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Procédé et installation de déshydratation de matières colloïdales.
La déshydratation de la tourbe et de matières col- loidales présente en pratique de grandes difficultés du fait que l'eau est retenue dans ces matières, en association si intime avec elles, qu'elle ne peut en être exprimée par sim- ple pression. On sait que si ces matières peuvent être divi- sées en morceaux et si ceux-ci sont convenablement saupoudrés de poussier sec, la déshydratation par compression devient possible. Pour la tourbe brute le poussier sec d'addition est le plus souvent du poussier de tourbe.
L'application de ce procédé de déshydratation pré- sente toutefois aussi des inconvénients qui proviennent le plus souvent du manque de consistance de la matière à traiter
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qui ne laisse pas positivement diviser, de la difficulté qu'il y a d'enrober de poussier des morceaux de matières bou- euses et de la tendance naturelle de telles matières à former un mélange homogène avec le produit sec. En outre, la matière à traiter contenant souvent du liquide libre en excès, le poussier se mouille alors au simple contact de cette matière et perd ainsi une grande partie de son efficacité. On est alors amené à employer le poussier sec en quantités telles que leur manipulation et leur séchage compromettent le rende- ment industriel du procédé.
La présente invention a pour but de remédier à ces inconvénients.
Elle consiste à comprimer la matière au contact d'une ou plusieurs bandes perméables et absorbantes, c'est- à-dire maintenues dans un état tel au'elles soient suscepti- bles de s'humidifier dans le liquide à exprimer, pendant tout le temps de la compression. A cet effet on sépare la ou les bandes absorbantes de la matière traitée avant qu'elles soient complètement humidifiées, et on ne les remet en con- tact avec la matière qu'après qu'elles ont été séchées suffi- samment pour pouvoir servir efficacement à la déshydratation.
Les bandes absorbantes à employer peuvent être com- posées de fibres textiles appropriées, telles que coton, lin, chanvre, jute, laine, coco etc., non solubles dans le liquide à exprimer, mais capables de s'humidifier dans celui-ci. On constate qu'au contact d'une telle bande la matière colloi- dale traitée subit une diminution de son pouvoir rétenteur de liquide et, sous l'action d'une pression, laisse échapper une quantité de liquide beaucoup supérieure à celle absorba- ble par la bande, celle-ci amorçant en quelque sorte l'extrac tion du liquide.
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La ou les bandes absorbantes peuvent éventuellement être chargées de produits tels que du poussier sec, qui diminuent le pouvoir rétenteur de liquide de la matière col- loidale, ou tels que des coagulants ou des électrolytes qui favorisent sa coagulation. L'emploi de bandes dont la ma- tière a préalablement été traitée par un agent de tannage, par exemple un bichromate, est aussi avantageux, car il fa- vorise la coagulation et ces bandes résistent mieux à la pu- tréfaction.
L'emploi des bandes absorbantes suivant l'invention présente sur celui de matières non cohérentes telles que le poussier ou des couches salines, des avantages importants.
Il convient au traitement de matièrescolloidales quelle que soit leur consistance ; il permet une séparation nette de la matière absorbante après qu'elle a servi, et une régénération de son pouvoir absorbant par un séchage approprié ; les bandes peuvent aussi être utilisées en même temps au transport de la matière colloïdale à travers la presse.
Il est aussi possible de combiner de diverses fa- çons l'emploi des bandes absorbantes avec le procédé usuel au poussier, par exemple en enlevant d'abord une première quantité de liquide au moyen d'une bande ou plusieurs ban- des, puis en complétant la déshydratation par du poussier, ou par l'action simultanée d'une bande et de poussier.
L'installation suivant l'invention comprend essen- tiellement une bande passant, avec la matière à déshydrater, dans une presse, puis contre des racloirs qui en détachent la matière traitée, et dans un séchoir qui rend à la bande son pouvoir absorbant. Un refroidisseur est de préférence installé à la suite du séchoir, l'efficacité du traitement étant plus grande à froid.
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Une telle installation peut facilement être combinée, lorsqu'on le désire, avec des appareils de division et de saupoudrage de la matière à déshydrater.
D'autres détails et particularités de l'invention apparaîtront au cours de la description des dessins annexés au présent mémoire et qui représentent schématiquement, et à titre d'exemple seulement, deux installations suivant l'in- vention.
Figure 1 représente une installation dans laquelle on emploie des bandes différentes pour chaque presse.
Figure 2 représente une installation dans laquelle les mêmes bandes passent successivement dans deux presses.
Dans ces figures, les mêmes notations de référence désignent des éléments identiques.
La figure 1 montre une installation comportant une bande continue 2 par laquelle la matière à traiter, par exemple de la tourbe, est introduite sous relativement fai- ble épaisseur dans une presse 3. Cette bande peut être com- posée de coton, de lin, de chanvre, de jute, de laine, de coco, etc... c'est-à-dire d'une matière insoluble dans le li- quide à exprimer, mais capable de s'humidifier dans celui-ci.
La matière à traiter est amenée directement sur la bande 2 par un appareil 4 qui assure la division de la ma- tière en petits morceaux. Cet appareil est précédé et sui- vi d'un appareil de distribution de poussier désigné respec- tivement par 5 et 6. Dans la presse 3, la tourbe est compri- mée entre la bande 2 et une autre bande 7 qui est constituée comme la bande 2. Dans la presse 3, la tourbe abandonne fa- cilement son eau libre et celle qui se laisse exprimer sous faible pression.
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Cette eau passe aisément au travers des bandes à cause de la perméabilité de celles-ci. Il passe en même temps, à travers ces bandes de l'eau rendue libre sous l'ef- fet de la pression au contact des bandes par suite de la di- minution du pouvoir rétenteur de liquide de la matière.
Les bandes 2 et 7 peuvent avantageusement être char- gées de produits susceptibles de provoquer eux-mêmes la coa- gulation de la tourbe ou diminuant son pouvoir rétenteur de liquide. En particulier, ces bandes sont avantageusement com- posées d'une matière tannée, par exemple de coton, chanvre etc. tanné au bichromate de potasse.
Après sa sortie de la presse 3, la bande 7 passe au contact d'un grattoir 8 qui fait tomber sur la bande 2 la matière qui aurait pu adhérer à la bande 7. La bande 2 passe également au contact d'un grattoir 9 qui fait tomber la ma- tière sur une bande 10. La bande 2 passe ensuite dans un ré- cipient 11, où elle se charge de produits qui diminuent le pouvoir rétenteur de liquide de la tourbe. Le récipient 11 contient par exemple un électrolyte.
Ensuite, la bande passe dans un séchoir 12 par exem- ple une chambre chauffée. Tout comme il est avantageux que le poussier soit froid, il est avantageux que la'bande soit froide pour recevoir la matière à traiter. C'est pour cette raison qu'on la fait passer dans un appareil refroidisseur 22. La bande 7 passe également dans un séchoir 13 analogue au séchoir 12 et dans un refroidisseur 23 analogue au re- froidisseur 22.
La bande 10, analogue à la bande 2, passe entre des cylindres de gaufrage 14 destinés à donner à la matière la forme de petits blocs. Du poussier peut être réparti sur cet- te bande de matière gaufrée par un appareil 15 avant son en-
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trée dans une presse 16. La matière est comprimée dans cette presse entre la bande 10 et une bande 17 analogue à la bande 7.
Après leur sortie de la presse, les bandes 17 et 10 passent au contact de grattoirs désignés respectivement par 18 et 19 et analogues aux grattoirs 8 et 9, puis dans des séchoirs 20 et 21 analogues aux séchoirs 12 et 13 et dans des refroidisseurs 24 et 25 analogues aux refroidisseurs 22 et 23. Les bandes 2, 7, 10 et 17 qui reviennent en contact avec de la matière à traiter après avoir passé une première fois dans les appareils, agissent sur cette matière, non seulement par suite de leur constitution propre, mais égale- ment parce qu'elles sont recouvertes de poussier.
Dans la plupart des cas, on peut supprimer les appa- reils de répartition de poussier avant l'entrée dans la pre- mière presse et dans certains cas avant l'entrée dans la se- conde presse. Il y a alors avantage à introduire la matière directement dans les presses en supprimant l'appareil divi- seur 4 à l'entrée de la première presse et les cylindres gaufreurs 14 à l'entrée de la deuxième presse.
On peut également dans certains cas, disposer un ensemble d'appareils tels que 4, 5 et 6 avant l'entrée dans la deuxième presse 16.
Au lieu d'employer plusieurs presses successives, on peut évidemment n'en employer qu'une seule; si la matière est primitivement dans un état convenable.
A la figure 2, on voit une installation dans laquel- le ce sont les bandes 2 et 7 qui passent dans la première presse 3 qui passent également dans la deuxième presse 16.
Ces bandes doivent subir un séchage entre leur sortie de la
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première presse et leur entrée dans la deuxième. Ce séchage se fait, par exemple, dans des séchoirs 12 et 13 qui peuvent servir en même temps au séchage des bandes entre leur sortie de la deuxième presse et leur entrée dans la première.
Il est évident que dans les formes de réalisation représentées dans les figures 1 et 2, on peut se contenter de constituer seulement par exemple les bandes 7 et 17 en matière insoluble dans le liquide à exprimer, mais capable de s'humidifier dans celui-ci pendant le temps de la compres- sion, les autres bandes telles que 2 et 10 étant constituées par des transporteurs étanches tels que des bandes en caout- chouc. Dans ce cas, les bandes telles que 2 et 10 ne passent pas dans des séchoirs.
Il est également évident que toutes les bandes tel- les que 2, 7, 10 et 17 constituées en matière insoluble dans le liquide à exprimer mais capable de s'humidifier dans celui- ci pendant le temps de la compression, peuvent être chargées d'un produit provoquant également la coagulation de la ma- tière ou diminuant son pouvoir rétenteur de liquide.
Il est évident que l'invention n'est pas exclusive- ment limitée aux formes de réalisation représentées et que bien des modifications peuvent être apportées dans la forme, la disposition et la constitution des éléments intervenant dans sa réalisation sans sortir de la portée du présent bre- vet.
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