Procédé pour faire disparaître les gravures et obtenir le polissage des cylindres de enivre des machines rotatives à imprimer. Selon les procédés usuels, quand un cylin dre de machine rotative pour l'impression doit recevoir une nouvelle gravure, il est placé sur une machine spéciale qui, au moyen de pierre ponce et de pierre d'Ecosse efface la gravure ancienne, puis est placé sur une seconde machine pour effectuer le polissage, à l'aide de papier, de feutre, ou toutes autres matières polissantes.
Il arrive nécessairement qu'après avoir été soumis un certain nombre de fois aux opé rations ci-dessus, le cylindre a subi une dimi nution de diamètre telle qu'il est nécessaire de faire déposer sur lui, électrolytiquement, une couche de cuivre, le cylindre ainsi ramené à. ses dimensions normales devant être passé ensuite à. la. machine à poncer et .à la machine à, polir.
Il peut même arriver qu'il soit nécessaire de passer le cylindre recouvert de la, nouvelle couche de cuivre au tour et de le poncer et le polir ensuite.
Il \résulte de ce qui précède que les pro cédés usuels entraînent une grande perte de temps lors de leur mise en aeuvre, une con sommation de cuivre importante et des frais relativement considérables pour l'achat des machines et des pierres à poncer et à polir, et pour la main-d'oeuvre.
La présente invention a pour objet un procédé pour faire disparaître les gravures et obtenir le polissage des cylindres de cuivre des machines rotatives à imprimer obviant aux inconvénients susmentionnés en ce sens que, pour sa mise en #uvre, il ne nécessite pas l'emploi de tours et de machines à poncer et à polir, et par le fait qu'il nécessite des frais de main-d'oeuvre moindres pour un même nombre de cylindres à traiter; en ou tre, il n'occasionne pratiquement aucune perte de cuivre.
Le procédé revendiqué est caractérisé en ce que l'on fait tourner ces cylindres dans un bain électrolytique peu riche en sel dissous, après les avoir nettoyés, et en ce que l'on éta blit et maintient au moins presque jusqu'à la fin du traitement, entre chaque cylindre, for mant une électrode, et une autre électrode en cuivre, une différence de potentiel relative- ment faible et un courant de forte intensité envoyé d'abord, pendant le temps nécessaire au réglage de son intensité, de telle sorte que les cylindres forment les cathodes et étant ensuite inversé, les conditions étant propres à réaliser cette forte intensité de courant avec une faible chute de potentiel,
la surface gra vée des cylindres étant alors égalisée par des organes égalisateurs amenés en contact avec elle, grâce à l'amollissement de la couche su perficielle de ces cylindres formant anode, jusqu'à ce que cette surface soit lisse, le sens du courant étant ensuite de nouveau inversé, de sorte qu'il se dépose alors sur ces cylin dres, formant cathode, une couche de cuivre formée de particules très fines ayant une grande cohésion, de façon que cette couche soit particulièrement dure et que le diamètre de ces cylindres atteigne la valeur désirée, les organes égalisateurs continuant d'agir en vue de polir les cylindres pendant le dépôt.
Ce procédé est basé sur le fait que l'on peut éviter la formation de gros grains de cuivre sur une cathode et la formation d'une couche d'oxyde à l'anode en cuivre corres pondante en opérant avec une grande inten sité de courant, pour donner au cuivre une précipitation rapide et une grande cohésion.
En effet, selon les procédés connus, la grosseur des grains déposés à la cathode croît avec l'intensité du courant dans le bain. Or, on a trouvé qu'en faisant effectuer le dépôt dans des conditions spéciales, il arrive au contraire qu'à partir d'une certaine valeur de l'intensité, il ne se produit plus d'oxyde à l'anode et à ce moment les gros grains dis paraissent complètement. Ces conditions spé ciales sont principalement l'emploi d'une très forte intensité de courant concurremment avec une basse tension pour un bain peu m6talli- que, c'est-à-dire relativement peu riche en sel par rapport à l'intensité du courant.
Voici, à titre d'exemple, une manière de mettre en oeuvre le procédé revendiqué et de réaliser les conditions spéciales susmention nées Un cylindre à traiter, après avoir été bien nettoyé, par un moyen quelconque (déca- page), est placé dans un bain électrolytique composé par exemple de 78 % d'eau, 18% de sulfate de cuivre et 4 % d'acide sulfurique. Ce bain est amené à une température de 30 " à 45 et on y plonge des feuilles de cuivre formant électrodes, on fait tourner le cylin dre et on établit le courant de façon que le cylindre forme cathode.
La différence de po tentiel entre les électrodes est maintenue constante jusque vers la fin des opérations, à une valeur inférieure à 3 volts, par exem ple comprise .entre 1 et 3 volts, la densité de courant étant relativement élevée, par exem ple de 0,4 à 0,5 ampère par centimètre carré, les conditions étant choisies telles qu'une forte intensité de courant puisse être réalisée au moyen d'une faible chute de tension. Ces conditions peuvent être réalisées par exemple en donnant des valeurs convenables à la dis tance entre les électrodes.
On remarquera que, par rapport à la va leur de la densité de courant dans le bain, la proportion de 18 % de sulfate de cuivre dans le bain est assez faible, comparativement à celle que l'on emploierait pour faire déposer électrolytiquement du cuivre selon les procé dés usuels, avec une telle densité de courant.
-Sitôt le courant réglé à la valeur fixée d'avance, c'est-à-dire au bout de très peu de temps, on inverse son sens. Le cylindre est alors anode et sa surface latérale devient plas tique, sur une faible épaisseur.
Des organes égalisateurs sont amenés en contact avec la. surface de ce cylindre avant sa mise en rotation. La vitesse de cette rota tion est suffisamment faible pour que ces or ganes ne vibrent pas. Ces derniers sont dis posés de façon que, grâce à un mouvement de va-et-vient, parallèlement à l'axe du cylindre, dont ils sont animés, ils répartissent unifor mément cette couche plastique, composée de fines particules, sur toute la surface latérale du cylindre, de sorte que les reliefs qu'elle présente diminuent petit à petit et que les creux se bouchent, et qu'ainsi la surface s'é galise.
Contrairement à. ce qui a lieu selon les procédés connus, les organes égalisateurs n'agissent pas par compression et matage, c'est-à-dire n'agissent pas en exerçant une forte pression, comprimant et écrasant en quelque sorte les grains de cuivre de la sur face des cylindres. Ils sont au contraire éta blis de façon à n'exercer qu'une faible pres sion sur le cylindre, par le seul effet de leur propre poids par exemple.
Lorsque toute trace de gravure a. disparu, ce qui a lieu au bout d'un laps de temps dé pendant notamment de la nature de la gra vure, on inverse encore une fois le sens du courant dans le bain. Le cylindre redevient cathode, il reçoit une couche de cuivre, que l'on fait se déposer uniformément à, sa surface, jusqu'à ce que le diamètre du cylindre re prenne sa valeur primitive. En même temps, il se durcit et se polit, car, dans les condi tions réalisées, il ne se produit pas de gros grains et les petits points qui subsistent géné ralement à la cathode n'apparaissent pas, les particules de cuivre déposées sont très fines et ont une grande cohésion, ce qui fait que la couche déposée est particulièrement dure.
Pendant ce dépôt par électrolyse, les fines particules se déposant sur le cylindre sont réparties également sur celui-ci par les or ganes égalisateurs, qui continuent de fonc tionner, et le cylindre est ainsi continuelle ment poli.
Le temps pendant lequel on fait effectuer le dépôt de cuivre sur le cylindre est approxi mativement du même ordre de grandeur que celui pendant lequel on fait passer le cou rant, après la- première inversion, pendant que le cylindre est anode; le dépôt de cuivre effectué sur le cylindre avant la première in version étant pratiquement négligeable.
La température du bain se maintient au cours des opérations, à la valeur désirée, grâce à l'effet Joule, ce qui permet d'éviter le chauffage continuel du bain lorsque celui- ci a été amené une première fois à la tem pérature désirée.
Les organes égalisateurs pourraient être constitués par des agates, telles que celles employées d'habitude pour le polissage, por- tées par un bras animé d'un mouvement rec tiligne alternatif parallèlement à l'axe du cylindre.
Pour obtenir une surface particulièrement lisse tout en ayant une bande dureté, on peut diminuer l'intensité vers la fin du traitement électrolytique, de façon à diminuer la quan tité de métal se déposant et à faciliter ainsi l'égalisation et le polissage de ce métal.
Ensuite, si le polissage de la surface du cylindre ne paraît pas suffisant, il peut être complété, à l'aide d'une brosse par exemple, au charbon à polir ou à la potée d'émeri.
On se rend compte du fait qu'une écono mie de main-d'oeuvre très appréciable peint être réalisée, par rapport aux procédés con nus, puisqu'ici un seul homme peut facile ment surveiller le polissage de plusieurs cy lindres, ce qui n'est pas le cas lorsque pour cette opération on utilise des machines à poncer.
On remarquera également que, selon le procédé décrit, les cylindres peuvent être uti lisés pendant un temps illimité, vu que l'u sure due au polissage est pratiquement nulle.
De plus, du fait que la dureté superfi cielle obtenue peut être grande, il est possi ble d'utiliser les cylindres ainsi traités pour tirer un plus grand nombre d'exemplaires que l'on pourrait pratiquement le faire si l'on em ployait un procédé de polissage connu.