Procédé pour rendre utilisables comme carburants les bulles lourdes minérales. Comme on le sait, l'utilisation des huiles lourdes n'est pas possible dans les moteurs à explosion pourvus de carburateurs ordinai res. En effet, le point d'allumage élevé de ces huiles, leur grande viscosité, leur impureté, résultant en particulier de leur haute teneur en dérivés du soufre, ne permettent pas d'ob tenir la pulvérisation et l'"oxydation" néces saires rà leur combustion.
S'il est vrai que certains artifices connus, par exemple l'introduction dans les huiles lourdes de substances facilement miscibles et inflammables, telles que l'alcool, le benzène, l'éther, etc., facilitent la transformation des huiles lourdes en carburants, ils ne résolvent cependant pas le problème de la gazéification intégrale de la substance de base et ne mè nent pas au rendement maximum en calories et en HP du mélange.
En effet, si le mélange brûle plus facile ment, il ne brûle cependant pas complète ment. Il se produit des vapeurs et des fumées qui abaissent le rendement, puisque leur état de décomposition incomplète donne lieu, comme cela se conçoit facilement, à une perte de chaleur et de gaz. Un autre inconvénient de ce mélange réside dans le fait que les par ties incomplètement brûlées se décomposent par précipitation sur les organes essentiels du moteur et le détériorent. A ces inconvénients, il s'en ajoute d'autres d'ordre hygiénique, car l'emploi de ces mélanges incomplètement et difficilement gazéifiables fait naître des va peurs acides, très nuisibles à la santé publi que.
Les installations nécessaires aux diverses méthodes de "cracking" ou procédés Bergius sont coûteuses, longues -à construire et les pro duits que ces procédés permettent d'obtenir présentent très souvent, eux aussi, les incon vénients susmentionnés, de plus, ces produits ne pourraient pas répondre aux besoins d'un pays, car toute la matière employée ne peut être transformée en huiles légères. Ces incon- vénients et d'autres non mentionnés nous ont poussés à rechercher un procédé qui, sans né cessiter l'appareillage compliqué du "crac kage", permette de brûler n'importe quelle huile lourde.
D'après le procédé selon l'invention, on raffine des huiles lourdes provenant des pé troles, schistes, asphaltes, lignites, tourbes, etc., et y ajoute, après raffinage, un activant obtenu par nitration des résidus qui se pro duisent lors du raffinage desdites huiles lour des, par l'acide sulfurique par exemple, et par réduction partielle, par exemple au moyen d'hydrogène naissant, du produit nitré ob tenu, de manière qu'il reste des dérivés nitrés dans le produit final.
En plus de ces dérivés nitrés, il peut y avoir -des dérivés diazoïques, azoïques ou hydrazoïques seuls ou mélangés des composés non saturés contenus dans les dits résidus.
Ce mélange qui constitue l'activant peut aussi être dissous dans un dissolvant tel que, par exemple, l'alcool ou un mélange d'alcool et de benzène et ajouté -aux huiles lourdes raf= finées sous forme de solution.
Comme huiles lourdes, on peut avanta geusement utiliser les pétroles russes ou cau casiens qui contiennent d-es hydrocarbures non saturés de la série des oléfines.
La préparation selon l'invention d'un car burant à partir d'une huile minérale lourde peut se diviser en trois phases: 1) Raffinage chimique de l'huile lourde, par exemple au moyen de deux lavages, l'un acide, l'autre alcalin, qui éliminent utilement les résines, les phénols et les dérivés du sou fre, sans détruire les partes volatiles.
20 Nitration des résidus du traitement acide de l'huile lourde, par exemple au moyen d'un mélange d'acides nitrique et sulfurique; réduction partielle du produit obtenu, par exemple par l'hydrogène naissant.
30 Mélange de l'huile raffinée avec l'acti vant tel quel ou en solution alcoolique ou benzène-alcoolique.
Voici, ià titre d'exemple, de quelle manière on peut procéder pour fabriquer un carburant en partant de la "pétroline" provenant du pé trole brut russe.
La pétroline brute est introduite dans une cuve en grès avec la quantité nécessaire d'a cide sulfurique concentré, par exemple 93 à 94% (66 Bé); le mélange est agité pendant une heure et demie environ. L'opération ter minée, le contenu de la cuve est lavé avec de l'eau jusqu'à ce que les eaux de lavage, que l'on fait écouler par un robinet de vidange, ne donnent plus de réaction acide.
Le liquide (pétroline) est alors décanté dans une deuxième cuve pour être soumis à un trai tement identique; celui-ci terminé, la pétro- line passe dans une troisième cuve, en grès, pour subir le traitement alcalin (soude caus tique), afin d'éliminer les phénols et dérivés. Ce traitement est suivi d'un lavage à l'eau jusqu'à ce que cette dernière ne donne plus la réaction alcaline. Il convient de mettre des débris ou déchets de plomb dans les cuves contenant l'huile à raffiner, afin de la clari fier et de déposer les sulfures.
C'est seulement alors que la pétroline, complètement purifiée, est envoyée dans une cuve de décantation et de là dans une machine centrifuge qui a pour but d'éliminer les dernières impuretés et l'eau retenue.
La. pétroline est alors prête à être mélan gées aux autres constituants du produit final. Cependant, il est bon de la laisser dé canter pendant quelque temps.
Les résidus qui restent après le traite ment acide dans la première cuve sont pré levés pour la fabrication de l'activant. On les soumet à une nitration au moyen d'acide sulfonitrique qui transforme les composés à. noyaux cycliques (hexa- et pentaméthylène) et les hydrocarbures non saturés, que ces ré sidus contiennent, en dérivés nitrés.
On ajoute au produit de réaction des limailles de fer, par exemple, qui produisent de l'hydro gène qui, à l'état naissant, réduit partielle ment les dérivés nitrés en formant un mé lange de dérivés nitrés avec des dérivés di- azoïques, hydrazoïques ou azoïques seuls ou mélangés les uns aux autres. Ce mélange constitue l'activant proprement dit. Il est dissous dans un mélange d'alcool et de ben zène ou dans de l'alcool seulement. De préfé rence, on dissout le mélange dans l'alcool, par exemple à raison de 10 parties en poids de ce mélange dans 100 parties en poids d'alcool. Il suffit en général d'employer 10 cm' de ces solutions de<B>10%</B> pour 1000 cm' d'essence lourde lavée.
Après le repos de la pétroline lavée, on l'additionne d'activant, ordinairement dans la proportion de 10 cm' pour 1000 cm' de pé- troline. L'activant peut être mélangé préa lablement à de l'alcool et du benzène. Le benzène et l'alcool servent seulement à faci liter la mise en marche et l'allumage.
Le carburant ainsi préparé se présente sous l'aspect d'un liquide homogène, de cou leur jaunâtre, plus odorant que les essences ordinaires et d'une densité supérieure.
Il va de soi que les proportions peuvent varier selon la force de l'essence que l'on em ploie et selon la puissance que l'on veut obte nir. Une formule qui donne d'excellents ré sultats et qui est en même temps très écono mique est la suivante: essence lourde lavée 75 parties essence brut 20 " alcool à 90 4,500 " solution activante à 10 % 0,500 " Un carburant qui peut avantageusement être utilisé pour des courses d'automobiles a, par exemple, la formule suivante: essence lourde lavée 120 parties benzène brut 60 " alcool à 90 60 " solution activante à 10 % 6 " Les proportions des constituants de ce mé lange sont donc de 2 : 1 : 1 : 0,1:
Ce carbu rant donne un rendement très favorable qui est supérieur d'au moins 20% à celui de l'es sence ordinaire.
On peut mélanger les composants dans un ordre quelconque, mais il est particulièrement avantageux de verser, dans un récipient ap proprié, les substances susmentionnées dans l'ordre suivant: 1. Benzène; 2. Alcool; 3. Activant; 4. Essence lourde.
La solution susmentionnée peut être aussi employée pour les avions. Il est entendu que les formules varient avec le prix que l'on veut adopter pour le produit final.
Le mélange: essence lourde lavée et acti vant, constitue un combustible parfait pour moteurs Diesel.
L'importance de ce procédé n'échappera à aucun de ceux qui connaissent la tendance actuelle à munir les avions de moteurs Diesel.