Procédé pour préparer une nappe destinée à une peigneuse La présente invention a pour objet un procédé pour préparer une nappe destinée à une peigneuse à partir de rubans produits par une opération de cardage.
Les peigneuses couramment utilisées sont incapa bles de traiter des nappes d'un poids beaucoup supé rieur à 56 g/m sans sacrifier la qualité du ruban peigné au point de vue de la netteté et de l'unifor mité. Il semble que cela provienne de la capacité de travail limitée que possèdent les aiguilles du cylindre et du peigne supérieur.
On a trouvé que, avec les mêmes peigneuses, il est possible d'obtenir une production beaucoup plus grande si on leur fournit des nappes préparées d'après le procédé suivant la présente invention, qui se caractérise en ce qu'on étire plusieurs rubans car dés pour améliorer le parallélisme des fibres de ceux- ci et qu'on forme simultanément à partir de ceux-ci une nappe de fibres étirées, on consolide cette nappe en formant un ruban, en ce que, dans une deuxième opération d'étirage, on combine et étire plusieurs des rubans ainsi obtenus pour améliorer le parallélisme des fibres de ceux-ci et former un ruban de fibres étirées, et on superpose plusieurs de ces,
derniers rubans pour former une nappe destinée à la pei- gneuse.
Dans ce qui suit, on a décrit, à titre d'exemple, une mise en oeuvre de ce procédé en se référant au dessin, dans lequel La fig. 1 est une vue schématique de la première phase du procédé.
La fig. 2 est une vue schématique de la deuxième phase et des phases suivantes du procédé. La fig. 3 est une vue schématique d'une nappe de fibres montrant la façon dont sont formés des crochets dans certaines des fibres pendant l'opéra tion de cardage. La nappe de la fig. 3 peut être con- sidérée comme constituée d'un ou plusieurs rubans qui ont été formés par la machine à carder.
La fig. 4 est une vue schématique et idéalisée des fibres d'une nappe après qu'elles ont été pei gnées en parallélisme parfait et où aucune des fibres n'est crochetée.
La matière première est composée de rubans cardés. Il est bien connu que le ruban produit par la machine à carder contient beaucoup de fibres qui sont pliées et ont ainsi la forme d'un crochet. Si la tête de la courbe du crochet de la fibre s'étend dans le sens de déplacement du ruban sortant de la carde, il est appelé un crochet dirigé vers l'avant. Si, au contraire, la tête de la courbe s'étend dans le sens opposé, il est appelé un crochet dirigé vers l'arrière. Il est généralement admis que les rubans cardés con tiennent un nombre prédominant de crochets dirigés vers l'arrière. Ces crochets sont indiqués par la lettre A, fig. 3.
Se référant à la fig. 3, les crochets dirigés vers l'avant sont indiqués par la lettre B et ces lettres de référence désignent les crochets des deux types placés quelque peu au hasard dans la nappe. Lors que les fibres sont étirées, c'est-à-dire lorsque la nappe est placée sous tension de sorte que ses fibres glissent l'une par rapport à l'autre dans le sens de la traction, les mouvements relatifs entre les fibres tendent à redresser les crochets dirigés vers l'arrière. Les crochets dirigés vers l'avant, pendant un tel mouvement relatif, ne tendent pas à se redresser et sont seulement redressés lorsque les mouvements des fibres sont dans le sens, opposé pendant l'opération d'étirage.
Ceci ressort de la fig. 4 qui est une vue idéalisée des fibres de la nappe après qu'elles ont été peignées en parallélisme parfait et où aucune des fibres n'est crochetée. On se rendra compte, bien entendu, que l'éti rage des fibres ou nappes a pour but de placer les fibres en meilleur parallélisme.
Ainsi, lorsque les fibres d'un ruban cardé sont soumises à des opéra tions d'étirage, il est préférable d'exécuter au moins deux étirages. Etant donné que le produit de la carde est un ruban qui est reçu dans un pot, l'opé ration exécutée sur le ruban à la suite de l'opération de cardage tirera le ruban dans un sens opposé à celui dans lequel il s'est déplacé dans la machine à carder. Ceci est vrai parce que l'extrémité du ruban qui pénètre en dernier dans le pot est la première extrémité qui sort.
Dans cette opération, par consé quent, le nombre prédominant de crochets sont les crochets dirigés vers l'avant parce que ces crochets étaient des crochets dirigés vers l'arrière sortant de la carde. Lorsque ces fibres sont étirées, par consé quent, les crochets dirigés vers l'avant ne sont pas touchés et restent des crochets dirigés vers l'avant, rendant ainsi très souhaitable d'exécuter une deuxième opération d'étirage sur les fibres pendant qu'elles se déplacent dans le sens opposé.
Dans la mise en oeuvre que l'on va décrire du procédé selon l'invention, la première phase consiste à faire passer plusieurs de ces rubans à travers la boîte d'étirage d'un banc d'étirage, dans lequel ils sont soumis à un étirage considérable. La nappe de fibres étirées ainsi formée est consolidée pour former un ruban. Ensuite, on fait passer plusieurs de ces rubans à travers la boîte d'étirage d'une machine à doubler pour former un ruban de fibres étirées, les rubans de cette phase étant également soumis à un étirage considérable.
La phase finale du procédé consiste à superposer plusieurs de ces rubans pour former la nappe destinée à la peigneuse.
Sur la fig. 1 du dessin, le chiffre 10 désigne les pots d'où les. .rubans cardés 11 sont amenés à la boîte d'étirage 12 de laquelle ils sortent sous la forme d'une nappe de fibres 13. Chaque nappe est ensuite consolidée au moyen d'entonnoirs 14, pour former des rubans 15 qui sont enroulés dans les pots 16.
Sur la fig. 2 du dessin, on voit un certain nom bre de pots 16 amenant les rubans 15 à la boîte d'étirage 17 d'une machine à doubler les rubans, dans laquelle ils sont de nouveau étirés. Les rubans sortants 18 sont dirigés le long d'une table 19 en position superposée pour former une nappe unique 20 destinée à la peigneuse.
Pour illustrer une application précise du pro cédé, on supposera que la matière première est un ruban de carde de 3,8 g/m. Si alors, comme le mon tre la fig. 1, dix de ces rubans sont fournis à chaque boite d'étirage et que le taux d'étirage est de 7,7, le ruban sortant aura un poids d'environ 4,9 g/m (3,8 multiplié par 10 et divisé par 7,7).
Si alors, comme le montre la fig. 2, dix de ces rubans sont fournis à chacune de ces six boîtes d'étirage de la machine à doubler, avec un taux d'étirage de 4,2, la nappe obtenue aura un poids d'environ 70 g/m (4,9 X 10 X 6 : 4,2). On comprendra que cette nappe n'est pas seulement beaucoup plus lourde que ce que l'on considérait antérieurement comme le maxi mum susceptible d'être travaillé par la peigneuse, sans perte de qualité, mais qu'elle comprend aussi plusieurs fois le nombre normal de doublages, en pratique 600 (10 X 10 X 6) alors que le nombre nor mal est, par exemple, de 120.
Pourtant, comme on l'a dit, on constate que la peigneuse est parfaitement capable de travailler cette nappe plus lourde et, ainsi, d'augmenter proportionnellement sa produc tion. Cela provient évidemment du fait que les étira ges et les doublages relativement élevés utilisés dans ladite mise en oeuvre du procédé donnent une nappe dans laquelle les fibres sont déjà dans un état amé lioré de parallélisme de sorte que, malgré le poids accru de la nappe, les éléments de peignage ne sont pas soumis à une plus grande fatigue que si on leur amenait des nappes préparées par les méthodes usuelles.
En fait, non seulement la peigneuse est capable d'une production plus grande quand on lui fournit des nappes préparées par le procédé décrit mais, par suite du traitement différent et amélioré des fibres de la nappe, de bonnes fibres qui étaient antérieurement entraînées avec les déchets sont maintenant retenues dans le ruban peigné.
On remarquera qu'il y a renversement du sens de déplacement des fibres entre leur étirage dans la première opération précitée (dans la boîte d'étirage 12) et leur étirage dans la deuxième opération (dans la boîte d'étirage 17). En effet, vu que les rubans 15 sont enroulés dans les pots 16, l'opération sui vante exécutée sur ceux-ci impliquera un renverse ment du sens de déplacement de ceux-ci de même qu'une nouvelle orientation des fibres (c'est-à-dire les extrémités des fibres qui étaient dirigées vers l'avant deviennent maintenant des extrémités diri gées vers l'arrière) et, de cette façon,
les crochets dirigés vers l'arrière qui sont présents dans le ruban cardé tendent à se redresser de sorte que toutes les fibres qui présentaient des crochets dirigés vers l'ar rière se trouvent parallèles aux fibres adjacentes.
Comme on le comprendra, les chiffres précités servent uniquement d'exemple. En fait, bien entendu, la matière première varie, par suite des longueurs et du caractère différents des fibres et, par suite, le poids du ruban cardé varie. Toutefois, on a trouvé que les avantages décrits peuvent être réalisés avec des étirages globaux, dans les deux phases du pro cédé, compris entre 18 et 45 (pas moins de 6 au premier stade et pas moins de 2 au second), et des doublages totaux compris entre 320 et 800.