On connaît du brevet français N<B>116"</B> 740 des procédés pour le traitement thermique des produits textiles dans lesquels l'article traité est placé entre les faces adjacentes de portions en regard d'une paire de bandes flexibles non perforées, l'ensemble ainsi obtenu étant déplacé à travers une zone de chauffage. Les bandes utilisées sont en caoutchouc ou tissu caoutchouté et elles sont énergiquement appliquées contre l'article textile.
Ces processus conviennent bien pour l'application ou l'amélio ration des polymères finissant le coton et les tissus synthétiques. lis ne conviennent toutefois pas pour le traitement thermique des textiles après application de teinture. En effet, l'usage de caout chouc pour la formation des bandes est inapproprié car les maté riaux caoutchoutés ont tendance à absorber les matières tincto riales.
D'autre part, les matériaux caoutchoutés absorbent la cha leur, les bandes agissent comme des atténuateurs de chaleur absorbant celle-ci et forment ainsi des surfaces chaudes dont le contact avec l'article imprégné de teinture provoque sur la surface de ce dernier un aspect givré . Enfin, il n'y a pas jonction étanche des bords des feuilles et celles-ci doivent par conséquent être maintenues étroitement appliquées contre l'article durant la période de chauffage pour éviter les pertes d'humidité; cela résulte toutefois en une contrainte inopportune de l'article imprégné de teinture durant la période de chauffage. ce qui rend la teinture dif ficile et irrégulière par suite de l'augmentation de la tendance à se déplacer des matières tinctoriales.
Dans le but de remédier à ces inconvénients, la présente inven tion a pour objet un procédé pour le traitement thermique post- application de teinture d'un article textile, dans lequel on place l'article entre les faces adjacentes de portions en regard d'une paire de feuilles flexibles non perforées et l'on déplace ces por tions de feuilles ensemble avec l'article comme une unité à travers une zone de chauffage, caractérisé en ce que les feuilles sont for mées à partir d'un film de polyester, en ce que l'on réunit en une jonction étanche les parties de l'une des portions de feuilles qui se trouvent latéralement de chaque côté de l'article avec les parties correspondantes de l'autre portion de feuille,
cependant que le reste desdites feuilles n'est soumis qu'à sa flexibilité naturelle, et en ce que l'on maintient cette jonction étanche pendant ledit déplacement.
Le dessin annexé représente. à titre d'exemple, un appareillage illustrant la mise en pratique du procédé selon l'invention.
La fig. l en est une coupe longitudinale schématique. La fig. 2 est une coupe selon 2-2 de la fig. 1.
L'appareillage représenté comprend deux feuilles 17-18 d'un film de polyester mince. Ces feuilles se présentent sous la forme de rubans ou bandes sans fin. La feuille 17 passe autour de rouleaux espacés 14, 30 cependant que la feuille<B>18</B> est placée autour de rouleaux également espacés 20, 32. Les rouleaux 30 et 32 sont entraînés par un mécanisme moteur, non représenté, dans la direction des flèches montrées sur lesdits rouleaux, de faon à déplacer les feuilles 17, 18 longitudinalement en un circuit fermé continu.
Les rouleaux 14 et 20 sont rapprochés l'un de l'autre de façon à fournir un pincement qui a pour effet de presser l'une contre l'autre les portions des feuilles 17 et 18 passant sur lesdits rouleaux. Les rouleaux 30 et 32 agissent de la même façon. Les rouleaux sont agencés de façon que les convois 36, 38 des feuilles<B>17,</B> 18 qui sont respectivement adjacents entre les rouleaux 14, 30 et 20, 32 soient droits et parallèles. Cette condition est maintenue par des galets de tension 33, 34 respectivement en engagement avec les feuilles<B>17,</B> 18. Deux corps de chauffe élec triques 19 sont disposés l'un au-dessus et l'autre au-dessous des convois de feuilles 36 et 38.
Les parties marginales 17a, 17b (fig. 2) de la feuille 17 qui sont adjacentes aux bords longitudinaux de celle-ci, sont pressées contre des parties correspondantes 18a, 18b de la feuille 18. et cela le long des convois 36, 38 desdites feuilles cependant que le reste desdites feuilles n'est soumis qu'à sa flexibilité naturelle. Ceci est obtenu à l'aide d'éléments de pressage élastiques 39, 40, 41, 42 s'étendant le long des convois 36, 38 de, feuilles.
L'élément de pressage 40 est disposé au-dessus de la feuille 17 et porte contre la face supérieure de la partie marginale 17a de celle-ci, cependant que l'élément de pressage 39 est disposé au-dessous de la feuille 18 et porte contre la face inférieure de la partie marginale 18a de cette dernière. Les éléments de pressage 41, 42 sont agencés pour porter de façon analogue contre les parties marginales 17b, 18b. Ces éléments de pressage peuvent être constitués par exemple par un revêtement de mousse plastique et peuvent être montés sur des rayons ou supports non représentés s'étendant longitudinalement au-dessus et au-dessous des parties marginales 17a. 17b, 18a, 18b des feuilles 17, 18. en des endroits convenablement choisis le long des convois 36, 38 desdites feuilles.
Deux dispositifs de nettoyage 44_ 46 sont prévus pour respec tivement nettoyer les feuilles 17. 18. Ces dispositifs comprennent respectivement des bains de nettoyage 47, 48 dans lesquels passent les feuilles, celles-ci étant respectivement guidées par des rouleaux 51, 52 convenablement agencés à cet effet. Des balais ou frot- teurs 54, 56 sont arrangés pour contacter respectivement les faces opposées des feuilles et les débarrasser de tout excès de liquide de nettoyage provenant des bains 47. 48.
L'article textile à traiter, qui se présente sous la forme d'un matériau 1 1 pouvant être traité en continu, est débité par une bobine 12 et passe de gauche à droite dans l'appareil. II passe d'abord par un bain de teinture 1 3 où il est imprégné de teinture. Il passe ensuite entre les rouleaux 14. 20 pour être positionné entre les feuilles 17. 18 pour être envoyé entre les feuilles 17, 18 dans l'espace compris entre les paires de rouleaux 14, 20 et 30. 32. L'article passe ensuite entre les rouleaux 30, 32 et quitte l'appareil pour être enroulé sur une bobine 60.
La largeur du matériau 1 1 est inférieure à celle des feuilles 17. 18 de sorte que lorsqu'il passe entre les rouleaux 14, 20, ceux-ci pressent les feuilles 17, 18 sur ledit matériau tout en accolant l'une à l'autre les parties margi nales 17a. 18a, 17b, 18b desdites feuilles, ce qui a pour effet de sceller le matériau entre les feuilles au cours de son passage le long des convois 36, 38. Durant ce passage, les corps de chauffe 19 sont activés pour chauffer le laminat comprenant les feuilles 17,<B>18</B> et le matériau 11 et pour fixer la teinture imprégnée dans le matériau.
Du fait que le matériau 1 1 est scellé entre les feuilles 17. 18 durant la phase de chauffage. et qu'il est réellement complètement enveloppé, les pertes d'humidité sont minimes. de sorte qu'une teinture régulière peut être obtenue. De plus, du fait que l'humi dité du matériau 1 1 est enfermée entre les feuilles, il se produit une certaine élévation de pression entre lesdites feuilles et le fixage s'effectue avec un accroissement de pression, ce qui est profitable au processus de fixation. En outre, du fait que le matériau<B>11</B> est réellement scellé entre les feuilles durant la phase de chauffage, il n'est pas nécessaire que les feuilles soient serrées contre ledit matériau pour éviter les pertes d'humidité.
L'absence de contrainte du matériau traité et la faible absorption de chaleur du film de polyester évitent les irrégularités de teinture et l'apparition de surfaces givrées sur le matériau teint. Les films de polyester n'absorbent pas les matières tinctoriales et les dispositifs de net toyage 44, 46 assurent l'élimination de la teinture pouvant adhérer aux feuilles<B>17,</B> 18 lorsque celles-ci quittent les rouleaux 30, 32, ce qui empêche toute souillure du matériau 11 fraîchement engagé dans l'appareil.
<I>Exemple</I> Une longueur de tissu plat fait d'un tissage uni de laine non traitée, large de 20,32 cm et longue de 548,64 cm a été passée dans un appareil comme celui qui a été décrit précédemment. Les feuilles 17, 18 étaient formées d'un film de polyester, de 12 mi crons d'épaisseur et 25.4 cm de largeur. Les convois 36, 38 avaient approximativement 197,60 cm de longueur.
Le matériau était teint dans un bain 13 comprenant un liquide d'imprégnation composé comme suit 30 parts en poids d'urée 1 part en poids d'acide acétique 0, I part en poids d'un agent de mouillage non ionique 2 parts en poids de teinture écarlate 2R Lanasol (Ciba Geigy) 66,9 parts en poids d'eau Le matériau était imbibé de sorte que chaque 10 grammes de tissu prenne 10 grammes de teinture. Le tissu teint était ensuite passé dans l'appareil à une vitesse d'environ 76 cm par minute.
La chaleur était appliquée sur quelque<B>152</B> cm de la longueur des convois 36, 38 par des corps de chauflè rayonnants électriques au- dessus et au-dessous desdits convois et arrangés de manière que le tissu imbibé passant dans l'appareil soit chauffé à une tempéra ture de 100<B>C</B> pendant 2 minutes avant de quitter l'appareil. Le tissu sortant de l'appareil était rincé et nettoyé. La fixation de la teinture était supérieure à 9e o et sa pénétration était acceptable.
Bien que l'appareillage décrit concerne une opération de tein ture ellèctuée sur un tissu plat, cela n'est pas limitatif et l'inven tion peut être appliquée à des produits autres que des matériaux en forme de bande, tels que par exemple des vêtements. qui peuvent également être teints selon le procédé décrit.
Les détails de mise en cxuvre décrits peuvent également être modifiés. Ainsi, les feuilles 17, 18 ont été décrites comme étant des rubans ou bandes sans fin, mais cela n'est pas essentiel et elles peuvent se présenter sous une autre configuration, par exemple sous la forme de bandes de matériaux en long débités par deux bobines à l'entrée de l'appareil, et engagées entre les rouleaux 14. 20 avec le matériau devant être traité, ces bandes de matériaux en long étant enroulées sur des bobines séparées à la sortie de rou leaux 30, 32.
Dans ce cas. le nettoyage des feuilles n'a pas besoin d'être effectué en continu comme dans l'exemple décrit mais peut être fait, par exemple, dans un appareil séparé apte à nettoyer des enroulements de bandes usagées.
Un matériau convenant bien pour les feuilles 17, 18 est un film polyester dont l'épaisseur est préférablement comprise entre 9 et 23 microns. De bons résultats ont été obtenus avec un matériau vendu sou, la marque Melinex et avec une épaisseur de 12 microns.
On a constaté que l'utilisation de films de polyester permet, dans certains cas. l'élimination des éléments de pressage 39 à 42, car ces matériaux ont des propriété, considérables d'auto-adhé- sion et la seule opération de pressage des feuilles entre les rou leaux 14, 20 suffit à provoquer une adhésion suffisante des parties marginales 17a. 18a, (7b, 18b le long des convois 36, 38 pour qu'il soit possible de se passer d'éléments spécifiques pour maintenir les scellements. Les scellements ainsi obtenus se défont facilement lorsque les feuilles passent sur les rouleaux 30, 32.
Dans tous les cas. l'adhésion des parties marginales pourra être facilitée en for mant les surfaces des rouleaux 14, 20, 30 et 32 à l'aide d'un maté riau élastique.
On peut également modifier la façon de maintenir le scelle ment des feuilles 17, 18 le long des convois 36, 38. Par exemple, alternativement à l'usage des éléments de pressage 39 et 42, le scellement pourrait être obtenu en recouvrant les parties margi nales des feuilles avec un adhésif approprié. Dans les cas où des éléments de pressage sont utilisés, ceux-ci peuvent être pressés élastiquement à l'aide de ressorts contre les bords des feuilles au lieu d'être fixes comme représenté. Le scellement pourrait aussi être obtenu en façonnant les feuilles de façon que leurs bords pré sentent respectivement des nervures coopérant avec des rainures.