Revêtement de chaussée. Comme on le sait, l'établissement d'un revêtement résistant et durable pour chaus sées ou routes à trafic lourd et rapide, a fait l'objet do nombreuses études dans tous les pays. Il semble résulter de ces études que les chaussées en béton de ciment; construites depuis un certain nombre d'années aux Etats- Unis, sont celles -qui apparaissent s'être le mieux comportées à l'usage. Etant donné la facilité d'approvisionnement des matériaux nécessaires à la construction d'un revêtement de ce genre, on peut en conclure qu'il cons titue actuellement la solution la plus avan tageuse du problème.
Néanmoins, un revêtement monolithe cons titué par une simple plaque de béton 12 à 20 cm d'épaisseur présente certains inconvé nients 1 <B>Il</B> peut se fissurer sous l'influence du retrait et des variations de température.
2 Il ne supporte aucune déformation, due aux légers mouvements de terrain qui se produisent sous l'influence des eaux ou du gel. 3 La faible épaisseur relative de la pla que formant revêtement monolithe la rend fragile.
4 L'exécution d'un revêtement de ce genre nécessite, si l'on n'emploie pas dés ciments spéciaux, fort coûteux, l'interruption de la circulation pendant un temps relative ment très long.
Le revêtement faisant l'objet de-l'inven- tion, permet de conserver tous les avantages de la chaussée en béton, en supprimant les inconvénients signalés plus haut.
Dans ce but, ce revêtement est constitué par des éléments ou dalles en béton, de pré férence de forme hexagonale, qui peuvent être faits d'avance à proximité de leur lieu d'em ploi, et dans ce cas avantageusement d'un poids suffisamment réduit pour pouvoir être transportés sur des turcks de voie Decauville, ces éléments ou dalles étant assemblés entre eux par des joints semi-rigides.
Ces joints sont établis de préférence en ciment armé, en laissant un vide inférieur en forme de dièdre -à faces planes ou courbes, pour réa liser une semi-articulation. .- Les joints peuvent être constitués essen tiellement par des barres métalliques scellées en attente sur chacun des côtés des dalles, et dont les extrémités libres sont enrobées dans du béton de ciment, en laissant le vide sus-indiqué, de-façon que l'épaisseur, au mi lieu du joint soit celle strictement nécessaire pour réaliser un enrobement convenable des barres métalliques.
De préférence, les armatures métalliques seront calculées de manière à résister à l'ef fort tranchant maximum pouvant être envi sagé ; elles seront scellées dans chaque dalle, près de la partie supérieure sur une longueur égale à 20 ou 25 fois leur diamètre et elles présentent une longueur libre également de 20 à 25 fois le diamètre des barres. L'espa cement des dalles ou éléments entre eux sera à peu près égal à la longueur libre des barres et les barres d'un côté d'une dalle seront placées côte à côte avec les barres de la dalle adjacente, sans aucune autre liaison entre elles que le béton de ciment du joint dans lequel elles sont noyées.
On peut de cette faon constituer un re vêtement possédant tous les avantages d'un revêtement monolithe en béton de ciment, c'est- à-dire la continuité absolue de la surface de revêtement, et dans lequel la réduction im portante du moment d'inertie au droit des assemblages fait de ceux-ci de véritables semi- articulations. Donc, plus de fissures sous l'in fluence du retrait, des variations de tempé rature ou des déformations du sous-sol, puisque les semi-articulations permettront au revête ment de prendre la courbure convenable pour être constamment appuyé sur la fondation.
Au point de vue de la fragilité, chaque dalle est à envisager isolément, de sorte que les chances de rupture sont réduites dans une très forte proportion. De plus, l'exécution de ce revêtement ne gêne pas plus la circula tion que celle d'un macadam ordinaire.
Les vides inférieurs, laissés dans les as semblages armés, contribueront à l'assainis sement du sol de fondation et amélioreront ainsi l'assise générale de la route. Enfin, la fabrication éventuelle des dalles dans un chantier semi-fixe permettra de réaliser d'excel lentes conditions pour obtenir un bon béton.
Le dessin ci-annexé montre, à titre d'exemple, un mode de réalisation de l'inven tion dans lequel on utilise la forme la plus avantageuse pour les dalles, cette forme étant la forme hexagonale qui présente le périmètre minimum, tout en permettant de constituer le revêtement par des éléments identiques.
Les fig. 1 et 2 de ce dessin sont respec tivement une vue de côté et une vue en plan d'un élément de forme hexagonale ; La fig. 2 montre, à plus grande échelle, la coupe d'an joint entre deux éléments, réa lisant la semi-articulation ; La fig. 4 est une vue en plan d'une por tion de chaussée montrant l'assemblage des éléments entre eux.
On prendra, par exemple, des éléments a circonscriptibles à un cercle de 0,75 m de rayon et ayant une épaisseur de 0,18 m en viron. Ces éléments auront ainsi une lon gueur de côté de 0,86 m une surface de 1,94 m2, nu volume de 0,35 m3 et un poids de 870 kg.
L'effort tranchant maximum à envisager est de 6 tonnes (une roue d'un essieu de 1.2 tonnes). En supposant qu'il s'exerce unique ment sur un côté de la dalle, ce qui est une hypothèse plus défavorable que la réalité, et en admettant une contrainte de 8 kg par millimètre carré au cisaillement, il devra y avoir sur chaque côté de la dalle une section de
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On prendra donc 10 fers en 10 mm de diamètre, soit 5 par côté de dalle, l'espace libre entre deux dalles cc sera de 0,20 m. Les barres b b1 seront prises dans le béton de la dalle<I>a à 4 cm</I> environ de la surface supérieure sur une longueur de 0,20 m.
Elles présentent une partie libre<B>bu</B> également de 0,20 m environ et elles sont recourbées à chaque extrémité suivant un demi-cercle b'- comme le montrent les fig. 1 et 3.
Le joint devant constituer la semi-arti- culation en combinaison avec les parties V des fers b, sera exécuté, de préférence, en béton de ciment fondu c, à prise très rapide, de façon que l'épaisseur au milieu soit de 7 cm environ avec un vide de section angu laire d, dont l'ouverture à la base sera de 10 cm, de telle sorte que l'épaisseur du joint sur chaque dalle sera au minimum de 5 cm. Ce joint sera coulé sur un moule approprié en bois, métal ou autre matière, qu'on reti rera après la prise du béton, ou bien qu'on pourra même laisser eu place, ce qui ne don nera lieu qu'à une faible dépense de matière.
Les dimensions qui viennent d'être don nées ne le sont qu'à titre d'exemple, car la forme et la dimension des dalles pourront varier suivant les applications envisagées ; il en sera de même, bien entendu, pour le nom bre dés barres d'armature constituant les semi-articulations en combinaison avec le joint et le vide inférieur réservé dans celui-ci.