Domaine de l'invention
L'invention concerne un procédé de fabrication de panneaux en aluminium à circuit
intégré, généralement connu sous le nom de roll-bond, de type biface à deux faces
déformées ou de type monoface ou OSF (one side flat) à une face plane et une face
déformée. Ces panneaux sont réalisés à partir de deux tôles en aluminium ou alliage
d'aluminium, dont l'une est enduite, sur les zones destinées à devenir le circuit
intégré, d'une encre destinée à empêcher la soudure entre les deux tôles. Les deux
tôles sont ensuite soudées par colaminage. Les zones non soudées sont alors gonflées
par voie hydraulique ou pneumatique pour former un circuit dont la partie essentielle
est utilisée comme échangeur de chaleur, et notamment comme circuit de
refroidissement des réfrigérateurs ménagers.
Etat de la technique
Le livre « L'aluminium », tome 1 « Production - Propriétés - Alliages - Fabrication
des demi-produits - Fabrications annexes », paru aux Editions Eyrolles, Paris 1964,
pages 718 - 721, et la publication « Panneaux aluminium à circuits intégrés : deux
lignes de fabrication complémentaires pour de multiples produits », parue dans la
Revue de l'Aluminium, février 1982, décrivent le principe du procédé roll-bond pour
la fabrication de panneaux de type bi-face, et divulguent le schéma d'une ligne de
fabrication en continu, ainsi que les alliages habituellement utilisés pour la
fabrication des panneaux. Dans cette ligne de fabrication en continu, les panneaux
sont formés à partir de tôles individuelles (appelées « platines » dans le livre), qui
sont transportées manuellement ou par un moyen de convoyage mécanique à travers
les différentes machines qui constituent la chaíne de fabrication.
Le brevet FR 1347949 (Olin Mathieson) décrit le principe des panneaux à circuit
intégré monoface et propose de les réaliser à partir de deux tôles de résistance
mécanique différente, l'une en alliage 1100 et l'autre en alliage 1100 avec addition
de 0,12% de zirconium.
Le brevet FR 2561368 (Cegedur Pechiney) divulgue un procédé de fabrication en
continu de panneaux roll-bond de type monoface à partir de deux tôles en aluminium
ou alliages d'aluminium.
La publication « High Performance Airgap Heat Shields Using Blow-Molded Roll-Bond
Aluminum Technology » par V.J. Scott et al., parue dans la SAE Technical
Paper Series (International Congress & Exposition, Detroit, Michigan, February 28-March
3, 1994), décrit une ligne de fabrication de panneaux roll-bond qui comprend
le décambrage et le brossage des deux bandes, l'application du milieu séparateur, le
préchauffage et le laminage des bandes pour former une bande composite. Celle-ci
est ensuite soumise à un recuit en bobine dans un four statique.
Ce procédé n'est donc pas un procédé continu. L'utilisation d'un four statique permet
un contrôle plus précis des conditions de recuit que les procédés utilisant un four à
passage, mais l'interruption que représente le recuit en bobine présente des
inconvénients d'ordre économique, diminue le temps de réponse de la chaíne de
production par rapport à la demande commerciale, et nécessite une gestion des stocks
de produits intermédiaires.
Un problème particulier dans le procédé roll-bond est la qualité et durabilité des
canaux formés. Le brevet européen EP 0 703 427 (Showa Aluminium) propose un
procédé qui vise à diminuer le nombre de défauts lors du gonflage (rupture de canaux
ou absence locale de déformation).
Selon les constatations de la demanderesse, les lignes de fabrication existantes ne
permettent pas la fabrication de panneaux, et notamment des panneaux monoface, à
fortes caractéristiques mécaniques. Par ailleurs, il est souhaitable de garantir que les
panneaux formés, avant gonflage, sont exempts de défauts rédhibitoires.
Le but de l'invention est de fournir un procédé de fabrication en continu de panneaux
roll-bond, qui soit adapté à la fabrication de panneaux monoface à fortes
caractéristiques mécaniques et qui permette, à la fois pour les panneaux de type
monoface et de type biface, la détection précoce de panneaux défectueux.
Objet de l'invention
L'invention a pour objet un procédé continu de fabrication de panneaux à circuit
intégré en alliage d'aluminium comportant les étapes suivantes :
(a) l'alimentation de la chaíne de fabrication en deux bandes d'alliage d'aluminium
A et B, (b) optionnellement le décambrage des bandes A et B, (c) le brossage des bandes A et B, (d) l'application sur la bande A d'une encre anti-soudure, (e) optionnellement le contrôle de la qualité de cette application, (f) le préchauffage des bandes A et B, (g) l'application à l'aide d'un laminoir de la bande B sur la surface de la bande A
pour obtenir une bande composite, (h) le recuit de la bande composite dans un four, (i) le refroidissement de la bande composite, (j) optionnellement, le planage de la bande composite, (k) la découpe de la bande composite en panneaux, (l) optionnellement un dispositif permettant l'élimination des panneaux comportant
des défauts d'application de l'encre anti-soudure, détectés lors du contrôle à
l'étape (e), (m)le transfert des panneaux dans une presse de gonflage à plusieurs étages, (n) le gonflage des canaux, (o) la sortie des panneaux de la presse et leur empilage pour conditionnement.
Description de l'invention
L'invention concerne un procédé de fabrication amélioré de panneaux à circuit
intégré en alliage d'aluminium de type biface ou monoface. Dans la suite de la
description on désignera par « bande A » la bande en aluminium ou alliage
d'aluminium sur laquelle est appliquée l'encre anti-soudure, « bande B » la bande en
aluminium ou alliage d'aluminium qui est appliquée sur la bande A, « bande
composite » la bande formée à partir des bandes A et B, et par « panneaux » les
panneaux formés par découpe de la bande composite.
Le procédé continu selon l'invention comporte les étapes suivantes :
(a) l'alimentation de la chaíne de fabrication en bandes A et B, (b) le décambrage des bandes A et B, (c) optionnellement le brossage des bandes A et B, (d) l'application de l'encre anti-soudure sur la bande A, (e) le contrôle de la qualité de cette application, (f) le préchauffage des bandes A et B, (g) la création d'une bande composite par passage sous un laminoir de la bande A
qui comporte l'encre, et de la bande B (h) le recuit de la bande composite dans un four, (i) le refroidissement de la bande composite, (j) optionnellement, le planage de la bande composite, (k) la découpe de la bande composite en panneaux, (l) optionnellement l'élimination des panneaux comportant des défauts d'application
du milieu séparateur, détectés lors du contrôle (e), (m)le transfert des panneaux dans une presse de gonflage à plusieurs étages, (n) le gonflage, de préférence simultané, des panneaux à tous les étages, (o) la sortie des panneaux de la presse et leur empilage pour conditionnement.
L'alimentation des bandes A et B peut se faire par deux dérouleuses. Dans une
réalisation préférée de l'invention, on dote chacune des deux dérouleuses d'un
dispositif mobile de raboutage, permettant de changer chacune des bandes A et B
sans interrompre le défilement des bandes dans la chaíne de fabrication.
Avant son introduction dans la chaíne de fabrication, il est avantageux de dégraisser
les bandes, par exemple par un procédé à la flamme ou tout autre procédé connu de
l'homme du métier.
Il est avantageux de brosser les surfaces des bandes A et B destinées à entrer en
contact. Des brosses rotatives dotées de fils d'acier conviennent à cet effet.
L'application de l'encre anti-soudure sur la bande A peut être effectuée par des
techniques de sérigraphie connues de l'homme du métier. Le contrôle de la qualité de
cette sérigraphie peut être fait par un opérateur qualifié. Dans une réalisation préférée
de l'invention, la qualité de cette application est contrôlée de préférence par un
dispositif automatique de vision industrielle capable de détecter des défauts
rédhibitoires et de repérer la position des circuits défectueux sur la bande A. Ce
dispositif acquiert l'image imprimée et la compare à une référence jugée parfaite. Ce
système permet alors d'éliminer avant le gonflage des circuits les panneaux sur
lesquels un défaut rédhibitoire a été détecté.
Comme four de préchauffage, n'importe quel four continu connu de l'homme du
métier peut être utilisé, par exemple un four à flamme directe. Dans une réalisation
préférée de l'invention, ce four permet la régulation de la température de façon à
maintenir la température constante sur toute la largeur des bandes A et B dans un
intervalle compris entre ± 10°C maximum, de préférence entre ± 7°C, et encore plus
préférentiellement dans un intervalle compris entre ± 5°C.
L'application de la bande B sur la bande A peut se faire dans un laminoir traditionnel
et préférentiellement dans un laminoir quarto. Dans une réalisation préférentielle de
l'invention, les deux cylindres qui entrent en contact avec la bande sont brossés au
cours du laminage. Le dispositif de brossage divulgué dans le brevet français FR
2568495 convient à cet effet.
Pour le recuit de la bande composite n'importe quel four continu connu de l'homme
du métier peut être utilisé. Dans une réalisation préférée de l'invention, ce four
permet la régulation de la température de façon à maintenir la température constante
sur toute la largeur de la bande dans un intervalle compris entre ± 10°C, de
préférence entre ± 7°C, et encore plus préférentiellement dans un intervalle compris
entre ± 5°C. Le refroidissement de la bande composite peut se faire par aspersion de
tout fluide réfrigérant, liquide ou gazeux, et préférentiellement par arrosage à l'eau.
S'il est nécessaire d'effectuer à ce stade un planage de la bande composite, ce
planage peut être fait par exemple mécaniquement par imbrication plus ou moins
importante de la bande entre deux nappes de rouleaux métalliques.
La découpe de la bande composite en panneaux peut se faire à l'aide d'une cisaille
fixe. Dans ce cas, il est nécessaire d'ajouter un accumulateur de bande qui permet
d'effectuer la découpe sans interrompre le défilement continu de la bande. Dans une
réalisation préférée de l'invention, on utilise une cisaille volante, ce qui rend superflu
l'accumulateur de bande susceptible d'induire des défauts sur la bande composite.
Dans une réalisation préférée de l'invention, on élimine ensuite les panneaux dont les
circuits ont été détectés comme étant défectueux lors du contrôle, avant de transférer
les panneaux dont la qualité a été jugée acceptable dans la presse de gonflage. Ce
transfert se fait avantageusement en chargeant les panneaux dans un ascenseur.
Ensuite, les panneaux sont transférés à l'aide d'un robot, par exemple par un robot à
six axes, dans la presse.
La presse de gonflage dispose de plusieurs étages, préférentiellement au moins
quatre étages, et encore plus préférentiellement au moins huit étages. Dans cette
presse, les circuits sont gonflés à l'aide d'un fluide sous pression à travers une
aiguille qui est introduite dans le canal de gonflage, entre les deux faces de chaque
panneau. Les panneaux dans la presse peuvent être gonflés l'un après l'autre ou, de
préférence, simultanément. Dans une réalisation préférentielle de l'invention, cette
presse est d'une construction telle qu'elle permet le gonflage de panneaux monoface,
c'est-à-dire de panneaux comportant des circuits gonflés sur une face seulement,
l'autre face étant plane, et de panneaux bi-face, c'est-à-dire de panneaux comportant
des circuits gonflés sur les deux faces. Pour la fabrication de panneaux monoface,
une contre-pression est appliquée sur la face opposée à la face plane, selon les
techniques connues de l'homme du métier et décrites, par exemple, dans le brevet FR
2561368 précité.
La sortie des panneaux de la presse se fait avantageusement par un robot, par
exemple un robot à six axes, qui décharge les panneaux gonflés de la presse vers un
descenseur, qui transfère les panneaux sur un empileur permettant de constituer des
piles de panneaux prêtes à être conditionnées pour expédition.
Dans une variante préférée de l'invention, on effectue un centrage des bandes A et B
et de la bande composite. A titre d'exemple, le centrage avant l'entrée de la bande
dans l'emprise du laminoir est utile.
L'invention telle que décrite ci-dessus peut être avantageusement appliquée à la
fabrication de tous les panneaux roll-bond pour appareils réfrigérants existants ou
pour d'autres applications d'échange ou de transfert thermique.
Elle peut être mise en oeuvre également pour la fabrication de panneaux à application
structurale, tels que des renforts pour carrosserie automobile. La demanderesse a
constaté que dans certains cas, il peut être avantageux d'utiliser un panneau
composite fabriqué à partir de plus de deux bandes de type A, pouvant contenir un
seul circuit ou plusieurs circuits, identiques ou non. Dans ce cas, on entend par
« bande de type A » la ou les bandes en aluminium ou alliage d'aluminium sur
laquelle (ou lesquelles) est appliquée l'encre anti-soudure. On entend par « bande de
type B » la ou les bandes en aluminium ou alliage d'aluminium qui seront appliquées
sur la ou les bandes de type A, et qui ne comportent pas de sérigraphie. A titre
d'exemple, un panneau roll-bond constitué de trois bandes superposées comportant
deux circuits superposés est constitué de deux bandes de type A et d'une bande de
type B. On entend par « bande composite » la bande formée à partir des bandes de
type A et de type B, et par « panneaux » les panneaux formés par découpe de la
bande composite.
Dans ce cas, le procédé continu selon l'invention comporte alors les étapes
suivantes :
(a) l'alimentation de la chaíne de fabrication en deux bandes de type A et une de
type B, (b) le décambrage des bandes de type A et de type B, (c) le brossage des bandes de type A et de type B, (d) l'application du milieu séparateur sur les bandes de type A, (e) optionnellement le contrôle de la qualité de cette application, (f) le préchauffage des bandes de type A et de type B, (g) la création d'une bande composite par passage sous un laminoir des bandes de
type A qui comporte le milieu séparateur, et des bandes de type B, (h) le recuit de la bande composite dans un four, (i) le refroidissement de la bande composite, (j) optionnellement, le planage de la bande composite, (k) la découpe de la bande composite en panneaux, (l) optionnellement l'élimination des panneaux comportant des défauts d'application
de l'encre, détectés lors du contrôle (e), (m)le transfert des panneaux dans une presse de gonflage à plusieurs étages, (n) le gonflage, de préférence simultané, des panneaux à tous les étages, (o) la sortie des panneaux de la presse et leur empilage pour conditionnement.
Exemple
L'alimentation de la chaíne se fait par un dispositif mobile de raboutage permettant
de changer chacune des bandes A et B sans interrompre le défilement des bandes
dans la chaíne de fabrication. Ce chariot est équipé de soudeuses mobiles sans apport
de métal permettant de faire la jonction entre les bandes issues de deux bobines de
métal.
Le décambrage des bandes A et B se fait par une décambreuse motorisée à rouleaux.
Le brossage des surfaces des bandes A et B destinées à entrer en contact se fait par
des brosses métalliques motorisées.
La sérigraphie au pochoir se fait dans une enceinte close sous pression, permettant de
minimiser les dépôts de poussières et l'apparition de défauts sur la bande. Des écrans
dont la structure de toile et la densité de fils sont ajustées en fonction de l'impression
désirée sont utilisés ; la sérigraphie est effectuée par les techniques connues de
l'homme du métier. L'alimentation en encre anti-adhésive sur la toile est
automatique et permet une bonne homogénéité de la quantité d'encre. Le
changement des écrans lors du changement de série se fait sans arrêt de la ligne et est
semi-automatisé. Après sérigraphie, une tache d'encre supplémentaire est ajoutée sur
la bande A à l'extrémité des motifs ; ladite tache sert comme marquage lors du
débitage de la bande composite en panneaux.
La qualité de la sérigraphie est contrôlée par un dispositif de vision industrielle,
munie de caméras linéaires. Tous les motifs sont acquis, traités et comparés à une
image modèle de référence. Ce dispositif permet de vérifier les cotes fonctionnelles
des motifs et de repérer tous les défauts (tels que les taches superflues, le manque
d'encre ou des bords à définition imprécise). La position des motifs défectueux est
repérée par l'ordinateur de contrôle pour permettre d'écarter les panneaux qui
comportent ces motifs défectueux avant l'étape de gonflage.
Le four de préchauffage est un four à gaz à passage. Il est composé de deux parties
permettant de chauffer successivement la bande B et la bande A. Sa puissance est de
1800 kW. La température de la bande dans le four est typiquement de l'ordre de
400°C, mais peut aller jusqu'à 500°C, en fonction des alliages utilisés. Le four
comporte deux fois trois zones de chauffage. La température est maintenue constante
à par un système de régulation à ± 7°C.
Le laminoir utilisé est un laminoir quarto permettant d'atteindre des efforts de
laminage de l'ordre de 1400 tonnes, avec possibilité d'équilibrage variable.
Le four de recuit est un four à gaz à passage de puissance 1220 kW. La température
de la bande composite dans le four est de typiquement de l'ordre de 400°C mais peut
aller jusqu'à 500°C, en fonction des alliages utilisés. Le four comporte quatre zones
de chauffage. La température est maintenue constante à par un système de régulation
à ± 7°C.
Le planage de la bande composite se fait par une planeuse comportant 17 rouleaux
d'imbrication variable, connue de l'homme du métier.
Un capteur à ultrasons permet la détection de la tache d'encre déposée à l'étape de
sérigraphie et déclenche la découpe de la bande composite en panneaux par une
cisaille volante. Les panneaux alimentent un ascenseur et sont chargés par lots de
huit dans la presse de gonflage à l'aide du robot à six axes.
La presse de gonflage est une presse hydraulique de 2500 tonnes permettant le
gonflage simultané des panneaux sur tous les étages. Des cycles programmés
permettent le gonflage en ligne des panneaux biface et monoface. Pour les panneaux
monoface, une contre-pression est appliquée sur tous les étages en plus de la pression
de gonflage. Les cycles de gonflage sont commandés par un ordinateur. La presse est
munie de dispositifs de détection des fuites lors du gonflage et permet l'élimination
des panneaux défectueux ainsi repérés.
Les panneaux dont les canaux ont été gonflés sont déchargés de la presse par un
second robot à six axes sur un descenseur. Les paramètres du procédé sont ajustés en
fonction de la vitesse de défilement mesurée en plusieurs points de la ligne. La
vitesse des bandes A et B peut atteindre 15m/mn. La vitesse de la bande composite
peut atteindre 30 m/mn, pour un rapport de laminage de 2. Les différents réglages de
la ligne sont gérés automatiquement à partir d'une base de données des produits. La
largeur des bandes utilisées peut atteindre 700 mm.