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Procédé de fabrication de produits textiles comprenant des fibres élastiques synthétiques On connaît des procédés de fabrication de tissus crêpe synthétiques selon lesquels on part d'un fil d'âme synthétique dénué de retrait, on prépare un retors à partir de ce fil et d'au moins un autre fil de nature quelconque, et après fabrication du tissu on soumet ce dernier à un traitement thermique par la vapeur d'eau saturée.
On connaît également un procédé de fabrication de tissus du genre crêpe par utilisation de fibres vinyliques fortement tordues, en alternant dans la fabrication du tissu, des fils torsion S et des fils torsion Z.
On connaît par ailleurs des fils élastiques comprenant un fil élastique retordu avec un autre fil, ces deux fils étant proportionnés de façon que, à l'état détendu du fil élastique, le fil d'enrobage soit enroulé autour du fil élastique de façon à former de nombreuses boucles.
On a maintenant trouvé un procédé utilisable pour des matériaux synthétiques très élastiques et notamment de matériaux à base de polyuréthane, tels que les fibres qu'on peut trouver actuellement sur le marché sous les appellations commerciales Lycra , Vyrène > et T 1700 r. Selon le procédé de l'invention, on donne à un fil d'âme synthétique, rétractile à la chaleur, une torsion supérieure à sa torsion de filature,
on forme un retors en assemblant ce fil avec au moins un fil d'enro- bage préalablement tordu à un taux inférieur à celui du fil d'âme, on forme de la même manière un retors symétrique,
on fabrique un tissu ou tricot en alternant les retors symétriques et l'on soumet le tissu ou tricot à un traitement par la chaleur humide au cours duquel la température est portée brusquement et pendant quelques minutes seulement jusqu'à la température maximum de retrait total sans dégradation de la fibre textile la plus fragile constituant le tissu ou tricot ;
ce procédé est caractérisé en ce que l'âme est en matériau élastique, en ce que le retordage de l'âme et du fil d'enrobage est effectué par moulinage et en ce que la torsion d'assemblage est en sens inverse de la torsion de l'âme élastique, ces fils étant proportionnés de sorte que, à l'état contracté du fil élastique, le fil d'enrobage forme de nombreuses boucles.
Un tissu au moins partiellement élastique, c'est- à-dire formé de fils élastiques éventuellement adjoints à des fils conventionnels suivant une direction au moins, trame et/ou chaîne, peut être obtenu en conformité avec le procédé décrit plus haut, en respectant les modalités particulières suivantesTout d'abord, le fil élastique subit une opération de moulinage destinée à accroître sa torsion et au cours de laquelle on combine une croisure élevée et une vitesse de broches élevée, en prenant soin d'avoir une tension bien constante. Le fil élastique ainsi tordu est réceptionné,
par exemple sur des tubes métalliques.
Ce fil élastique est ensuite assemblé par torsion avec au moins un fil non spécialement élastique. Le retordage peut se faire avantageusement par la méthode du fuseau creux, ce dernier étant traversé par le fil élastique dont on peut dire - par analogie avec le guipage - qu'il constitue l'âme du retors. La tension du fil classique constituant l'enrobage est rendue bien constante car celle du fil élastique peut varier légèrement.
On veille à produire dans des conditions identiques à tous points de vue (vitesses, tensions, réglage des embarrages, dureté des roquets) des retors S et Z par- faitement symétriques, de façon à obtenir des tissus ou tricots parfaitement unis.
La torsion d'assemblage présente une valeur préférable non seulement lorsque les tors ont un même sens de torsion opposé à celui d'assemblage, auquel cas cette valeur est voisine de 1700 tours par mètre, mais également lorsque les tors ont des sens de torsion opposés, auquel cas cette valeur est voisine de 650 tours par
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mètre dans le sens opposé à celui du tors le plus tordu. Ces valeurs préférables sont indépendantes du titre des tors contrairement à ce qu'enseigne la loi de Koechlin.
Le procédé de l'invention permet d'assembler un fil en matériau très élastique avec un autre fil peu ou pas extensible qui peut être de nature quelconque, c'est- à-dire synthétique ou naturel, teint ou écru, fantaisie ou régulier, rétracté ou vierge de tout retrait, continu ou discontinu et plus ou moins tordu.
En agissant sur la torsion d'au moins un des tors du retors, on peut régler les caractéristiques élastiques de ce fil. Par exemple, en augmentant la torsion du fil élastique seul et en diminuant la torsion du retors, au moins séparément, on diminue l'extensibilité de ce retors et on accroît sa force de rétention pour une élongation donnée. Inversement, en diminuant la torsion du fil élastique seul et en augmentant la torsion du retors séparément ou simultanément, on accroît l'extensibilité et on diminue la force de rétention dudit retors pour une élongation donnée.
II est d'ailleurs encore possible de modifier, donc de régler l'élasticité des tissus par une technique de tissage convenable venant compléter les résultats qui découlent du moulinage.
Jusqu'à ce jour, les fils composés d'un matériau synthétique très élastique étaient réalisés par la technique du guipage suivant laquelle on enroule de nombreuses spires d'un fil d'enrobage autour d'une âme non tordue. De tels fils sont réputés d'un tissage très délicat, voire impossible, car les spires tendent à glisser le long de l'âme relativement lisse qu'est le fil élastique et à s'accumuler en favorisant la rupture du fil, sans contrôle possible de l'allongement élastique.
L'âme du retors utilisé dans le procédé selon l'invention est un fil crêpe qui peut être très tordu. Par ailleurs, l'enrobant est monté sous une tension bien constante. Ces deux caractères réunis évitent les inconvénients cités pour les fils guipés. En outre, l'allongement des retors ainsi réalisés est limité par l'allongement de leurs enrobants, d'où résulte la possibilité de contrôler l'élasticité de ces retors.
En plus des avantages de manipulation qui viennent d'être exposés, le retors élastique utilisé dans le procédé conforme à la présente invention présente un aspect floconneux remarquable produit par le fil d'enrobage si on laisse s'effectuer la rétention naturelle de son âme. Cet effet particulier se manifeste déjà sur le tricot ou le tissu réalisé dès la tombée du métier mais il est accentué par le traitement thermique.
L'élasticité des produits textiles obtenus est rendue constante et permanente dans le tissu fini par le choc thermique. Il est possible de lui donner des caractéristiques très différentes suivant l'emploi auquel on destine le tissu ou le tricot, et de soumettre ces produits textiles à des traitements classiques de teinture ou d'apprêt altérant peu cette élasticité.
Les fig. 1 à 3 représentent à grande échelle un fil retors élastique obtenu au cours du procédé selon l'invention, à l'état libre, à l'état moyennement tendu et sous sa tension de tissage ou de tricotage, respectivement.
Ce retors élastique a un aspect caractéristique qui dépend d'ailleurs de sa tension et qui apparaît sur le dessin annexé. Sur la fig. 1, le fil est à l'état libre, non tendu et forme de nombreuses boucles. Sur la fig. 2 correspondant à une tension moyenne, des boucles apparaissent encore qui expliquent l'aspect floconneux des tissus réalisés avec ce retors. Sur la fig. 3, le fil est prêt à être utilisé sur le métier et sa tension est encore supérieure, quoique la valeur particulière choisie puisse encore être dépassée.
Le tissage ou tricotage se fait en effet aisément à la condition de répartir aussi également que possible l'effort de tension entre les tors, ce qui se produit à une valeur bien inférieure à celle que peut supporter la partir du retors formée de matériaux non élastiques. L'état d'équilibre réalisé prévient tout refoulement de l'enrobage autour de l'âme élastique avec formation de boucles et cassure.
Le tissu ou tricot obtenu est ensuite traité thermiquement à l'état lâche et sans pli, la température de traitement pouvant atteindre durant quelques dizaines de secondes la température de retrait total sans dégradation de la fibre textile la moins résistante. La montée en température et le refroidissement sont effectués aussi rapidement que possible. Exemple 1 A partir d'un fil élastique 70 deniers multibrins, vierge de tout retrait, on fabrique un fil crêpe torsion S 2200 t/m.
Avec ce même fil, on fabrique un fil crêpe torsion Z 2200 tfm.
Ces fils crêpe sont retordus avec un fil d'enrobage en polyamide, suivant le tableau d'assemblage ci- dessous
EMI2.84
<tb> Composantes <SEP> Retors
<tb> Ame <SEP> <SEP> Lycra <SEP> <SEP> 70 <SEP> drs. <SEP> 2.200 <SEP> t/m <SEP> S
<tb> 650 <SEP> t/m <SEP> Z
<tb> Enrobant <SEP> nylon <SEP> 70 <SEP> drs. <SEP> 650 <SEP> t/m <SEP> Z.
<tb> ------------------
<tb> Ame <SEP> <SEP> Lycra <SEP> <SEP> 70 <SEP> drs. <SEP> 2.200 <SEP> t/m <SEP> Z
<tb> 650 <SEP> t/m <SEP> S
<tb> Enrobant <SEP> nylon <SEP> 70 <SEP> tirs. <SEP> 650 <SEP> t/m <SEP> S
On fabrique à partir de ces fils un tissu comprenant en chaîne alternativement un fil S et un fil Z, la trame étant constituée par des fils de laine.
Le tissu obtenu est traité thermiquement à 118r C, pendant 1 minute, la montée en température durant 30 secondes.
Exemple Il On fabrique deux fils retors suivant le tableau d'assemblage ci-dessous
EMI2.90
<tb> Composantes <SEP> Retors
<tb> Ame <SEP> <SEP> Lycra <SEP> <SEP> 70 <SEP> dirs. <SEP> 650 <SEP> t/m <SEP> S. <SEP> ...
<tb> 650 <SEP> t/m <SEP> Z
<tb> Enrobant <SEP> nylon <SEP> 70 <SEP> drs. <SEP> 200 <SEP> t/m <SEP> Z... <SEP> ..
<tb> ------------------
<tb> Ame <SEP> <SEP> Lycra <SEP> <SEP> 70 <SEP> drs. <SEP> 650 <SEP> t/m <SEP> Z
<tb> 650 <SEP> t/m <SEP> S
<tb> Enrobant <SEP> nylon <SEP> 70 <SEP> drs. <SEP> 200 <SEP> t/m <SEP> S
On fabrique un tissu taffetas dont la chaîne comprend alternativement un retors S, un retors Z, la trame étant en polyester-viscose. Le traitement thermique est identique à celui de l'exemple I.
Le tissage ou le tricotage des retors ainsi réalisés a lieu, après stabilisation thermique du fil et ensimage abondant avec un produit à base d'huile de lin, en res-
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pectant la condition d'égalité de tensions pour les tors exposés plus haut. On peut incorporer au tissu ou au tricot des fils non spécialement élastiques.
Les retors composites peuvent être indifféremment employés en tricotage ou en tissage, toujours symétriquement, avec une extrême variété d'armures. Ils peuvent être alternés entre eux ou avec des fils classiques.
Les tricots ou tissus réalisés ont, en plus de leur aspect déjà décrit, une élasticité plus ou moins importante. Il va de soi que si l'on ne recherche que l'élasticité pure, sans l'effet crêpe,\ il suffit d'utiliser des retors conformes à l'exemple II. Cette élasticité peut correspondre à un pourcentage plus ou moins élevé de fils élastiques orientés suivant une direction seulement du produit textile obtenu et au besoin alternés avec des fils différents. Elle peut également correspondre à des pourcentages de fils élastiques plus ou moins élevés, ces fils étant orientés suivant les deux directions du textile et lesdits pourcentages pouvant différer en trame et en chaîne.
On peut obtenir des tissus ou tricots élastiques d'aspect mousseux en combinant les retors élastiques, au tissage, en alternance avec des fils multibrins faiblement tordus et à nombre de brins relativement élevé, avec des fils contenant des fibres discontinues, à toucher laineux, en particulier la fibre en acrylonitrile connue sous la dénomination commerciale Orlon, ou même avec des fils à base de fibres naturelles.
Il suffit de combiner ces deux possibilités pour obtenir des crêpes élastiques d'aspect mousseux.