Machine à sécher pour tissus et papiers en bandes continues. La machine à sécher pour tissus et pa piers en bandes continues, faisant l'objet de la présente invention, appartient au type dit "accrocheuse" qui est caractérisé par le fait que les tissus ou bandes de papier sont sus pendus automatiquement sur des bâtons trans portés automatiquement dans l'enceinte de séchage, à l'extrémité de laquelle les bandes sont enlevées par des rouleaux d'appel.
Il existe deux genres d'accrocheuses : cel les dont les bâtons sont libres et sont intro duits dans la machine par un dispositif au tomatique assez compliqué, qui prend les bâtons un à un d'un magasin, où ils sont ramenés automatiquement par uni dispositif de retour, et celles dont les bâtons sont re liés à demeure à deux chaînes sans fin et parallèles, celles-ci pouvant être, par exemple, montées chacune sur quatre roues de façon décrire un rectangle, le retour des bâtons se trouvant ainsi réalisé sans complication.
Outre la complication dans la construction, l'inconvénient du premier genre réside dans son grand encombrement, dans son inaptitude de fonctionner à grande vitesse, dans la difûculté d'aménager l'enceinte-de séchage en vue d'un séchage intensif ou de réaliser une économie de chaleur, dans l'impossibilité de récupérer le liquide évaporé quand il est autre que l'eau (par exemple la benzine) et surtout dans la fatigue des bâtons dans le dispositif â maga sin, fatigue qui empêche d'employer des bâ tons en verre, en métal mince, en métal verni, en bois laqué, etc. ce qui est pourtant né cessaire quand le contact du bois ou du fer nu est nuisible pour le tissu ou pour le papier.
Le second genre évite tous ces inconvé nients, mais il en présente d'autres qui le rendent inapplicable pour beaucoup de- qualités de papiers ou tissus. Il est, en effet, prati quement impossible d'obtenir la formation de plis bien réguliers sans employer des méca nismes qui touchent la face supérieure ou l'endroit de la bande de papier ou de tissu, tant pour l'étendre au large et l'introduire entre deux bâtons consécutifs, que pour l'ar rêter d'une faon exacte sur le bâton se trou vant derrière, lorsque le pli formé atteint la hauteur voulue et qu'il faut en commencer un autre.
Or, pour beaucoup de tissus et de papiers on ne petit toucher la face supérieure sans y laisser des traces qu'on ne petit to lérer. Pour obvier à cet inconvénient, on a réduit ce contact à des piqûres d'aiguilles ou <B>a '</B> deux points se trouvant prés des bords, niais ce procédé, qui n'arrête pas la bande sur toute sa largeur au même moment, y produit des déformations qui sont très sou vent intolérables.
Il en est de même pour presque toutes les dispositions imaginées pour supprimer- tout contact<I>avec</I> le côté supérieur de la bande. En .outre, aucune des dispositions n'est d'un fonctionnement sûr; il leur arrive de dété riorer le tissu, soit en le laissant descendre jusqu'au sol, soit au contraire, en entravant sa descente. Même en touchant franchement le côté supérieur de la bande sur toute sa largeur, il y a de nombreux cas oir il est impossible d'obtenir des plis réguliers, sans fronces, sans cassures, et sans ondulations longitudinales.
Ainsi; par exemple, lorsque le tissu a -des lisières plus épaisses, qui se re plient, qui festonnent ou qui, au contraire, sont plus tendues que le reste ; lorsque le tissu est déformé par la teinture sur tendeurs au point de ne plus pouvoir être étendu à plat à la main ; lorsque le tissu est de telle nature (par exemple le crêpe de Chine) qu'il forme des plis longitudinaux dés qu'on le tend en longueur ; enfin lorsque la bande est très raide ou que l'apprêt (ou la couche) la rend plus raide à certains endroits, ou quand le tissu est façonné ou broché à grands dessins qui produisent le même effet sur sa raideur.
Dans tous ces cas, la bande qui descend entre deux bâtons ne boucle pas régulière ruent et forme des replis ; le bas (les plis forme des cassures qui vont en s'aggravant au fur et à mesure due le pli descend et qui font froncer tout le pli<B>;</B> le crêpe de Chine se plisse longitudinalement sous l'influence de sort propre poids et ces plissements provo quent fatalement des cassures dans le bas des plis.
Quand les plissements, froncements ou cassures laissent des traces indélébiles, ce qui est le cas pour r,ombre de tissus en soie ar tificielle, pour les tissus apprêtés très raides et pour la plupart des papiers, ce genre de machines est donc inutilisable. Pour certains tissus en soie artificielle, l'étendage à la main sur des bâtons fixes laisse aussi des traces ineffaçables, quelque précaution qu'on prenne.
La présente invention est relative au se cond genre de machines à sécher, et vise à éviter les inconvénients signalés, la formation régulière des plis étant assurée par au moins ni) jet d'air dirigé de haut en bas; art milieu de la largeur de la bande, de façon à l'ar- r6ter sur le bâton au moment où ce dernier passe sous le jet d'air, lequel étant soufflé dans le pli doit s'échapper à droite et à gauche, faisant gonfler le pli et tendant à. élargir la bande, ce qui évite les replis et les froncements ainsi que les cassures au bas des plis.
Le dessin annexé montre, à titre d'exem ple, plusieurs formes d'exécution de l'inven tion.
Dans la première forme d'exécution, fig. 1 à 3, La fig. 1 est une vue d'ensemble schéma tique de la machine; La fig. 2 en est une coupe transversale partielle; La fig. 3 est une vue partielle, semblable à la fig. 1, mais dans une autre position. des bâtons ; Les<B>fi-.</B> 4 et 5 montrent eu coupe deux variantes de bàtorrs ;
Les fig. 6 et 7 sont des schémas se rap portant à une deuxième forme d'exécution ('le la machine: La fig. 3 montre un dispositif obturateur de la tuyère d'air comprimé.
Dans la première forme d'exécution (fig. 1, 2 et 3), chaque bâton a, est porté par une paire de leviers L qui sont articulés dans les maillons des deux chaires c qui se meuvent dans la direction de la flèche. Chaque levier I est muni d'un secteur denté. (1 avec lequel peuvent engrener des butées fixes e-e' qui, au moment de la formation du pli, meuvent le bâton a d'arrière en avant. La bande continue de tissu ou -de papier est amenée par les rouleaux f et y.
Le rou leau f est placé suffisamment haut pour que la bande ne soit plus en contact avec le rou leau g lorsque les butées e-e' ont tourné les leviers b vers le haut: Dans cette position (fig. 3), le bâton a vient de passer sous la tuyère j qui est alimentée d'air comprimé ; à cause de la tension produite par la pression de l'air et par le poids de la bande depuis f jusqu'à a, il règne un si grand frottement entre la bande et le bâton a, qu'elle s'arrête sur ce bâton et forme un nouveau pli der rière ledit bâton.
Une deuxième tuyère, k, souffle dans le pli précédent pour tenir le tissu étalé jusqu'à la fin de la formation du pli, c'est-à-dire jusqu'à ce que le mouvement de pivotement du bâton soit terminé.
Pour des bandes de papier on de tissu qui ne craignent pas les cassures, on peut se dis penser de cette deuxième tuyère k.
Lorsque le bâton a est tout à fait dirigé en avant, les deux tuyères j et k soufflent dans le même pli (voir fig. 1) jusqu'à ce que le bâton suivant passe sous la tuyère j et que commence la formation d'un nouveau pli.
Dans cette forme d'exécution, l'action des jets d'air sur la formation régulière du pli est favorisée-par le déplacement que- les le viers<I>b,</I> les secteurs<I>d</I> et les butées e-e' im priment aux bâtons a. Ce déplacement élargit la poche que fait le pli en formation et augmente le rayon de la courbure que fait le bas de ce pli. Il favorise aussi l'arrêt du tissu sur le bâton dans la position de la fig. 3, car il augmente la distance a-f.
A l'extrémité de la machine, la bande est enlevée par les rouleaux G et lia qui ont la même vitesse circonférentielle que f et g, ou bien qui sont réglables ou débrayables, suivant que la longueur de la bande est invariable ou qu'elle est modifiée par le séchage on par la suspension.
Le parcours des chaînes est enfermé dans la chambre de séchage ii qui est munie d'un système quelconque de chauffage et de ven tilation. Dans cette forme d'exécution, les bâtons peuvent recevoir une autre forme que la forme cylindrique et cela dans le but. de favoriser l'arrêt de la bande sur les bâtons et de pou voir ainsi y employer un jet d'air moins puissant.
La fig. 4 montre comment- les bâtons peu vent être pourvus d'une arête qui se trouve tournée vers le bas après la formation du pli, de sorte qu'elle ne touche pas la bande pen dant le séchage et ne peut la détériorer. Cette arête peut être remplacée par une lame rap- portée;= comme le montre la fig. 5.
Dans la deuxième forme d'exécution (fig. 6 et<B>7),</B> les bâtons a sont immédiatement fixés aux maillons de chaîne. Le rouleau g est de petit diamètre et les chaînes sont actionnées par saccades, de sorte qu'elles avancent brus quement d'un écartement de bâtons. 'Ce mou vement est obtenu par des moyens connus, déjà appliqués à des- machines à sécher. La seconde tuyère k n'aurait ici que. peu d'effet et peut être supprimée.
La fig. 6 montre la position de la bande pendant la formation du pli, alors que la bande -livrée par les rouleaux f et g -descend entre les bâtons<I>a</I> et ü' sous l'influence de la tuyère j.
La fig. 7 montre ce qui se passe lors de l'avancement des chaînes, la bande s'arrête sur -le bâton al et Lin nouveau pli commence à se former. Cette deuxième forme d'ex6cu- tion est plus simple que la première, mais elle n'étale pas aussi bien la. bande. Elle n'est -donc pas à recommander lorsque les cas. sures sont fort à craindre.
Pour le séchage des tissus à longs poils ou des tissus ou papiers ayant reçu une épaisse couche d'apprêt, un obturateur peut être conçu de façon à diminuer le jet lorsque le bâton se trouve juste sous la tuyère, de sorte que le jet d'air ne puisse pas déranger le poil ou .endommager la couche d'apprêt.
La fig. 8 montre comme il est facile de réaliser un obturateur. Un papillon iv est ins tallé dans la conduite de la tuyère j,<B>il</B> est actionné par le mouvement du bâton a agis. sant pair l'intermédiaire du levier z, de la bielle J et du levier x, de telle sorte que le papillon ferme partiellement quand le bâton se trouve sous la tuyère.
Dans certaines applications il pourrait être utile d'employer des tuyères larges, des tuyères à fente, ou des rangées de tuyères pour que l'effet soit égal sur toute la largeur de la bande.
Quand une machine doit traîter deux ou plusieurs bandes continues disposées côte à côte, elle est munie d'autant de tuyères ou de paires de tuyères qui agissent au milieu de chaque bande.
L'avantage des formes d'exécution décrites de la machine réside principalement dans le fait que l'introduction de la bande du tissu ou du papier est assurée par un ou plusieurs jets d'air. Ces jets d'air ont pour but de disposer la bande en plis réguliers, de l'é tendre en largeur et d'éviter tout contact de l'endroit de la bande avec des organes de la machine. Le pliage régulier de la bande sur les bâtons est assuré par le fait qu'un jet d'air l'arrête sur le bâton au moment où ce lui-ci est amené sous ce jet par le mouve ment des chaînes. L'étendage en largeur est obtenu par le fait que l'air frappe le milieu de la bande et qu'il doit s'échapper à droite et à gauche en gonflant le pli et en tendant à l'élargir.
Ces deux effets obtenus par des jets d'air dispensent de tous les dispositifs qui, dans des machines à sécher, doivent tou cher l'endroit de la bande pour la faire se plier sur les bâtons et pour l'étendre de façon qu'elle soit unie.
Eviter de toucher l'endroit présente des avantages évidents. L'étendage en large au moyens de jets d'air présente l'avantage que cet effet se produit pendant la -forcnation du pli et qu'il agit tout particulièrement à l'en droit où la courbure que prend la bande rend la formation de cassures particulièrement à craindre.
La pression de l'air dans les jets est assez faible afin d'éviter toute cause de détériora tion de la bande, soit cri tirant trop forte- ment eu longueur, soit en dérangeant le poil ou la couche d'apprêt.
Les tissus qui ont été fortement déformés par la teinture sur tendeurs peuvent être mieux étendus dans la machine décrite que lorsqu'on les suspend à la main dans l'éten dage.