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DEMANDE DE BREVET D'INVENTION "Procédé et installation pour la conservation du poisson à bord des chalutiers".
Dans les procédés connus pour la conservation du poisson par le froid, on effectue une congélation à coeur du poisson, le poisson étant en général immergé dans une saumure fortement salée, refroidie à très basse tempéra- ture .
Ces procédés ont plusieurs inconvénients : tout d'abord le poisson congelé, bien qu'il soit dans un état parfait de fraîcheur, est d'une vente difficile, en raison des préventions injustifiées mais tenaces du public; d'autre part, en raison de la forte salinité de la sau- mure, il est difficile de supprimer le risque de pénétra- tion du sel dans les tissus du poisson ; une saumure plus ou moins saturée affecte l'aspect extérieur du poisson!.
Il semble donc qu'actuellement il soit préférable de maintenir simplement le poisson à une température voi- ¯sine¯de 0 C ; ce résultat a été obtenu,très imparfaitement
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d'ailleurs, en entassant le poisson dans la cale, avec interposition de sel et de glace. Mais le poisson entassé avec de la glaoe concassée dans une cale de bateau se détériore très rapidement en raison de la fusion de la glace, provoquée par la chaleur qui se dégage du poisson.
Cette fusion produit un ruissellement d'eau continu à tra- vers les couches de poisson superposées, pendant plusieurs jours ou même quelques semaines; cette eau constitue un véritable bouillon de culture microbienne qui délave le poisson, blanchit les yeux jaunit les ouïes et décolore la peau.
La présente invention a pour objet un procédé pour la conservation du poisson à bord des chalutiers qui ne présente pas les inconvénients sus-indiqués des procédés usuels.
Ce procédé consiste essentiellement à immerger le pois- son dans un récipient parcouru par un courant d'eau de mer, refroidi par de la glace à une température d'environ -2 ou -3 C (insuffisante pour congeler le poisson) puis à sortir le poisson de ce récipient et à l'entasser, sans addition de glace, dans un compartiment de la cale maintenu à cette même température et formant glacière.
Ce procédé permet de conserver le poisson dans des conditions parfaites. De plus, comme l'eau de mer et le pois- son lui-même possèdent une salinité suffisante pour permettre le refroidissement du poisson à une température d'environ -2 -30 centigrades, sans le congeler, les inconvénients rappelés plus haut, inhérents l'emploi du sel sont ainsi automatique- ment supprimés. Enparticulier, le poisson reste dans son élé- ment naturel, de sorte qu'aucun phénomène d'endosmose ne peut modifier la composition de ses humeurs. Le poisson conservé par ce procédé est ferme et non pas dur, et il con- serve son aspect naturel.
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De plus, la durée d'admission du poisson dans l'eau de mer refroidie peut être quelconque , ce qui n'est pas le cas dans la congélation avec une saumure fortement salée. Cet avantage est très important à bord d'un bateau de pêche, où il est difficile de régler avec précision la durée d'immersion du poisson, ou de la proportionner à la taille de celui-ci.
L'invention a également pour objet une installa- tion pour l'application du procédé précité. Cette ins- tallation, d'une construction simple, économique et peu encombrante, comprend essentiellement ; d'une part un réservoir fermé ou ouvert placé sous le pont du chalu- tier, ce réservoir étant relié à un circuit comprenant une pompe assurant la circulation d'un courant d'eau de mer refroidi par de laglace et étant destiné à recevoir le poisson qui vient d'être pêché, déversé à travers une ouverture du pont, et d'autre part une chambre-glacière dont les parois sont munies de serpentins réfrigérants également maintenut constamment à une température d'en- viron -2 C et dans laquelle le poisson refroidi est entassé sans glace .
Au dessin annexé; qui montre à titre d'exemple une installation pour la réalisation du procédé suivant l'invention :
La figure 1 est une coupe longitudinale sché- matique de l'installation ; la figure 2 est une coupe du réservoir pour le refroidissement du poisson, suivant la ligne 2-2 de la figure 3 ; la figure 3 est une vue en plan correspondant à la figure 2, et les figures 4, 4a et 4b montrent le robinet
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à trois voies respectivement dans les positions de fonc- tionnement normal, de remplissage et de vidange.
En se référant à la figure 1, 1 représente le pont du chalutier et 2 l'ouverture par laquelle le poisson qui vient d'être péché est déversé; ce poisson -tombe dans un panier perforé 3, suspendu à un câble 4, passant autour d'une poulie 5. Cette poulie peut être montée à l'extrémité de la flèche 6 d'une grue 7, portant un treuil 8, sur lequel s'enroule le câble 4. Pour remplir le panier 5 de poisson, la flèche 6 est manoeuvrée de façon à amener le panier sous l'ouverture 2.
Pour refroidir le poisson, le panier 3 est immergé dans un réservoir 9, rempli d'eau de mer, refroidie à une température d'environ -2 à -3 C, au moyen de glace intro- duite dans un compartiment latéral 10 du réservoir 9, ce compartiment 10 communiquant avec le réservoir 9 par une cloison perforée 11.
L'eau de mer ainsi refroidie est maintenue en circulation intense au moyen d'une pompe 12, qui refoule le liquide à la partie supérieure du compartiment 10 par une conduite 13, comportant plusieurs branchements 14,
14', 14" . L'eau de mer franchit la cloison perforée 11 et les perforations du panier 3 pour venir refroidir le poisson contenu dans ce panier. Elle est évacuée à la par- tie inférieure et remonte par un couloir 15 pour s'échap- per du réservoir 9 par des branchements 16,16',16", dont le niveau détermine celui de l'eau de mer à l'intérieur de l'appareil. Ces branchements se raccordent à une con- duite 17, aboutissant dans un filtre 18, d'où l'eau est aspirée par la pompe 12 à travers une conduite 19.
Lorsque le poisson s'est refroidi jusqu'à la tempé- rature de l'eau de mer, ce qui se trouve favorisé par la circulation active du liquide et les mouvements de roulis et de tangage, le panier 3 est relevé à l'aide du treuil
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8 et la flèche 6 est tournée de façon à pouvoir déverser le contenu du panier 3 sur le plancher de la cale ou sur une table.
Le poisson est alors entassé dans un compartiment
20 de la cale, aménagé de la manière usuelle pour les cales de chalutier, c'est-à-dire qu'il comporte des glis- sières 21 permettant la mise en place de planches 22, qui délimitent des compartiments pour le classement du poisson.
Il y a lieu de noter que, contrairement au procédé habi- tuel, le poisson est entassé sans interposition de glace.
Pour empêcher le poisson refroidi à la température de -2- 3 de se réchauffer, cette partie de la cale est soigneusement calorifugée et comporte en putre en des points appropriés de ses parois des serpentins réfrigérants 23, reliés par une conduite 24 à une machine frigorifique 25. L'entasse- ment du ppisson est effectué soigneusement de façon à éviter autant que possible les espaces vides dans lesquels,; l'air emprisonné pourrait à la longue favoriser les fermentations.
Le fonctionnement de l'installation se comprend facilement d'après la description qui précède :
Pour la mise en route de l'installation, il faut commencer par remplir le bac 9 d'eau de mer. Dans ce but, la conduite 13 est reliée par un robinet à trois voies 26 à un tuyau 27, qui traverse le fond du chalutier et débouche à l'extérieur, au-dessous de la ligne de flottaison .Le robinet 26 étant placé dans la position indiquée à la figu- re 4a, l'eau de mer, sous l'effet de sa pression statique, remonte par le tuyau 27 dans la conduite 13, remplit le bac 9 et le filtre 18 et assure l'amorçage de la pompe 12.
Lors- que la quantité voulue d'eau de mer a pénétré dans l'ins- tallation, le robinet 26 est amené dans la position de la figure 4, qui correspond au fonctionnement normal de lins- tallation .
Par suite de la fusion de la glace dans le com-
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partiment 10, la concentration de l'eau de mer en éléments salins s'abaisse, ce qui tend à élever la température, au- , dessous de laquelle il n'est pas possible de refroidir sans qu'il se congèle davantage le liquider Lorsque la diminution de concentra- tion devient excessive, il est donc nécessaire, soit d'a- jouter du sel pour rétablir la doncentration initiale , soit de vidanger le liquide, pour le remplacer par de l'eau de mer fraîche .
On aura de préférence recours à ce second moyen, plus économique que le premier, mais on donnera à l'installation des dimensions telles que les variations de concentration en sel de la masse de liquide, au cours du refroidissement de la quantité de poisson maximum sus- ceptible d'être ramenée à bord à chaque coup de filet , correspondent à des variations de température admissibles, de façon à ne vidanger l'installation que dans l'intervalle compris entre deux coups de filets successifs. On peut aussi opérer par vidanges partielles , chaque foi que la quantité d'eau douce produite par la fusion de la glace atteint une certaine limite, ou chaque fois qu'on charge de la glace dans l'appareil.
Pour opérer 1 a vidange de l'installation , le robi- net 26 est amené dans la position de la figure 4b et en outre on ouvre un robinet de vidange 27, interposé sur un tuyau 28, reliant le fond du réservoir 9 à la conduite 19, de sorte que la pompe 12 aspire le contenu des récipients
9 et 18 et le refoule dans la mer par les tuyaux 27 .
D?après ce qui précède, on voit que le travail né- cessaire pour faire fonctionner l'installation est des plus simples , contrairement à ce qui a lieu avec les pro- cédés pour la congélation du poisson à coeur.
Bien entendu, l'invention n'est pas strictement li- mitée à l'exemple de réalisation décrit ci-dessus. C'est ainsi que le bac 9 peut être subdivisé au moyen de cloisons 29 en nombre approprié de compartiments. Au lieu d'emplo-
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yer un panier perforé 3, on pourrait utiliser des morceaux de filet usagé , etc...
REVENDICATIONS
1 - Un procédé pour la conservation du poisson à bord des .chalutiers, caractérisé on ce qu'il consiste à immerger le poisson dans un récipient parcouru p ar un cou- rant d'eau de mer, refroidi par de la glace à une tempéra- ture d'environ -2 à -3 C, puis à sortir le poisson de ce récipient et à l'entasser sans addition de glace dans un compartiment de la cale maintenu à la même température et formant glacière.