Machine travaillant des feuilles L'invention a pour objet une .machine tra vaillant des feuilles, par exemple une presse découpant au filet ou gaufrant des feuilles de carton, ces feuilles étant transportées une à une par des barres à pinces conduites par deux chaînes sans fin qui sont alternativement en traînées et immobilisées.
Dans de telles machines, il est difficile d'at teindre à la fois de grandes vitesses et une pré cision parfaite, tant à cause de l'inertie des masses en jeu, qui s'opposent à la succession rapide des temps d'arrêt et de marche, que par suite de la présence de chaînes, c'est-à-dire d'organes soumis à une usure irrégulière et qu'il est, d'autre part, impossible de tendre au point de pouvoir assurer une position précise par leur seul intermédiaire.
Le brevet suisse N 219422, dont la pré sente invention utilise une partie du mécanisme, avait entre autres pour but l'immobilisation contrôlée des barres en position de prise des feuilles à travailler, mais cela ne suffit pas, si l'on omet de prévoir des moyens propres à assurer aussi une position précise à chaque barre maintenant une feuille en position de travail.
La fig. 1 du dessin annexé permet d'ex pliquer ce que l'on vient de dire. Elle montre très schématiquement une presse, vue de côté, avec son bâti 1, une pla- tine inférieure 2, qui s'élève et s'abaisse, des chaînes 3 conduisant des barres à pinces, en particulier autour de roues à chaîne antérieu res 4 et postérieures 5.
Chaque fois qu'une barre atteint la posi tion A sous la roue 4, elle saisit une feuille puis, après un tour de ladite roue, elle atteint la position B d'où elle maintient cette feuille entre bâti 1 et platine 2 pour être travaillée. Dans ces deux positions, les feuilles doivent être exactement margées.
Une solution a déjà été proposée pour cela dans l'une des formes d'exécution décrites dans le brevet suisse No 245088 où, les barres étant amenées à chaque cycle dans une position un peu trop avancée, elles sont ramenées en ar rière contre des butées de rectification, les tronçons de chaîne compris entre les deux sta tions considérées se détendant alors légèrement par suite d'un recul plus prononcé de la barre occupant la station de travail (station B de la fig. 1).
Le mécanisme des fig. 2 à 4 a déjà été proposé pour communiquer aux roues à chaîne antérieures 4 des rotations rapides, limitées exactement à un tour. Ce mécanisme jouant aussi un rôle dans la présente invention, voici en quoi il consiste la fig. 2 montre une roue 4 sur son axe 6, auquel elle est rigidement reliée. Cet axe tra- verse une paroi 7 de la presse et porte un cylin dre cannelé 8 dont il est solidaire et sur lequel peut aller et venir axialement un manchon 9.
Dans la position de la fig. 2 de ce manchon, des griffes 10 de ce dernier sont en prise avec des griffes 11 d'un pignon 12, auquel un sec teur denté 13 communique un mouvement ro tatif alterné dans un sens et dans le sens opposé (voir vue d'ensemble de la fig. 4). La disposi tion devra être telle que le manchon 9 soit en prise avec le pignon 12 lorsque celui-ci tourne dans le sens correspondant à celui du dépla cement des chaînes. Les dimensions du pignon 12, du secteur 13, d'une bielle 14 l'entraînant et d'une manivelle 15 à laquelle cette bielle est attachée, seront telles que les roues 4 exécu tent chaque fois un tour.
Dans la position de la fig. 3, le manchon 9, qui n'est plus en prise avec le pignon 12,a été déplacé axialement de manière à ce que des logements qu'il présente à sa périphérie côté bâti de la presse soient en prise avec des griffes fixes 16 de ce dernier. Cela assure l'immobilité de l'axe 6 et des roues 4 après chaque tour de ces dernières, c'est-à-dire au moment où des barres à pinces occupent les positions<I>A</I> et<I>B</I> de la fig. 1.
Le déplacement du manchon 9 est assuré automatiquement par une came latérale 17 solidaire de la manivelle 15 et commandant la rotation d'une fourchette 18. Le brevet M, 219422 déjà cité donne tous les détails voulus de cette construction.
Or, susceptible d'en utiliser par exemple les éléments essentiels, la présente invention prévoit, dans une machine travaillant des feuilles et les transportant au moyen de barres à pinces conduites par des chaînes, qu'à cha que arrêt des chaînes la position d'une barre en station de prise d'une feuille et celle d'une barre en station de travail d'une feuille sont corrigées par des moyens communiquant aux chaînes une avance supplémentaire destinée à appliquer les barres contre des butées de posi tion exactement prédéterminée.
Ainsi, et contrairement à ce qui se passe dans le dispositif décrit dans le brevet No 245088 cité plus haut, la rectification s'opère, dans la machine selon l'inventeur, dans le sens normal de transport des barres et non pas contre ce dernier, en les obligeant chaque fois à s'arrêter, puis à reculer, avant le façon nage, un mouvement que des feuilles minces ne peuvent suivre à la station de travail, tant par manque de rigidité qu'en raison de la ca dence rapide de la machine.
La forme d'exécution de la machine fai sant l'objet de l'invention que l'on va décrire, à titre d'exemple, fait usage, en la modifiant quelque peu, de la disposition selon les fig. 2 à 4 que l'on vient de décrire et que complè tent des éléments ressortant des autres figu res du dessin, dont la fig. 5 montre une modification néces saire de la construction des fig. 2 à 4 ; la fig. 6, un détail d'un organe porté par chaque roue à chaîne antérieure ; la fig. 7, une vue partielle de face de ce détail ;
la fig. 8, une butée fixant la position des barres en station de travail ; et la fig. 9, un détail de sa commande. En se référant à la fig. 1, il est simple de s'expliquer que, si derrière les barres en posi tion<I>A</I> et<I>B</I> et à distance de ces dernières, on fait surgir des butées 19 et 20, il suffira de communiquer aux chaînes 3 une avance sup plémentaire propre à amener les barres en contact avec ces butées, pour en fixer très exactement la position. Cela pourra se faire au moyen des roues 4, en leur communiquant un mouvement de rotation d'un angle supplé mentaire après chacun des tours qu'elles sont normalement sensées exécuter.
Il est évident qu'en réalité, les proportions exagérées de la fi-. 1 ne sont pas réalisées, l'avance supplémentaire à faire exécuter aux barres étant d'un très petit ordre de grandeur.
Comme on l'a vu en décrivant les fig. 2 à 4, la disposition à laquelle elles se réfèrent s'oppose à toute avance supplémentaire des chaînes, puisqu'à chaque arrêt de celles-ci des griffes fixes 16 du bâti de la machine immobi lisent le manchon 9. C'est pourquoi, dans ladite forme d'exécu tion de la machine, ces griffes fixes sont rem placées par la disposition selon la fig. 5.
Dans cette forme d'exécution, des griffes 16' sont disposées sur un disque 21, coaxial à l'arbre 6 et qu'une bielle 22 peut faire tourner autour de ce dernier.
Le sens de rotation étant admis le même que pour l'avance des chaînes, soit celui de la flèche 23, un mouvement correspondant de la bielle 22 permettra, chaque fois que les roues à chaîne seront sensées être immobili sées par l'engagement du manchon 9 dans les griffes 16', de communiquer à ces roues une avance supplémentaire.
Cette avance supplémentaire se produit dès que les griffes 10 du manchon 9 seront complètement libérées des griffes 11 du pignon 12, qui fait alors un retour à vide. Ledit avan cement se fera, bien entendu, avant que les outils touchent la feuille. Dès que cette dernière est libérée de la pression des outils, le mouve ment de retour en sens contraire de la flèche se produit afin que les griffes 10 du manchon 9 se trouvent à nouveau en face des griffes 11 du pignon d'entraînement. Le recul de la feuille qui en résulte n'a plus d'importance, celle-ci étant alors déjà travaillée.
Les déplacements nécessaires de la bielle 22 lui seront communiqués par une came ap propriée de l'arbre 24 (voir fig. 4).
Revenant maintenant à la fig. 1, il est clair que si l'appui de la barre de position A contre la ou les butées 19 peut être provoqué directe ment par les roues 4, l'appui en position B contre la ou les butées 20 est provoqué par la traction des brins de chaîne reliant le point B aux roues 4 par-dessus les roues 5.
Pour obtenir un bon appui, il faut donc exercer sur les chaînes une traction suffisante. On y parviendra en leur faisant effectuer, par le moyen des griffes mobiles 16' décrites, un déplacement légèrement supérieur au chemin à parcourir pour atteindre l'appui contre la bu tée 20, le surplus de chemin étant, d'une part, partiellement absorbé par les chaînes et partiel lement par un déplacement des roues 5 contre la traction de ressorts 25, cherchant à ramener leur axe en arrière.
Un avantage de cette avance supplémen taire de la barre maintenant la feuille en posi tion de travail par rapport aux dispositifs dans lesquels on fait au contraire usage d'un recul de la feuille non encore travaillée, réside en particulier dans le fait que l'avance tend la feuille, tandis qu'un recul peut la faire se bom ber entre les platines, surtout s'il s'agit d'un matériau mince.
Voici maintenant comment agissent les bu tées 19 et 20 fixant les positions<I>A</I> et<I>B</I> des barres la butée 19, que l'on aperçoit à droite en bas de la fig. 6, retenant la barre A, menée par la roue à chaîne 4, entraînée comme on vient de le dire, tour par tour dans le sens de la flèche 26, est d'un type connu. Elle s'élève et s'abaisse successivement pour immobiliser ou au contraire laisser passer les barres.
Mais, en vue de provoquer une application certaine de la barre contre cette butée et de détendre les tronçons de chaîne compris entre 19 et 20, la roue 4 porte un dispositif particu lier, qui se reproduit symétriquement sur la roue jumelle, menant l'autre chaîne.
C'est un doigt 27, pivotant en 28 autour d'un axe porté par la roue et solidaire d'un bras de levier 29, qu'un ressort 30, prenant appui en 31, cherche à faire tourner dans le même sens que la roue à chaîne.
Un galet 32 de ce bras de levier, prenant appui contre une came circulaire fixe 33, l'en empêche toutefois. Cette came est fixée en regard de la roue, à la paroi 7 de la presse (voir fig. 3) et y occupera, par exemple, la place désignée en traits mixtes (33).
En 34, la came 33 présente un plat, qui permet au ressort 30 de se détendre légère ment et de pousser le doigt 27 contre la barre occupant justement la position A ou station de prise d'une feuille margée.
Par ce moyen, c'est-à-dire par la pression exercée par le doigt sur la barre que le méca nisme précédemment décrit vient de faire avancer contre la butée 19, tous les jeux pos sibles sont supprimés, la barre prend positive ment appui contre la butée, soit contre les butées, puisqu'une disposition analogue est prévue aux deux extrémités de la barre.
La vue partielle de la fig. 7 montre la barre A, la chaîne 3, la roue 4 et le doigt 27 appuyant sur la barre de l'arrière à l'avant par rapport au plan du dessin.
Le fonctionnement de la butée 20 ressort de l'examen du mécanisme des fig. 8 et 9. Un support 2', fixé à la platine mobile 2, supporte ce mécanisme.
On y voit la butée 20, oscillant autour d'un arbre 35, sur lequel est claveté un levier entraî neur 36. A la fig. 8, on aperçoit en outre la barre B et la chaîne 3.
La butée 20 est entraînée par le levier 36, par l'intermédiaire d'un ressort de compression, comme décrit plus loin.
A ce levier 36 est articulée une biellette 37 formant une genouillère avec un levier d'en traînement 38, tournant autour d'un arbre 39 et actionné à son tour par une bielle 40. Celle- ci sera enfin entraînée par une came de l'ar bre 24 (voir fig. 4), qui centralise ainsi toutes les commandes concernant les mécanismes décrits. La fig. 8 montre la position des organes cités en traits pleins lorsque la butée 20 est avancée et active dans la trajectoire de la barre B à laquelle elle sert alors d'appui, et en traits mixtes dans la position inverse, soit la butée 20 retirée pour livrer passage à la barre emportant la feuille travaillée pour la déposer.
On voit en 20' comment la butée s'éloigne effective ment de la trajectoire horizontale rectiligne de la barre. II y aura, bien entendu, aussi une butée à chaque extrémité de la barre, raison pour la quelle le levier 36 est claveté sur l'arbre 35, sur lequel sera claveté un autre levier sembla ble pour l'autre butée, à l'exclusion de la com mande 37, 38 et 40, qui est unique.
La fig. 8 montre partiellement des moyens de réglage dont la fig. 9 permettra de mieux expliquer le fonctionnement.
Il est en effet nécessaire de pouvoir régler finement la position de la butée 20 et, par là, des barres en position B.
Pour y parvenir, le support 2' porte une vis de réglage 41, susceptible de rencontrer un prolongement inférieur 42 de la butée 20 et de limiter ainsi l'amplitude de son mouve ment.
La vis de butée 41 est solidaire de la pla tine 2 par l'intermédiaire du support 2' et suit le mouvement de cette platine, comme, du reste, tout le mécanisme des fig. 8 et 9.
Quant à la butée 20, montée folle sur l'arbre 35, son bras inférieur 42 sera appliqué contre la vis de butée 41 par l'action d'un res sort 43 prenant, d'autre part, appui contre un levier 44, claveté sur l'arbre 35 et, par consé quent, rotativement solidaire du levier 36.
Une tige 45, avec écrou 46, limite l'exten sion du ressort 43 pour permettre le rappel en arrière de la butée 20.
I1 est évident que le ressort 43 devra être suffisamment puissant pour que le- bras 42 reste appliqué contre la vis de butée 41 lors qu'une barre à pinces vient prendre appui con tre la butée 20.