<Desc/Clms Page number 1>
Cisaille à coupe biaise pour tôles.
La présente invention concerne une cisaille à coupe biaise pour tôles, c'est-à-dire une cisaille du genre connu dans laquelle chaque point de la lame mobile parcourt, pendant la coupe, une trajectoire arquée inclinée par rapport au dépla- cement proprement dit de la lame. L'application de l'invention est plus particulièrement indiquée pour les cisailles à panneaux, c'est-à-dire pour les cisailles dans lesquelles des pièces d'une longueur importante (allant jusqu'à 2000 mm et plus) sontsection- nées par un unique abaissement de la lame mobile.
Les cisailles à panneaux et à coupe biaise comportent, pour la commande de la lame supérieure, des leviers coudés ou des leviers à genouillères agencés de telle manière que le chariot, c'est-à-dire le support de la lame supérieure, reçoive par l'intermédiaire de ces organes de commande un mouvement
<Desc/Clms Page number 2>
combiné, présentant une composante verticale et une composante latérale, cette dernière constituant la composante de coupe biaise du mouvement de sectionnement, ainsi qu'on l'a représenté schématiquement sur le dessin annexé dans lequel la Fig. 1 représente schématiquement un mode de réalisation connu de cisaille à leviers coudés, tandis que la Fig. 2 montre un dispo- sitif également connu de commande à genouillères.
Sur ces figures, 1 désigne la lame supérieure mobile, 2 la lame inférieure fixe, 3 le maneton d'entraînement, et 4 les bielles qui agissent sur les leviers coudés 5 ( Fig. 1 ) ou sur les genouillères 6 ( Gig. 2). Les axes de pivotement 7 des leviers coudés ( Fig. 1 ) sont solidaires du bâti de l'appareil, tandis que les articulations aux extrémités 8 attaquent la lame mobile. Dans le mode de réalisation de la Fig. 2, l'extrémité 9 des genouillères est articulée en un point fixe du bâti, tandis que l'extrémité opposée 10 attaque le chariot portant la lame mobile. L'articulation intermédiaire de ces genouillères est indiquée en 12.
Sur les figures 1 et 2, l'amplitude du mouvement principal vertical est désignée par H, tandis que le mouvement latéral, qui produit la coupe biaise, est désigné par Z. On voit que dans ces modes de réalisation, l'amplitude du mouvement latéral n'atteint toujours qu'une petite fraction de l'amplitude du mouvement principal H, étant donné que, pour un angle de pivotement déterminé, le rapport Z/H est proportionnel à celui de la flèche d'un arc de cercle à la corde correspondante. Dans les cisailles à panneaux ayant une longueur de coupe usuelle de 2000 à 2500 mm, on obtient ainsi pour une longueur de coupe de 100 mm un déplacement latéral d'environ 1 mm, ce qui est très insuffisant, dans le cas de la plupart des matières à sectionner, pour que les avantages de la coupe biaise puissent être appa- rents.
Lorsque cette coupe biaise est correctement établie, ces avantages consistent en ce que la matière n'est pas écrasée au
<Desc/Clms Page number 3>
point de sectionnement, et que la partie sectionnée n'est pas détériorée.
La présente invention permet d'éviter complètement ces inconvénients. Par la suppression de l'interdépendance constructive entre les composantes verticale, et horizontale du mouvement de coupe, telle qu'elle existe dans les modes de réalisation connus,et par leur séparation en composantes de mouvement indépendantes, l'invention permet également d'obtenir toute amplitude désirée de mouvement latéral, ou biais pour une longueur de course déterminée de la lame supérieure.
A cet effet, le mouvement de la lame mobile est produit de manière connue, du reste comme dans les modes de réalisation que montrent les figures 1 et 2, en deux points espacés l'un de l'autre, mais de telle manière que la lame exécute sensiblement un mouvement de pivote- ment autour d'un point qui, suivant une particularité de la présente invention, pour la réalisation du mouvement latéral, exécute en outre pendant la coupe un mouvement circulaire de pré- férence d'un tour entier pour chaque cycle complet de va-et-vient vertical de la lame mobile, la totalité du diamètre du cercle décrit, qui peut être choisi à volonté lors de l'établissement du projet de la machine, pouvant alors servir à l'obtention d'un mouvement latéral de coupe biaise.
Dans le brevet autrichien n 110.220 on a déjà décrit une cisaille pour tôles dans laquelle chaque point de la lame mobile exécute un mouvement sensiblement elliptique par rapport à la contre-lame, ce mouvement étant obtenu par actionnement de la première lame par un excentrique, le porte-lame étant muni d'un prolongement pouvant osciller autour d'un tourillon fixe dont la position peut être réglée en hauteur et en largeur. En ré- glant la position de ce tourillon, on peut plus ou moins incliner et aplatir les courbes elliptiques que décrit chaque point de la lame mobile pendant les mouvements de coupe.
L'amplitude de la
<Desc/Clms Page number 4>
composante de coupe biaise ainsi obtenue serait en soi satisfai- sante, mais le dispositif présente l'inconvénient qu'il ne peut être appliqué qu'aux lames très courtes, parce que l'allongement de la lame jusqu'aux dimensions de celle d'une cisaille à pan- neaux est irréalisable pour des raisons concernant la construction et la solidité. En conséquence, on ne peut découper des panneaux de tôle sur les cisailles de ce genre qu'en montant les lames très courtes sur un chariot et en faisant avancer celui-ci le long de la ligne de coupe, les lames exécutant pendant ce dépla- cement de nombreuses courses de travail. Ce mode de coupe n'est pas économique pour des pièces de grande longueur, et fournit du reste des coupes défectueuses, présentant de nombreuses traces de coupe.
La Fig. 3 montre schématiquement un mode de réalisation de la cisaille à panneaux objet de l'invention, 15 désigne le porte-lame supérieur, 16 la lame fixe, et 17 le maneton d'entrai- nement, qui agit par l'intermédiaire d'une bielle 18 sur le porte-lame supérieur 15 et produit principalement le mouvement vertical de la lame. Le tourillon autour duquel le porte-lame supérieur 15 oscille sous l'action du maneton 17, peut être constitué par le maneton 19 en prise avec le porte-lame 15.
Pour superposer la composante de coupe biaise au mouvement vertical déterminé par le maneton 17, cette superpo- sition devant avoir lieu de telle manière qu'il ne se produise pas, entre les deux composantes verticale et biaise, d'inter- dépendance, déterminée par le choix d'une seule de ces compo- santes (interdépendance qui existe dans les modes de réalisation que montrent les Figures 1 et 2 ), le maneton 19 peut se déplacer le long d'un cercle 20 pendant l'abaissement et l'élévation du porte-lame 15.
On voit que le diamètre z de ce cercle est uni- quement déterminé par l'amplitude du mouvement de coupe biaise désiré, c'est-à-dire que l'interdépendance entre la course H
<Desc/Clms Page number 5>
du maneton 17 et le diamètre z n'existe plus, ce qui permet, par un choix approprié du diamètre z, de construire des cisailles à panneaux ayant l'amplitude désirée de coupe biaise.
La Fig. 3 montre les différents éléments dans la posi- tion de repos supérieure. On a trouvé qu'il était préférable de choisir cette position de repos de telle manière que le maneton 17 soit placé un peu latéralement par rapport au point mort supérieur, alors que le tourillon 19 se trouve un peu au-dessus de l'horizontale passant par l'axe du cercle 20.
L'entraînement des manetons 17 et 19 s'effectue en synchronisme de telle manière qu'ils exécutent tous deux un tour entier pour chaque cycle complet d'abaissement et d'élévation du porte-lame 15. A cet effet, le pignon d'entraînement 21 agit directement sur la roue dentée 22 portant l'arbre du maneton 17, tandis qu'il agit par l'intermédiaire d'un pignon de renvoi 23 sur le pignon 24 entraînant en rotation le maneton 19. Bien enten- du il importe peu, en principe, que les manetons soient remplacés par des excentriques, ou inversement.
Pour obtenir, par rapport à la lame inférieure 16, un angle de coupe constant, il convient de munir la lame supérieure d'un tranchant incurvé. Il suffit cependant, ce qui, par ailleurs, simplifie la fabrication, de constituer la lame supérieure par l'assemblage de plusieurs couteaux rectilignes, trois dans l'exem- ple représenté sur la Fig. 3. Grâce à cette courbure de la lame, on obtient un angle de coupe et par suite une pression de coupe nécessaire qui restent constants. Par ce moyen, on peut également adapter l'angle de coupe à l'amplitude du mouvement de coupe biaise. En l'espèce, on peut prévoir un angle de coupe plus grand dans la zone du mouvement de coupe biaise relativement le plus grand, qui se présente lorsque le maneton 19 passe par le point le plus bas de sa trajectoire circulaire.
Il en résulte que l'ef- fort de coupe nécessaire devient plus faible au milieu, c'est-à- dire que la traverse portant la lame peut être plus faible dans sa partie médiane que dans les dispositifs connus.
<Desc/Clms Page number 6>
Il y a lieu de noter que, pour les lames de cisailles à tranchant courbe, on a déjà proposé de constituer le tranchant par plusieurs segments. Mais dans ce cas, l'angle de coupe reste forcément toujours le même par suite de l'utilisation de lames supérieure et inférieure courbes. Dans le présent cas, il ne s'agit pas de lames exécutant un mouvement de rotation proprement dit étant donné que, grâce au déplacement du maneton 19, une composante de coupe biaise est superposée au mouvement d'oscilla- tion de la lame supérieure.
Le dispositif objet de l'invention évite parfaitement l'inconvénient des cisailles connues, qui consiste en une torsion des bandes de tôles étroites découpées , et en un écrasement de la matière. Pour remédier à cet inconvénient, il était jusqu' ici nécessaire de réduire l'angle de coupe, ce qui augmentait considérablement l'effort de coupe, et par suite la cisaille devenait beaucoup plus lourde et, par conséquent, plus coûteuse.
On a cherché à éviter la réduction de l'angle de coupe en utili- sant la coupe biaise mais, ainsi qu'il vient d'être démontré, on n'a réussi que d'une manière insuffisante, c'est pourquoi les cisailles de ce genre ne sont ni plus légères, ni moins coûteuses que les cisailles ordinaires à manivelle et à faible angle de coupe. Par contre la présente invention permet d'augmenter l'angle de coupe au maximum et, par conséquent, de réduire très consi- dérablement le poids de la cisaille. De plus, la coupe réellement biaise obtenue de cette manière donne des tranches parfaitement nettes, et non pas, comme c'est le cas pour les cisailles or- dinaires, des tranches écrasées.