Utilisation d'un tamis moléculaire comme milieu adsorbant
La présente invention concerne l'utilisation, comme milieu adsorbant pour séparer, d'un mélange gazeux ou liquide, une des substances de ce dit mélange d'une zéolite de tétraméthylammonium cristalline synthétique.
L'expression zéolite y désigne d'une façon générale un groupe d'aluminosilicates métalliques hydratés rigides cristallins à trois dimensions, dont certains existent dans la nature et certains ont été obtenus synthétiquement. Les matières de zéolites synthétiques de la présente invention ont des différences significatives quant à leurs propriétés par rapport aux zéolites naturelles et autres zéolites synthétiques. Pour plus de commodité et pour pouvoir les distinguer, les matières synthétiques utilisées selon la présente invention seront désignées ciaprès par zéolite N-A, dans laquelle l'expression N désigne des espèces cationiques substituées par un ion téraméthylammonium, et A désigne le type de structure zéolitique contenant le cation tétraméthylammonium.
Les zéolites cristallines consistent fondamentalement en un réseau ouvert à trois dimensions de tétraèdres de
SiO4 et A104. Les tétraèdres sont rétifiés par le partage des atomes d'oxygène, de sorte que le rapport des atomes d'oxygène au total des atomes d'aluminium et de silicium est égal à 2, ou O (Al + Si) = 2. L'électrovalence négative des tétraèdres contenant de l'aluminium est compensée de façon classique par l'inclusion d'ions de métaux alcalins ou de métaux alcalino-terreux dans le cristal à un rapport de
2 A1/(2 Na, 2K, 2Li, Ca, Ba, Sr, etc.) = 1
En outre, il s'est avéré que dans le domaine des zéolites, on peut remplacer dans certaines compositions un cation métallique par un autre par des techniques d'échange appropriées. Par conséquent, on utilise souvent les zéolites cristallines comme agents d'échange d'ions.
On sait également que les structures cristallines des zéolites possèdent des interstices de dimensions moléculaires. Les espaces interstitiels sont généralement occupés par des molécules d'eau. Dans des conditions correctes, à savoir après une déshydratation au moins partielle, on peut utiliser ces zéolites comme adsorbants efficaces, de façon que les molécules de l'adsorbat soient retenues dans les espaces interstitiels. L'accès aux canaux se fait par l'intermédiaire des pores du réseau cristallin. Ces orifices limitent la dimension et la forme des molécules qui peuvent être adsorbées. Une séparation des mélanges des différentes espèces des molécules sur la base des dimensions moléculaires, dans laquelle certaines molécules sont adsorbées par la zéolite activée, tandis que d'autres ne sont pas admises, est par conséquent possible.
C'est cette propriété caractéristique de nombreuses zéolites cristallines qui est à la base de leur désignation de tamis moléculaires . Toutefois, en plus de la dimension et de la forme moléculaire, d'autres facteurs peuvent également influencer l'adsorption sélective de certaines molécules par les tamis moléculaires.
Parmi ces facteurs, on peut citer: l'aptitude à la polarisation et la polarité des molécules de Adsorbant; le degré de non-saturation des adsorbats organiques; la dimension et le pouvoir polarisant des cations interstitiels; la présence des molécules d'adsorbat dans les espaces interstitiels et le degré d'hydratation de la zéolite.
On a préparé un certain nombre de zéolites cristallines synthétiques. Elles se distinguent les unes des autres et des matières naturelles par leur composition, leur structure cristalline, leur faculté adsorbante et d'autres propriétés. Une méthode appropriée permettant de distinguer ces composés est par exemple par leur spectre de diffraction d'une poudre aux rayons X et le rapport de la silice à l'alumine dans la structure cristalline.
L'existence d'un certain nombre de zéolites ayant des propriétés analogues, mais distinguables permet avantageusement de choisir un élément particulier ayant des propriétés optima pour une application particulière.
La présente invention vise l'utilisation, comme milieu adsorbant, de nouvelles zéolites cristallines synthétiques du type des tamis moléculaires, présentant une composition stcechiométrique qui, exprimée par les rapports molaires d'oxydes, est la suivante:
1,0 + 0,1 gl-x) R20 + xM2O] :
A12O8 : 4,25
+ 1,75 SiO2 : yH2O où a R y est un cation de tétraméthylammonium non échangeable, M est un cation d'un métal alcalin échangeable, a x est un nombre entier ayant une valeur comprise entre 0 et 0,99 et y a a une valeur comprise entre 0 et 7, ladite zéolite cristalline synthétique ayant le spectre de diffraction aux rayons X indiqué dans le tableau A ci-après.
Un procédé pour préparer les zéolites définies cidessus consiste à chauffer un mélange de réactifs aqueux appropriés contenant de l'hydroxyde de tétraméthylammonium (CH8)4NOH et des mélanges corrects des oxydes Al203 et SiO2, entre 250 et 1500 C. On place ce mélange dans un récipient fermé fait habituellement en métal ou en verre. On conduit ainsi la réaction de synthèse sous une pression autogène. Pour obtenir les meilleurs résultats, on met en oeuvre le processus de cristallisation à une température de 100O C environ, la pression étant la pression atmosphérique ou une pression correspondant au moins à celle de la tension vapeur de l'eau en équilibre avec le mélange des réactifs à une température supérieure.
On peut avoir recours à un appareil de chauffage approprié quelconque tel qu'une étuve, un bain de sable, un bain d'huile ou un autoclave chemisé.
On poursuit le chauffage jusqu'à ce que la zéolite cristalline voulue se forme. On sépare alors les cristaux de zéolite par filtration et les lave pour les séparer de la liqueurmère de réactifs. On doit laver les cristaux de la zéolite de préférence à l'eau distillée jusqu'à ce que l'eau de lavage effluente, en équilibre avec le produit, présente un pH compris entre 9 et 11.
Des températures de cristallisation inférieures à 250 C nécessitent des durées de cristallisation extrêmement prolongées. Au-dessus de 1500 C, il se forme d'autres aluminosilicates cristallins en des quantités importantes en plus ou à la place de la zéolite N-A voulue.
On peut utiliser des mélanges de réactifs ayant une composition, exprimée en fonction des rapports molaires des oxydes, comprise dans la gamme suivante:
R2O/A12O8 = 1,5 - 3,5 SiO2/AI203 = > 4-10
H2O/A12O8 = 170-460 où R est un ion tétraméthylammonium. On a également cristallisé la zéolite N-A au sein de mélanges de réactifs ayant des rapports molaires de R2O/Al2O3 atteignant 14.
Une gamme préférée des compositions de réactifs initiale est la suivante:
R2O/Al2O1 = 3-3,5
SiO2/Al2O1 = 10 environ
H2O/Al2O3 = 200 environ
De faibles quantités de cations de métaux alcalins dans le mélange des réactifs sont avantageuses, mais il n'est pas nécessaire qu'il existe un pourcentage élevé des cations de métaux alcalins dans le mélange initial des réactifs. La présence de faibles quantités de cations de métaux alcalins diminue dans une grande mesure le temps nécessaire pour former des zéolites cristallines.
On le réalise (1) en préparant la zéolite N-A dans un récipient réactionnel en verre tendre, en utilisant un sol de silice colloïdale ayant de 29,0 à 30,0 % en poids de silice comme source de silice qui contient jusqu'à plusieurs dixièmes de pour cent en poids de NaJ20, (2) en préparant la zéolite N-A dans un récipient réactionnel en acier inoxydable, en utilisant la même source de silice que pour (1) et (3) en utilisant un récipient réactionnel en acier inoxydable, mais en utilisant une source de silice stabilisée par l'ammonium, qui contient moins de 0,01 01% en poids de Na2O.
Les résultats sont les suivants
Tableau I
Essai Température Digestion /o en poids Na2O O/o N-A
No OC Durée Jours Récipient réactionnel dans la source de silice
1 100 3 verre doux 0,5-1,0 100
2 100 6 acier inoxydable 0,5-1,0 50
3 100 77 acier inoxydable < 0, 0,01 0 Une quantité comparable supplémentaire de Na2O a été fournie par le récipient réactionnel en verre doux.
Ainsi, on voit que de petites quantités de sodium réduisent dans une grande mesure la durée au cours de laquelle se produit la cristallisation.
Le mélange des réactifs de l'essai 3 donne finalement de la zéolite cristalline N-A. Dans la gamme de températures comprise entre 100o et 1500 C des durées de cristallisation comprises entre 3 et 8 jours sont appropriées.
La valeur maximum de x pour les zéolites azotées est déterminée par la limitation suivant laquelle, par définition, le nombre minimum des cations tétraméthylammonium par motif, qui est la plus petite entité dans l'ordre de répétition de la structure cristalline, est égal à un. En utilisant cette limitation et la composition du motif et la densité des cations de la structure de la zéolite azotée particulière, on peut calculer la valeur maximum de x. Ce calcul pour la zéolite du type N-A est donné dans le tableau II ci-après.
On peut voir d'après les données ci-dessus que la valeur maximum de x pour une espèce quelconque de zéolite azotée est obtenue au rapport molaire minimum de SiO2/Al208 qui correspond à la densité maximum des cations.
Tableau il
I Il III IV V
Nombre Nombre des Valeur maximum
Nombre total des cations cations d'un de x,
Composition stoechio
des catins d'alkylammonium métal alcalin Colonne V
métrique anhydre en Composition du motif des cations d'alkylammonium métal alcalin Colonne V
rapport d'oxydes anhydre Motif Motif Motif Colonne III
Me2O.Al2O3.2.5SiO2 [Me11][AlO2]11[SiO2]13 11 1 10 0,91 Me2O. Al2O3. 6. 0SiO2 [Me]6[AlO2]6[SiO2]18 6 1 5 0,83
Me Me désigne un cation monovalent.
Le tableau A ci-après indique le spectre de diffraction de poudre aux rayons X de la zéolite N-A.
Pour obtenir les spectres de diffraction de poudre aux rayons X, on a utilisé des techniques classiques. Le rayonnement a été le doublet K-alpha de cuivre; on a utilisé un spectromètre à compteur Geiger avec un enregistreur pour les spectres des tableaux A, B, C, D et E.
On a lu les hauteurs de crêtes I, à partir du graphique du spectromètre. D'après ces hauteurs, on a déterminé les intensités relatives, 100 X IImax., où I max. est l'intensité de la ligne ou crête la plus forte et d (A) est l'écartement entre plans en unités angstroems.
Dans l'exemple 1, le spectre de diffraction a été enregistré avec une caméra à pellicule à rayons X. La technique photographique est en elle-même légèrement moins précise pour la mesure des écartements d et des intensités que la méthode par le spectromètre à compteur Geiger. La technique de rayons X etlou l'appareil particulier utilisé, l'humidité, la température, l'orientation des cristaux de poudre et leur dimension et autres variables, qui sont tous bien connus en pratique et des spécialistes du domaine de la cristallographie ou de la diffraction aux rayons X, peuvent provoquer de faibles variations des intensités et des positions des lignes.
Bien que la zéolite N-A décrite par la présente demande montre certaines similitudes de structure avec la zéolite synthétique ou sous forme sodique du type A (Na2A) décrite par le brevet des Etats-Unis d'Amérique
No 2882243, du 14 avril 1959, la zéolite N-A peut se distinguer entre autres de Na2A et d'autres zéolites et silicates par des différences existant dans son spectre de diffraction de poudre aux rayons X, dans sa composition chimique, ses propriétés d'échange d'ions et ses propriétés d'adsorption.
Les différences significatives entre les écartements d, les intensités relatives et la dimension des motifs des zéolites N-A et Na2A ressortent d'une comparaison du tableau A ci-dessous avec le tableau A du brevet des Etats-Unis d'Amérique No 2882243; par exemple, pour la zéolite N-A, la constante de cellule cubique a0 est de 12,12 À et pour la zéolite Na2A, a0 est de 12,32 ,
Il est aussi important de noter les différences marquées dans les rapports molaires de la silice à l'alumine de la zéolite Na2A et de la zéolite N-A de la présente invention. Le rapport de la silice à l'alumine de la zéolite Na2A varie entre 1,35 et 2, 35 et est habituellement synthétisé à un rapport de 2.
Le rapport de la silice à l'alumine de la zéolite cristalline N-A est compris entre 2,5 et 6,0. Ainsi, pour la première fois on a obtenu une zéolite cristalline hautement siliceuse, présentant certaines similitudes de structure avec la zéolite du type A.
La structure riche en silice de la zéolite N-A assure une augmentation significative de la stabilité de structure par rapport à celle de la zéolite Na1A. ayant une moins forte teneur en silice.
En plus des différences des rapports molaires de
SiO2 à Al2O3 décrits ci-dessus, la zéolite N-A peut se distinguer de la zéolite Na2A sur la base de la composition des cations, comme représenté par la formule générale pour la composition de la zéolite de tétraméthylammonium N-A indiquée ci-dessus. Il est important de noter qu'une forme tétraméthylammonium de zéolite
Na2A ne peut pas être préparée par un procédé d'échange d'ions connu quelconque, attendu que le rayon de l'ion tétraméthylammonium est trop grand pour pénétrer dans les pores de la structure de la zéolite Na, A. Ceci est démontré par l'exemple suivant dans lequel on a traité Na2A par la technique d'échange d'ions courante en utilisant un traitement de la zéolite avec une solution aqueuse d'un sel soluble dans l'eau de l'ion d'échange.
On a traité avec succès la zéolite au sodium A avec des parties d'un litre d'une solution de bromure de tétraméthylammonium IN, on l'a lavée à l'eau distillée jusqu'à ce qu'elle soit débarrassée de l'ion bromure et on l'a analysée quant à sa teneur en azote.
On a trouvé que le produit contient moins de 0,1 % en poids N, ce qui montre qu'il ne s'est produit essentiellement aucun échange d'ions tétraméthylammonium.
La dimension d ucation (CH:3)4N+ est supérieure à la dimension des pores de la structure de la zéolite N-A; par suite, dès que ce cation a été incorporé dans la structure de la zéolite N-A, il ne peut pas être enlevé de cette structure par les techniques classiques d'échange d'ions. Par exemple, en utilisant le processus d'échange d'ions décrit ci-dessus, le traitement par des solutions de chlorure de calcium et de chlorure de sodium n'a pas fourni d'échange du calcium ou du sodium avec l'ion incorporé (CH3)4N+ dans la structure N-A.
Toutefois il existe des ions Nat et (CH4N+ dans le mélange des réactifs et s'ils sont incorporés ultérieurement dans les cristaux synthétisés de la zéolite N-A, les ions Na+ existant dans la structure cristalline de la zéolite N-A peuvent être ultérieurement échangés avec d'autres cations métalliques, notamment ceux de K, Li, Ca, Ba, Si, etc.
Par exemple, on peut préparer la zéolite de tétraméthylammonium N-A contenant 4,4 % en poids de Na5O. On a alors soumis cette zéolite N-A à un échange d'ions, avec une solution de chlorure de calcium; l'analyse du produit a révélé que la totalité des ions de sodium ini tialement présents dans la zéolite N-A a été échangée avec le calcium mais que la teneur en tétraméthylammonium de la zéolite N-A est restée inchangée. Ainsi, il est possible de préparer une structure de zéolite ayant à la fois des cations échangeables et non échangeables et ayant une quantité prédéterminée de lieux de cations échangeables.
Si l'on possède une zéolite présentant une quantité prédéterminée de cations échangeables, on peut introduire une quantité réglée d'un cation particulier dans un courant de traitement voulu.
Les préparations A à C suivantes sont données à titre illustratif de modes d'exécution du procédé de production de la zéolite N-A utilisée selon la présente invention.
A) On a préparé une solution d'aluminate de tétraméthylammonium en dissolvant 10,0 g de A1 (OH) 3 nouvellement précipité dans une solution contenant 29,0 g de (CH8)4NOH.5 H2O dans 180 g d'eau. On a ajouté la solution à 63,8 g d'un sol colloïdal aqueux de silice contenant 29,5 % de silice en poids. On a agité le mélange réactionnel ainsi obtenu, présentant une composition, exprimée en fonction des moles des oxydes, de la façon suivante
1,5[(CH3)4N]2O . Al2O8. 6. OSiO2. 200H2O jusqu'à ce qu'il soit homogène. On a effectué la cristallisation de la zéolite voulue en chauffant le mélange réactionnel dans un récipient en acier inoxydable hermétiquement fermé, à une température de 1000 C pendant 8 jours environ.
On a séparé le produit cristallin qui s'est formé de la liqueur mère des réactifs par filtration. on l'a lavé avec de l'eau jusqu'à ce que l'eau de lavage effluente présente un pH de 9 à 11 environ et on l'a séché. L'analyse aux rayons X du produit a révélé le spectre de diffraction de poudre indiqué ci-dessous, dans lequel les désignations d'intensité sous forme de lettres sont les suivantes: VS = très forte, S = forte, MS = moyennement forte, M = moyenne, MW = moyennement faible, W = faible.
Ce spectre identifie le produit comme étant la zéolite N-A.
d, A Intensité relative
12,1 t 0,03 S
8,60 + 0,03 S
7,02 t 0,02 S
6,08 t 0,01 VW
5,44 + 001 W
4,97 + 001 W
4,30 + 001 MW
4,05 + 0,01 VS
3,833 t 0,004 MW
3,659 t 0,004 VS
3,365 + 0004 MS
3,243 + 0,004 S
2,941 t 0,004 S
2,856 + 0,004 M
2,712 t 0,004 MW
2,646 t 0,004 MW
2,585 t 0,004 MS
2,479 t 0,004 W
2,429 + 0,004 W
2,215 + 0,004 MW
2,144 t 0,004 M
2,024 t 0,
004 M
a0 = 12,13
B) On a préparé une solution d'aluminate de tétraméthylammonium en dissolvant 1,6 g de A1 (OH) 3 nouvellement précipité dans une solution contenant 12,5 g de (CH8)4 NOH.5 H2O dans 14,8 g d'eau. On a ajouté alors la solution à 20,0 g d'un sol colloïdal aqueux de silice contenant 29,5 % de silice en poids. On a agité le mélange réactionnel ainsi obtenu présentant une composition, exprimée en fonction des moles d'oxydes, qui est la suivante:
3,5[(CH8)4N]2O . A-O, 10. OSiO2. 202H20 jusqu'à ce qu'il soit homogène.
On a effectué la cristallisation de la zéolite voulue en chauffant le mélange réactionnel dans une fiole en verre tendre, hermétiquement fermée, à une température de 1000 C pendant 2,9 jours environ. On a séparé le produit cristallin qui s'est formé de la liqueur-mère des réactifs par filtration, on l'a lavé à l'eau jusqu'à ce que l'eau de lavage effluente présente un pH compris entre 9 et 11 environ et on l'a séché. L'analyse aux rayons X du produit indique un spectre de diffraction de poudre caractéristique de la zéolite N-A, comme représenté sur le tableau A, avec une constante de cellule de motif cubique a0 de 12,l2Â.
L'analyse chimique révèle que la zéolite produite présente une composition, exprimée en fonction des moles d'oxyde, qui correspond à la formule:
0,66[(CH3)3.5N]O : 0,39N2O : Al2O3 : 5,82
SiO2 : 6,8H2O
Comme précédemment décrit, le Na9O du produit provient du sol colloïdal de silice utilisé comme réactif et du récipient réactionnel en verre tendre.
C) On a préparé une solution d'aluminate de tétraméthylammonium en dissolvant 16,9 g de Al(OH)3 nouvellement précipité dans une solution contenant 108,0 g de (CH3)4 NOH.5 H2O dans 157 g d'eau. On a ajouté alors la solution à 200g d'un sol colloïdal aqueux de silice contenant 29,5 % en poids de silice. On a agité le mélange réactionnel ainsi obtenu présentant une composition qui, exprimée en fonction des moles d'oxydes, est la suivante:
3,0[(CH3)4N]2O. A1203 : 10,0SiO2. 198H20 jusqu'à ce qu'il soit homogène. On a effectué la cristallisation de la zéolite produite voulue en chauffant le mélange réactionnel dans une fiole en verre tendre, hermétiquement fermée, à une température de 1000 C pendant 5 jours environ.
On a séparé le produit cristallin qui s'est formé de la liqueur mère des réactifs par filtration, o n l'a lavé à l'eau jusqu'à ce que l'eau de lavage effluente présente un pH compris entre 9 et 11 environ et on l'a séché. L'analyse aux rayons X du produit révèle un spectre de diffraction de poudre caractéristique de la zéolite N-A comme représenté sur le tableau A (donnés aux rayons X pour N-A). L'analyse chimique révèle que la zéolite produite présente une composition, exprimée en fonction des moles des oxydes, qui correspond à la formule:
0,50[(CH3)3.2N]2O : 0,40Na2O : Al2O3 : 4,40
SiO2 : 4,9H2O de nouveau, la Na2O du produit provient du sol colloïdal de silice utilisé comme réactif et du récipient réactionnel en verre tendre.
Tableau A
Données de diffraction de poudre aux rayons X
pour la zéolite de tétraméthylammonium N-A
hkl d, I/Imax X 100 100 12, 08 t 0,02 100 110 8,55 t 0, 02 60 111 6,99 + 0,01 45 200 6,06 t 0,01 5 210 5,42 t 0,01 8 211 4,95 + 0,01 6 220 4,29 t 0,01 11 221, 300 4,039 t 0,004 59 310 3,834 t 0,004 7 311 3,655 t 0,003 68 320 3,360 t 0,003 24 321 3,238 + 0,002 36 322, 410 2,939 + 0,002 36 330, 411 2,856 + 0,002 11 420 2, 710 t 0,002 5 421 2,644 t 0,002 5 332 2,583 t 0,
002 15 422 2,474 t 0,002 5 430, 500 2,423 t 0,002 3 431, 510 2,375 + 0,002 1 511, 333 2,333 + 0,002 2 520, 432 2,250 + 0,002 1 521 2,211 t 0,002 4 440 2,141 t 0,002 6 441, 522 2,111 t 0,001 t 530, 433 2,078 t 0,001 2 531 2,049 t 0,001 1 442, 600 2,019 + 0,001 8 610 1,992 t 0,001 1 611, 532 1,966 + 0,001 1 621, 540, 443 1,892 t 0,001 5 541 1,870 + 0,001 5 622 1,827 t 0,001 1 630, 542 1,808 + 0,001 1 700, 632 1,731 t 0,001 1 710, 550, 543 1,714 t 0,001 9 711, 551 1,696 + 0,001 1 720, 641 1,
665 t 0, 001 6 721, 633, 552 1,649 t 0,001 1 722, 544 1,605 + 0,001 4 731, 553 1,578 t 0,001 7 650, 643 1,551 t 0, 001 4 aO= 1212 + 0,02À
La zéolite N-A est susceptible d'être utilisée dans un grand nombre d'applications, telles que la séparation d'une espèce de fluide à partir d'un courant contenant plusieurs espèces par adsorption, soit d'une façon préférentielle, soit sur la base des dimensions moléculaires d'une espèce de fluide particulière. Pour l'utiliser de façon satisfaisante comme adsorbant, la zéolite N-A doit être activée par une déshydratation au moins partielle.
On peut effectuer cette activation par exemple en chauffant la zéolite à des températures de 900 C environ à la pression atmosphérique ou sous une pression réduite, ou en maintenant la zéolite à la température ambiante sous vide. Contrairement aux adsorbants courants, tels que le charbon de bois et le gel de silice qui présentent des sélectivités d'adsorption basées principalement sur le point d'ébullition ou la température critique de l'adsorbat, la zéolite N-A activée présente une sélectivité basée sur la dimension, la forme, le degré de non-saturation, la polarité et l'aptitude à la polarisation de la molécule de Adsorbant.
On doit noter que les caractéristiques de rejet de cette zéolite sont aussi importantes que les caractéristiques d'adsorption. Les canaux interstitiels de cette zéolite sont tels qu'à leurs points les plus étroits, les molécules présentent des dimensions critiques dépassant le diamètre des pores de la structure de la zéolite et ne pénètrent pas facilement dans les canaux. L'expression a dimension critique est utilisée ici pour définir la dimension maximum de la section droite minimum projetée de la molécule de l'adsorbat. L'expression peut aussi définir le diamètre du cylindre le plus petit qui reçoit un modèle de la molécule d'adsorbat en utilisant les meilleures valeurs disponibles des distances de liaisons, des angles de liaisons et des rayons de Van der
Waals.
Ainsi, les molécules présentant des dimensions critiques supérieures au diamètre des pores d'une zéolite donnée sont rejetées par cette zéolite, tandis que celles ayant des dimensions critiques plus petites sont adsorbées.
Une autre propriété de cette zéolite qui contribue à leur utilité est d'adsorber des quantités relativement grandes d'adsorbat, soit à des pressions, soit à des concentrations très faibles d'adsorbat. Elle peut être utilisée par conséquent comme adsorbat sélectif dans de nombreux procédés de séparation de gaz ou de liquide dans lesquels on n'utilise généralement pas d'adsorbants.
L'application de cette zéolite permet également une mise en oeuvre plus efficace et plus économique de nombreux autres procédés utilisant actuellement d'autres adsorbants. La zéolite N-A peut être utilisée par exemple pour éliminer les impuretés adsorbables à partir de mélanges de gaz et de liquides, ou pour récupérer des constituants secondaires de ces mélanges.
On a essayé des échantillons de zéolite de tétraméthylammonium N-A qui ont été activés par déshydratation à une température de 90O C environ sous vide pour déterminer leurs propriétés d'adsorption. Les résultats obtenus sont indiqués sur le tableau B. On a mesuré les propriétés d'adsorption des échantillons de zéolite dans un système d'adsorption de McBain-Bakr. On a placé les échantillons dans de légers godets de verre suspendus à partir de ressorts en quartz. On les a activés in situ et on a admis alors dans le système le gaz ou la vapeur en cours d'essai. On a mesuré le gain en poids de l'adsorbant par l'extension des ressorts en lisant un cathomètre. Sur le tableau B, la pression indiquée pour chaque adsorption est la pression de l'adsorbat.
L'expression pour cent en poids adsorbé désigne le pourcentage d'augmentation du poids de l'adsorbant activé.
On voit d'après les données du tableau B, par exemple, que les molécules telles que 03 présentant une dimension critique inférieure à 3 unités Angstroem environ sont sensiblement rejetées par la zéolite N-A, tandis que les molécules telles que l'eau, l'anhydride carbonique, de nature plus polaire, présentant également des dimensions critiques inférieures à 3 A, ont été adsorbées de façon intensive.
Tableau B
Zéolite N-A
Température O/o en poids
Adsorbat OC mm Hg adsorbé
H2O 25 2 14,0
H2O 25 4 14,8
H2O 25 10 16,3
H2O 25 18 17,9
H2O 25 20 18,9
CG 25 100 8,8
CG2 25 250 10,4
CO2 25 700 12,2
O,-183 100 1,5
O2 -183 700 2,8
La zéolite N-A se distingue encore de la zéolite obtenue synthétiquement Na,A sur la base des caractéristiques d'adsorption, attendu que la dimension des pores d'adsorption de la zéolite N-A est de 3 et la dimension des pores de Na2A est de 4 . Par suite, la diffé- rence des dimensions de pores permet d'effectuer des séparations de mélanges de molécules sur la base de la dimension des molécules en utilisant la zéolite N-A,
qui ne peuvent pas être effectuées par la zéolite Na2A. Par exemple, on peut séparer des molécules ayant des dimensions critiques de 3,9 À environ telles que le méthane d'un mélange de méthane et de molécules ayant des dimensions critiques inférieures à 3 environ, comme l'anhydride carbonique et l'eau. On peut aussi utiliser la zéolite N-A comme siccatif ou desséchant, après activation. Par exemple, on peut efficacement sécher un courant humide d'hydrocarbure gazeux ou liquide en mettant ce courant en contact avec de la zéolite N-A.