Support pour l'enregistrement par gravure mécanique des sons. Pour l'enregistrement des sons sur dis-, ques, on a recours habituellement aux vernis nitro-cellulosiques (pyroxylène) à l'état pur_ ou liés à des charges diverses; on cherche surtout à atteindre par des compositions di verses un degré de plasticité nécessaire à la gravure mécanique des sons. Cependant, ce procédé n'a été employé que par vernissage sur un flanc rigide, métallique ou autre.
Pour le phonographe à ruban, on a bien songé à la gélatine, mais ce produit ne peut pas être fabriqué dans de bonnes condi tions en grandes longueurs.
Quant aux vernis, on ne peut, sans cou rir de gros risques, les étendre sur du papier. D'ailleurs, pour assurer la résistance néces saire, le papier doit avoir une épaisseur qui, jointe à celle du vernis, conduit à des bo bines de diamètres prohibitifs dans la pra tique courante. A cet inconvénient, s'ajoute celui de l'inflammabilité.
On a également essayé d'employer des celluloïds comme support; on a constaté à l'expérience de nombreux inconvénients, tant en ce qui concerne la qualité des enregistre ments que la sécurité d'emploi.
Les films en celluloïd sont très inflam mables et par conséquent très dangereux à manipuler; de plus, ce support présente des difficultés pour l'enregistrement correct des oscillations sonores; cela est dû à ce que la composition cristalline du celluloïd rend la gravure particulièrement difficile: un copeau se forme qui, au lieu de s'étirer sous forme de filament, s'empâte et s'enroule autour du stylet graveur en détériorant ce stylet au bout de quelques instants de marche.
D'autre part, ces matières de la catégo rie du celluloïd étant constituées par des pro duits éminemment volatils, leur conservation est extrêmement difficile et, par suite, elles ne peuvent pas convenir à des utilisations in termittentes; ce même défaut se remarque également sur les disques de même nature; des écarts de densité, dus à une évaporation lente, provoquent une variation de profon deur du sillon gravé entre deux flancs de même composition mais d'émulsion diffé- rente.
Or, la pratique démontre que pour ob tenir un enregistrement correct, il est néces saire que le stylet graveur travaille à une .profondeur rigoureusement constante, ce qui est extrêmement difficile à obtenir, même en recourant à des moyens mécaniques coîi- teux et complexes.
Bien entendu, on peut corriger cette in fluence en réglant le poids de l'organe gra veur pour chaque nouvelle opération et en prenant certaines dispositions indiquées par l'expérience.
Pour remédier en partie à cet inconvé nient, certains procédés ont été imaginés, comme, par exemple l'enregistrement mécani que en profondeur, ou sous forme d'oscillo- grammes linéaires (trait sinusoïdal de 1 mm de largeur) dans un support constitué par une âme en acétate de cellulose ininflamma ble sur laquelle se trouve déposée une couche de gélatine transparente et un vernis noir, ces deux dernières couches servant à la gra vure. La lecture des sons se fait alors par la méthode photoélectrique bien connue.
Dans le premier de ces procédés, il a été imaginé un système automatique par cellule photoélectrique, afin de remédier aux écarts de densité et d'épaisseur du support, car la pénétration du stylet graveur est fonction de la nature variable du support et de la tem pérature ambiante.
L'expérience a, démontré que pour obte nir une inscription parfaite des phono grammes, il est nécessaire que le support soit fibreux, inaltérable aux phénomènes atmo sphériques, d'une densité et d'une épaisseur rigoureusement constantes et que ses fibres soient disposées suivant un sens particulier.
La présente invention a pour objet un support pour l'enregistrement par gravure mécanique des sons, caractérisé en ce qu'il est constitué en une matière fibreuse artifi cielle dérivant de la viscose dont les fibres sont orientées suivant la direction de l'enre- ffi <I>a</I> strement. A. titre d'exemple, on décrira ci-après des procédés dans lesquels on utilise, pour l'en- registrement des sons, des formes d'exécution du support selon l'invention.
a) On emploie pour l'enregistrement des sons sur ruban, un support en cellulose ré générée, par exemple en xanthate de cellu lose, notamment en xanthate de cellulose fortement glycériné ou en tout autre pro duit similaire, dérivant de la viscose, ayant les mêmes propriétés chimiques que cette der nière et présentant, en plus, une surface ho mogène; cette matière n'étant pas composée de produits volatils, sa densité est toujours constante; elle est, d'autre part, ininflam inable et ne dégage à la combustion aucun gaz nocif.
b) Suivant une forme (le réalisation et afin de donner au support une planéité ab solue, ce support est constitué sous forme de ruban unique par deux ou plusieurs feuilles de celulose régénérée, formant contre placa,ge, reliées entre elles par une émulsion gélatineuse; l'émulsion gélatineuse ne ser vant que de liant peut atteindre une épais seur minime (quelques microns).
Dans ce support, la matière fibreuse as sure une résistance à la casse et à l'allonge ment bien supérieure aux supports phonogra phiques employés jusqu'à présent.
La fibre du support a un sens bien déter miné et ce support doit. être découpé à la largeur voulue, suivant et parallèlement au sens de cette fibre, de façon que celle-ci soit parallèle aux bords du ruban; la trace du son se fait alors dans le même sens, l'oscillo gramme enregistré entre ces fibres donne au canal des parois très résistantes permettant, lors de la reproduction, une lecture complète des oseillogranimes jusqu'à des fréquences très élevées.
L'inscription dans le sens de la longueur de la, fibre présente également l'avantage d'offrir moins de résistance au stylet graveur, en le mettant dans de meilleures conditions de travail que sur d'autres supports connus.
En raison des particularités plastiques de ce support et pour permettre au stylet gra veur de se comporter comme il a été prévu, on petit donner à l'organe graveur le jeu correspondant pour lui permettre de suivre la trace de la fibre; le seul fait de couper transversalement cette fibre augmenterait la résistance à la coupe et empêcherait une bonne inscription.
c) Une forme du support d'enregistrement conforme à l'invention peut s'appliquer aussi au procédé dit "d'enregistrement mécanique" avec lecture par cellule photoélectrique.
Dans ce cas, le support est constitué par une ou plusieurs feuilles de cellulose régé nérée blanche, disposées et reliées entre elles comme il a déjà été précisé ci-dessus pour l'enregistrement mécanique à trace linéaire et par une feuille très mince de cellulose régé nérée, de couleur noire de préférence, for mant écran au rayon lumineux.
La feuille de couleur peut atteindre une épaisseur de l'ordre du centième de milli mètre.
L'avantage de ce support dans les appli cation indiquées plus haut n'est pas minime si on tient compte qu'il est prouvé que l'on peut réaliser industriellement ce support en cellulose régénérée, d'épaisseur et de compo sition constantes, en supprimant ainsi dans les procédés indiqués l'emploi de tout régulateur de profondeur du stylet graveur.
A. ce sujet, on sait que dans tous les en registrements électromécaniques à traces linéaires et à vibrations latérales, la profon deur du sillon doit être, pour chaque enregis trement, rigoureusement constante, car pour une même puissance électrique d'inscription, on risque en modifiant la profondeur, de freiner plus ou moins le stylet graveur et de créer par suite de la distorsion.
La variation de profondeur dans ces corps de composition et d'épaisseur rigoureusement constantes peut se traduire par des facteurs incontrôlables, tels que l'affûtage des stylets graveurs.
On peut chercher à atteindre la solution de ce problème par une disposition spéciale des couches de cellulose régénérée constituant le support.
On a déjà exposé ci-dessus comment on pourrait constituer le support conforme à l'invention au moyen de feuilles de cellulose régénérée intimement liées entre elles; il suf fit, pour obtenir un contrôle visuel de la profondeur de l'enregistrement, de teinter de couleurs différentes une ou deux des couches de cellulose constituant le support.
Ces différentes couches ayant une épais seur connue, il est alors facile de connaître à 2/,0o de mm près la profondeur atteinte par le stylet graveur par l'observation optique de la couleur restant après inscription dans le fond du sillon.
De plus, cette disposition permet d'avoir à la reproduction une vision nette de l'em placement des traces sonores disposées pa rallèlement les unes aux autres, le fond du canal étant de couleur différente de celle de la surface du ruban. Cela donne plus de fa cilité pour placer l'aiguille reproductrice en la mettant directement dans le canal sans risque d'erreur.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, des formes de réalisation de l'ob jet de l'invention: La fig. 1 est une coupe verticale d'un support conforme à l'invention.
La fig. 2 est une coupe verticale illus- trant l'action de l'organe graveur sur le sup port.
La fig. 3 est une vue en perspective du support gravé.
La fig. 4 est une coupe verticale d'une variante du support.
La fig. 5 est une coupe verticale d'une variante du support destinée à l'enregistre ment mécanique et à la reproduction par cel lule photoélectrique.
La fig. 6 est une coupe verticale d'une autre variante d'un support.
1o Pour l'enregistrement et la reproduc tion mécanique des sons, par oscillogrammes linéaires (trait curviligne simple) et de pro fondeur constante ou variée, on peut utiliser un support constitué par deux feuilles de cel lulose régénérée de 4/,00 de mm (fig. 1). Lors de la gravure, ce support se comporte comme l'indiquent les fig. 2 et 3: la couche 1 sert à l'inscription du phonogramme, tandis que la couche 2 sert de support d'inscription.
Ce ré sultat implique naturellement un poids dé terminé de l'organe graveur; si ce poids ve nait à varier, le sillon serait plus ou moins profond et s'inscrirait alors sur une ou plu sieurs couches.
La fig. 2 représente un enregistrement de profondeur normale, soit de de mm. On a, représenté sur la fig. 3 le film de la fig. 2, les deux couches ayant été dissociées volontairement. On remarque que la feuille 1 est entièrement cisaillée alors que la. couche 2 n'a pas été atteinte par le stylet et forme un support idéal à la couche d'inscription.
Dans le cas de pénétration du stylet dans la seconde couche de cellulose, on prévoit dans le support trois ou un plus grand nom bre de couches superposées ou bien des cou ches plus épaisses comme il est représenté sur la fig. 4.
Ainsi le nombre et l'épaisseur des couches de cellulose sont fonction de la profondeur du canal désiré ainsi que de l'épaisseur du support d'inscription désiré.
La fi-. 4 représente un enregistrement de grande profondeur, soit environ e/,op, de mm.
20 Pour l'enregistrement mécanique et la reproduction par cellule photoélectrique pré conisés au paragraphe c, on peut constituer le support par trois couches de cellulose ré générée dont une couche 1 de '/,,, de mm colorée et les deux autres 2 et 3 de 4/,0o de mm de cellulose blanche transparente. Le stylet graveur incise la. couche supérieure noire 1 en profondeur, ou transversalement, et si c'est nécessaire celle du milieu, sans atteindre la couche 3 formant support.
La fig. 6 représente un exemple de réa lisation d'un support pour l'enregistrement électromécanique à traces linéaires et à vi brations latérales, ce support étant constitué de manière telle que l'on puisse contrôler avec précision la profondeur du sillon qui, pour chaque enregistrement, doit rester rigou reusement constante.
A cet effet, le support comporte une couche<I>a</I> teintée en noir, une couche<I>b</I> teintée en bleu et une couche c teintée en blanc. Si on prend comme base de bonne inscription, la couche intermédiaire b, teintées en bleu, le fond du sillon se présentera, vu en transpa rence, de couleur bleu. Un fond de sillon qui apparaîtra noir indiquera une pénétration in suffisante, tandis qu'un sillon apparaissant blanc indiquera une profondeur exagérée. Il sera alors facile à l'opérateur, en réglant le poids de l'organe portant le stylet graveur, de rétablir la profondeur désirée.