Embryotome polyvalent.
La présente invention a pour objet un embryotome polyvalent caractérisé en ce qu'il comprend un tube de section ovoïde, pourvu, à l'arrière, de deux poignées de maintien démontables et, à l'avant, d'une tête perforée pour permettre le passage d'un câble souple dont la partie centrale, destinée à enserrer le foetus, émerge de l'orifice avant du tube, alors que ses deux extrémités, introduites dans ledit tube et ramenées vers l'arrière, sont solidaires d'un dispositif de traction à même d'être ma oeuvré de l'extérieur à l'arrière du tube.
Les embryotomes sont des instruments qui permettent de mutiler le foetus in utero , afin de rendre l'accouchement possible, par des interventions fort différentes les unes des autres et qui n'ont souvent rien de commun entre elles que le but vers lequel elles tendent.
Grâce auxdits appareils, on peut, depuis quelques amlées, remédier aisément à des dystocies autrefois difficilement réductibles, provenant de causes telles qu'excès de volume, angustie pelvienne, positions foetales défectueuses non réductibles par taxis ou autres.
Par ailleurs, des dystocies peuvent résul- ter de changements de position de la totalité de l'utérus gravide par rapport au corps de la mère (torsion utérine). On a coutume d'y remé- dier par différentes manoeuvres, dont certaines font appel à des instruments appelés < srétro- verseurs utérins.
D'une fanon générale, on peut citer, parmi les instruments les plus connus et les plus couramment employés par les accoucheurs en médecine vétérinaire: les rétroverseurs utérins, les embryotomes, ces derniers pouvant être à scie-fil, du genre Thygesen et dérivés, ou à câbles souples, tels que les appareils de Provost ou de Butin.
Ces embryotomes dont l'apparition en obstétrique vétérinaire fit réaliser à cet art des progrès considérables en permettant d'arriver à des résultats impossibles à obtenir sans eux, ont, toutefois, certains inconvénients exposés ci-dessous:
Les embryotomes à scie-fil ont, dans cer tains cas, une mise en place de la scie difficile, par suite de la ténuité et de la souplesse du fil; par ailleurs, les scies cassent parfois au cours de l'intervention, obligeant le praticien à de pénibles et décourageants efforts. Leur nettoyage après usage est généralement assez long, s'ils ne sont pas entièrement démontables.
Les embryotomes à câbles souples voient au contraire leurs câbles casser rarement; la mise en place du câble se fait mieux sur le foetus. Cependant, ce sont des appareils lourds, encombrants et compliqués; ils utilisent des câbles d'acier de résistance supérieure à 2000 kg qui enserrent la partie du foetus à sectionner et vont s'enrouler sur des tambours actionnés soit par des leviers puissants (Butin), soit par des appareils à démultiplication (Provost). Le montage de ces appareils est long, surtout avec des aides inexpérimentés; au surplus, le fait de faire travailler les câbles d'acier sur un cercle de court rayon provoque, après usage, des tirebouchonnements de ces câbles , avec rupture de certains de leurs fils, d'où nécessité d'opérations longues et délicates de redressement et d'ébarbement après chaque emploi.
Enfin, la rupture brutale du câble survenant, parfois au cours d'une embryotomie, peut provoquer un mouvement de fouet rétrograde de la partie libérée de celui-ci, venant blesser grièvement l'opérateur.
La présente invention a pour but d'obvier aux inconvénients précités en prévoyant un embryotome pour la fabrication duquel il peut être fait appel à l'utilisation maxima d'alliages légers à haute résistance et dans lequel l'effort de traction est un effort non plus rotatif, mais rectiligne, exercé sur les deux extrémités du câble, solidaires d'un dispositif de traction, celui-ci pouvant être un chariot tracteur entraîné par le mouvement de rotation d'une tige filetée.
Son tube, muni d'une tête, peut, grâce à de longues poignées de maintien, être employé également comme rétroverseur utérin.
Enfin, l'utilisation d'une tête à deux ouvertures peut permettre de transformer l'instrument en un embryotome à scie-fil.
L'embryotome préconisé peut donc, à lui seul, remplacer trois instruments obstétricaux différents, grâce à ses possibilités d'utilisation multiples, ce qui justifie l'appellation d'em Embryotome polyvalent qui lui est conférée.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, une forme d'exécution de l'embryotome faisant l'objet de l'invention: La a fig. 1 est une coupe longitudinale du tube et de ses poignées démontables.
La fig. 2 montre une coupe similaire de sa tête amovible.
La a fig. 3 se rapporte à une coupe verti- cale de la fig. 1 par A-A.
La a fig. 4 représente la tige filetée destinée à être introduite dans le tube précité, munie de sa cage obturatrice et de sa poignée de manoeuvre, dite tourne-à-gauche , ainsi que du chariot tracteur, en coupe longitudinale.
Les fig. 5 et 6 montrent la tête à échelle agrandie, vue respectivement en coupe transversale et longitudinale.
La fig. 7 représente l'une des deux boucles assurant la fixation du câble souple sur le chariot tracteur.
Les fig. 8 et 9 montrent, également à échelle agrandie, ledit chariot monté dans le tube, respectivement en coupe longitudinale et transversale.
La fig. 10 est une vue en élévation de l'embryotome entièrement monté.
La fig. 11 représente, également en éléva- tion, l'appareil adapté en vue de son utilisation comme rétroverseur utérin.
Les fig. 12, 13 et 14 représentent l'appareil utilisé comme embryotome à scie-fil.
L'embryotome représenté comprend un tube 1 en alliage léger à haute résistance, par exemple en alliage d'aluminium, de section ovoïde (fig. 3), muni extérieurement, à une certaine distance de son extrémité postérieure, de deux bossages cylindriques 2-2', pouvant faire corps avec lui ou y être rapportés par soudure, situés en opposition suivant son grand diamètre et pourvus des taraudages 3-3' des tinés à recevoir les extrémités filetées 4-4' de deux tiges cylindriques identiques 5-5', également en alliage léger, formant poignées de maintien de l'appareil.
Sur l'extrémité avant du tube 1 vient se fixer, de façon rapide et amovible, une tête 6, constituée par un anneau en acier spécial dont l'ouverture antérieure circulaire 7 présente un dégagement arrondi afin de faciliter le glissement du câble. A son extrémité opposée, la tête est évidée ovoïdement pour épouser la forme du tube 1 sur lequel elle s'emboîte, sa fixation sur ce dernier ayant lieu soit au moyen d'une vis de pression 8, comme indiqué aux fig. 4 et 6, soit par un ergot fixé sur un ressort ou de toute autre manière convenable.
Sur l'extrémité arrière du tube 1 vient s'emboîter une cage cylindrique en alliage léger 9, evidee ovoïdement du côté du tube, pour en épouser la forme, sur une profondeur correspondant à la distance des bossages 2 du bord postérieur dudit tube. Cette cage est munie, du côté opposé, d'un alésage permettant l'en- castrement d'une butée à billes 10, dont le per çage central permet l'introduction d'une tige filetée en acier 11, d'une longueur légèrement supérieure à celle du tube 1, se terminant, à l'avant, par un embout conique 12 et dont l'extrémité postérieure, émergeant de la cage 9, est rendue solidaire d'un support de poignée 13 muni, à l'avant, d'un épaulement 14 appuyant sur la butée à billes 10 et, à l'arrière, d'un perçage transversal dans lequel est fixée,
au moyen d'une vis de pression 15, une tige en alliage léger 16, émergeant également des deux côtés dudit perçage et permettant ainsi d'imprimer des mouvements de rotation à la tige filetée 11, l'ensemble formant un dispositif de manoeuvre dit < stourne-à-gau- chue .
Sur cette tige filetée vient se visser un chariot tracteur 17, en bronze ou toute autre matière adéquate (fig. 8 et 9), constitué par un corps de section ovoïde répondant à celle du tube 1, pourvu d'un perçage central longitudinal 18 taraudé au diamètre de la tige 11 et comportant, par ailleurs, deux gorges longitudinales 19-19' destinées à une fixation aisée et rapide, sur lui, des deux extrémités du câble en acier 20.
Ce dernier est un câble souple d'une résistance de l'ordre de grandeur de 2000 kg environ, se terminant, à chacune de ses extrémités, par une boucle épissurée 21-21' (fig. 7), venant se loger, respectivement, dans les gorges 9--19' précitées. A titre de variante non représentée sur le dessin, la fixation du câble sur le chariot peut être obtenue en disposant, à chacune de ses extrémités, une pièce sertie venant s'encastrer dans une gorge particulière prévue sur le chariot tracteur à cet effet.
Le montage de l'appareil s'effectue de la façon suivante:
Le tube 1 étant maintenu d'une main et la cage 9 placée sur son extrémité postérieure, la tige 11, munie de sa poignée de manoeuvre 16, est introduite, par l'ouverture centrale de la butée à billes 10 et poussée à fond, jusqu'à la venue en contact de l'épaulement 14 avec la butée 10.
Les boucles 91-21' du câble 20 sont, ensuite, introduites, l'une après l'autre, par l'ouverture 7 de la tige 6 et fixées dans les gorges 19-19' du chariot 17.
L'ensemble chariot- boucles ainsi constitué est, alors, introduit dans le tube 1 par son ori fice antérieur en faisant pénétrer l'embout conique émergent 12 dans le perçage central 18, et poussé, par l'intermédiaire des deux extrémités du câble réunies dans l'autre main, vers le filetage de la tige 11 dont on amorce la rotation afin de fixer le chariot sur son pas de vis.
Enfin, la tête est emboîtée à fond sur l'ex trémité avant du tube 1 et y assujettie par serrage de la vis 8, l'appareil se trouvant ainsi prêt à fonctionner (fig. 10), comme il sera decrit ci-après:
Pour une section proprement dite, l'opéra- teur enserre avec la boucle libre du câble 20 la partie à sectionner, pendant qu'un aide maintient l'appareil par ses poignées 5-5'. n est aise de concevoir qu'un mouvement rotatif dans le sens de celui des aiguilles d'une montre imprimé au dispositif d'entraînement 16 aura pour effet le recul du chariot 17 le long de la tige 11 vers la cage 9 et, partant, une traction exercée sur le câble 20.
On effectue ainsi aisément la section recherchée, grâce à la puissance considérable de traction de l'appareil, tout risque de blessure accidentelle de l'opérateur étant définitivement écarté.
Lors de la section d'une partie non libre d'un foetus, on fait contourner, préalablement au montage de l'instrument, par le câble, choisi d'une longueur appropriée, la partie à sectionner, la boucle agissant comme un passelacs très facile à saisir. On ramène ensuite les deux boucles vers la vulve de la parturiente et on monte l'appareil comme décrit précédemment.
Ainsi que mentionné plus haut, le tube 1, muni de ses poignées de maintien 5-5' et de la tête 6, peut être utilisé comme rétroverseur utérin (fig. 11) après avoir été pourvu, sur cha cun de ses flancs aplatis et à proximité de la tête, d'une perforation, celles-ci, repérées sur le dessin sous 22-22', étant légèrement déca lées longitudinalement l'une par rapport à l'autre et servant à l'introduction, dans le tube, de deux lacs 23-23', dont les extrémités avant sont préalablement fixées sur les membres du foetus du veau, par exemple. Les extrémités arrière desdits lacs, émergeant par l'ouverture postérieure du tube 1, sont, ensuite, solidement arrimées sur les poignées de l'appareil, comme indiqué sur le dessin.
On dispose, de la sorte, d'un excellent rétroverseur qui peut être utilisé soit seul, soit conjointement à la rotation de la parturiente, afin d'empêcher la rotation connexe du foetus.
La fig. 12 montre l'appareil décrit transformé en embryotome à scie-fil, grâce à l'emploi d'une tête spéciale 24 à deux trous 25-25', représentée sur les fig. 13 et 14, respectivement en coupe longitudinale et transversale.
Cette tête, également de section ovoïde répondant à celle, intérieure, du tube 1 afin d'y permettre son enfoncement, limité par sa collerette arrondie 26, comporte un goujon central 27, y assujetti à demeure de toute manière convenable et dont l'extrémité filetée émerge, normalement à sa face postérieure, à l'intérieur du tube.
Sur ce goujon vient se visser l'extrémité avant, taraudée à cet effet, d'une tige ronde 28 sur l'extrémité opposée de laquelle, émergeant de l'orifice postérieur du tube 1, au travers du perçage central d'une plaquette de serrage 29 y appliquée, vient se visser un écrou de blocage 30, faisant contre-extension et assurant ainsi la fixation de la tête sur le tube.
La plaquette 29 est, par ailleurs, pourvue de deux perçages disposés symétriquement par rapport au percage central, livrant passage aux deux extrémités d'un câble fin 31, formant scie-fil, introduites, préalablement au montage, dans le tube par les trous 25-25' de la tête 24 et munies, chacune, d'une poignée de préhension 32-32' pour en faciliter la manipulation.
Les avantages de l'embryotome polyvalent décrit consistent essentiellement en la possi bilité de réalisation, avec un seul et même appareil, de trois instruments obstétricaux dif férents, la simplicité de sa conception, sa legè- reté, la rapidité de son montage et la facilité de son entretien ainsi qu-en sa puissance considérable, découlant de la double traction rectiligne exercée sur le câble, permettant des sections aisées. Il est très économique, usant les câbles au minimum, ces derniers n'étant que très peu tirebouchonnés; enfin grâce à la protection du tube formant gaine métallique, les ruptures éventuelles desdits câbles sont sans danger pour l'opérateur.