Dispositif de ravitaillement pour tour automatique L'objet de la présente invention est un dispositif de ravitaillement pour tour automatique comprenant une poupée destinée à faire tourner et avancer pas à pas une barre à usiner en vue d'usiner des séries de pièces identiques. à l'extrémité de ladite barre, à l'aide d'outils situés à l'avant de ladite poupée.
Le dispositif de ravitaillement, objet de l'invention, comprend, d'une part, un poussoir mobile axialement dans un dispositif de guidage destiné à être placé à l'arrière de la poupée du tour, ce poussoir servant à appuyer contre l'extrémité postérieure des barres. afin d'en évi ter tout recul au moment où la poupée, arrivée dans sa position avancée extrême, lâche ladite barre et recule pour la ressaisir et la faire avancer d'un nou veau pas, pendant l'usinage d'une pièce à son extré mité et, d'autre part, un dispositif d'entraînement qui agit sur ledit poussoir au moment où celui-ci est arrivé dans sa position le plus avancée, pour le rame ner dans sa position le plus reculée.
Le but de cette invention est de créer un dispo sitif de ravitaillement automatique pour tour du type indiqué, communément appelé décolleteuse, de telle façon que ce tour puisse travailler pratiquement de façon autonome.
Dans les tours automatiques à poupée mobile du type indiqué, il fallait en effet le concours d'un ouvrier chaque fois qu'une barre avait été usinée entièrement, pour introduire une nouvelle barre dans le dispositif de guidage placé à l'arrière du tour. Or, selon les pièces à fabriquer, une telle barre peut être usinée en un temps relativement court, de sorte que le tour ne peut pas rester en travail pendant des pério des bien longues sans qu'un ouvrier s'en occupe.
Pour des tours à poupée fixe, c'est-à-dire non déplaçable en direction axiale, il existe déjà depuis longtemps des dispositifs de ravitaillement en partie et même entièrement automatiques. Certains de ces dispositifs de ravitaillement connus amènent automa tiquement une nouvelle barre à usiner dans le dis positif de guidage situé à l'arrière du tour, lorsqu'une barre a été complètement usinée. Ils comprennent aussi un poussoir qui recule jusque dans une position arrière extrême, avant l'introduction d'une nouvelle barre dans le dispositif de guidage.
Lorsqu'une nou velle barre a été mise en place, ce poussoir avance alors à nouveau, en amenant la nouvelle barre dans la poupée, d'où elle en extrait le reste de l'ancienne barre en le poussant tout simplement à travers la pince de la poupée vers l'avant du tour.
Jusqu'à présent, aucun des dispositifs de ravitail lement automatique connus n'a cependant pu être adapté aux tours automatiques à poupée mobile du type indiqué ci-dessus.
Les tours. automatiques à poupée mobile se dis tinguent entre autres des tours à poupée fixe par le fait que leur poupée est généralement beaucoup plus éloignée des, outils que celle des autres tours. En effet, dans les tours à poupée fixe, les burins ou autres outils travaillent directement devant la pince de la poupée, sur une partie de la barre à usiner qui est, par conséquent, bien tenue dans ladite pince et qui est assez courte pour ne pas fléchir sous l'action des outils.
Quoique la poupée des tours à poupée mobile puisse, dans des cas exceptionnels, être avancée au point que sa pince se trouve à proximité presque immédiate des outils, elle fait en général tourner l'ex trémité antérieure de la barre à usiner dans un canon intercalé entre la poupée et les outils, ce canon ayant pour effet de tenir fermement l'extrémité de la barre pendant le travail des outils.
En d'autres termes, ce canon joue dans les tours à poupée mobile le rôle de la pince de la poupée dans les tours à poupée fixe, en ce qui concerne la tenue de la barre pendant le tra vail des outils.
Vu la présence de ce canon dans les tours à pou pée mobile, il reste toujours un bout de barre relati vement long qui ne peut plus être usiné, ce bout de barre ayant son extrémité postérieure encore engagée dans la pince de la poupée et son extrémité antérieure dans le champ d'action des outils. Cela suppose donc que ce bout de barre a une longueur égale au moins à la somme de la longueur de la pince de la poupée, de la distance entre cette pince et le canon, qui est en tout cas supérieure à la course axiale de la poupée, et de la longueur du canon.
Or, un tel bout de barre ne peut pas être poussé à travers la pince de la poupée et le canon par une nouvelle barre, principalement parce que les tours automatiques à poupée mobile du type indiqué ci- dessus sont généralement équipés d'un appareil auxi liaire monté sur le bâti du tour en face de la poupée et portant des outils tels que des mèches, des forets, des tarauds, des filières,
destinés à se placer successi- vement dans l'axe de la poupée et du canon pour effectuer des opérations d'usinage sur la pièce en tra vail à l'extrémité de la barre à usiner. Cet appareil auxiliaire se trouve en effet à une distance telle du canon qu'il n'y a normalement pas de place entre ce dernier et les outils de l'appareil auxiliaire pour per mettre au bout de barre devenu inutilisable et qui est encore engagé dans la poupée et le canon, d'être extrait de ces éléments par l'avant du tour.
De plus, les tours automatiques à poupée mobile du type indiqué ci-dessus sont souvent agencés de façon que le burin séparant la pièce usinée de la barre à usiner reste engagé à fond en position de travail, pendant tout le temps que la pince de la poupée s'ou vre et que la poupée recule pour ressaisir la barre et la faire avancer d'un nouveau pas pour usiner une nouvelle pièce. Il s'ensuit que ce burin tient lieu de butée à la barre pendant que la pince de la poupée est ouverte, la barre étant maintenue en contact avec ce burin par le poussoir dudit dispositif de guidage.
Or, si la nouvelle barre à usiner devait extraire le reste de l'ancienne barre, en le poussant vers l'avant du tour, à travers la pince de la poupée et le canon, il ne serait plus possible d'utiliser ledit burin de sec tionnement comme arrêt de barre pendant l'ouverture de la pince de la poupée.
Enfin, dans le cas de barres à usiner de petit dia mètre, la nouvelle barre à usiner ne pourrait pas pousser le reste de l'ancienne barre vers l'avant du tour, à travers la pince de la poupée et le canon, même si aucun appareil auxiliaire n'était placé immé diatement devant le canon et même si ledit burin de sectionnement ne tenait pas lieu de butée à la barre en cours d'usinage, pendant l'ouverture de la pince de la poupée.
En effet, dans l'espace libre qui sépare le canon de la pince de la poupée, l'extrémité anté- rieure de la nouvelle barre ne resterait pas en contact avec l'extrémité postérieure du reste de l'ancienne barre ; l'une ou l'autre desdites barres flamberait et la nouvelle passerait à côté de l'ancienne, sans par venir à la pousser à travers le canon.
Pour éliminer les restes de barres, qui ont rendu impossible jusqu'à présent l'application aux tours à poupée mobile des dispositifs de ravitaillement auto matiques connus dans les tours à poupée fixe, le poussoir du dispositif de ravitaillement selon l'inven tion est agencé de façon à entraîner avec lui le bout de barre restant dans la poupée du tour, lorsqu'il recule sous l'action de son dispositif d'entraînement.
Une forme d'exécution du dispositif de ravitaille ment selon l'invention est représentée, schématique ment et à titre d'exemple, au dessin annexé dans lequel la fig. 1 est une vue générale en élévation d'un tour dont le dispositif de ravitaillement constitue la dite forme d'exécution ; la fig. 2 est une vue en élévation à plus grande échelle et avec certaines parties en coupe de l'arrière du dispositif de ravitaillement représenté à la fig. 1 ; la fig. 3 est une coupe transversale de la fig. 2 ;
la fig. 4 est une coupe transversale de la partie arrière de la fig. 2 ; la fig. 5 montre le poussoir et le moyen permet tant de fixer une barre à usiner à ce dernier ; la fig. 6 est une vue analogue à celle de la fig. 2, mais de l'avant du dispositif ; la fig. 7 est une coupe transversale de la fig. 6, et la fig. 8 est un schéma de certaines commandes électriques.
Le tour automatique représenté à la fig. 1 est du type communément appelé décolleteuse. Il comprend un bâti 1 monté sur un socle 2. Ce bâti 1 porte une poupée 3, un support 4 et un appareil auxiliaire 5.
La poupée 3 est montée sur une glissière longi tudinale 6 du bâti 1 du tour, de façon à pouvoir se déplacer axialement sur le bâti 1. Les mouvements axiaux de la poupée 3 sont commandés à partir d'une came calée sur un arbre 7 pivoté dans des paliers portés par des lunettes solidaires du bâti 1 et situées derrière celui-ci dans la fig. 1, de façon que l'arbre à cames 7 s'étende le long du bâti 1, parallèlement à l'axe de la poupée 3.
Ladite came calée sur l'arbre 7 provoque les déplacements axiaux de la poupée 3 en agissant tout d'abord sur un culbuteur 9, qui est pivoté dans des paliers portés par des supports soli daires du bâti 1, autour d'un axe parallèle à celui de la poupée 3. A l'une de ses extrémités, ce culbuteur 9 porte un bec qui suit les rampes de la came calée sur l'arbre 7, et à son autre extrémité un galet 10, en contact avec un galet 11, porté par le bras horizon- tal d'un levier coudé 12 basculant autour d'un axe transversal 13, dont les paliers sont solidaires du bâti 1 du tour.
Le bras vertical du levier 12 porte un plot 14, dont la distance à l'axe 13 peut être réglée par déplacement à l'aide de la vis 8 de ce plot le long du bras vertical du levier 12. Le plot 14 du levier 12 appuie contre le bord d'une plaque 15a, fixée de façon réglable dans une glissière 15 solidaire du corps de la poupée 3. Le plot 14 pousse ainsi la poupée 3 vers l'avant du tour, contre l'action d'un puissant ressort de rappel (non représenté) agissant sur la poupée, lorsque le levier 12 bascule dans le sens anti-horaire de la fig. 1 sous l'action du culbuteur 9. Ledit ressort de rappel a ainsi pour effet de main tenir, d'une part, les galets 10 et 11 en contact l'un avec l'autre et, d'autre part, ledit bec du culbuteur 9 en contact avec sa came.
La poupée 3 comprend une broche rotative 16 pivotée dans des manchons (non représentés) solidai res du corps de la poupée 3. La broche 16 est entraî née en rotation par une poulie (non représentée) à partir d'un moteur logé dans le socle 2. Cette broche 16 porte une pince à trois mors, dont la fermeture et l'ouverture sont commandées de façon connue à par tir d'une came de l'arbre 7.
Cette dernière est réglée par rapport à la came commandant le culbuteur 9, de façon à provoquer l'ouverture de la pince de la poupée au moment où la came commandant le culbu teur 9 s'apprête à laisser reculer la poupée 3 sous l'action de son ressort de rappel, et de façon à pro voquer la fermeture de ladite pince au, moment où la poupée 3 est arrivée dans sa position arrière extrême sous l'action dudit ressort.
L'extrémité antérieure de la barre à usiner 17, que la broche 16 de la poupée entraîne en rotation, est engagée dans un canon 18 porté par le support 4. Ce canon, qui peut être fixe ou mobile rotativement, sert à tenir l'extrémité antérieure de la barre 17 pen dant que les outils du tour sont en. travail. Ces outils comprennent des burins 19, montés sur des coulis- seaux 20 qui peuvent se déplacer radialement par rapport à l'axe du tour, dans des glissières du sup port 4.
Les burins 19, disposés en éventail sur le sup port 4, sont poussés vers la pièce à usiner à l'extré mité de la barre 17 par des culbuteurs 21 soumis à l'action de cames (non représentées) calées sur l'ar bre 7. Ces burins 19 sont destinés à entrer successi- vement en action pour usiner les faces latérales des- dites pièces.
L'un d'entre eux sert à séparer ces pièces de la barre 17, au fur et à mesure que leur usinage est terminé. La came commandant ce burin de tronçon nement est taillée de façon que ledit burin reste engagé à fond, en position<B>de</B> travail, après le tron çonnement de la pièce usinée, pendant que la pince de la poupée s'ouvre et que la poupée 3 recule sous l'action de son ressort de rappel, jusqu'au moment où cette pince se referme.
Outre les burins 19, le tour représenté comprend encore des outils portés par l'appareil auxiliaire 5 et destinés à travailler en bout, à partir de la face anté rieure des pièces usinées à l'extrémité de la barre 17. A part une filière 22, cet appareil 5 peut encore por ter des mèches ou des. forets en vue de percer des trous axiaux dans les pièces à usiner ; il peut aussi porter un ou plusieurs tarauds, afin de tailler des filets dans l'un ou l'autre desdits trous ; il peut enfin porter d'autres filières que la filière 22, afin de tailler des filets sur plusieurs portées de diamètres différents de la pièce à usiner.
Cet appareil auxiliaire 5 est agencé de façon à amener successivement tous ses outils dans l'axe de la poupée 3. Dans ce but, il peut comprendre une bascule ou un tambour revolver actionnés à partir d'une came portée par l'arbre 7. L'outil de l'appareil 5 qui a été amené dans l'axe de la poupée 3 est alors poussé vers celle-ci, en position de travail, grâce à une came en forme de cloche qui est calée sur l'arbre 7 et qui agit sur ledit outil par l'intermédiaire d'un culbuteur non représenté.
Pour permettre ce mouvement axial des outlis de l'appareil 5 par rapport à la bascule ou au tambour revolver de cet appareil, lesdits outils sont montés dans des broches mobiles axialement et rotativement dans la bascule ou le tambour revolver. Ces broches sont entraînées en rotation par des poulies 23 et 24 que des courroies de transmission 25 relient à une poulie d'entraînement logée dans le socle 2 du tour. Ce socle 2 sert aussi à loger le moteur principal du tour, qui entraîne, d'une part, la broche 16 de la poupée 3 et, d'autre part, l'arbre à cames 7 par l'intermédiaire d'un accouplement débrayable.
Il résulte de la description précédente que toutes les fonctions tant de la poupée 3 que des outils 19, 22, sont commandées à partir de l'arbre à cames 7, dont la vitesse de rotation est réglée de façon qu'un tour de cet arbre corresponde à un cycle complet d'opérations d'usinage destinées à usiner une pièce à l'extrémité de la barre 17. Le mouvement relative ment lent de l'arbre 7 est toutefois indépendant du mouvement de rotation de la broche 16 de la poupée 3. La rotation de l'arbre 7 peut en particulier être suspendue par débrayage dudit accouplement, tout en laissant la broche 16 de la poupée 3 continuer à tourner.
Pendant le travail, la partie des barres à usiner 17, qui se trouve à l'arrière de la poupée 3, est sou tenue par un dispositif de guidage situé dans le pro longement du bâti 1 du tour, derrière la poupée 3 de celui-ci. Ce dispositif de guidage comprend essentiel lement un tambour revolver 26 et il présente un tube 27 à son extrémité antérieure, qui est fixé à une potence 28 solidaire du bâti 1 du tour. Ce tube 27 assure la liaison entre le tour et le tambour 26. Il peut être déplacé pour permettre la mise en place des bar res dans le tambour 26.
Ce dernier est composé de plusieurs tubes de guidage fendus 29, réunis à leurs extrémités par des flasques 30 pivotés sur des touril lons portés par des supports 31 fixés à des montants 32. Pour éviter tout fléchissement du tambour 26 entre ses extrémités, celui-ci pourrait aussi être agencé de façon à pouvoir être soutenu de place en place par des montants intermédiaires.
Un poussoir présentant une tige 33 et un papillon 34 (fig. 5) solidaire de cette tige est engagé dans chacun des tubes 29. La tige 33 de chacun de ces poussoirs présente un trou axial taraudé 35 à son extrémité antérieure, dans lequel peut être engagé un manchon fileté 36. Ce dernier sert à rendre une barre à usiner 17 axialement solidaire du poussoir (33, 34). Dans ce but, la barre 17 présente un renflement 37 à son extrémité postérieure, qui peut être obtenu par écrasement de cette extrémité de la barre.
Le man chon 36 a un diamètre légèrement supérieur à celui de la barre 17 et le renflement 37 s'étend librement dans l'espace laissé au fond du trou 35 par le man chon 36, afin que la barre 17 puisse tourner libre ment par rapport au poussoir (33, 34).
Les papillons 34 présentent une découpure 38, dans laquelle peut s'engager une aile 39 d'un curseur 40 guidé sur une barre carrée 41, fixée aux supports 31, au-dessus du tambour 26. Le curseur 40 est placé sous l'action permanente d'un contrepoids. 42 par l'intermédiaire d'un fil 43, attaché à ces deux élé ments et guidé sur des poulies de renvoi 44. Le contrepoids 42 tire ainsi le curseur 40 vers l'avant du tour. La barre 41 est disposée par ailleurs de façon que l'aile 39 du curseur 40 puisse s'engager dans la découpure 38 du papillon du poussoir qui se trouve dans le tube 27 du tambour 26 occupant la position supérieure de ce dernier.
Comme on le voit à la fig. 1, le tube 27 occupant cette position supérieure est coaxial à la poupée 3 du tour, et c'est sa barre 17 qui est en travail. Le curseur 40 a son aile 39 engagée dans la découpure 38 du papillon du poussoir de ce tube 27. Le contrepoids 42 fait par conséquent appuyer la tige 33 de ce poussoir contre l'extrémité postérieure de la barre 17. L'extrémité renflée 37 de la barre 17 pivote ainsi dans un siège conique 45 formé par le fond du trou 35.
Le contrepoids 42 doit être choisi assez grand pour que la pression qu'il exerce sur le poussoir (33, 34) suffise à maintenir la barre à usiner 17 en con tact avec le burin de tronçonnement, lorsque la pou pée recule après l'usinage d'une pièce à l'extrémité de cette barre 17, pour ressaisir cette dernière dans sa pince en vue de commencer l'usinage d'une nouvelle pièce à l'extrémité de ladite barre. Le contrepoids 42 ne doit cependant pas exercer une pression trop forte sur l'extrémité postérieure de la barre 17, sinon il ris querait de faire flamber cette barre.
Il ressort de la description précédente que la barre à usiner 17 et, par conséquent, le poussoir (33, 34) agissant sur l'extrémité postérieure de cette barre avancent pas à pas à chaque cycle complet d'opéra tions du tour, chaque pas correspondant à un mou vement d'avance de la poupée 3 à partir de sa posi tion arrière extrême jusque dans sa position avant extrême, car ledit poussoir reste évidemment immobile chaque fois que la poupée recule.
Il arrive ainsi un moment où l'extrémité antérieure de la tige 33 du poussoir arrive à proximité de la pou pée 3. Si la broche 16 de celle-ci a une ouverture cen trale de diamètre suffisant, la tige 33 pourra encore entrer dans cette broche 16 et continuer à pousser la barre à usiner 17 jusqu'au moment où l'extrémité antérieure de cette tige 33 arrive derrière la pince de la poupée. A ce moment-là, le poussoir (33, 34) occupe sa position le plus avancée possible. Cela n'aurait en effet aucun sens de faire entrer la tige 33 dans la pince de la poupée, car cette pince ne tiendrait alors plus la barre à usiner et cette dernière ne serait par conséquent plus entraînée en rotation.
Lorsque le poussoir (33, 34) s'approche de sa position le plus avancée sous l'action du contrepoids 42, le curseur 40 déclenche des organes de commande décrits ci-après, qui ont entre autres pour effet de mettre en marche un moteur auxiliaire 46 destiné à ramener le curseur 40 dans sa position arrière ex trême. Ce recul du curseur 40 par le moteur 46 est assuré par une chaîne sans fin 47 passant, à l'avant du dispositif de guidage, sur un renvoi 48 pivoté sur le support antérieur 31, et, à l'arrière du dispositif, entre deux renvois 49, autour de deux renvois 50 pivotés tous quatre sur le support postérieur 31. Cette chaîne 47 est entraînée en rotation par le moteur 46 toujours dans le même sens, indiqué par la flèche a, par l'intermédiaire d'une courroie de transmission 51.
La chaîne 47 porte un doigt 52 fixé à l'un de ses maillons et s'étendant transversalement, par l'intermé diaire duquel elle commande différentes fonctions du dispositif de ravitaillement lorsqu'elle est actionnée par le moteur 46. En particulier, ce doigt 52 provoque le mouvement de recul du curseur 40 et, par consé quent du poussoir (3.3, 34) auquel il est relié, de sa position le plus avancée à sa position arrière extrême, quand la barre à usiner 17, associée à ce poussoir (33, 34), a été usinée au maximum; il contrôle l'avance du poussoir de la nouvelle barre à usiner jusqu'au moment où cette barre arrive dans la pince de la poupée, et il commande l'opération de nom- brage du tambour 26.
Cette dernière opération est effectuée notamment par des organes représentés à la fig. 4. Comme on le voit dans cette figure, le tambour 26 est maintenu normalement dans une position déterminée par une ancre 53 agissant sur une étoile 54 solidaire du tam bour 26. Un bec 55 de l'ancre 53 est engagé à fond entre deux pointes de l'étoile 54 et maintenu dans cette position. par un. ressort 56, agissant sur l'ancre 53. L'écartement des deux becs 55, 57 de l'ancre 53 est choisi de façon que cette ancre embrasse un peu plus de deux pointes et demie de l'étoile 54. Cela signifie que dans la position représentée, le bec 57 de l'ancre 53 se trouve en regard d'une face inclinée d'une pointe de l'étoile 54, au voisinage de cette pointe.
Une bielle 58 est articulée par une extrémité sur l'ancre 53, de façon à pouvoir actionner cette der nière à l'encontre du ressort 56. A son autre extré mité, la bielle 58 est elle-même articulée à un levier 59 présentant un bras 60 s'étendant dans le chemin du doigt 52 de la chaîne 47. Lorsque le doigt 52 arrive ainsi en contact avec le bras 60, il fait pivoter le levier 59 autour de la portée d'une vis 61, en tirant la bielle 58 vers le haut. Celle-ci fait à son tour pivoter l'ancre 53 autour de la portée d'une vis 62, contre l'action du ressort 56.
Durant ce mouvement de l'ancre 53, le bec 57 glisse tout d'abord sur le flanc 63 de la pointe de l'étoile 54, en regard duquel il se trouvait, tandis que le bec 55 gravit le flanc de la pointe 64 et passe par-dessus le sommet de cette pointe. A ce moment-là, le doigt 52 de la chaîne 47 passe à côté du bras 60, de sorte que l'ancre 53 est abandonnée au ressort 56, qui fait descendre le bec 55 de cette ancre sur l'autre flanc de la pointe 64, jusqu'à ce qu'il arrive au fond de la découpure formée entre cette pointe 64 et la suivante. Dans cette nouvelle position, le tube suivant du tambour 26 est arrivé dans sa position supérieure.
La fonction. décrite de l'ancre 53 est possible, grâce à la disposition des deux becs 55 et 57 par rap port à l'axe de pivotement de l'ancre 53 et du tam bour 26. La mise en marche et l'arrêt du moteur 46 sont commandés par des organes électriques représentés dans le schéma de la fig. 8. Ce moteur est alimenté par une ligne triphasée 65, dans laquelle sont interca lés un interrupteur manuel 66 et un interrupteur auto matique 67. Ce dernier est commandé par la bobine d'un relais 68, branchée sur une ligne secondaire d'alimentation 69, qui pourrait, par exemple, être dérivée de deux des phases de la ligne 65. L'alimen tation du relais 68 est contrôlée principalement par trois contacts 70, 71, 72.
Le contact 70 est monté sur le support antérieur 31 du dispositif de ravitail lement, de façon à pouvoir être actionné par le doigt 52 de la chaîne 47. Le contact 71 est également monté sur le support antérieur 31, mais de façon à pouvoir être actionné par le curseur 40, quand celui- ci arrive dans, sa position avant extrême. Enfin, le con tact 72 est monté sur le bâti 1 du tour (fig. 1) au voi sinage d'une came 73 calée sur l'arbre 7, et destinée à actionner ce contact 72.
Dans ce but, la came 73 présente une rampe d'actionnement orientée de façon à fermer le contact 72 au moment où la pince de la broche 16 s'ouvre pour permettre à la poupée 3 de reculer à la fin d'un cycle d'opérations d'usinage du tour. Tandis que les deux contacts 71 et 72 sont sim ples, le contact 70 est double. Dans sa position dépla cée, représentée à la fig. -1, il assure l'alimentation d'un redresseur 74 à pastilles de sélénium servant à alimenter un relais temporisé 75. Ce relais 75 est destiné à fermer le contact 76 branché en parallèle avec le contact normalement fermé par l'organe mobile du contact 70.
Lorsque le relais 68_est excité, il ferme non seule ment l'interrupteur 67, mais aussi un contact 77 bran ché en série dans la ligne d'alimentation 69 du relais 68 avec le contact normalement fermé par l'organe mobile du contact 70.
Dans la position représentée à la fig. 8, les orga nes de commande électrique du dispositif de ravitaille ment sont dans la position qu'ils occupent lorsque le curseur 40 est arrivé dans la position représentée à la fig. 6.
Le doigt 52 de la chaîne 47 est sur l'organe mobile du contact 70 et maintient celui-ci en position déplacée. D'autre part, le curseur 40 est sur le con tact 71 et le maintient fermé. Les outils du tour ter minent leurs opérations d'usinage sur la dernière pièce usinable à l'extrémité de la barre 17 associée au pous soir (33, 34) que le curseur 40 a fait avancer dans la position représentée. Dans cette position, le contact 70 alimente le redresseur 74, de sorte que le relais 75 est excité ; le contact 76 est donc fermé.
Le circuit du relais 68 est cependant encore ouvert à cause du contact 72, de sorte que l'interrupteur 67 est égale ment ouvert. Au moment où les outils 19 et 22 du tour ont terminé leur cycle d'opérations, c'est-à-dire au moment où le burin sectionnant la dernière pièce usinée à l'extrémité de la barre 17 est arrivé à fin de course, la came 73 ferme le contact 72. Le circuit de la bobine du relais 68 est alors fermé par le contact 76, le contact 71, le contact 72 et un contact 78 placé sous l'action d'un déclencheur thermique 79.
Aussitôt que le relais<B>68</B> est excité, il ferme l'inter rupteur 67 ainsi que le contact de maintien 77. Le moteur 46 se met alors aussitôt en marche et com mence à déplacer la chaîne 47 dans le sens de la flèche a. Le doigt 52 porté par un maillon de cette chaîne quitte par conséquent l'élément mobile du contact 70, qui revient alors aussitôt dans sa position normale. Pendant ce déplacement, le relais 75 n'est plus alimenté par le redresseur 74, mais par un con densateur électrolytique 80 monté en parallèle avec ce redresseur. Ce condensateur 80 maintient le relais 75 excité suffisamment pour que le contact 76 reste fermé pendant que l'élément mobile du contact 70 passe de sa position déplacée à sa position normale.
Le circuit du relais 68 est alors fermé par les contacts 76, 77 et 78. Quand le contact mobile 70 est arrivé dans sa position normale, le relais 75 peut alors relâ cher le contact 76 sans que le circuit du relais 68 soit ouvert ; ce relais est alors alimenté à partir de la ligne 69 par les contacts 70, 77 et 78. Il en résulte que le moteur 46 reste en marche jusqu'au moment où le contact 70 est actionné à nouveau, à moins qu'on n'actionne manuellement l'interrupteur 66 ou que le déclencheur thermique 79 ne permette au contact 78 de s'ouvrir.
Lorsque le doigt 52 commence à se déplacer vers l'arrière, il rencontre bientôt une paroi latérale 81 du curseur 40 et commence alors à entraîner celui-ci avec lui vers l'arrière du dispositif de ravitaillement. Le manchon 36, qui emprisonne le renflement 37 de la barre à usiner, entraîne le reste de cette barre avec le poussoir (33, 34) vers l'arrière du tambour 26, en faisant sortir ce reste de barre du canon 18, puis de la pince de la poupée 3. Le doigt 52 entraîne ainsi le curseur 40 jusque dans la position représentée à la fil-. 2.
Après avoir passé sur le renvoi supérieur 49 et au moment où le maillon portant le doigt 52 s'ap prête à passer autour du renvoi supérieur 50, le doigt 52 passe au-dessus du bord supérieur 82 de la paroi latérale 81 du curseur 40. Le curseur 40 est alors maintenu dans cette position arrière extrême par un ressort 83 monté sur le support 31. Ce ressort, qui peut s'engager librement dans une ouverture 84 du curseur 40, lorsque ce dernier recule dans sa posi tion extrême, reste alors emprisonné dans cette ouver ture grâce à un double coude à l'équerre qu'il pré sente. En continuant sa course, le doigt 52 tourne autour du renvoi supérieur 50, puis rencontre le bras 60 du levier 59.
Il fait alors basculer l'ancre 53 de la façon décrite ci-dessus, ce qui fait avancer le tambour 26 d'un pas et amène le tube 29 suivant dans l'axe de la poupée 3 du tour. Comme on le voit à la fig. 2, en effectuant son mouvement de rotation, le tambour 26 amène la découpure 38 du papillon du poussoir du tube suivant en prise avec l'aile 39 du curseur 40. En poursuivant sa route, le doigt 52 passe alors autour du renvoi 50 inférieur, puis revient sur le ren voi 49 inférieur, en passant alors par-dessous le bord inférieur 85 de la paroi 81. Ce doigt 52 revient ainsi devant le curseur 40.
A ce moment-là, il rencontre le ressort 83 qu'il soulève, en libérant le curseur 40e, qui peut à nouveau avancer sous l'action du contre poids 42. Ce curseur 40 ainsi libéré ne peut toutefois pas effectuer un bond vers l'avant au risque d'amener l'extrémité de la nouvelle barre à usiner brutalement contre le burin 19 de sectionnement des pièces usi nées, qui se trouve toujours dans le chemin desdites barres,
afin de déterminer avec précision la position de départ d'un nouveau cycle d'opérations d'usinage sur une première pièce à l'extrémité de la nouvelle barre. Le doigt 52 retient en effet le curseur 40 con tre l'action du contrepoids 42 et ne lui permet d'avan cer qu'au rythme du moteur auxiliaire 46. Lorsque la nouvelle barre à usiner arrive en contact avec ledit burin 19, le doigt 52 continue seul sa course vers l'avant, le long du brin inférieur de la chaîne 47, jus qu'à ce qu'il arrive sur l'organe mobile du contact 70, après avoir passé autour du renvoi antérieur 48. Dès que ce contact 70 est actionné, le circuit d'ali mentation du relais 68 est interrompu.
L'interrupteur 67 ainsi que le contact de maintien 77 sont alors relâ chés et le moteur 46 s'arrête. Il convient de noter que le relais 75, qui commence à être excité au moment où l'élément mobile du contact 70 arrive en position déplacée, n'attire pas le contact 76 en position fermée assez tôt pour que ce contact ait le temps de main tenir le relais 68 excité et le contact 77 ainsi que l'in terrupteur 67 fermés. Dans ce but, il suffit que le relais 75 soit suffisamment retardé à l'attraction par le condensateur électrolytique 80. Le dispositif de ravitaillement décrit a alors ter miné son cycle d'opérations.
Le tour peut usiner une nouvelle série de pièces à partir de la barre du tube supérieur 29, jusqu'à ce que le curseur 40 atteigne la position de la fig. 6, dans laquelle il déclenche un nouveau cycle de ravitaillement de ce dispositif.
Il est évident que, pendant tout le temps que la chaîne 47 actionne le curseur 40, l'arbre à cames 7 du tour est arrêté. Les moyens de commande de l'ar rêt de cet arbre ne sont toutefois pas représentés ; ils peuvent agir par l'intermédiaire d'un électro-aimant associé au circuit de la fig. 8, agissant sur un accou plement intercalé entre le moteur principal du tour et l'arbre 7.
Lorsque toutes les barres du tambour 26 ont été usinées, il faut alors arrêter le tour et recharger le tambour 26. Pour cela, il suffit de retirer le tube de guidage 27 et de déplacer éventuellement le montant antérieur 32 pour faire déboucher les tubes 29 à côté du bâti 1 du tour. En actionnant alors le moteur 46 à la main, à l'aide de l'interrupteur 66, on peut ame ner successivement chacun des poussoirs (33, 34) dans sa position la plus avancée, dans laquelle le reste de barre encore engagé par le manchon 36 à l'extrémité de ce poussoir fait saillie à l'avant du tube 29 supérieur du tambour 26. Le manchon 36 peut alors être dévissé, le reste de la barre 27 éliminé et une nouvelle barre mise en place.
Après avoir re chargé successivement chacun des tubes 29 du tam bour 26 de la façon décrite, le tambour 26 peut être remis en place ; le tour est alors prêt à repartir. Il suffit pour cela que le moteur 46 amène encore le doigt 52 sur l'élément mobile du contact 70.
Au lieu de ce rechargement manuel du tambour 26, on pourrait naturellement aussi prévoir de rechar ger les tubes 29 de ce tambour de manière automati que, dans une autre station que la station supérieure. Il suffirait pour cela de prévoir tout d'abord un autre mode d'accouplement entre le poussoir et les barres, puis une fente longitudinale suffisamment large dans les tubes 29 pour qu'une nouvelle barre puisse être introduite latéralement dans ces tubes.
Le nombrage du tambour 26 pourrait aussi être assuré par d'autres moyens que l'ancre décrite. Ainsi, ce tambour pourrait être actionné pas à pas par des organes de commande hydrauliques ou électriques.
Le dispositif de ravitaillement automatique décrit ne prévoit pas l'arrêt de la poupée du tour pendant le ravitaillement. L'huile de lubrification des paliers reste ainsi toujours à la même température. Si un arrêt de la poupée pendant les opérations de ravitail lement était néanmoins désiré, il suffirait d'ajouter un relais au dispositif de commande décrit pour déclen cher ou enclencher un interrupteur intercalé dans le circuit d'alimentation du moteur principal du tour.
L'ensemble des opérations du dispositif de ravi taillement pourrait aussi être commandé à l'aide de dispositifs mécaniques, hydrauliques ou électroniques.
Enfin, au lieu que les poussoirs (33, 34) soient actionnés en avant par un contrepoids et en arrière par un moteur, ils pourraient aussi être actionnés dans les deux sens par d'autres moyens, par exemple un servomoteur actionnant une chaîne sans fin à la quelle les poussoirs seraient attachés ou par des moyens pneumatiques ou hydrauliques.