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Procédé d'enregistrement mécanique du son et support convenant pour recevoir ces enregistrements. La présente invention a pour objet un procédé permettant d'entailler par voie mécanique un sillon sonore comportant des variations de largeur et de profondeur dans un support d'une,façon.telle que le sillon ainsi formé soit susceptible d'être reproduit optiquement. Suivant un tel procédé d'enregistrement, on utilise un ciseau à arête coupante en forme de V avec au sommet un angle obtus, ciseau qui vibre perpendiculairement ou presque au support conformément aux oscillations sonores, entaillant ainsi un sillon sonore qui reproduit, à une échelle fortement agrandie, les mouvements du ciseau dans le sens de la largeur.
Quand l'entaillage s'effectue dans un support dont la surface est opaque
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ou est rendue opaque après l'entaillage, mais dont la partie restante est transparente, les variations de lar- geur qui sont une amplification du mouvement du ciseau seront susceptibles d'être reproduites photo-électrique- ment.
Il est connu d'utiliser, pour le procédé men- tionné plus haut, un support dont la couche destinée à être entaillée a une épaisseur qui est supérieure à la plus grande amplitude décrite par le ciseau.
Il est également connu de noircir la surface de la couche supérieure transparente du support, en incor- porant à la surface de cette couche au moins deux matiè- res entrant en réaction chimique, ce qui a pour effet de donner naissance à un composé opaque.
L'invention a pour but un procédé de traçage d'un sillon sonore répondant à des conditions de qualité rai- sonnables, dans un support dont la couche supérieure est trop mince par elle-même pour recevoir le sillon sonore et sur lequel n'existe pas de couche de recouvrement opaque distincte.
L'invention est basée sur la constatation que la sonore/ qualité du sillon/entaillé dépend tout d'abord des proprié- tés de découpage de la couche supérieure et de l'unifor- mité du noircissement à appliquer, étant donné que ces deux conditions déterminent la netteté de la limite en- tre les parties transparentes et les parties opaques et que la présence d'une couche de découpage située en-dessous et présentant des propriétés de découpage sensiblement mauvaise ne nuit que légèrement à l'enregistrement, parce que les dé-
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fauts qui en résultent ne se manifestent pas lors de la reproduction.
Le découpage s'effectue, conformément à l'invention, dans deux couches de découpage au moins, dont la couche supérieure a une épaisseur inférieure à 30 microns, qui est insuffisante pour l'entaillage et présente de bonnes propri- tés de découpage, et la couche inférieure, au contraire, présente des propriétés de découpage sensiblement plus mauvaises, les parties entourant le sillon sonore étant rendues opaques, soit avant ou après le tracé du sillon sonore, à l'aide d'un noircissement superficiel par voie chimique des parties non découpées de la couche de découpage supérieure.
Dans la présente description, on entend par "couches de découpage" toutes les couches qui sont transparentes, éventuellement à l'exception du noircissement superficiel précité, et dans lesquelles est entaillé le sillon sonore.
Par le terme "couche de découpage", on entend donc également une couche qui joue, en général., le rôle de support, comme par exemple une couche en celluloïd qui présente en elle-même despropriétés de découpage moins favorables, mais qui est également entaillée grâce à la couche de découpage supérieure trop mince. L'indication "supérieur" et "inférieur" est utilisée pour indiquer que la couche est située respectivement plus près ou plus loin des outils coupants.
Pour comprendre la notion de "propriétés de découpage favorables", on doit se rendre compte qu'on s'efforce d'obtenir un sillon sonore qui doit être limité aussi nettement que possible par rapport aux parties opaques qui l'entourent. La limite entre le sillon tracé et les parties environnantes doit, en conséquence, être démarquée aussi nettement que possible et ne doit pas présenter d'irrégularités parce qu'il en résulterait une distorsion gênante du son lors
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de la reproduction. On entend par "matières ayant des propriétés de découpage favorables" les matières qui présentent un bord net de la partie entaillée.
En plus des propriétés de découpage des matières de la couche de découpage, le noircissement appliqué en dedans ou au-dessus de la couche de découpage est également décisif pour la netteté du bord. Il est connu de noircir par voie photographique les parties qui encadrent un sillon sonore entaillé mécaniquement, c'est-à-dire d'exposer et de développer l'émulsion photographique existant dans la couche de découpage. Cependant un tel noircissement est nuisible à la'netteté du bord, parce que le noircissement photographique présente une structure granuleuse particulière rendant irrégulier le bord du sillon. Pour éviter cet inconvénient, on applique le noircissement suivant l'invention par voie chimique.
On obtient ainsi un composé chimique d'une structure granuleuse non visible au microscope qui n'a pas d'influence nuisible sur la netteté du bord du sillon.
Du fait que la couche supérieure a des propriétés de découpage favorables et que le noircissement de sa surface est appliqué par voie chimique, son sillon sonore présentera des limites très nettes. Les propriétés de découpage plus mauvaises de la couche intérieure ne se manifestent que dans la limite moins nettement démarquée entre les couches de découpage supérieure et inférieure, ce qui n'est pas perceptible lors de la reproduction du fait que les deux couches présentent sensiblement le même degré de transparence et le même indice de réfraction pour la lumière.
Un avantage de l'invention est qu'on peut entailler un film sans couche de découpage particulièrement épaisse et sans couche de recouvrement distincte. Un tel film peut
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donc être fabriqué d'une façon simple et à bon marché. On peut éventuellement utiliser, dans ce but, la matière photographique existante pour films sans matière photosensible ou après enlèvement local de la matière photosensible. Un avantage du noircissement chimique appliqu.é est que la couche opaque réalisée est aussi nettement limitée dans sa profondeur.
L'invention est de grande importance du fait qu'elle permet d'utiliser un film photosensible du commerce qu'on peut adapter par voie très simple à l'enregistrement mécanique. Les avantages se présentent particulièrement dans la fabrication des films cinématographiques sonores colorés. Les conditions qu'on impose dans ce cas à l'image et au son diffèrent à tel point qu'on en fait effectuer séparément le développement photographique. En appliquant l'invention, un seul développement suffit pourvu que,,lors de l'application de l'image sur le film, on veille à ce que la bande requise pour la bande du son reste inexposée. Au cours du fixage, on pourra perfectionner l'image et garder à c8té de celle-ci une bande transparente destinée au sillon sonore.
En noircissant superficiellement cette bande, il est rendu possible de tracer plus tard sur celle-ci un sillon sonore par enregistrement mécanique. L'invention présente de grands avantages pour les films munis d'un texte d'explication parlant qui doivent être envoyés en des pays où l'on parle des langues différentes. On peut à présent enregistrer le texte par voie très simples,séparément dans chaque pays dans la langue du pays de destination. Ainsi, on évite les textes dans l'image qui détournent souvent l'attention et défigurent l'image, ces textes étant la traduction de l'explication du film donnée dans une langue étrangère et rendue audible açoustiquement.
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On comprendra mieux l'invention en se référant au dessin annexé, donné à titre d'exemple non limitatif, qui en représente quelques modes de réalisation, les par- ticularités qui ressortent tant du texte que du dessin fai- sant, bien entendu, partie de celle-ci.
La fig. 1 est une vue en perspective d'un ciseau en forme de V qui entaille un sillon sonore dans un film.
La fig. 2 est une coupe transversale d'un film du genre utilisé jusqu'ici pour l'enregistrement mécanique.
La fig. 3 est une coupe transversale d'un film suivant l'invention, muni de deux couches d'enregistre- ment et d'une couche de couverture.
La fig. 4 est une coupe transversale du film sui- vant l'invention, muni de deux couches d'enregistrement dont la couche supérieure est noircie superficiellement. la fig. 5 est une vue en plan du film représenté fig. 3, après avoir entaillé dans celui-ci un sillon sonore.
La fig. 6 est une vue d'un film muni d'une série d'images et, à côté de celle-ci, d'une bande non exposée et fixée.
La fig. 7 est une vue d'un film suivant la fig. 6 comportant une bande noircie superficiellement, un en- registrement sonore mécanique étant tracé sur une partie de cette bande.
Sur la fig. 1, 10 est un burin qui est muni d'une arête coupante 11 en V ayant à son sommet un angle obtus de 174 . Le burin est mis en vibration suivant la direction de la flèche qui correspond aux vibrations acoustiques en- registrées. On fait avancer le film en dessous du burin à une vitesse déterminée ce qui fait que celui-ci y taille un sillon présentant des variations de largeur et de profondeur par suite de l'arête coupante en V du burin. Si l'on prend soin qu'il y ait une différence de transparence entre le
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sillon sonore et les parties non enlev1ées du film qui l'en- tourait, une reproduction photoélectrique du sillon sonore, c'est-à-dire au moyen d'une cellule photoélectrique sera rendue possible.
La fig. 2 représente une coupe transversale d'un film qui convient à l'enregistrement mécanique du son. Le film est constitué par une couche de support en celluloïd 20, une couche d'enregistrement en gélatine 21 et une couche de recouvrement noire 22. L'arête coupante en V du burin entaille un sillon sonore à travers la couche de recouvre- ment 22 dans la couche d'enregistrement 21 l'épaisseur de la couche d'enregistrement 21 ayant des dimensions telles que le burin n'entaille pas la couche en celluloïd 20 même avec la plus grande amplitude.
La fig. 3 est une coupe transversale d'un film qui est constitué par une couche'en celluloïd 23 une cou- che en gélatine 24 et une couche de recouvrement 5. L'é- paisseur de la couche en gélatine 24 est considérablement inférieure à pelle de la fig. 2 De ce fait, le burin 10 en forme de V entaillera, au cours de l'enregistrement, non seulement la couche 24, mais aussi la couche 23. La gélatine présentant des propriétés de découpage favorables, la couche de séparation entre la couche de recouvrement 25 et la couche en gélatine 24 sera très nette après l'entaillage, contrai- rement au bord de séparation des couches 23 et 24 qui présen- tera un émiettement par suite des propriétés de découpage beaucoup moins favorables du celluloïd.
La reproduction du son sera influencée à peu près exclusivement par la nette- té du bord A (voir fig. 5). L'émiettement du bord B ne jouera pas ou presque pas de rôle du fait que les couches 23 et 24 présentent un indice de réfraction sensiblement égal, ce qui fait que la limite du bord B est à peine perceptible. La @
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couche 24 peut avoir une épaisseur inférieure à 30 microns, on peut même lui donner l'épaisseur de la couche photosen- sible d'un film cinématographique normal du commerce, tel qu'il est représenté en coupe transversale sur la fig. 4.
'La couche 27 de ce film est constituée par de la cellulose acétylée. Sur cette couche est appliquée une couche en gé- latine 28 contenant primitivement une matière photosensi- ble qu'on a toutefois laissée non exposée et qu'on a fixée, puis on provoque un noircissement superficiel, d'où il ré- sulte une couche 29. Au cours de l'entaillage de ce film au moyen du burin 10, il se produit un bord de séparation net entre les couches 29 et 28 et un bord plus émietté entre les couches d'enregistrement 27 et 28.
Une autre application de l'invention est encore représentée sur les figs. 6 et 7 qui représentent un film cinématographique sur lequel est appliquée une image. Sur la fig. 6, on a conservé libre, à c8té de cette image, une bande 31 qu'on a laissé non exposée et qu'on a ensuite fixée.
Cette bande est ensuite noircie superficiellement (voir la fig. 7). On obtient donc sur ce positif-image normal une large bande constituée par deux couches, l'une en celluloïd et l'autre en gélatine dont la dernière est noircie super- ficiellement sur une profondeur très régulière de 6 microns, par exemple. On peut entailler cette bande an moyen d'un ciseau traçant un sillon sonore transparent 30 tant dans la couche en celluloïd que dans la couche en gélatine, ce sillon sonore présentant un bord de séparation net du fait que la couche supérieure, c'est-à-dire la couche en gélatine, présente des propriétés de découpage favorables et aura, par conséquent, une séparation nette par rapport au noircisse- ment superficiel acquis par cette couche.
Le noircissement superficiel par voie chimique peut être appliqué comme suit. On a ajouté à la gélatine au
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cours de sa fabrication de l'acétate de plomb en concentration appropriée. On traite cette couche à l'aide de sulfure d'ammo- nium en solution aqueuse de sorte que la surface acquiert dans une mesure suffisante la couleur noire par suite du sulfure de plomb produit. Il est également possible d'appliquer seu- lement plus tard, par enduisage, l'acétate de plomb sur la gélatine par exemple au moyen d'une solution aqueuse de cette matière. L'acétate de plomb ne pénétrera que sur une petite profondeur dans'la couche en gélatine, le support pouvant ensuite être traité de nouveau par un révélateur au sulfure d'ammonium soit avant ou après l'enregistrement sonore.
D'autres procédés permettant de provoquer ce noir- cissement superficiel sont mentionnés dans le brevet belge 422.573 au nom de la Demanderesse.