L'invention est relative à une installation de
coulée en continu d'un produit métallique, notamment
de l'acier et couvre également des procédés de mise en
oeuvre d'une telle installation, permettant, en
particulier, de contrôler les conditions de coulée.
On sait que, dans une installation de coulée
continue, en particulier de l'acier, le métal en
fusion est déversé en continu dans une coquille ou
lingotière sans fond comprenant des parois refroidies
qui limitent une cavité de coulée à axe sensiblement
vertical. Le métal, par exemple de l'acier, est
généralement amené de l'aciérie dans des poches et,
pour assurer la continuité de la coulée, il est
d'abord déversé dans un distributeur appelé, en
anglais, "tundish", constitué d'une cuve recouverte
d'un matériau réfractaire et munie d'un orifice de
coulée par lequel se déverse un jet de métal en fusion
pénétrant dans l'orifice supérieur de la lingotière
qui au début de la coulée, est obturée à sa partie
inférieure, de façon à former un bain de métal
liquide.
Généralement les parois de la lingotière sont
recouvertes intérieurement de cuivre et sont
refroidies par circulation d'eau de telle sorte qu'il
se forme, le long des faces internes limitant la
cavité de coulée, une peau ou croûte solidifiée dont
l'épaisseur augmente progressivement vers le bas, ce
qui permet d'extraire, par l'orifice inférieur de
sortie, un produit ayant un coeur liquide ou pâteux,
maintenu par la peau solidifiée. La solidification
s'achève dans la suite de la machine qui,
avantageusement, peut former un corset de guidage du
produit ramenant celui-ci à l'horizontale pour en
faciliter la coupe en produits tels que des brames,
des blooms ou des billettes, selon le profil et les
dimensions, en section transversale, de la cavité de
coulée.
La technique de la coulée continue, en
particulier de l'acier, est exploitée industriellement
depuis plusieurs dizaines d'années et a fait l'objet
de nombreux perfectionnements, en particulier pour
simplifier l'exploitation de la machine de coulée et
pour améliorer la qualité des produits coulés.
Il est particulièrement nécessaire de diminuer
le risque de percées qui peuvent se produire dans la
lingotière ou immédiatement en aval de celle-ci,
lorsque la croûte solidifiée présente une faible
épaisseur. De telles percées nécessitent, en effet,
l'arrêt de la machine lorsqu'elle sont trop
importantes et, de toutes façons, provoquent des
défauts de surface.
Pour cela, il faut contrôler, autant que
possible, les conditions de coulée et, en particulier,
de formation de la peau solidifiée à l'intérieur de la
lingotière.
On a observé depuis longtemps que l'on
obtenait de meilleurs résultats en maintenant aussi
constants que possible la vitesse de coulée et le
niveau moyen du bain dans la lingotière, des
fluctuations soudaines de ce niveau pouvant provoquer
des percées dues à un collage de la peau. On a donc
mis au point des moyens de contrôle automatique qui
permettent, en particulier, de mesurer le niveau du
bain dans la lingotière et de régler le débit de métal
arrivant dans celle-ci, par exemple, en faisant
varier, au moyen d'une quenouille, la section de
l'orifice de sortie du distributeur.
Un problème particulier se pose, cependant,
dans les installations dites de coulée multiple,
comportant plusieurs lignes de coulée fonctionnant
simultanément et alimentées en même temps à partir
d'un même distributeur qui peut être muni de plusieurs
orifices de coulée débouchant chacun dans une
lingotière. Il est alors difficile de régler
simultanément les débits dans chacun des orifices de
sortie du "tundish".
Pour résoudre ce problème, le document DE-A-1.608.350
propose de munir le "tundish" d'un seul
orifice de sortie formant un jet unique qui débouche
dans un réservoir intermédiaire appliqué sur
l'ensemble des lingotières et muni de plusieurs
orifices débouchant chacun dans une lingotière. Le
niveau du bain d'acier étant le même pour toutes les
lingotières, celles-ci sont alimentées à la même
vitesse et l'on doit seulement contrôler le débit de
l'orifice unique de sortie du "tundish".
Dans un mode de réalisation particulier,
chaque orifice de coulée est prolongé d'un canal en
matière réfractaire qui pénètre à l'intérieur de la
lingotière et limite ainsi un espace libre annulaire
dans lequel est introduit le lubrifiant. Celui-ci se
vaporise au contact du métal et les espaces annulaires
sont reliés entre eux de façon à être soumis à la même
pression, celle-ci étant limitée par un clapet de
décharge. On détermine ainsi les mêmes conditions de
coulée dans toutes les lingotières qui fonctionnent
donc simultanément et à la même vitesse de coulée.
Il en résulte, cependant, que l'on ne peut pas
contrôler individuellement les conditions de coulées
dans chaque ligne.
Par ailleurs, on a constaté qu'il fallait
éviter, autant que possible, l'apparition de défauts
superficiels, même minimes, à la surface du produit
coulé car celui-ci est soumis, par la suite, à des
opérations de laminage qui incorporent ces défauts
dans le métal et peuvent diminuer les qualités du
produit laminé.
De tels défauts résultent, essentiellement,
des conditions de solidification à l'intérieur de la
lingotière et, en particulier, des variations de
niveau de la surface supérieure du bain métallique.
Jusqu'à présent, en effet, il semblait nécessaire de
soumettre la lingotière à des oscillations périodiques
de faible amplitude pour éviter le collage du produit
et, notamment, pour favoriser l'introduction d'un
lubrifiant entre la face refroidie de la lingotière et
la croûte solidifiée. On constate, cependant,
l'apparition de défauts à la surface du produit et
l'on a établi que ces défauts superficiels sont
provoqués essentiellement en début de solidification,
c'est à dire au niveau de la surface libre du bain de
métal en fusion qui est, souvent, désignée par le
terme "ménisque", en raison de sa forme.
En effet, la zone de bord de cette surface
libre qui est en contact avec la paroi refroidie de la
lingotière, se solidifie instantanément et se
contracte sous l'effet du refroidissement et du
changement de phase, de l'extérieur vers l'intérieur
du produit. La surface libre présente ainsi, sur sa
périphérie, une forme convexe qui se raccorde
tangentiellement à la paroi refroidie à partir de
laquelle le processus de solidification se propage par
conduction et rayonnement. Il en résulte que le bord
solidifié du métal se décolle vers l'intérieur en
formant des parties durcies appelées couramment
"cornes de solidification".
Comme on l'a indiqué, des oscillations
tangentielles sont habituellement appliquées à la
lingotière pour faciliter la descente du métal et
l'introduction d'un produit lubrifiant (poudre
fusible, ou huile) entre la paroi refroidie et la
surface solidifiée du métal.
Etant donné que les cornes de solidification
suivent le mouvement de la lingotière, le métal
liquide qui continue à être déversé dans celle-ci peut
remplir, par surverse, l'espace entre la paroi et la
corne. Cet effet de surverse provoque des défauts de
surface et peut, même, induire des défauts sous-cutanés.
Par ailleurs, l'oscillation de la lingotière
favorise l'introduction du lubrifiant dans l'espace
entre la paroi refroidie et la corne, en augmentant le
cintrage de celle-ci, et ceci peut provoquer des
marques plus profondes sur le produit final et même le
piégeage d'inclusions et de bulles de gaz à
l'intérieur de l'acier liquide.
Une autre difficulté vient des conditions
d'introduction du métal dans la lingotière. Comme on
l'a indiqué le métal déversé à partir du "tundish"
forme un jet qui tombe dans l'orifice d'entrée de la
lingotière. Pour éviter l'oxydation du métal entre la
lingotière et le "tundish", l'orifice de sortie de
celui-ci est, habituellement, prolongé par un tube de
coulée dont l'extrémité inférieure est immergée dans
le bain de métal contenu dans la lingotière. Le jet de
métal pénètre donc à grande vitesse dans le bain
existant et perturbe la surface libre du métal en
augmentant le risque de surverse. De plus, même si
l'on utilise un tube de coulée, l'étanchéité ne peut
pas être assurée de façon certaine et la vitesse du
jet peut provoquer l'aspiration d'air formant des
bulles qui, par la pénétration du jet, peuvent
s'introduire dans le bain.
Il est donc souhaitable de maítriser autant
que possible les conditions d'introduction du métal
dans la lingotière et le processus de solidification
au niveau de la surface libre du bain.
Pour contrôler les conditions de
solidification au niveau du ménisque, on a proposé, il
y a quelques années, de placer au-dessus de la
lingotière un réservoir d'alimentation non refroidi
dans lequel débouche la busette de coulée. On évite,
de la sorte, les difficultés liées à l'arrivée du
métal dans le bain dont la surface libre reste
malléable. De plus, le débit de métal liquide qui
pénètre dans la lingotière se répartit immédiatement
sur toute la section de celle-ci et la zone de début
de solidification, au contact des parois refroidies,
est placée nettement au-dessous de la surface libre.
La croûte solidifiée est donc soumise, dès sa
formation, à la pression du métal qui la surmonte et
l'applique contre la paroi.
Un tel procédé dit "hot top" a été décrit, par
exemple dans le document FR-A-2.359.662 pour la
coulée des métaux non-ferreux et dans le document DE-C-3.330.844,
pour la coulée de l'acier.
On a constaté, cependant, que des difficultés
peuvent apparaítre à la jonction entre la partie
supérieure réfractaire et la partie inférieure
refroidie. En effet, au niveau de cette zone de
jonction appelée "point triple" se trouvent, d'un côté
l'acier liquide et de l'autre deux parois superposées
dont les températures sont très différentes,
respectivement, la paroi réfractaire à température
élevée qui se trouve au-dessus de la jonction et, en
dessous, la paroi refroidie de la lingotière. Il est
donc difficile d'obtenir une solidification franche au
niveau de cette zone de jonction.
Dans la disposition du document DE-C-3.330.844,
la partie inférieure de la rehausse
réfractaire s'emboíte dans l'orifice d'entrée de la
lingotière de façon à former un décrochement au-dessous
duquel est introduit le produit lubrifiant
destiné à faciliter l'extraction. On évite ainsi le
contact direct entre le métal liquide et le point
triple mais le produit lubrifiant doit être introduit
sous pression et il est difficile de contrôler les
conditions de début de solidification, la croûte
solidifiée commençant à se former à partir de la
sortie de la rehausse en matière réfractaire. De plus,
cette rehausse alourdit la lingotière et perturbe, par
conséquent, les mouvements d'oscillation de celle-ci.
L'invention permet de remédier à l'ensemble
des difficultés liées aux conditions d'introduction de
l'acier dans la lingotière et au processus de
solidification, grâce à une nouvelle disposition qui
permet, en particulier, de diminuer ou, même,
d'éliminer les défauts de surface et sous-cutanés qui,
habituellement, se produisent au début de la
solidification.
Pour résoudre ces problèmes, l'invention a
pour objet une installation de coulée continue de
métal comportant :
- une lingotière comprenant des parois
refroidies avec des faces internes qui limitent une
cavité de coulée à axe sensiblement vertical ayant un
orifice supérieur d'entrée du métal liquide et un
orifice inférieur d'évacuation d'un produit qui sort
de la lingotière à une vitesse d'extraction,
- des moyens d'introduction en continu du
métal en fusion dans la lingotière pour la formation,
à l'intérieur de celle-ci, d'un bain de métal se
refroidissant progressivement par l'extérieur, le long
des faces internes des parois de la lingotière pour
former une croûte solidifiée dont l'épaisseur augmente
progressivement vers le bas,
- lesdits moyens d'introduction comportant un
récipient intermédiaire comprenant une chambre
supérieure de réception d'un jet continu de métal
liquide, placée au-dessus de la lingotière et dans
laquelle le métal forme une surface libre, ladite
chambre de réception étant prolongée vers le bas par
un canal de liaison pénétrant à l'intérieur de la
lingotière jusqu'à un orifice inférieur de sortie du
métal, ledit canal de liaison étant limité par une
paroi tubulaire séparée des faces internes des parois
de la lingotière par un espace libre périphérique
formant une chambre annulaire dans laquelle remonte le
métal liquide sortant par l'orifice inférieur, jusqu'à
une surface annulaire, ladite chambre annulaire étant
fermée de tous côtés,
- des moyens d'introduction d'un gaz sous
pression à l'intérieur de la chambre annulaire et,
- des moyens de régulation de la pression
appliquée par le gaz sur la surface annulaire du
métal.
Comme habituellement, un produit de
lubrification doit être introduit le long des parois
refroidies de la lingotière pour les lubrifier et
éviter les collages. Avantageusement, ce produit est
introduit au-dessus de la surface annulaire, à
l'intérieur de la chambre annulaire entre la paroi
tubulaire du canal de liaison et la paroi refroidie de
la lingotière.
Selon une caractéristique préférentielle,
l'espace libre entre la paroi tubulaire du canal de
liaison et les parois refroidies de la lingotière
présente, sur toute sa périphérie, une largeur
suffisante pour éviter la solidification de la surface
supérieure du métal dans ledit espace libre.
De façon particulièrement avantageuse, le
canal de liaison a une section transversale intérieure
suffisante pour que la vitesse d'écoulement du métal
liquide alimentant la lingotière soit faible, en
particulier comprise entre 3 et 6 fois la vitesse de
coulée, ce qui permet d'éviter des turbulences dans la
lingotière. De préférence, la section transversale
intérieure du prolongement tubulaire est au moins
égale à 20% de la section transversale du produit
fabriqué.
Dans le cas de la coulée de brames, la cavité
de coulée présente une section transversale
globalement rectangulaire ayant deux grandes faces et
deux petites faces. Selon une autre caractéristique de
l'invention, la paroi tubulaire du canal de liaison
est alors limitée, au moins dans sa partie engagée
dans la lingotière, par deux grandes faces
sensiblement parallèles aux grandes faces de la
lingotière.
Dans un premier mode de réalisation, la
chambre de réception comprend un fond débouchant dans
le canal de liaison et muni, sur une face inférieure,
d'un rebord inférieur s'étendant vers le bas et
entourant extérieurement le canal de liaison de façon
à prendre appui sur le bord supérieur de la
lingotière, par l'intermédiaire d'un joint
d'étanchéité.
Dans un autre mode de réalisation, la chambre
de réception est fixée de façon étanche, sur un cadre
de support qui est relié à la lingotière par une
cloison étanche.
L'organe de support de la chambre de réception
peut être raccordé à la lingotière par un soufflet, en
particulier lorsque la lingotière est soumise à des
oscillations verticales.
Selon une autre caractéristique avantageuse,
la lingotière reste fixe et la chambre annulaire
fermée est alimentée en gaz sous une pression de
valeur modulée de façon à provoquer des oscillations
de la surface libre du métal liquide dans l'espace
périphérique entre la lingotière et le canal de
liaison.
Des moyens d'injection d'un produit lubrifiant
(poudre fusible, ou huile liquide) dans la chambre
annulaire fermée sont prévus. Ces moyens d'injection
de produit lubrifiant peuvent comprendre un récipient
de stockage, notamment une trémie, dont la pression
est régulée pour que l'ensemble soit maintenu à une
différence de pression nulle.
Dans un mode de réalisation préférentiel,
applicable spécialement à une lingotière de coulée de
brames ayant deux grandes faces et deux petites faces,
le canal de liaison peut être muni d'un bloc solide
disposé au-dessous de l'arrivée de métal liquide,
entre les faces du canal parallèles aux grandes faces
de la lingotière, pour dévier le courant de métal vers
les deux petites faces de la lingotière.
Selon une autre variante, le volume compris
entre la chambre de liaison et le moyen de
distribution est fermé, en particulier par un
soufflet, et l'écoulement du métal liquide entre le
moyen de distribution et la chambre de liaison
s'effectue directement, sans busette immergée.
L'installation selon l'invention peut être
mise en oeuvre de différentes façons pour contrôler
les conditions de coulée et l'invention couvre
également ces diverses méthodes.
Dans un premier mode de mise en oeuvre, on
règle la pression du gaz dans la chambre annulaire de
façon à maintenir en permanence le niveau de la
surface annulaire du métal à un niveau sensiblement
constant.
En particulier, cette pression peut être
déterminée de façon que la tension superficielle du
ménisque, à la pointe de la corne de solidification,
évite tout risque de débordement du métal liquide.
Dans un autre mode de mise en oeuvre, on fait
varier périodiquement la pression du gaz dans la
chambre annulaire entre une valeur inférieure et une
valeur supérieure, de façon à faire osciller le niveau
de la surface annulaire du métal entre un niveau
supérieur et un niveau inférieur.
Ainsi, on peut supprimer les moyens mécaniques
ou hydrauliques utilisés, jusqu'à présent, pour animer
la lingotière de mouvement d'oscillation et
l'installation est donc considérablement simplifiée.
De plus, les variations de la pression peuvent être
facilement commandées de façon à déterminer le mode de
variation du niveau du ménisque et, en particulier, le
temps de stripage négatif.
Dans un mode de mise en oeuvre
particulièrement simple, la pression du gaz dans la
chambre de gaz est réglée de façon que le niveau de la
surface annulaire du métal soit maintenue sensiblement
au niveau de l'orifice inférieur de sortie du canal de
liaison, ce niveau étant maintenu constant,
automatiquement, par un débit de fuite du gaz dans le
canal de liaison.
Mais l'invention sera mieux comprise par la
description suivante de certains modes de réalisation
donnés à titre d'exemple non limitatif en référence
aux dessins annexés.
La Figure 1 est une coupe schématique
verticale transversale d'une installation de coulée
continue au niveau de la lingotière.
La Figure 2 montre un exemple de circuit de
régulation de pression.
La Figure 3 montre deux variantes d'un
diagramme des oscillations de la surface libre du
métal liquide.
La Figure 4 est une coupe schématique
verticale illustrant l'alimentation en produit
lubrifiant de la lingotière.
La Figure 5 montre une variante de
l'installation sans busette immergée.
La Figure 6 est une coupe schématique
verticale longitudinale d'une variante de
l'installation pour coulée à brames conventionnelles
ou moyennes.
La Figure 7 est une vue suivant la ligne VII-VII
de la Figure 6.
La Figure 8 montre, en coupe schématique
longitudinale verticale, une autre variante de
réalisation, avec un organe de support distinct pour
la chambre de liaison surélevé.
La Figure 9 est une coupe suivant la ligne IX-IX
de la Figure 8.
La Figure 10 montre, en coupe schématique
verticale, une autre variante de réalisation pour la
coulée de brames.
La Figure 11 est une vue de dessus de
l'installation de la figure 10.
La Figure 12 est une vue en coupe transversale
selon la ligne XII-XII de la figure 10.
La Figure 13 est une coupe schématique
verticale transversale d'une installation à lignes
multiples selon l'invention.
Sur la Figure 1, on a représenté
schématiquement la partie supérieure d'une
installation de coulée continue d'un métal tel que
l'acier, comprenant, comme habituellement, une
coquille ou lingotière 2 à fond ouvert, limitée par
des parois 4 ayant, généralement, une face interne 41
revêtue de cuivre et définissant une cavité de coulée
à axe sensiblement vertical, et dont la section
transversale correspond à celle du produit à couler 3,
par exemple brame, bloom ou billette.
Les parois 4 sont refroidies extérieurement
par une enveloppe E de circulation d'eau ou de fluide
de refroidissement. Ainsi, il se produit, le long des
parois refroidies 4, une croûte solidifiée 30 dont
l'épaisseur augmente progressivement et est
suffisante, au niveau de l'orifice de sortie 60 de la
lingotière pour maintenir la partie centrale du
produit qui constitue un coeur liquide devenant pâteux
et formant un puits qui se rétrécit progressivement
vers l'aval. La lingotière 2 est suivie d'une zone de
refroidissement secondaire non représentée sur les
dessins, comportant à un niveau où le métal solidifié
est suffisamment résistant, des moyens d'extraction
qui tirent le produit vers le bas à une vitesse
d'extraction.
La surface libre du bain est recouverte d'une
couche protectrice constituée avantageusement d'un
produit formant une couche de lubrification qui est
entraínée par le métal pour s'interposer entre la
croûte solidifiée et les faces internes 41 de la
lingotière 2 de façon à favoriser l'extraction et
éviter les collages.
Les parois 4 de la lingotière sont
sensiblement verticales mais peuvent être incurvées
pour produire, dès l'origine, un produit courbe
susceptible d'être ramené à l'horizontale dans un
corset de guidage et de refroidissement secondaire.
Toutes ces dispositions sont classiques et
n'ont pas lieu d'être décrites en détail.
Comme habituellement, le métal en fusion est
déversé par gravité à partir de moyens d'introduction
D qui, de la façon représentée sur les autres figures,
comprennent habituellement, une cuve 7 appelée
distributeur ou "tundish", revêtue intérieurement
d'une paroi réfractaire 7a, et alimentée à partir de
poches de coulée par un métal liquide provenant de
l'aciérie.
Le métal est déversé par un orifice ménagé
dans le fond du distributeur 7 et prolongé,
généralement, par un tube ou busette destiné à
protéger le jet de métal 33 de l'oxydation.
Le plus souvent, l'extrémité inférieure de la
busette de vidange du distributeur 7 pénètre à
l'intérieur du bain de métal 3 formé dans la
lingotière, de façon que le métal soit protégé de
l'oxydation.
Comme on l'a indiqué plus haut, un
inconvénient de cette technique dite de la busette
immergée réside dans le fait que le jet de métal
arrive à grande vitesse dans le bain et perturbe le
ménisque constituant la surface supérieure de celui-ci.
Pour améliorer les conditions de début de
solidification, l'installation est du type dit "à
masselotte" ou "hot top" dans lequel la lingotière 2
est surmontée d'un récipient intermédiaire 1 formant
une rehausse non refroidie et, par conséquent,
recouverte intérieurement de céramique ou d'un produit
réfractaire, dont la partie supérieure 5 constitue une
chambre de réception du jet de métal 33 provenant du
distributeur 7, qui débouche, par un orifice
inférieur, dans la lingotière 2. Ainsi, il se forme à
l'intérieur de la chambre de réception 5 un bain de
métal M qui se répand directement dans la lingotière 2
de telle sorte que le début de solidification le long
des parois refroidies 4 se produit à un niveau
nettement inférieur à celui de la surface supérieure
11 du bain de métal M dans la chambre de réception 5.
Comme le montre la figure 1, la chambre de
réception 5 repose directement, par un rebord
inférieur 13, sur le bord supérieur 6 de la lingotière
4 et est prolongée vers le bas par un canal de liaison
8 limité par une paroi tubulaire ayant une face
externe 81 qui présente, en section transversale, des
dimensions nettement inférieures à celles de la cavité
de coulée 1, de façon à pénétrer avec jeu à
l'intérieur de celle-ci jusqu'à un orifice de sortie
82 placé à l'intérieur de la lingotière, au-dessous du
bord supérieur 6 des parois refroidies 4.
La face externe 81 du canal de liaison 8 est
séparée de la face interne des parois refroidies 4 de
la lingotière 2 par un espace libre périphérique qui
l'entoure complètement.
Comme habituellement, le métal ainsi déversé
continue à descendre le long des parois 4 de la
lingotière 2 pour sortir de celle-ci sous forme d'un
produit 3 limité par une peau solidifiée 30 et le
débit de déversement du métal à partir du distributeur
7 est réglé en fonction de la vitesse d'extraction du
produit.
Cependant, dans la disposition selon
l'invention, la pression ferrostatique régnant dans le
métal au niveau de l'orifice de sortie 82 du canal de
liaison 8 fait remonter le métal à l'intérieur de
l'espace périphérique, jusqu'à un niveau 12
constituant une surface annulaire séparée de la
surface libre 11 du bain de métal M par une hauteur
ferrostatique h.
La chambre de réception 5 est reliée aux
parois 4 de la lingotière 2 par un organe de jonction
étanche J et forme ainsi, au-dessus de l'espace
périphérique, une chambre annulaire 9 qui est
délimitée, vers l'intérieur par la paroi extérieure 81
du canal de liaison 8, vers l'extérieur par la paroi
intérieure 41 de la lingotière 2 et l'organe de
jonction J, vers le haut par le fond de la chambre de
réception 5 et vers le bas par la surface 12 du métal
liquide qui remonte dans l'espace périphérique. Cette
chambre annulaire 9 est donc fermée de tous côtés et
forme un espace étanche.
La largeur d de l'espace périphérique 10 peut
être sensiblement constante mais doit être suffisante
pour que le métal reste liquide en formant un ménisque
annulaire 12 entre les deux faces en regard,
respectivement 41 de la lingotière 2 et 81 du canal de
liaison 8.
Par ailleurs, l'installation comprend des
moyens 50 d'introduction d'un gaz sous pression à
l'intérieur de la chambre annulaire 9, par
l'intermédiaire d'un orifice 19 ménagé à proximité du
bord supérieur 6 de la lingotière 2. Le gaz introduit
ainsi au-dessus du ménisque 12 est, de préférence, un
gaz neutre à l'égard du métal, par exemple de l'argon,
de l'azote, de l'hélium ou autres.
La pression du gaz introduit dans l'espace
annulaire 9 et appliquée sur la surface annulaire 12
du métal est égale à la hauteur ferrostatique h entre
la surface annulaire 12 et la surface libre 11 du bain
M sur laquelle est appliquée la pression
atmosphérique, la pression dans la chambre 9 devant
compenser le poids de la colonne de métal.
La section de la lingotière 2 dépend
évidemment du produit à couler. Pour la coulée de
brames, la section horizontale de la lingotière 2 est
rectangulaire, les grandes faces parallèles de la
lingotière étant perpendiculaires au plan de la Figure
1. Dans ce cas, le canal de liaison 8 a un contour
transversal également rectangulaire, présentant deux
grandes faces perpendiculaires au plan de la Figure 1
et parallèles aux grandes faces de la lingotière 4.
Dans l'exemple de réalisation de la Figure 1,
la chambre de réception 5 prend appui sur la
lingotière 2 par un rebord inférieur périphérique 13,
en saillie vers le bas, qui constitue l'organe de
jonction étanche J, un joint plat 14, en une matière
résistant aux températures à cet endroit, étant
disposé entre l'extrémité inférieure du rebord 13 et
le bord supérieur 6 de la lingotière 2.
La face inférieure de la chambre de réception
5 comporte, entre le rebord d'appui 13 et le canal de
liaison 8, un décrochement transversal 15 avec une
surface inférieure de raccordement concave 16 tournée
vers la lingotière 2. L'espace concave situé au-dessus
du plan du joint 14 participe au volume de la chambre
fermée 9.
Ainsi, grâce à cette disposition particulière
de la rehausse 1, une partie du métal déversé dans la
chambre de réception 5 et descendant dans la
lingotière 2 par le canal de liaison 8, remonte dans
l'espace périphérique 10 jusqu'à un niveau qui
correspond à la pression du gaz introduit dans la
chambre annulaire 9. Cette pression détermine donc la
hauteur h entre le niveau supérieur 11 du métal
liquide dans la chambre de réception 5 et la surface
libre 12 du métal dans l'espace périphérique 10.
En désignant par ρ la masse volumique du métal
liquide et par g l'accélération de la pesanteur, la
pression P du gaz introduit dans la chambre 9 est :
P = ρgh.
Comme habituellement, le débit de déversement
du métal à partir du distributeur 7 doit être réglé en
fonction de la vitesse d'extraction du produit 3 à la
sortie de la lingotière.
A cet effet, un système de régulation permet
de modifier le débit du jet de métal 33 en agissant
sur la position d'une quenouille de fermeture du
distributeur 7, en fonction d'une mesure du niveau de
la surface libre du métal dans la lingotière, cette
mesure pouvant être effectuée par des moyens connus.
Un tel système, qui agit seulement en amont,
permet seulement de maintenir le métal à un niveau
moyen et présente un temps de réponse relativement
long qui ne permet pas d'éviter les perturbation en
cas de variation brutale de la vitesse d'extraction.
L'installation selon l'invention est encore
équipée des systèmes habituels de réglage du débit de
déversement à partir du distributeur mais apporte des
perfectionnements très importants aux systèmes connus
jusqu'à présent. En effet, l'invention permet de
réaliser une régulation très précise du niveau du
ménisque annulaire et d'éviter les causes de
perturbations du processus de début de solidification
rappelées précédemment.
L'installation est équipée de moyens connus 51
de repérage de la position de la surface du métal mais
ceux-ci peuvent être placés soit, comme
habituellement, dans la lingotière, soit dans la
chambre de réception 5, au niveau de la surface libre
11 qui, comme on l'a vu, reste malléable et réagit
immédiatement aux variations de débit du jet de métal
33 sortant du distributeur 7.
Comme le montre schématiquement la figure 1,
la pression du gaz introduit par les moyens
d'alimentation 50 peut être réglée par un régulateur
70 qui reçoit les informations de niveau fournies par
le système de mesure 51 mais sur lequel peut également
être affichée une valeur de consigne 71.
Grâce à une telle disposition, la pression du
gaz dans la chambre annulaire 9 peut être réglée à
chaque instant de façon à compenser immédiatement une
variation de la hauteur ferrostatique en maintenant le
ménisque annulaire 12 à un niveau déterminé.
De ce fait, toute variation, même importante,
du niveau de la surface 11 dans la chambre 5 peut être
compensée instantanément par une modification de la
pression dans la chambre annulaire 9 avec une faible
perturbation du niveau de la surface annulaire 12.
Par exemple, une diminution brusque de la
vitesse d'extraction se traduit par une élévation du
niveau 11 dans la chambre de réception 5 et une
augmentation de pression dans la chambre 9, sans
perturbation notable du niveau de la surface 12 du
métal qui reste au-dessous du bord supérieur 6 des
parois refroidies 4.
Inversement, une diminution du débit
d'alimentation en métal à partir du distributeur 7 se
traduit par une baisse du niveau 11 dans la chambre de
réception 5 et une diminution de la pression dans la
chambre 9.
En pratique, les dimensions de la chambre
annulaire 9 seront prévues pour que, compte tenu du
volume de gaz enfermé, la surface libre 12 du métal
liquide remontant dans l'espace périphérique 10 puisse
être maintenue au niveau souhaité.
Etant donné que la partie inférieure du canal
de liaison 8 plonge dans le bain de métal liquide et
est maintenue suffisamment écartée des parois
refroidies 4 de la lingotière pour que la surface 12
reste liquide, il n'existe aucune possibilité de
contact, par l'intermédiaire du métal, entre les
parois refroidies et la chambre de réception en
matériau réfractaire. En effet, le niveau du ménisque
12 est toujours maintenu au-dessous du niveau de la
jonction 14 dans le cas où l'organe d'introduction 1
prend appui sur la lingotière et cette jonction peut
même être supprimée dans le cas de la figure 8 où
l'organe d'introduction 1 n'est relié à la lingotière
que par un soufflet.
Dans tous les cas, on évite donc la formation
d'un point triple et les difficultés rencontrées
habituellement à ce niveau.
De façon particulièrement avantageuse, la
section transversale Si du passage intérieur du canal
de liaison 8, tout en étant plus faible que la section
Sp intérieure de la lingotière 2 (ou section du
produit), est suffisante pour que la vitesse
d'écoulement Vi du métal liquide à l'intérieur du
canal de liaison 8 soit faible et corresponde au débit
nécessaire pour maintenir la vitesse d'extraction,
compte tenu du rapport des sections. On évite ainsi
les fortes turbulences qui, habituellement, se
produisent au niveau de l'orifice de sortie de la
busette, lorsque celle-ci débouche directement dans la
lingotière par un orifice immergé dans le bain.
Par exemple, la section Si de sortie du canal
de liaison 8 peut être de l'ordre de 20 à 30 % de la
section Sp du produit. En pratique, ceci conduit à une
vitesse lente d'écoulement de l'acier, de l'ordre de 3
à 6 fois la vitesse de coulée, soit 6 à 12 m/min alors
que, habituellement la vitesse de métal, à la sortie
de la busette, peut être de l'ordre de 60 à 100 m/min.
L'énergie de pénétration du jet et d'agitation
du bain dans la lingotière 2 est donc réduite de façon
très importante, sensiblement dans le rapport des
carrés des vitesses de pénétration. En conséquence,
l'invention permet d'éviter ou, du moins, de diminuer
considérablement, les perturbations directement liées
à cette énergie cinétique, qui se produisent
habituellement à la surface du bain.
En outre, en raison de sa faible impulsion, le
jet de métal à la sortie du canal de liaison 8 est
immédiatement freiné par la masse liquide et, par
différence de densité, remonte rapidement dans
l'espace périphérique 10 selon les flèches F sur la
Fig. 1, ce qui permet de réchauffer en permanence la
surface libre 12 du métal qui reste donc plus
facilement liquide.
Comme habituellement, le métal coulé dans la
lingotière 2 se solidifie superficiellement au contact
des parois refroidies 4 de celle-ci et forme un
produit 3 qui est extrait par l'orifice de sortie 60
de la lingotière et qui est limité par une croûte
solidifiée 30 dont l'épaisseur augmente
progressivement à partir du niveau de la surface 12.
Le bord externe 31 de celle-ci, en forme de ménisque,
se solidifie brusquement au contact de la paroi 4
mais, en raison de l'élévation de température qui
résulte de la remontée permanente du métal en fusion,
ce bord durci 31 reste malléable. De ce fait, la peau
solidifiée qui descend le long de la lingotière peut
être immédiatement appliquée contre la paroi 4 par la
pression qui règne dans le métal liquide et qui, au
niveau de la surface 12, est proportionnelle à la
hauteur ferrostatique h. On diminue ainsi le risque de
formation de cornes de solidification dans le produit
coulé.
Dans l'exemple représenté sur la figure 1,
l'organe d'introduction 1 comportant la chambre de
réception 5 et le canal de liaison 8 repose sur la
lingotière 2 et peut donc être soumis, avec celle-ci,
à des oscillations verticales d'amplitude limitée,
réalisées à l'aide de moyens mécaniques (non
représentés) et qui favorisent la pénétration du
produit lubrifiant entre la couche solidifiée de métal
et les parois de la lingotière pour éviter le collage.
Cependant, pour réaliser une variation
périodique du niveau de la surface libre 12, il n'est
plus nécessaire de faire osciller mécaniquement la
lingotière 2 elle même, car on peut aussi utiliser le
système de régulation 70 pour moduler la pression du
gaz dans la chambre annulaire 9 et faire ainsi varier
le niveau du ménisque annulaire 12.
A titre d'exemple, la figure 3 donne deux
diagrammes illustrant des modulations de pression
possibles dans la chambre 9. Sur ces diagrammes le
temps est porté en abscisse et la pression P de gaz,
représentée par les courbes C1 en traits pleins, est
portée en ordonnée. Le niveau N de la surface libre
12, également porté en ordonnée, est représenté par
les courbes en tirets C2.
La Figure 3a illustre des variations
sinusoïdales de la pression de gaz dans la chambre 9.
Une augmentation ou une diminution de la de la
pression détermine une diminution ou une élévation du
niveau de la surface 12, avec un certain retard qui se
traduit, sur la figure 2, par un déphasage des courbes
C1 et C2.
La Figure 3b illustre des variations de
pression en forme de signaux triangulaires. On
retrouve des variations de niveau semblables,
également déphasées en retard.
Ainsi, en modulant la pression dans la chambre
9, il est possible d'obtenir, sans déplacement de la
lingotière 2, une oscillation de la surface libre 12
permettant de balayer, de part et d'autre d'un niveau
moyen, une zone couverte puis découverte par l'acier
liquide. Lorsque cette zone est découverte, le produit
lubrifiant introduit dans la chambre 9, garnit les
parois de la lingotière 2. Pendant la période
couverte, le lubrifiant est emprisonné entre la peau
solide d'acier et la paroi de lingotière, ce qui
permet une extraction souple du produit 3 sans risque
de collage.
Dans un mode de réalisation particulièrement
simple représenté schématiquement sur la figure 5, la
pression dans le circuit d'alimentation 19 de la
chambre annulaire 9 est réglée par un système à
colonne d'eau comprenant deux colonnes débouchant à
des niveaux différents et qui peuvent être reliées
alternativement à la conduite 19 par une vanne à deux
positions commandée périodiquement en fonction du
diagramme de modulation de pression choisi.
La profondeur d'immersion a (Figure 1) du
canal de liaison 8 en matière réfractaire à
l'intérieur de la lingotière 2 peut être assez faible.
Elle doit être en effet, simplement suffisante pour
maintenir l'orifice de sortie 82 du canal de liaison 8
au-dessous de la surface 12 du métal qui dépend de la
pression du gaz introduit par les moyens 50 à
l'intérieur de la chambre annulaire 9.
La figure 2 montre, à titre d'exemple, un
système de régulation.
La conduite 19 qui débouche à la partie
supérieure de la lingotière 2, dans la chambre
annulaire 9, est reliée à un circuit 50 d'alimentation
en gaz sous pression, de préférence neutre à l'égard
de l'acier. La chambre annulaire 9 est également
reliée, par une conduite de sortie 19', à un circuit
d'évacuation 52 sur lequel est placée une vanne 53
régulatrice de pression, la pression d'alimentation
fournie par le circuit 50 étant un peu supérieure à la
pression souhaitée.
Un contrôleur de pression 72 compare un signal
représentatif de la pression d'alimentation, fourni
par un transmetteur de pression 73, à une valeur de
consigne qui peut être élaborée par un organe de
régulation 71 en fonction d'un signal fourni par
l'organe de mesure de niveau 51, mais qui peut aussi
être affichée manuellement.
La paroi extérieure de la chambre de réception
5 peut aussi être munie d'un moyen de refroidissement
17 constitué, par exemple, d'une chemise dans laquelle
circule un fluide de refroidissement, en particulier
de l'eau. Le moyen de refroidissement 17 permet
d'éviter la surchauffe de l'acier liquide déversé dans
la chambre de réception 5 et, le cas échéant, de
former sur la paroi intérieure de la chambre de
réception 5 une mince couche de métal solide qui
protège la matière réfractaire de la chambre 5 contre
l'usure et l'érosion, et réduit les risques
d'inclusions par entraínement de particules de
réfractaire.
Il est à noter que la surélévation du niveau
11 du métal liquide au-dessus de la lingotière 2
permet d'effectuer une décantation du métal liquide
dans la chambre de réception 5, ce qui réduit aussi la
présence d'inclusions et d'impuretés dans le métal
entraíné dans la lingotière 2.
Le fonctionnement de l'installation est le
suivant.
Comme habituellement, au début de la coulée,
l'ouverture inférieure 60 de la lingotière 2 est
obturée par une fausse barre ou mannequin (non
représenté). Le métal liquide est déversé dans la
chambre de réception 5, passe par le canal de liaison
8 et remplit progressivement la lingotière 2 jusqu'à
ce que l'extrémité inférieure du canal 8 soit immergée
dans le bain de métal liquide qui remonte jusqu'au
niveau 12, en comprimant le gaz contenu dans la
chambre annulaire 9 qui est fermée de façon étanche.
Au moyen de cylindres d'extraction non
représentés, on commande alors l'avancement du
mannequin pour assurer l'avancement du produit 3
limité par une peau 30 solidifiée qui se forme au
contact de la paroi refroidie 4 de la lingotière 2 et
dont l'épaisseur est croissante de haut en bas.
Comme on l'a indiqué, lorsque la lingotière 2
est alimentée directement à partir du distributeur 7
par une busette immergée, l'impulsion du jet de métal
à la sortie de celle-ci est telle que le jet peut
pénétrer assez profondément dans le métal déjà contenu
dans la lingotière en provoquant une refusion
intempestive. Ce risque est évité grâce à l'invention
car, en raison de la section de passage importante du
canal de liaison 8, la vitesse du métal à la sortie 81
de celui-ci reste assez faible.
De plus la mise en charge de l'acier résultant
de la surélévation de la chambre de réception surélevé
5, favorise la régularité de l'échange et permet
d'augmenter l'épaisseur solide en sortie de lingotière
par rapport à une disposition conventionnelle. Il en
résulte que la solidification en sortie de lingotière
est plus importante et que les risques de perçage de
la peau solide sont réduits.
L'épaisseur solidifiée en lingotière étant
plus importante et plus régulière, il est possible de
couler plus rapidement à sécurité constante, ou bien,
à vitesse de coulée constante d'assurer une sécurité
accrue contre les percées.
Par ailleurs, l'impulsion du jet étant assez
faible à la sortie du canal de liaison 8, il est
possible de prévoir, au-dessus de l'orifice inférieur
82, des orifices 29 orientés radialement qui
favorisent la remontée du métal à température élevée
dans l'espace annulaire 10 sans risque de
détérioration de la peau solidifiée 30.
On peut ainsi réduire la hauteur L des parois
de la lingotière pour une vitesse de coulée donnée, ou
augmenter la vitesse de coulée pour une hauteur L
donnée, ces solutions pouvant être optimisées.
Une décantation primaire peut se produire dans
la partie supérieure de la chambre de réception 5 et,
par conséquent, en dehors de la zone de
solidification. L'acier qui est solidifié dans la
lingotière 2 est donc déjà décanté et épuré des
inclusions majeures. Ainsi, la décantation qui se
produit habituellement dans la lingotière est reportée
dans la chambre de réception 5 dont le pouvoir
d'élimination des inclusions est meilleur grâce à
l'augmentation du volume et à la très faible vitesse
de descente du métal vers la lingotière.
Il est à noter que sur son périmètre
extérieur, le ménisque annulaire 12 n'est en contact
qu'avec la seule paroi refroidie 4 de la lingotière.
Il n'existe donc pas de point triple et l'on évite
ainsi les problèmes de solidification qui en résultent
habituellement.
Mais l'invention présente également d'autres
avantages.
Par exemple, on sait que la lingotière est
habituellement animée de mouvements d'oscillation pour
favoriser l'introduction du lubrifiant entre sa paroi
refroidie et la couche solidifiée. Grâce à
l'invention, il est possible d'introduire le
lubrifiant au-dessous de la surface libre 12 dans
l'espace périphérique 10, entre la couche solidifiée
du métal et la paroi de la lingotière et l'on peut
donc envisager non seulement de supprimer les
oscillations mécaniques de la lingotière mais, même,
les variations du niveau 12 du métal de part et
d'autre d'un niveau moyen.
Grâce à la régulation, selon l'invention, de
la pression dans la chambre annulaire 9, il est donc
possible de maintenir le ménisque annulaire à un
niveau sensiblement constant et, ainsi, de contrôler
les conditions de solidification au niveau du ménisque
en évitant les risques de surverse, générateurs de
défauts superficiels.
Pour introduire le produit lubrifiant fluide
ou pulvérulent, on peut avantageusement utiliser la
disposition représentée sur la figure 4 et comprenant
un récipient 21 constitué par exemple par une trémie
fermée de manière étanche, et installée à un niveau
supérieur à celui de la lingotière 2 et de la chambre
de réception 5. La partie inférieure du récipient 21
est reliée à la chambre annulaire 9 par la
canalisation 20 d'injection du produit lubrifiant,
munie d'un clapet anti-retour 22. La partie supérieure
de la chambre 21 et la chambre annulaire 9 sont
reliées en parallèle à un circuit 23 d'alimentation en
gaz sous pression. Il règne ainsi la même pression
dans le récipient 21 et dans la chambre annulaire 9 et
il en résulte que l'alimentation en produit lubrifiant
de la lingotière 2 peut s'effectuer par simple
gravité. Le récipient 21 est de préférence monté sur
un support 24 avec interposition de pesons 25
permettant de suivre la variation de la masse de
produit lubrifiant dans le récipient 21 et de
procéder, en temps utile, à un remplissage.
Comme on l'a indiqué, une variation de niveau
de la surface libre 11 du métal dans la chambre de
réception 5 se traduit essentiellement par une
modification de la pression dans la chambre annulaire
9 mais affecte assez peu le niveau de la surface libre
12 du métal au contact de la paroi refroidie 4 de la
lingotière 2, dans l'espace annulaire 10. Par
conséquent, alors que, dans les installations
classiques où le métal est déversé directement dans la
lingotière, on ne peut agir que sur le débit
d'alimentation en acier à partir du distributeur,
l'invention apporte un moyen supplémentaire de
régulation très précise du niveau dans la lingotière.
Cependant, lorsque l'on réalise une
oscillation mécanique de la lingotière 2 avec l'organe
d'introduction 1, celle-ci peut affecter le niveau de
la surface libre 12 dans la mesure où la partie
immergée du canal de liaison 8 subit le mouvement.
Pour diminuer cet effet, on utilisera donc, de
préférence, un canal de liaison 8 à paroi mince.
On remarquera que la valeur de l'amplitude des
oscillations devient assez secondaire, car toute la
surface 12 du produit (brame, bloom ou billette) dans
l'espace périphérique 10 peut être garnie de
lubrifiant. La fréquence des oscillations pourra être
réduite de manière à éviter les mouvements incontrôlés
du ménisque annulaire 12.
Toutefois, comme on l'a vu, l'invention permet
de remplacer l'oscillation mécanique de la lingotière
par une simple modulation de la pression au-dessus du
ménisque annulaire de façon à provoquer une variation
hydrostatique de niveau de celui-ci et permet, même,
de supprimer les oscillations, le niveau du ménisque
annulaire 12 étant maintenu sensiblement constant.
L'invention couvre donc également diverses
méthodes de mise en oeuvre de l'installation qui vient
d'être décrite.
Dans un premier mode de mise en oeuvre, la
pression du gaz dans la chambre annulaire est régulée
de façon à maintenir en permanence le ménisque
annulaire à un niveau sensiblement constant. Cette
pression agit, en particulier, sur la tension
superficielle du métal en diminuant les risques de
surverse.
Dans un second mode de mise en oeuvre, on fait
varier périodiquement la pression du gaz dans la
chambre annulaire entre une valeur inférieure et une
valeur supérieure, de façon à faire osciller le
ménisque annulaire entre un niveau supérieur et un
niveau inférieur.
Mais on peut aussi alimenter le gaz dans la
chambre annulaire 9 avec une légère surpression
permettant de faire affleurer le ménisque annulaire
sensiblement au niveau de l'orifice inférieur 82 de
sortie du canal de liaison 8. Ainsi, il peut se
produire un débit de fuite du gaz inerte qui remonte
le long des parois du canal de liaison, la faible
vitesse de pénétration évitant l'entraínement de
bulles. De la sorte, le niveau du ménisque est
maintenu sensiblement constant.
D'une façon générale, l'invention permet
d'assurer une meilleure régularité de surface du
produit solide, car la surface libre 12 est peu agitée
et maintenue sous pression, ainsi qu'une bonne santé
sous-cutanée grâce à la régularité de la peau 30. Il y
a en outre une diminution importante de la
ségrégation, la coulée à faible surchauffe en
lingotière apparaissant possible du fait de la mise en
pression de la surface libre 12.
Comme le montre la Figure 4, le distributeur 7
peut être muni d'une busette 26 de protection du jet
de métal liquide et dont l'extrémité inférieure est
au-dessous de la surface 11 du métal liquide
remplissant la chambre de réception 5.
La Figure 5 montre un autre mode de
réalisation de l'organe de jonction J qui, dans ce
cas, comprend un soufflet 18 entourant la chambre de
réception 5 et le ou les orifices 28 prévus dans le
fond du distributeur 7. La partie supérieure du
soufflet 18 est fixée de manière étanche au fond du
distributeur 7. La partie inférieure de ce soufflet 31
est fixée de manière étanche à la lingotière 2 ou à
son enveloppe E. Le volume intérieur du soufflet 18
est ainsi protégé de l'atmosphère de sorte que
l'écoulement de métal liquide par l'orifice 28 peut
s'effectuer directement, sans qu'il soit nécessaire de
prévoir une busette immergée. Ceci permet une coulée
plus rapide, sans créer de perturbations au niveau de
la lingotière 2 en raison de la présence de l'organe
intermédiaire 1.
Le soufflet 18 permet d'absorber les
oscillations verticales possibles de la lingotière 2
et de la chambre de réception 5 relativement au
distributeur 7.
Si aucune oscillation mécanique de la
lingotière 2 n'est prévue, on peut alors remplacer le
soufflet 18 par une jupe rigide assurant, de la même
manière, une fermeture étanche de l'espace intérieur.
L'espace intérieur du soufflet 18 peut être
mis sous vide relatif pour un dégazage du jet d'acier
liquide sortant par le ou les orifices 28. Une
régulation de la pression à l'intérieur du soufflet 18
peut être prévue.
Sur les figures 6 et 7, on a représenté à
titre d'exemple, respectivement en élévation et en
coupe transversale, une installation pour la coulée de
produits à section rectangulaire appelés brames.
Les différents éléments déjà décrits en
référence aux figures précédentes sont désignés par
des références numériques identiques, ou augmentées du
nombre 100, leur description n'étant pas reprise sauf
pour les parties modifiées.
En particulier, l'organe intermédiaire
d'introduction 1 comprend une chambre supérieure de
réception 105 reposant, par un rebord inférieur, sur
le châssis de la lingotière 2 et prolongé par un canal
de liaison 108 qui pénètre dans la partie supérieure
de la lingotière.
Comme le montre la figure 7, la chambre de
réception 105 forme une cuve à section oblongue
limitée par deux parois parallèles aux grands côtés de
la lingotière et se raccordant par des extrémités
arrondies.
Cependant, pour favoriser la répartition du
métal qui s'écoule par la busette 26 débouchant au
centre de la chambre de réception 105, le canal de
liaison 108 est muni, dans sa partie centrale, d'un
bloc solide 83 représenté en vue de dessus et en demi-coupe
horizontale, respectivement sur les parties
gauche et droite de la figure 7. Ce bloc 83 traverse
transversalement le canal de liaison 8 au-dessous du
débouché de la busette 26 et dirige le métal en deux
courants symbolisés par les flèches F', vers deux
orifices 84 à section oblongue débouchant un peu au-dessus
de l'orifice inférieur 82 du canal de liaison
8. Ainsi, le métal déversé par la busette 26 est
réparti régulièrement dans l'ensemble de la lingotière
2, les sections oblongues 84 ayant des sections
suffisantes pour assurer une vitesse relativement
faible de descente du métal.
Comme indiqué précédemment, des ouvertures
radiales 29 permettent d'assurer la diffusion rapide
du métal dans l'espace annulaire 10.
Les figures 8 et 9 montrent, respectivement en
coupe verticale longitudinale et en coupe horizontale,
une autre variante de réalisation, destinée
spécialement à une installation de coulée de brames
minces. Les éléments identiques ou semblables à des
éléments déjà décrits à propos des Figures 1 à 6 sont
désignés par les mêmes références numériques
éventuellement augmentées du nombre 200, leur
description n'étant pas reprise pour les parties non
modifiées.
En variante, la chambre de liaison 205 n'est
plus en appui direct sur la lingotière 2, mais est
maintenue à un niveau fixe par un cadre de support 35
entourant la partie haute de la chambre de réception
205 et relié par un soufflet étanche 237 à la
lingotière 2 pour permettre les oscillations de celle-ci.
Le cadre de support 35 peut être constitué par un
châssis métallique mécano-soudé, avec chemise de
refroidissement 117 au contact de la paroi extérieure
de la chambre de réception 105.
La transition entre la partie haute de la
chambre de réception 205 et le canal de liaison 208
est assurée progressivement par une partie à double
courbure pour faciliter la descente du métal dans la
lingotière 2. Cette dernière présente une section
transversale horizontale en losange ou en fuseau pour
faciliter l'introduction du métal, la partie centrale
se rétrécissant progressivement jusqu'à l'orifice de
sortie 60 de la lingotière 2 qui présente la section
rectangulaire souhaitée, celle-ci ayant une faible
largeur par rapport à sa longueur.
De la même façon, l'organe d'introduction 1,
au moins dans sa partie inférieure constituant le
canal de liaison 208, présente une section
transversale en losange analogue, par homothétie, à
celle de la lingotière 2, de façon à ménager entre la
paroi externe 281 du canal de liaison 208 et la face
interne de la lingotière, un espace annulaire 10 de
largeur sensiblement constante.
Comme dans le cas de la figure 7, un bloc
solide 283 est disposé dans le canal de liaison 208
pour ménager deux ouvertures allongées 284 dont la
largeur diminue progressivement vers les petits côtés
de la lingotière, en s'écartant de l'axe de la busette
26.
Dans le mode de réalisation de la figure 8, la
chambre annulaire 9 est fermée par le cadre de support
35 qui prend appui directement sur la lingotière,
l'organe d'introduction 1 oscillant avec celle-ci.
Comme on l'a indiqué précédemment, il est
possible également de monter l'organe d'introduction 1
sur un support fixe, le cadre de support 35 étant
alors relié à la lingotière par un soufflet permettant
les oscillations de celle-ci et fermant de manière
étanche la chambre annulaire 9. Cependant, le volume
de gaz enfermé est alors plus grand et l'on augmente
donc les possibilités de variations du niveau de la
surface supérieure 12 du métal dans l'espace annulaire
10 en fonction des variations du niveau de la surface
11 du métal dans la chambre de réception 5.
Bien entendu, l'invention ne se limite pas aux
détails des modes de réalisation qui viennent d'être
décrits, d'autres variantes pouvant être envisagées
sans s'écarter du cadre de protection défini par les
revendications.
C'est ainsi que, comme indiqué sur les figures
10 à 12, dans le cas de la coulée de brames où la
longueur de la cavité de coulée est beaucoup plus
grande que sa largeur, il peut être intéressant de
prévoir un organe intermédiaire d'introduction 1
comprenant une chambre de réception 405 de section
analogue à celle de la lingotière et plusieurs canaux
de liaison 408 décalés longitudinalement et alimentés
chacun à partir d'un orifice 438 ménagé dans le fond
de la chambre de réception 405. Comme l'indique la
figure 12, chaque canal de liaison 408 et constitué
d'une paroi tubulaire dont le diamètre externe est
déterminé de façon qu'il existe une distance minimale
d entre la paroi 481 et la face longitudinale 404 de
la lingotière suffisante pour éviter la solidification
du métal dans la partie la plus étroite de l'espace
périphérique 410.
Pour cette raison, dans le cas représenté sur
la figure 9 où l'on utilise une lingotière à section
en losange ou en fuseau pour la coulée d'une brame
mince, il est possible de donner aux différents canaux
de liaison des sections différentes, les canaux 408b
placés dans la partie centrale étant plus large que
les canaux 408a placés aux extrémités.
De la sorte, il est possible de déterminer une
répartition pratiquement uniforme du débit
d'introduction de l'acier liquide dans la lingotière
402.
Selon une autre caractéristique
particulièrement avantageuse, la disposition selon
l'invention facilite considérablement le
fonctionnement d'une installation à lignes multiples
permettant de couler simultanément, en parallèle,
plusieurs produits.
Une telle installation, représentée
schématiquement sur la figure 13, comprend plusieurs
lingotières 2, quatre dans l'exemple, qui sont
disposées parallèlement les unes aux autres. Selon
l'invention, ces lingotières 2a, 2b... sont associées
à une seule et même chambre de réception 305 ayant une
longueur suffisante pour couvrir l'ensemble des quatre
lingotières et assurer leur alimentation en métal
liquide. Celui-ci peut être déversé à partir d'un
distributeur 7 par une busette unique 26 débouchant
sensiblement au centre de la chambre de réception 305.
Le fond de celle-ci est muni, dans l'axe de
chaque lingotière 2a, 2b..., d'un orifice 38 qui
débouche dans un canal de liaison 308. Dans l'exemple
considéré, la chambre de réception 305 comporte donc
quatre prolongements formant chacun un canal de
liaison 308a, 308b..., plongeant respectivement dans
une lingotière 2a, 2b..., associée.
L'alimentation en métal liquide de la chambre
de réception 305 est assurée par un seul distributeur
7 avec une régulation de niveau commune pour
l'ensemble des quatre lingotières 2a, 2b..., dans la
chambre de réception 305, celle-ci étant munie d'un
organe de mesure de niveau dont les informations sont
transmises au régulateur associé à chacune des ligne
de coulée.
Ainsi, le débit d'introduction du métal dans
chaque lingotière 2a, 2b... s'ajuste automatiquement à
la vitesse d'extraction dans la lingotière
correspondante, les variations de débit dans chaque
ligne étant équilibrées par un réglage de la pression
au-dessus du ménisque annulaire correspondant, de
façon à maintenir celui-ci au niveau souhaité.
La vitesse d'extraction du produit dans chaque
ligne de coulée peut donc être réglée indépendamment
des autres.
Quatre obturateurs ou quenouilles de
fermeture, non représentés sur la figure peuvent être
associés respectivement aux quatre orifices d'entrée
38 des canaux de liaisons 308 pour les fermer en cas
d'arrêt d'une ligne.
Cette disposition à lignes multiples peut être
appliquée avantageusement à la coulée de billettes
rondes ou carrées.
Les exemples donnés précédemment montrent que
l'invention peut convenir à la coulée de toutes sortes
de produits, notamment de blooms dans les mêmes
conditions que les billettes, de brames classiques
épaisses, moyennes ou minces.
Mais on peut encore noter d'autres avantages.
La régulation du débit de coulée à partir du
distributeur 7 peut être effectuée de manière plus
simple qu'en coulée classique, car une variation de
débit a moins d'influence sur le processus de
solidification.
Le canal de liaison tubulaire 8, 108, 208, 308
entre la chambre de réception et la lingotière peut
être nettoyé à l'argon ou à l'azote à moindre risque
pour l'acier en lingotière.
Le niveau supérieur de la chambre de réception
5, 105, 205, 305 peut être nettoyé par surverse
(débordement) intermittente dans un bac d'évacuation
situé à côté de la chambre de réception pour
recueillir le trop-plein.
Les équipements se trouvent simplifiés.
Dans certains cas, la chambre de réception
peut être alimentée directement par les poches de
coulée, en particulier pour les brames, avec une
alimentation par pression de la poche par exemple.
La vitesse de coulée peut être portée à 8-10
m/mn ou plus suivant les formats. Il est, en effet,
intéressant de couler assez rapidement pour réchauffer
la surface libre 12 dans l'espace périphérique 10,
cette vitesse restant, de toute façon, assez basse
pour ne pas perturber le bain de métal, en raison de
la grande section de l'orifice de sortie 82.
Le démarrage automatique est sans risque
puisque tout écart peut être canalisé par surverse.
Dans une installation à coulée multiple, grâce
à la possibilité, selon l'invention, de supprimer les
moyens d'oscillations de chaque lingotière 2 et de
régler individuellement le débit d'introduction du
métal en fonction de la vitesse d'extraction dans
chaque ligne, la coulée de billettes, blooms,
éventuellement brames jumelles est grandement
simplifiée.
Les signes de référence insérés après les
caractéristiques techniques mentionnées dans les
revendications, ont pour seul but de faciliter la
compréhension de ces dernières et n'en limitent
aucunement la portée.