ci à l'aide d'un obturateur mobile prévu à une hauteur appropriée au-dessus du fond du récipient pour délimiter un volume déterminé, et à opérer la vidange du récipient en vue d'une opération ultérieure de dosage.
Les essais ont démontré que le rétrécissement central présenté par le récipient de dosage assurait, en coopération avec les vibrations imparties à celui-ci, le rangement parfait des brins de pâte même dans le cas où ceux-ci présentent des cintrages prononcés, si bien que le dosage est parfaitement régulier, la précision obtenue étant même supérieure à celle réalisée à l'aide des dispositifs électroniques de dosage par pesée.
L'invention a également pour objet une machine pour la mise en oeuvre du procédé ci-dessus, laquelle machine est caractérisée en ce qu'elle comprend une carcasse à l'intérieur de laquelle est prévu au moins un couloir vertical à section rectangulaire allongée traversé par les pâtes à doser orientées horizontalement, les parois longitudinales dudit couloir comportant sur une partie au moins de leur hauteur des bossages verticaux disposés en vis-à-vis dans la partie centrale de celles-ci en vue de déterminer un rétrécissement transversal, un générateur de vibrations associé à ladite carcasse, un fond éclipsable qui ferme vers le bas le couloir précité, un obturateur mobile prévu à une hauteur appropriée au-dessus dudit fond pour déterminer dans ce couloir un récipient de volume correspondant au dosage désiré,
et des moyens propres à assurer l'actionnement convenable en succession de l'obturateur et du fond sus-indiqués.
Le dessin annexé illustre une forme de réalisation de la machine suivant l'invention.
La fig. 1 est une vue en élévation avec arrachements montrant l'agencement général de cette machine.
La fig. 2 en est une coupe horizontale à plus grande échelle suivant le plan indiqué en ll-ll en fig. 1.
La fig. 3 est une coupe verticale de détail suivant le plan 111-111 de la fig. 2.
La fig. 4 est une coupe horizontale partielle suivant le plan IV IV de lafig. 1.
La machine représentée à la fig. 1 comprend une carcasse parallélépipédique 1 qui est supportée par l'intermédiaire de blocs élastiquement déformables tels que 2. Contre la paroi latérale de cette carcasse 1 est fixé un générateur de vibrations, du type à masselottes excentrées ou analogue, schématiquement représenté en 3. A l'intérieur de la carcasse 1 est prévu un élément 5 en forme d'entonnoir dont l'ouverture supérieure est disposée au-dessous du poste de déchargement des claies de séchage ou des silos de stockage; à la façon en soi connue, entre ce poste de déchargement et l'entrée de l'entonnoir 5 sont intercalées des parois en chicane propres à guider les brins de pâte et à faire en sorte que ceux-ci tombent par gravité à la position horizontale.
La carcasse 1 est solidaire d'un prolongement inférieur vertical creux à l'intérieur duquel est fixée une étrave 6 destinée à diviser la nappe des brins de pâte en deux séries parallèles qui pénètrent à l'intérieur de deux couloirs verticaux 7 et 8. Ces couloirs sont délimités par deux parois 9 orientées longitudinalement par rapport au profil rectangulaire allongé formé par l'ensemble desdits couloirs, par une cloison médiane 10 et par deux parois transversales 11. Comme montré à la fig. 2, les parois longitudinales 9, prévues transparentes, sont maintenues par des entretoises transversales 12 solidaires de montants tubulaires fixes 13 à section carrée sur lesquels viennent se fixer les bords verticaux de la cloison médiane 10; les parois transversales 11 sont portées, préférablement de manière réglable, par la partie inférieure de la carcasse 1.
On notera que ces deux parois 11 sont séparées l'une de l'autre d'une distance correspondant, à un léger jeu près, à la longueur des brins qui forment les pâtes longues à doser.
Les pates qui tombent dans chaque couloir 7 ou 8 sont guidées par deux paires de bossages verticaux 14, fixés contre les parois 9 et la cloison médiane 10. Dans la partie centrale de chaque couloir il est également prévu une paire de bossages 15, mais la distance d qui sépare ceux-ci est plus petite que celle D qui sépare les deux bossages 14, de telle sorte que lesdits bossages 15 déterminent une sorte de rétrécissement transversal pour les brins de pâte.
Ceux-ci sont retenus dans les couloirs précités par un fond éclipsable commun constitué par une série de plaquettes 16 (fig. 3) à profil en forme de triangle rectangle isocèle; ces plaquettes 16, au nombre de quatre dans l'exemple de réalisation considéré, sont fixées sur un arbre horizontal 17 monté au-dessous du bord inférieur de la cloison médiane 10, à l'intérieur d'une lumière verticale 18 ménagée entre le bord précité et le bord supérieur d'une cloison médiane inférieure 19 (fig. 1).
A cet effet et comme montré en fig. 4, les extrémités de cet arbre 17 traversent des lumières pratiquées dans les montants 13 et sont supportées dans des paliers 20 fixés sur des joues transversales 21; ces deux joues 21 sont assemblées l'une à l'autre par des tiges filetées 22 et leur face tournée vers l'intérieur est solidaire d'un guide 23 à profil en U, monté à coulissement sur le montant 13 correspondant. On conçoit que l'ensemble 21-22-23 constitue une sorte de chariot à déplacement vertical dont le réglage en hauteur est commandé à l'aide de deux mécanismes de tiges filetées 24. Ce chariot est pourvu d'un prolongement vertical 25 (fig.
I et 2) fixé à l'une des joues 21 et sur lequel est monté à articulation le cylindre 26 d'un vérin pneumatique d'actionnement dont la tige mobile est attelée à l'arbre 17 par une biellette 27, laquelle assure ainsi le pivotement dudit arbre de 90 .
Au-dessus du fond éclipsable commun 16-17, chaque couloir 7 ou 8 est équipé d'un obturateur mobile constitué par une fourchette 28 (fig. 2 et 3), prévue au niveau des bossages centraux 15.
Chaque fourchette 28, guidée par une plaquette 29, est portée par l'extrémité d'un bras horizontal 30 articulé en 31a sur l'un ou l'autre de deux longerons horizontaux 31 qui enserrent les parois 9. L'extrémité libre de chacun des deux bras 30 est attelée à
I'organe mobile 32 d'un vérin pneumatique 33 dont le cylindre est lui-même articulé en 31b sur le longeron 31 correspondant. II va de soi que les parois transparentes 9 sont échancrées pour permettre le déplacement des fourchettes 28 sous l'effet des vérins 33.
Le fonctionnement de la machine suivant l'invention se comprend aisément. On supposera que le fond éclipsable 16-17 est à la position illustrée à la fig. 3, pour laquelle ledit fond occupe le couloir 7, le couloir adjacent 8 étant fermé par l'obturateur ou fourchette 28 correspondant. La fourchette 28 associée au couloir 7 étant à la position retirée, les brins de pâte viennent reposer sur les plaquettes 16 et sont soumis à l'effet vibratoire imparti à l'ensemble de la carcasse 1 par le générateur 3. Ce mouvement vibratoire, joint au rétrécissement transversal déterminé par les bossages centraux 15, assure le rangement parfait des brins de pâte qui s'orientent suivant leur plus faible encombrement.
Lorsque le niveau des brins accumulés dans le couloir 7 au-dessus du fond 16-17 dépasse le niveau de l'obturateur ou fourchette 28, le vérin 33 correspondant est actionné et ledit obturateur vient par pivotement du bras 30 se disposer à l'intérieur dudit couloir; le déplacement de la fourchette 28 a pour effet de chasser vers le haut les brins de pâte disposés au-dessus du plan horizontal de ladite fourchette et d'arrêter le remplissage du logement déterminé entre le fond 16-17 et l'obturateur précité.
Le vérin 26 est alors actionné, ce qui a pour effet de faire pivoter l'arbre 17 dont les plaquettes 16 viennent se disposer à l'intérieur du couloir 8. Les brins accumulés dans le couloir 7 au-dessous de la fourchette 28 tombent par gravité et sont recueillis pour être transportés à la machine d'empaquetage. Simultanément le vérin 33 de la fourchette 28 qui est associée au couloir 8 est actionné, si bien que ladite fourchette s'éclipse latéralement et que les brins de pâte qu'elle retenait tombent sur le fond éclipsable 1617. Un nouveau cycle de dosage peut être effectué. Il va de soi que l'actionnement successif des vérins 26 et 33 est assuré de manière automatique par une minuterie ou programmateur analogue.
On comprend que la machine suivant l'invention est ainsi susceptible de travailler en continu à une cadence élevée. Le dosage volumétrique qu'elle opère est rigoureusement précis, quel que soit le cintrage ou les irrégularités de profil des brins de pâte traités. Les mécanismes de réglage 24, prenant appui sur les longerons fixes 31, permettent de modifier le volume des logements ménagés dans les couloirs entre le fond 16-17 et les deux obturateurs 28. Lorsque la réglementation légale l'exige, les amas de pâtes dosées peuvent être soumis à une opération de pesée en vue de leur contrôle préalablement à l'empaquetage, mais cette opération ne donne lieu à aucune rectification par addition ou soustraction de brins, le dispositif se contentant d'éliminer les amas qui ne présenteraient pas le poids exact requis.
Il est intéressant de noter que des essais ont démontré qu'à défaut du rétrécissement central opéré par les bossages 15, les brins de pâte, en dépit de l'effet vibratoire, se rangeaient plus ou moins bien, ce qui nuit évidemment à la précision du dosage. Ce rétrécissement est donc indispensable au bon fonctionnement de l'ensemble de la machine.
On comprend qu'on peut impartir aux parois transversales 1 1 des couloirs un mouvement vibratoire indépendant de celui qui anime l'ensemble de la carcasse, en vue de faciliter le positionnement longitudinal des brins de pâte. Il va en outre de soi que les parois longitudinales 9 sont susceptibles d'être prévues réglables en position, de manière à parfaire le réglage obtenu en déplaçant le fond éclipsable 16-17. On conçoit enfin que la commande de ce fond et des obturateurs peut être assurée à l'aide de vérins électriques à électro-aimant, aux lieu et place des vérins pneumatiques 26 et 33.