Procédé de préparation d'une nouvelle substance antibiotique. La présente invention est relative à un procédé de préparation d'une substance anti biotique nouvelle et efficace, qu'on appellera néomycine, par culture d'un micro-organisme de la famille des Streptomyces fradiae, cette dernière ayant été isolée du sol en 1915 par Wakeman (mi des inventeurs) et Curtis, puis désignée sous le nom d'Actinomyces Fradii,
mais plus récemment enregistrée dans le ma nuel de Bergey sous le nom de Streptomyces fradiae. Cette famille de micro-organismes est déposée à l'université Rutger (Section micro- biologique, Département des cultures type) dans la collection des cultures type, et une espèce de cette famille, est également citée dans la collection américaine des cultures type sous le numéro officiel 3535. Cette espèce sera appelée ci-après Streptomyces 3535. Elle donne une culture jaunâtre à brunâtre dans un milieu synthétique et organique, mais ne pro duit pas de pigments solubles.
Elle appartient par conséquent, au groupe non chromogénique. A l'air elle produit facilement un mycélium, particulièrement sur un milieu synthétique, le mycélium étant pigmenté de blanc jusqu'à. rose pâle, rose coquillage ou rose. On peut désigner la couleur du mycélium comme roux vineux clair selon la terminologie de Ridg way pour l'identification des couleurs. Des observations indiquent également que les hyphes sporulants sont généralement droits et ne forment de spirales que dans certains mi lieux.
Parmi les antibiotiques utilisés actuelle ment, la streptomycine est particulièrement efficace, en raison de son activité aussi bien contre les bactéries Gram-négatives que contre les bactéries Gram-positives, y compris les myco-bactéries, et on l'a utilisée avec efficacité pour le traitement de certaines formes de tuberculose humaine. Il existe cependant cer taines races de bactéries plus ou moins résis tantes à la streptomycine, la manifestation la plus importante de cette résistance étant son apparition dans -certains cas après adminis tration prolongée de l'antibiotique.
Ceci s'explique par le fait que, parmi les orga nismes infectieux, une ou plusieurs races résistantes subsistent et se développent, le traitement initial n'ayant été que partielle ment efficace. On comprend par conséquent qu'un antibiotique particulièrement utile de vrait posséder les propriétés essentielles sui vantes; cc) haute activité contre les bactéries Gram-négatives et les myco-bactéries; b) acti vité vis-à-vis des races de bactéries résistantes à la streptomycine, particulièrement des bac téries acide-résistantes; c) basse toxicité vis- à-vis des animaux.
Le nouvel antibiotique dé crit ici semble présenter toutes ces propriétés.
La présente invention a pour objet un pro cédé de préparation d'une nouvelle substance antibiotique appelée néomycine, procédé carac térisé par le fait qu'on cultive un micro organisme de la famille des Streptomyces fra- diae dans un milieu de culture artificiel.
La nouvelle substance antibiotique ainsi obtenue est soluble dans l'eau, dans l'acide chlorhydrique dilué et dans des mélanges aeide-alcool à faible teneur en acide, mais elle est insoluble dans l'éther, le chloroforme et l'acétone; elle donne une réaction négative lors de la recherche du groupe guanidine; elle est thermostable et stable en solution aqueuse pendant au moins un mois; utilisée en quan tités thérapeutiquement efficaces, elle n'est pratiquement pas toxique pour les animaux;
elle possède une activité antibiotique remar quable envers B. subtilis, B. mycoides, B. cereus, B. marcescens, l'organisme de Bodenheimer, et aussi bien envers les races sensibles à la streptomycine qu'envers les races insensibles à la streptomycine de E. coli, S. aureus, M. tuberculosis, M. avium; en revanche, elle est relativement inactive envers des champignons.
La néomycine ainsi préparée est un eom- posé basique, soluble dans des solutions acides, très actif en milieu alcalin. Son activité anti- microbienne semble limitée en milieu acide, s'élève quand on atteint. le point neutre, et est favorisée en milieu alcalin, caractéristique avantage-Lise si l'on songe à la réaction géné ralement alcaline du sang.
Grâce à sa thermostabilité, particulière ment en milieu neutre ou légèrement acide ou alcalin, la néomycine peut être chauffée à. 100 C pendant plusieurs minutes sans des truction de son activité. Un a aussi pu con server ses solutions à la fois à la température ambiante et en les réfrigérant pendant au moins 3 mois sans diminution d'activité. A l'état sec, c'est-à-dire cristallisée ou finement divisée, on peut conserver la. néomycine pen dant de très longues périodes, pratiquement indéfiniment. Elle n'est pas inactivée dans le sang ou en présence de sérum ou d'autres matières organiques.
Bien qu'on n'ait. pas encore déterminé la structure chimique précise de la néomycine, sa constitution nouvelle semble pleinement dé montrée par sa série unique de propriétés, comprenant celles citées ci-dessus et particu lièrement son champ d'activité antibiotique. On estime que ces propriétés sont. très signifi catives, bien que la substance n'ait pas encore été produite à. l'état complètement pur, et n'ait ainsi pas encore été susceptible d'une analyse détaillée.
Il faut remarquer cependant que la néomycine ne donne pas la, réaction au maltol comme la streptomycine, qu'elle ne donne pas non plus la réaction de Sakaguchi pour les guanidines monosubstituées, ce qui indique ainsi l'absence d'un groupement gua- nidine, qui est caractéristique. des diverses formes de streptomycine.
La composition du milieu de culture em ployé pour la production du nouvel antibio tique peut varier eonsidérablenient. Les meil leurs résultats sont. obtenus avec un milieu contenant une source convenable d'azote, un hydrate de carbone et des éléments minéraux tels que le chlorure de sodium et. d'autres dé crits plus loin. On peut avantageusement in carporer au milieu de culture I. Une protéine partiellement hydrolysée, comme les peptones ordinaires ou les digestes de protéines, tels que les digestes de caséine; les meilleurs résultats ont été obtenus avec des matières telles que la. peptone de soja.
On peut av antag-eusenient inclure Lui consti tuant de ce type, par exemple dans la pro portion de 10 à ?0 @,, par litre de milieu. Ce constituant semble avoir une influence parti- eulièrement favorable sur la production de l'antibiotique.
Il. Un extrait, tel que de l'extrait de viande ou de l'extrait. de levure, par exemple en quantité de 3 à 5 g par litre. Cet ingrédient est avantageux mais pas essentiel.
III. Un hydrate de carbone, de préférence du glucose ou un sucre similaire, tel que le maltose, en quantité par exemple de 5 à 10 g par litre; ces corps semblent. particulièrement favorable à une bonne croissance de l'orga nisme, bien que leur présence ne soit. pas essentielle.
IV. Certains éléments minéraux, spéciale ment quand on constate que ceux-ci sont absents de l'eau utilisée polir préparer le milieu de culture. Un élément qui semble par ticulièrement important est le zinc sous forme d'un sel de zinc tel que le sulfate de zinc, en quantité relativement, faible, par exemple en viron 10 nig par litre. Le chlorure de sodium est également favorable dans la proportion d'environ 5 g par litre.
V. De l'eau, généralement sous forme d'eau du robinet, qui contient naturellement. des traces de composés de zinc, ou éventuellement de l'eau distillée, additionnée par exemple d'un sel de zinc et de chlorure de sodium.
Quand on utilise un tel milieu contenant les cinq. ingrédients cités, on ajuste le pH de préférence à environ 7 o11<B>7,2</B> avec NaOl=I. Si l'on commence avec un milieu acide ayant par exemple un pH (le 6, la production de l'antibiotique est sensiblement retardée et il peut en résulter une augmentation de l'aci dité, ce qui entraîne suie dissolution de l'orga nisme. Il semble que c'est le glucose on les corps analogues qui provoquent cette augmen tation de l'acidité.
Oit peut compenser cet effet du glucose en. employant des protéines partiellement hydrolysées en quantités rela tivement importantes, c'est-à-dire 15 à 20 g par litre pour un milieu de culture contenant jusqu'à. 1.0 clé glucose par litre, oit en. dimi nuant la. quantité de glucose, de préférence tout en augmentant quand même la propor tion de protéine partiellement hydrolysée ou encore en ajoutant un agent neutralisant tel (lue le carbonate de ealcium, qui a l'avantage de neutraliser l'acidité an fur et à mesure de son apparition, sans rendre le milieu trop alcalin.
La quantité de carbonate de calcium dans un milieu nutritif contenant jusqu'à 10 g de glucose par litre peut être de l'ordre de 5 à 20 g par litre.
Dans le cas des cultures immobiles, on ob tient un rendement satisfaisant en antibioti que si l'incubation a lieu à la température ambiante (par exemple 22 à 28 C) pendant 7 à 12 jours. Le milieu doit alors être très peu profond, car les spores de l'organisme tendent à s'enfoncer et à devenir ainsi inefficaces pour la production de l'antibiotique. Il semble en effet que cet organisme soit caractérisé par un poids ou une densité supérieures à ceux des organismes tels que le Streptomyces Grise-Lis, avec lesquels on rencontre moins de difficul tés lors de l'incubation de cultures immobiles.
On peut obtenir de meilleurs résultats en épaississant le milieu, par exemple en y incor porant 1/.1 à 1/211/o de gélose pour lui donner une consistance semi-solide ou semi-liquide. Sur un tel milieu, l'organisme se développe en sur face sous forme d'une pellicule et reçoit aisé ment la quantité d'air nécessaire à l'élabora tion de la. substance antibiotique.
On obtient une incubation beaucoup plus rapide et un rendement plias satisfaisant en néomycine avec des cultures agitées, c'est- à-dire dans des milieux de culture relative ment profonds que l'on soumet à une agita tion pour assurer une aération efficace. Ainsi, il suffit de 3 à 5 jours à. une température d'environ 25 C pour une bonne production, la gamme de température préférée étant de 22 à 28 C. Il semble que le degré d'aération doive être contrôlé avec soin; avec le mode d'agita tion vigoureux employé ordinairement pour la.
production de streptomycine dans des cultures de S. griseus, les cultures de Streptomyces 3535 ne donnent souvent pas un rendement très élevé en néomycine; celui-ci s'améliore en réduisant la. vitesse d'agitation ou en incor porant au milieu une petite quantité de gé lose (1/.1 à 1 /o), afin d'épaissir le milieu, mais de préférence pas au-delà d'une consis tance semi-liquide.
A titre d'exemple pratique, voici la com position de deux milieux de culture satisfai sants pour la production de néomycine avec le Streptomyces 3535. Exemple <I>I:</I> 20 g de peptone de soja., 5 g d'extrait de viande, 5 à 10 g de glucose, 5 g de chlorure de sodium, 1 litre d'eau du robinet. Exemple <I>II:</I> 10 g de peptone de soja, 5 g d'extrait de viande, 10 g de glucose, 10 g de carbonate de calcium (en poudre fine), 5 g de chlorure de sodium, 1 litre d'eau du robinet.
Pour les raisons expliquées précédemment, le milieu de l'exemple II, quia une, teneur relativement basse en peptone et une teneur relativement élevée en glucose, contient égale ment une certaine quantité de carbonate de calchun pour éviter les inconvénients d'une augmentation de l'acidité pendant l'incuba tion. Chacun des milieux ci-dessus permet d'obtenir des résultats très satisfaisants, par exemple en milieu agité avec un contrôle con venable de l'aération, comme exposé ci-devant. Dans chaque cas, on ajuste le pH approxima tivement à 7 avant de commencer la. culture.
On peut adopter différents procédés pour séparer l'antibiotique du bouillon de culture et pour le purifier. D'une façon générale, on procède par adsorption et élution, complétées si on le désire par une séparation chromato- graphique. Par exemple, le milieu de culture peut être filtré et le filtrat traité avec 'un adsorbant. convenable, tel qu'un charbon actif;
la néomycine adsorbée est alors récupérée par élution, par exemple avec de l'éthanol conte nant 21/a de HCl, ou un autre mélange acide- alcool, tel que du méthanol et de l'acide for mique. Les étapes ultérieures de purification peuvent comprendre une autre adsorption et élution de l'antibiotique, suivies finalement d'une précipitation par un liquide organique. tel que l'acétone, d'un lavage final et d'un séchage du précipité à une température modé rée appropriée.
On peut également réaliser la première adsorption de la néomycine avec un adsor bant du type zéolite, c'est-à-dire un échangeur de cations. Dans ce cas (de même que quand on utilise du charbon pour adsorber la. néomy cine) on peut envisager un traitement préli minaire du milieu de culture après filtration, en l'acidifiant fortement et en le traitant- avec du charbon actif pour adsorber les impuretés, car la néomycine n'est. pas adsorbée dans des conditions fortement acides. Avant la sépara tion de la néomycine par adsorption, le hl, du filtrat ainsi traité doit alors être ramené à une valeur approximativement neutre.
Dans le cas d'un adsorbant du type zéolite, la. néomycine adsorbée sur un tel produit peut. être récupé rée par élution avec une solution de chlorure de sodium. L'éluat peut ensuite être soumi, à des opérations d'adsorption et d'élution suc cessives, suivies de la précipitation, de la sépa ration et du séehage de la néomycine.
A titre d'exemple phis détaillé d'une série d'opérations permettant de séparer et de pu rifier partiellement la néomycine, on donne le procédé suivant: Après filtration préliminaire pour éliminer les solides en suspension, le mi lieu de culture est. acidifié avec de l'acide chlorhydrique concentré pour réduire son pli à une valeur comprise entre 2,0 et 2,5. On ajoute du charbon de bois activé, par exem ple le produit marque Darco 0-60 à rai son de 5 g par litre, et on agite le mélange pendant environ 30 minutes.
Puis on agite dans le mélange une substance pour aider la filtration, par exemple une terre à diatomées, ou le produit marque Hyflo Super-Cel eti quantité de 5 g par litre, puis on filtre le mélange à travers une couche de produit. marque Hyflo Super-Cel . en quantité ana logue. Comme la néomycine n'est pas adsorbée en milieu fortement acide, le résultat de ce traitement au charbon de bois et de la filtra tion subséquente est une élimination prélimi naire de certaines impuretés.
On ajuste alors le<B>pH</B> de la solution ainsi purifiée à 7,1 0,2 avec une solution à -10 % d'hydroxyde de sodium. On. introduit alors une matière adsorbante du type zéolite (silico- aluminate de sodium), par exemple le produit. marque Decalso . La. quantité de cet adsor bant peut varier.
On agite alors le mélange pendant environ 30 minutes et on sépare par filtration l'adsorbat, c'est-à-dire l'adsorbant contenant, la néomycine. On le lave à l'eau et on le laisse sécher à l'air jusqu'au lendemain.
On place alors l'absorbat séché dans une colonne ayant un diamètre intérieur de 30 mm et muni d'un bouchon en laine de verre. On fait passer à travers la. colonne une solution aqueuse à 1011/o de chlorure d'ammo nium et on recueille des fractions successives pour les examiner, la. néomycine étant. séparée par élution clé l'adsorbant.
On peut, effectuer l'examen (les diverses fractions soit par la méthode des bandes en utilisant le E. coli, ,soit par le procédé de la tasse de gélose en utilisant le B. subtilis. On réunit les fractions avant. la plus haute activité et on ajuste le pli du mélange à 7,0.
On ajoute une nouvelle quantité de charbon de bois activé, par exem ple. clé produit. marque Darco CT-60 à raison (le 10 g par 100 em3, et on agite le mélange pendant 30 minutes. On sépare par filtration l'aclsorbat, c'est-à-dire le charbon de bois con tenant, la. néomycine, on le lave avec de l'eau et on le sèche à l'air.
On sépare l'antibiotique de cet adsorbat par élution en agitant, l'adsor- 1>at pendant. 30 minutes avec du méthanol contenant 50% d'acide chlorhydrique 0,05 N, en utilisant 5 cm?, du mélange acide-aleool par gramme de charbon de bois.
On sépare par filtration le charbon de bois soumis à l'élution et on le soumet à une seconde élution de la même manière. On réunit les éluats, le<B>pH</B> du mélange étant alors ajusté à 6,0-7,0 par de l'livdi#oxy-cle de sodium aqueux. On concentre alors cette solution contenant la néomycine dans le vide jusqu'à un volume d'environ c m3.
On recueille ce petit volume de liquide contenant l'antibiotique en ajoutant du mé thanol, le mélange résultant étant alors cen trifugé pour séparer la, matière insoluble qui constitue des impuretés. On concentre dans le vide jusqu'à environ 5 em3 la solution de mé thanol clarifiée par centrifugation. On rince la solution ainsi concentrée dans un tube à centrifugation avec du méthanol, en tluantité telle que le volume total de solution soit de 10 à 15 cm3. On sépare encore une fois le résidu insoluble par centrifugation. On traite alors la solution clarifiée contenant la néomycine avec 8 à 10 vol-Lunes d'acétone pour précipiter la néomycine.
On laisse alors reposer la sus pension pendant quelques heures à .5 C, puis on la. centrifuge encore une fois. La matière solide séparée constituant cette fois la néomy cine est finalement lavée avec de l'acétone et séchée dans le vide pour fournir un produit sec assez finement divisé, constituant une masse isolée et. séparée, bien qu'encore brute, de la nouvelle substance antibiotique appelée néomycine. Comme on l'a indiqué précédem ment, d'autres étapes de purification peuvent suivre, conduisant à un produit à haute pu reté correspondant. à la. qualité de certains autres antibiotiques actuellement disponibles sur le marché.
Cependant, on a trouvé que le produit résultant du procédé décrit ci-dessus possède les propriétés nouvelles et désirables exposées ici, d'ordre antibiotique et autres.
Le tableau suivant représente le champ d'activité de la néomycine comparé à ceux de la. streptomycine et de la streptothrycine. Les déterminations pour la néomycine sont faites par le procédé à la. bande de gélose (c'est à-dire un procédé de. dilution d'une plaque de gélose) avec, la matière antibiotique isolée selon le procédé de séparation qui vient d'être décrit.
Pour les valeurs spécifiques de l'acti vité indiquées dans ce tableau, il faut donc naturellement tenir compte du fait qu'elles peuvent être améliorées ou modifiées par une purification supplémentaire de l'antibiotique, et aussi du fait que les différentes races des différents micro-organismes essayés peuvent entrainer certaines différences d'activité.
On croit cependant que l'aspect général de ce champ d'activité n'est pas essentiellement mo difié par de telles variations; en outre, les va leurs indiquées dans ce tableau ne doivent pas être considérées comme absolues pour chaque micro-organisme particulier;
elles ne sont là que pour donner une idée générale de l'activité du nouvel antibiotique et pour faire ressortir ce qui le différencie de la strepto mycine et de la streptothrycine.
EMI0006.0001
<I>Tableau <SEP> I:</I>
<tb> Activité <SEP> de <SEP> la <SEP> néomycine <SEP> brute, <SEP> comparée <SEP> à <SEP> celles <SEP> de <SEP> la. <SEP> streptomycine <SEP> brute <SEP> et <SEP> de <SEP> la.
<tb> streptothrycine <SEP> (exprimée <SEP> en <SEP> unités <SEP> de <SEP> dilution <SEP> par <SEP> gramme <SEP> de <SEP> préparation <SEP> brute
<tb> nécessaire <SEP> pour <SEP> arrêter <SEP> la <SEP> croissance <SEP> des <SEP> micro-organismes <SEP> suivants)
<tb> Micro-organisme <SEP> Néomycine <SEP> Streptomycine <SEP> Streptothrycine
<tb> <B>(X <SEP> Iooo) <SEP> (X <SEP> 1000) <SEP> (X <SEP> 1000)</B>
<tb> 1.
<SEP> Bacillus <SEP> subtiles <SEP> l50-750 <SEP> 125 <SEP> 125
<tb> 2. <SEP> Bacillus <SEP> mycoides <SEP> 20-150 <SEP> 20 <SEP> < <SEP> 0,8
<tb> 3. <SEP> Bacillus <SEP> cereus <SEP> 20-60 <SEP> 30 <SEP> < <SEP> 0,8
<tb> 4. <SEP> Staphylococeus <SEP> auretis <SEP> 100-250 <SEP> 15 <SEP> 50
<tb> 5. <SEP> Sarcina <SEP> lutea <SEP> 10 <SEP> 100 <SEP> 37,5
<tb> 6. <SEP> Escherichia <SEP> coli <SEP> SS <SEP> 25 <SEP> 25 <SEP> 25
<tb> 7. <SEP> Escherichia <SEP> eoli <SEP> R-S <SEP> 20 <SEP> 0 <SEP> active
<tb> 8. <SEP> Pseudomonas <SEP> aeruginosa <SEP> 2,5 <SEP> 1 <SEP> < <SEP> 0,8
<tb> 9. <SEP> Proteus <SEP> vulgaris <SEP> 25 <SEP> 10 <SEP> 12,5
<tb> 10. <SEP> Organisme <SEP> de <SEP> Bodenheimer <SEP> 15 <SEP> 0 <SEP> active
<tb> 11. <SEP> Serratia <SEP> marcescens <SEP> 20 <SEP> 25 <SEP> 1,2
<tb> 12.
<SEP> Mycobacterium <SEP> tuberculoses
<tb> hominis <SEP> 607 <SEP> (SS) <SEP> 80-250 <SEP> active <SEP> active
<tb> 13. <SEP> Mycobacterium <SEP> tuberculoses
<tb> hominis <SEP> 607 <SEP> (RS) <SEP> 50-150 <SEP> inactive <SEP> active
<tb> 14. <SEP> Mycobacterium <SEP> avium <SEP> 50-150 <SEP> active <SEP> active
<tb> 15. <SEP> Mycobacterium <SEP> rance <SEP> 150 <SEP> active <SEP> active
<tb> 16. <SEP> Mycobacterium <SEP> phlei <SEP> 300 <SEP> 100 <SEP> 12,5
<tb> 17. <SEP> Triehôphyton <SEP> métagrophytes <SEP> 0,3 <SEP> 0,3 <SEP> active
<tb> 18. <SEP> Cryptococcus <SEP> albicans <SEP> 0,3 <SEP> 0,3 <SEP> active
<tb> 19.
<SEP> Penicillium <SEP> notatum <SEP> 0,3 <SEP> 0,3 <SEP> active Dans le tableau ci-dessus et en d'autres endroits de la description, le symbole SS signi fie race sensible à la streptomycine et le sym bole RS race résistante à la streptomycine. Par unités de dilution (les nombres figurant dans le tableau, multipliés par mille dans chaque cas), on entend ici le nombre de fois qu'une quantité donnée (1 g dans le tableau ci-dessus) de l'antibiotique peut être diluée tout en empêchant encore la croissance du micro-organisme soumis à L'essai.
Ainsi, dans le tableau, les valeurs élevées représentent une forte activité, tandis que les valeurs les phis basses représentent une activité très faible. Pour plus dé commodité et de brièveté, on dé signera ci-après les différents micro-orga nismes du tableau par les nombres qui leur sont arbitrairement assignés dans la colonne de gauche.
Comme on le voit, la néomycine est très active contre tous les micro-organismes 1 à 16 inclusivement, c'est-à-dire aussi bien contre les micro-organismes 1 à. 6, 8, 9, 11., 12 et 14 à 16, contre lesquels la streptomycine est égale ment efficace, que contre les micro-organismes 7, 8, 10 et 13 pour lesquels la streptomycine présente une activité relativement faible ou nulle et de même contre les micro-organismes 2, 3, 8 et 11, où la streptothryeine est relative ment inactive. D'autre part, tandis que la streptothrycine est. active contre divers cham pignons, par exemple les organismes 17, 18 et 19 du tableau, la. néomycine est relativement.
inactive à leur égard. Aux endroits où l'acti vité est désignée non par (les valeurs numéri ques, mais par les mots active ou inactive , les essais effectués n'étaient pas assez précis pour permettre une comparaison numérique. On a estimé que ces indications étaient suffi santes pour les comparaisons générales qu'on peut. faire d'après ce tableau.
L'activité de la néomycine envers les races de micro-organismes contre lesquels la strepto mycine est inefficace a été démontrée par d'autres essais encore. Ainsi, par exemple, quand on inocule des plaques contenant diffé rentes concentrations de néomycine avec des races sensibles à la, streptomycine, résistantes à la streptomycine, et dépendant de la strepto mycine de E. coli, les deux premières se mon trent également sensibles à la. néomycine, tan dis que la troisième ne présente aucun déve loppement.
En recommençant le même essai avec la streptomycine, la première race seule présente une sensibilité à l'effet antibiotique, la seconde n'étant sensiblement pas affectée et la troisième se développant. puisque pour sa croissance la présence de streptomycine est nécessaire. Ces essais démontrent clairement les différences de nature biologique et chimi que entre la néomycine et la streptomycine.
Si on met, à incuber, pendant des périodes de temps relativement longues, des cultures contenant suffisamment de néomycine pour arrêter la croissance, sur bouillon ou sur gé lose, de diverses bactéries, il ne se produit pas de développement supplémentaire des bacté ries. Ainsi, on a encore démontré la. stabilité (le l'antibiotique par opposition avec d'autres substances antibiotiques telles que la.
chloro- tétracycline. Pour mettre encore en évidence l'action de la néomycine sur les myco-bactéries, on a fait des déterminations dé la sensibilité de diverses races de ces micro-organismes, comprenant celles qui sont sensibles à la streptomycine et celles qui sont résistantes à la streptomycine, en utilisant les procédés turbidimétriques dans le milieu Dubos Tween. Le tableau suivant ré sume les résultats de ces déterminations avec un certain nombre de micro-organismes de ce type,
y compris le microbe pathogène pour l'homme M. tuberculosis <B>1137</B> Rv. Tableau-11: Effet de la néomycine sur la croissance de différentes races de M. tuberculosis en milieu de Dubos. Incubation à 370 C pendant 14 jours Unités(cm3 Micro-organisme provoquant l'arrêt de la croissance M. avium (SS) 4,0 M. avium R (RS) 4,0 M. tuberculosis H37 Rv (SS) 0,2 M.
tuberculosis H37 RvR (RS) 0,2 M. tuberculosis H37 Rv (SS) 0,5-l,0 M. tuberculosis H37 RvR (RS) 1,0 M. tuberculosis 607 (SS) 0,1 M. tuberculosis 607R (RS) 0,25 La néomycine est donc active contre toutes ces races, même celles qui résistent à la streptomycine.