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"Nouveau procède de cordonnerie et machine pour la mise en oeuvre de ce procède*" @ Cette invention, relative aux systèmes de pression usités en cordonnerie pour galber le dessous de la chaussure, est appliquée ici à titre d'exemple a une machine automatique à lisser les semelles secondes par pression de roulement, du type de celle décrite au brevet français du 11 avril 1916 (n 481.467).
On sait que, dans la confection de plusieurs genres de chaussures, notamment les articles légers pour dames, on a pris l'habitude de façonner le dessous de la chaussure d'une manière qui permet au bord de la semelle (et de la trépointe, s'il y en a une) d'épouser l'empeigne aussi intimement que possible sur tout son pourtour. Or, avec le cousu-trépointe il est très difficile, sinon impossible, d'obtenir un aussi
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bon joint qu'avec le cousu-chausson parce que les matières réunies par la couture en première laissent une saillie qui tend à retrousser le bord de la semelle, même quand ladite couture est rafraîchie aussi ras qu'il est possible de le faire.
De plus, le froncement de l'empeigne, aux deux extrémités de cette même couture, forme un bourrelet qui favorise leretrous- sement dudit bord et crée dans la face plantaire de la semelle dernière (seconde) des inégalités qui empêchent le devant du talon de porter parfaitement à plat dessus. Il est admis que le lissage de cette dernière semelle ne peut remédier entière- ment à cet état de choses, lors même que le bord de la semelle serait battu en cambrure après ce lissage. En effet, la seconde, une fois cousue à la trépointe, tient si solidement les matières qui débordent la couture que la pression du rouleau lisseur est inoapable de les bien écraser.
On a déjà proposé, il est vrai, de tourner cette difficulté* en aplatissant comme il faut les matières débordantes avant l'affichage de la seconde, soit à la main avec un marteau, soit mécaniquement avec un rouleau comme celui des machines a lisser les semelles; mais le battage à la main prend beaucoup de temps et coûte par suite assez cher, et il doit aussi être fait avec grand soin pour ne pas abîmer la chaussure. On a constaté, en outre, que lorsque la première est soumise à une pression de roulement, spécialement dans le s machines automatiques, on court alors un grand risque de crever la couture, surtout si les matériaux de l'empeigne sont aussi minces que ceux employés d'ordinaire pour l'article femme.
Or, la présente invention prévoit une nouvelle façon de traiter le cousu-trépointe qui permettra dTaplatir également partout les matières débordant la couture en première, afin de faciliter l'obtention d'un bon joint tout le long du bord de la semelle première ainsi qu'une pose parfaitement à plomb du talon sur le devant de l'emboîtage, sans qu'il y ait aucun danger d'abîmer même les chaussures le s plus fines.
Le nouveau
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procède consiste arecouvrir le dessous de la chaussure, après avoir muni celle-ci de sa trépointe (et aussi, de préférence, après la couture en première mais avant l'affichage de la seconde) d'une housse, dite "sangle", prise dans une matière souple, par l'intermédiaire de laquelle la pression d'égalisage est appliquée à la semelle première pour la préparer à recevoir la semelle seconde. Il sera bon aussi d'exercer sur chaque côté de la sangle un effort de traction en hauteur de la chaussure pour tenir celle-là bien serrée contre le dessous de celle-ci durant l'application de la pression.
Pour une telle préparation des chaussures à l'affichage de la seconde, on aura intérêt à employer les machines automatiques dont on s'est servi jusqu'ici pour lisser les semelles par pression de roulement, vu que la souplesse de la matière intercalaire fait l'office d'un coussin qui empêche cette pression, relativement forte dans ces machines, de détériorer la chaussure.
L'invention prévoit en outre un nouveau mécanisme de pression pour le traitement du dessous des chaussures, mécanisme pourvu d'une sangle établie de manière à faciliter l'application de la pression aux endroits voulus. Or, en vue de rendre cette pression uniforme, il importe, comme on l'a vu déjà, que la sangle soit capable de se conformer ou d'être conformée aisément à la courbe du dessous de la chaussure.
De la l'emploi, dans le présent système, d'une sangle façonnée de manière à présenter une partie de la face plantaire de la chaussure une concavité longitudinale qui lui permet de bien embrasser le devant de la semelle première* Une sangle munie ainsi d'un creux dans lequel on peut faire entrer la chaussure a l'avantage d'être relativement commode à placer dans la position voulue sur :la chaussure, et l'expérience a montré que la même sangle, si elle est établie comme on vient de l'expliquer, peut servir travailler des chaussures de pointures différentes.
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L'invention vise encore à perfeotionner le mécanisme de placement de la chaussure en position de travail sur son support.
Dans les machines à lisser du type susindique la chaussure en forme repose, durant le lissage, sur un étau qu'un mécanisme automatique promène sous un rouleau soumis à la pression d'un ressort, le passage de ce rouleau sur la semelle imprimant à celle-ci le galbe du pavé de la forme. La cheville-support de l'étau est enfilée dans le dé de la forme, tandis que l'avant- bout de la chaussure repose sur un appui ad hoc revêtu d'un tampon. Jusqu'ici, pour fixer la chaussure solidement en place sur son support, la cheville porte-forme était penchée dans la direction du tampon de l'appuie-bout a l'aide d'un engrenage commandé par une clé à béquille, ce qui serrait le bout de la chaussure fermement sur ledit tampon.
Quand les machines dont s'agit possédaient aussi une sangle en cuir, ou genre de celle dont il a été parle* plus haut, cette sangle était rabattue par-dessus la semelle et de chaque côté de la chaussure, à l'aide d'une manette à encliquetage. Or, une telle sangle constitue en soi un excellent dispositif d'etayage de la chaussure et peut s'employer alternativement avec le dispositif d'inclinaison de la cheville porte-forme.
Jusqu'à cejour, on a fait un grand usage de ces deux dispositifs. Mais si celui mentionne' en dernier lieu est quelque peu plus vif et donne de bons résultats avec n'importe quel genre de chaussure, l'autre est considère comme très avantageux, sinon indispensable, pour le lissage impeccable de certaines semelles. Quand on utilise la sangle, il est naturel de croire qu'elle sera capable de maintenir soule la chaussure solidement enplace et, en pareil cas, le dispositif d'inclinaison de la cheville porte-forme est généralement laissé inactif.
Ceci posé, la présente invention vise a doter le métier d'une machine perfectionnée munie de plus d'un dispositif d'étayage et offrant sous oe rapport, et d'autres, tous les
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avantages des machines connues des-,types sus indiqués, la nouvelle machine coûtant moins cher à construire et étant plus simple et plus facile à conduire parce que n'obligeant pas l'opérateur de recourir à deux mécanismes différents pour fixer la chaussure en place sur l'étau et lui permettant, dès lors, de prêter plus d'attention son travail et de s'habituer le faire toujours de la même manière.
Une particularité' de la machine ainsi perfectionnéscomport l'emploi d'une commande unique pour la fixation de la chaussure en position de travail avec l'un ou l'autre des dispositifs d'étayage, au gré de l'opérateur.
De préférence, cette commande: est actionnée à l'aide d'une manette pour amener en position active le dispositif d'étayage demandé par la nature du travail à faire, ladite manette étant constituée par le levier dont on s'est servi jusqu'à ce jour pour serrer la sangle sur la chaussure, et plusieurs pièces dispendieuses de l'ancien mécanisme d'inclinaison de la cheville porte-forme étant remplacées par quelques bielles et leviers, qui en abaissent le prix de revient et le simplifient beaucoup.
Une autre particularité de la nouvelle machine concerne le mode de raccordement de la commande unique aux deux dispo- sitifs d'étayage. Etant donné qu'il faut imprimer au levier de manoeuvre de la sangle un mouvement de bien plus grande amplitude pour la serrer contre la semelle 9. lisser qu'il n'est possible d'imprimer à la cheville porte-forme pour la pencher vers l'avant de la chaussure, levier et cheville sont accouplas ici par un joint à tenon et coulisse qui permet d'actionner ledit levier sans déranger la cheville durant le serrage de la sangle, et il est prévu des moyens qui empêchent le tenon du joint de jouer dans sa ooulisse quand la chaussure doit être fixée en place sur l'étau au moyen de la cheville porte-forme,
qui est penchée alors vers l'avant de la chaussure pour serrer le bout de la semelle contre son tampon-support.
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Une autre particularité de l'invention réside dans l'inten- sité relative des forces appliquées à la commande unique des deux dispositifs d'étayage. En effet, on verra que les bras de levier correspondent approximativement aux efforts qu'il est nécessaire d'exercer sur chacun desdits dispositifs à son point d'opération, ce qui permet à l'opérateur d'actionner l'un ou l'autre dispositif par l'application d'une force ayant a peu de chose prés la même intensité.
Le mécanisme d'inclinaison de la cheville porte-forme, considère indépendamment du mécanisme de la sangle, a été rendu aussi bien plus efficace et beaucoup plus simple que dans les anciennes machines en le faisant commander directement par un levier. Les inconvénients résultant de l'emploi d'une clé à béquille se trouvent donc supprimés, et le bras de levier prévu est amplement suffisant pour asairer le bon étayage de la chaussure.
L'invention vise encore à perfectionner le mécanisme de pression des machines dont s'agit, car en lissant, sur une ma- chine du type de celle du brevet 481.467 précité, des semelles à forte cambrure comme celles de maintes chaussures de femmes, on s'était aperçu que le rouleau lisseur, adapté à céder verticalement sous l'action de son ressort pour se prêter aux irrégularités du contour de la semelle, tombait violemment sur la cambrure en quittant l'avant-pied au lieu de venir rouler sur celle-la sans modifier sa pression. On avait constaté aussi que la semelle, qui est toujours en humeur, était tirée brutalement vers la ligne des flancs par le rouleau son retour, ce qui quelquefois la déformait d'une façon préjudiciable.
Pour remédier à. ce défaut de la machine, on s'avisa de munir la came servant à contrôler la pression du ressort de creux dans lesquels son galet s'enfonçait lors du passage du rouleau lisseur sur la ligne des flancs de la chaussure, diminuant par là la pression du ressort ou l'annulant complètement à cet endroit .
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Cependant, comme une telle atténuation de la pression du rouleau n'est pas nécessaire et peut même nuire à l'efficacité du lissage avec des chaussures à dessous presque plat, telles les chaussures d'homme, on imagina encore de combler les creux susdits de la came en y introduisant des bouchons amovibles (Cf. brevet français du 4 juillet 1924, n 596. 158) et mettre ainsi ces parties du régulateur de pression au niveau des parties voisine s.
Or, la présente invention vise à perfectionner davantage à cet égard les machines à lisser les semelles en les dotant d'un mécanisme de pression capable de se prêter au galbe particulier de la chaussure en main. Ce mécanisme comporte ici deux dispositifs de pression montés ä demeure dans la machine et ainsi étudies que l'un peut être utilisé à la place de l'autre à volonté. Il est paré ainsi aux inconvénients résultant de la perte de pièces amovibles et le temps que prend le reconditionne- ment de la machine se trouve réduit au minimum. Un des dispositifs en question est destiné à supprimer la pression aux endroits désirés, tandis que l'autre ne fait que la diminuer ou la rétablit en son entier à quelques-uns de ces endroits ou à tous.
Ce double résultat est obtenu par l'emploi d'une première came agissant de concert avec un organe presseur pour transmettre à la chaussure la pression de lissage telle que réduite par l'entrée dudit organe dans des creux ménagés à cette fin dans la périphérie de cette première came, et par l'emploi d'une deuxième came agissant de concert avec un organe presseur pour empêcher, le cas échéant, le presseur coopérant avec la première came de tomber dans les creux de celle-ci.
Les diverses particularités de l'invention énoncées ci- dessus ressortiront clairement de la description suivante, en regard du dessin ci-joint, d'une machine spécialement étudiée pour la mise en oeuvre du nouveau procède et caractérisant les perfectionnements suindiuques.
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Fig. 1 représente, en élévation latérale, la partie de la machine où s'effectue le traitement de la chaussure;
Fig. 2 est un détail, à plus grande échelle, de la sangle;
Fig. 3 et 4 montrent respectivement les extrémités avant et arrière d'une chaussure à trépointe avant le rabattage de la couture en première;
Fig. 5 et 6 montrent les mêmes parties de la chaussure après l'opération de rabattage de ladite couture;
Fig. 7 est un détail de la commande placée dans la position qu'il faut pour serrer la sangle ;
Fig. 8 et 9 sont des détails analogues de la même commande placée dans la position qu'il faut pour pencher la cheville porte-forme ;
Fig. 10 est une vue agrandie d'un côte du mécanisme dtétayage de la chaussure;
Fig. 11 est une perspective du même mécanisme;
Fig. 12 est un détail de la came et du levier de pression.
Sauf les différences signalées ci-après, la machine représentée ici ressemble à celle du brevet 481.467 précité.
Dans le présent système, la chaussure 10 est fixée en place sur un pilier appuie-talon 12 et un pilier appuie-bout 14 qui oscillent ensemble autour d'un .pivot 16, sous l'impulsion d'un mécanisme actionné au moteur, pour promener le dessous de la chaussure sous un rouleau 18 adapté à un bras 20 et. soumis à la pression d'un gros ressort, ledit bras étant articule' à 1 arrière de la machine - le tout comme explique* plus au long au brevet cite' en dernier lieu.
La nouvelle sangle 22 prévue par la présente invention est reliée de chaque côté par deux ressorts, 24 et 26, a un levier 28 pivotant sur le pilier appuie-bout et pouvant être placé dans toute position voulue à l'aide du.secteur 30. Cette sangle est préférablement en peau tannée suivant la méthode indienne, c'est-à-dire pétrie dans une liqueur spéciale comme le font les
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aborigènes de l'Amérique du Nord, le côte' chair de cette peau étant tourné vers la semelle*' Une peau ainsi préparée est assez souple pour se prêter aisément au contour de la chaussure et son côté chair a aussi assez de résistance pour l'usage auquel elle est destinée.
En arrière de sa partie milieu, qui enveloppe la cambrure de la chaussure, la sangle dont s'agit est munie, de chaque côté, d'une oreille pendante 32 à laquelle est attache' un des ressorts 24. D'autre part, sa partie avant est fendue longitudinalement de chaque cote, ainsi qu'il est montré en 34, et chaque portion marginale 36 ainsi obtenue est écroutée en en enlevant un petit morceau près du centre, puis les bouts attenants sont attachés ensemble , l'aide d'une plaque 38. De préférence, les fentes 34 sont courbes afin de laisser des pattes auxquelles on attachera les ressorts 26 a l'aide de plaques 39. Les parties écourtées de la sangle tirent sur le devant de celle-ci pour la cintrer de long en contractant sa périphérie.
Il suit de la que lorsque le levier 28 descend en tirant sur les ressorts 26, l'extrémité de la sangle portant sur le bout de la chaussure, aussi bien que d'autres portions de ladite sangle, épouseront le fond de la chaussure en place sur l'étau et exerceront une traction de haut en bas dessus. La sangle illustrée ci-contre est faite assez longue pour recouvrir entièrement le dessous de la chaussure. De préférence, les pattes 36 seront placées en dehros de celles formées par les fentes 34.
Fig. 3 et 4 montrent les extrémités avant et arrière du dessous d'une chaussure après le rafraîchissage de la couture de la semelle première, 40' désignant la nervure surmontant le bord de ladite semelle et 421 le bourrelet forme* dans l'empeigne à l'endroit de l'emboîtage. Si ces parties saillantes étaient laissées telles quelles dans l'article fini, elles tiendraient la semelle seconde tellement écartée de la semelle première qu'il serait bien difficile, sinon impossible, d'afficher celle-là de manière à obtenir un bon joint entre elle et
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l'empeigne, au bord, ou entre l'empeigne.et la trépointe, si la chaussure en a une.
Le lissage de la seconde ne saurait remédier efficacement a ce défaut vu que, âpres le piquage de cette semelle, les matières débordant la couture en première restent tenues si fermement en place qu'il est impossible de les bien coucher à plat.
En vue de parer à un tel état de choses, il a été proposa déjà de présenter la chaussure, après le rafratchissage de la couture en première, à une machine comme celle employée jusqu'ici pour lisser les semelles secondes par une pression de roulement et de rabattre les saillies l'aide du rouleau lisseur.
Toutefois, on a constaté que, en agissant ainsi, on court un grand risque de fatiguer par trop la couture en première ou d'abîmer autrement la chaussure, surtout si elle est faite de matériaux fragiles comme ceux de l'article femme. Or, la présente invention supprime ce danger par l'interposition, entre la chaussure et le mécanisme de pression, d'une couche de matière résistante mais souple telle, par exemple, que la sangle susdécrite. Il est préférable de choisir pour cette sangle une matière que le débordant de la couture en première ne puisse pas déformer sensiblement, et l'expérience a montré qu'il vaut mieux faire porter sur la chaussure le côté chair plutôt que le côté fleur d'une peau propre confectionner les sangles, parce que plus résistant. Figures 5 et 6 illustrent le résultat du traitement que l'on vient de décrire.
Avec sa nouvelle sangle, la machine actuelle peut servir aussi à bien lisser la seconde de la même chaussure après l'égalisage de la première, et contribuera à la formation d'un bon joint entre ces deux semelles tout autour de la chaussure en avant du talon. On pourra,si l'on veut, tourner la sangle à l'envers pour faire porter le côté plus lisse de la fleur du cuir sur la plante de la semelle seconde.
La sangle en question exerce une forte traction de haut en bas sur la pointe du bout
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de la chaussure aussi bien que sur les flancs.. , cause du creux longitudinal y forme*, et l'on obtient le résultat désiré à l'extrémité et de chaque côté de l'avant-pied. Le creux longitudinal de la sangle empêche aussi la chaussure de glisser de long, tandis que la tension à laquelle elle est soumise de chaque côté évite tout déplacement latéral, tout en aidant à écraser ou aplatir comme il faut les matériaux de la chaussure.
On a la faculté d'employer pour.la sangle toute autre matière que le cuir pourvu qu'elle possède la fermeté* voulue, mais les peaux préparées d'après la méthode indienne ont donné jusqu'à présent les meilleurs résultats, tant pour le lissage que pour le rabattage de la couture en première.
Quand les chaussures à. trépointe sont traitées de la façon expliquée ci-dessus, le remplissage ordinaire destiné à combler les vides entre la seconde et la première semelle peut être supprimé à,l'endroit des flancs de la chaussure. Et comme la partie de la semelle seconde située à cet endroit se trouve ainsi plus près du bois de la forme que lorsque le remplissage va jusque-là, elle devient capable de prendre plus aisément le galbe du pavé de la forme.
Le nouveau mécanisme d'étayage et le dispositif de serrage de la sangle seront maintenant décrits en regard des figures 7 à 11. Quant à la sangle illustrée figures 10 et 11, son mode d'emploi est le même, bien qu'elle soit d'un modèle différent de celui représenté dans les autres figures.
La cheville porte-forme 40 est implantée dans un bloc 42 articulé en 44 au sommet de l'appuie-talon et capable de s'incliner, pour pencher ladite cheville, sous l'action d'une bielle 46 pivotant en 48 sur un bras attaché au bloc et descendant par derrière l'appuie-talon, ce qui fait entrer le bout de la chaussure fermement dans le creux du tampon 50 de l'appuie-bout.
La sangle 22 est attachée de chaque côté aux deux branches du levier fourchu 28 au moyen des ressorts 24
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et 26 (fig. 1) et, quand elle doit servir à égayer la chaussure, ledit levier 28 (dont les branches sont montées pivotalement en
51 dans des boutonnières 52 sur l'appuie-bout) la serre fermement par-dessus la semelle, après quoi ledit levier est enclenché au secteur 30 porté par l'appuie-talon. Les boutonnières 52 décrivent des arcs de cercle ayant pour centre le point 54 autour duquel le pilier appuie-talon bascule par rapport au pilier appuie-bout afin de permettre auxdits piliers de se mouvoir autour dudit centre 54 sans modifier le s positions relatives du levier et de l'appuie-talon, ainsi qu'il est expliqué au brevet 480.849 précité.
Le levier 28 est relié comme suit au mécanisme d'inclinaison de la cheville porte-forme: Au bas du pilier appuie-talon est articulée une bielle 56 dont l'extrémité supérieure pivote sur des bielles 58, une de chaque cote dudit pilier. Ces bielles se prolongent vers l'arriére de la machine pour venir s'articuler à des bielles 60, plus courtes, qui les relient aux portions arrière des fourches du levier 28.
Les deux bielles 58 sont accouplées ensemble au moyen d'un tenon horizontal 62 engrenant dans une coulisse longitudinale 64 formée dans la bielle 46 (fig. 7,8, 9). Au bas de celle-ci est articulée une clenche 66 affectant la forme d'un U dont les branches 68 peuvent être levées pour les amener entre la bielle 46 et les bielles 58 (fig. 8, 9), ou bien baissées pour les dégager (fig. 7). Quand cette clenche accuse cette dernière position, le tenon 62 glisse librement dans la coulisse 64 cependant que le levier 28 fait monter ou descendre les bielles 58 pour serrer la sangle 22 sur la chaussure; mais quand ladite clenche accuse la position de fig. 8 et 9, le tenon 62 accote sur les branches 68 en s'abaissant et tire alors sur la bielle 46 pour pencher la cheville porte-forme.
La clenche est retenue dans cette position par une petite goupille 70, à ressort, qui se loge dans un trou 72 de la clenche aussitôt cette dernière levée.
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Il n'y a pas lieu de démonter la sangle quand elle ne sert pas, car l'amplitude du mouvement imprime' au levier 28 est si faible que ce mouvement n'a aucun effet sur la sangle. Aussi, en pareil cas, est-elle ordinairement ramenée par-dessus le pilier appuie-bout et accrochée au levier 28.
La sangle et la cheville porte-forme sont donc actionnées ici par une seule et même commande qui permet de placer l'une ou l'autre en position active à volonté.
Il est clair que, avec des pièces ayant entre elles les proportions illustrées au dessin, la manoeuvre du levier 28 fera mouvoir la bielle 60 à peu près aux deux tiers de la vitesse imprimée à l'extrémité inférieure du ressort 24, et que le tenon 62 ne se déplacera que la moitié' ou presque la moitié aussi vite que la bielle 60. Pour cette raison et d'autres qui apparattront tout à l'heure, l'accouplement du levier 28 à la cheville porte- forme lui fait produire plus d'effet que son accouplement à la sangle, ce qui a un double avantage dans la présente machine.
En effet, la cheville porte-forme ne pouvant s'incliner que très peu en serrant le devant de la chaussure contre le tampon de l'appuie-bout, l'opérateur devra faire parcourir une grande distance, comparativement, au levier 28 pour que cette manoeuvre amène ladite cheville à exercer une pression suffisante sur la chaussure; d'autre part, la force à appliquer à la sangle pour fixer la chaussure avec une égale solidité sur l'étau aura beaucoup moins d'intensité* que celle à appliquer à la bielle 46.
Or, les deux dispositifs du présent système d'étayage ont été étudies en vue d'obtenir précisément ces deux résultats.
Pour mieux faire comprendre ce qui arrive dans les deux cas, on supposera d'abord que la sangle est rabattue sur la semelle en un point suité à un tiers de la distance séparant l'extrémité arrière de la semelle de son extrémité avant, et que le devant de la chaussure exerce sur le tampon de l'appuie-bout une
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pression de 50 kilogrammes. La force appliquée alors a la cheville porte-forme aura une intensité de 100 kilogrammes et la tension des ressorts 34 une intensité de 150 kilogrammes.
Or, étant donné que la distance entre le pivot 51 et les ressorts
24 mesure environ 1/5 de la longueur du levier 28, l'opérateur devra exercer une pression de 30 kilogrammes sur ledit levier pour le baisser au point voulu.
Supposé maintenant qu'il s'agisse de fixer la chaussure en place sur l'étau au moyen de la cheville porte-forme, on verra .que la distance entre les points 44 et 48 mesure peu près 1/7 de la distance séparant du pivot 44 le tampon de l'appuie-bout.
Si le tampon est soumis à une pression de 50 kilogrammes, comme dans le premier cas, la tension appliquée à la bielle 46 représentera une force de 350 kilogrammes et celle appliquée à la bielle 60, une force de 175 kilogrammes. Or, comme la bielle 60 est attachée au levier 28 en un point situé à 1/7 de sa longueur à partir de son articulation, une pression de 25 kilogrammes sur le levier 28 suffira pour tirer la bielle 46 en bas.
L'opérateur pourra donc effectuer la manoeuvre du levier 28 par l'application de forces de même intensité aux deux dispositifs d'étayage et il s'habituera vite à leur mise en jeu alternative.
L'élasticité des ressorts 24 et 26 joue ici un rôle très important, attendu qu'il serait malaisé de raccorder le levier 28 à la sangle et 9 la cheville porte-forme par une même transmission inélastique capable de mouvoir chacune de la distance requise par la nature variable de l'ouvrage. Or, ces ressorts sont précisément faits pour absorber, en pareil cas, le surplus de mouvement imprime' au levier 28 pour actionner la sangle au lieu de la cheville porte-*forme.
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Le nouveau système d'étayage que l'on vient de décrire se recommande surtout par l'économie de temps réalisée avec lui et aussi par l'absence de tout énervement chez l'opérateur qui en fait usage, puisqu'il n'aura plus ni à chercher ni à employer la clé dont il a dû se servir jusquici pour pencher la cheville porte-forme. Bien plus, en dehors de la double fonction remplie par le levier 28, son utilisation pour la mise en jeu de la cheville porte-forme est des plus avantageuses et constitue en elle-même une amélioration notable de l'ancien système d'étayage des chaussures dans les machines a lisser les semelles secondes.
Ltinvention comporte encore l'utilisation d'un nouveau mécanisme de pression que l'on va maintenant décrire.
Un gros ressort 74 appuie par le bas sur une bielle 76 articule en 78 au bâti et 4 l'avant de laquelle est articulée à son tour par le bas une bielle verticale 80 dont le haut pivote sur le bras 20. D'autre part, sur le ressort 74 appuie un piston 82 qui peut descendre sous l'impulsion d'un levier 84 articule' en 86 au bâti principal et relié par une bielle 88 à une autre bielle, 90, articulée en 92 au même bâti. A celle des extrémités de la bielle 90 située presque en dessous de la bielle 88 est adapta un galet 94 en contact avec une came 96 qui fait le tour d'un arbre 98 à chaque cycle opératoire.
Les dépressions ou creux de la came permettent à la bielle 88 de s'affaisser pour détendre le ressort 74 et diminuer par là ou supprimer entièrement la pression exercée sur la chaussure ; au contraire, les éminences ou saillies de la came relèvent la bielle 88, ce qui pousse le ressort en bas et serre le rouleau 18 fermement contre la chaussure. Ainsi, la pression minima est produite par les creux et la pression maxima par les saillies de ladite came.
Fig. 1 et 12 représentent la machine au commencement d'une opération de lissage, alors que le galet 94 est logà dans le creux
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100 de la came qui tourne ici dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Lorsque le galet remonte sur la saillie 102, le rouleau lisseur quittant le bout de la semelle passe sur l'avant- pied de celle-ci pour se rendre à la ligne des flancs ou le creux
104 rend sa pression nulle.
La saillie suivante 106 entraîne le rouleau lisseur le long du côté dehors de la cambrure et le ramène ensuite à la ligne des flancs ou la pression est annulée de nouveau par le creux 108 de la came..La. saillie 110 fait maintenant passer le rouleau sur le côté dehors de l'avant-pied jusqu'à l'extrémité du bout, puis sur le côté dedans de l'avant- pied jusqu'. la ligne des flancs où le creux 112 supprime encore la pression.
Enfin, le passage du galet sur la saillie 114 promené le rouleau sur le côte* dedans de la cambrure de la semelle jusqu'à l'avant de sa partie emboîtage et le fait revenir ensuite à la ligne des flancs où le creux 116 fait cesser toute pression, après quoi la saillie 118 fait repasser le rouleau sur l'avant-pied jusqu'à la pointe du bout où se termine le travail de lissage. A noter que la saillie 118 est faite plus courte que la saillie 102 parce que le côte dedans de l'avant-pied n'est pas aussi long que son côté* dehors, chose due à la position diagonale de la ligne des flancs.
Bien entendu, le mécanisme moteur de l'étau 12-14 est étudie' de façon à imprimer à la chaussure reposant dessus les mouvements susindiqués
Le cycle d'opérations susd0crit est celui utilisé pour le lissage des chaussures à forte cambrure, notamment l'article femme. Avec de telles chaussures, il est recommanda de supprimer la pression à la ligne des flancs pour que le rouleau lisseur ne brise pas la forme en passant sur cette partie de la semelle pour se diriger vers l'emboîtage, alors qu'il est susceptible de donner un coup sec en tombant sur la pente raide de la cambrure, et, inversement, pour éviter la détérioration de la chaussure du fait de la résistance opposée par la semelle,
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qui est en humeur,
à la rotation du rouleau lorsque son ressort le serre contre la ligne des flancs en remontant dessus.
Pour les chaussures â dessous moins bombe* (par exemple, les articles pour hommes), il n'est pas nécessaire et il serait souvent préjudiciable à l'exécution d'un bon lissage de supprimer la pression à la ligne des flancs. Aussi bien, en vue d'éviter toute interruption intempestive de la pression, sur l'arbre 98 de la came 96 est montée une oame 120, plus petite, faisant corps avec elle et munie dtun seul creux (122) le reste de sa périphérie étant concentrique. Sur cette came, qui participe au mouvement de la came 96, appuie un galet 124 adapté au bout d'un bras 126 pivotant en 128 sur la bielle 90 à laquelle est articule* aussi un loquet 130 actionne' à la main.
Quand ce loquet accuse la position indiquée fig. 1, il reste écarte du bras 126 qui peut alors pivoter librement par rapport à la bielle 90. Mais quand le loquet est tourne' en sens inverse, il porte sur le bras 126 (fig. 12), limitant par suite la montée de ce dernier par rapport à la bielle 90. La came 120 ne possédant pas de creux correspondant à ceux de la came 96, sauf le creux 122 qui correspond au creux 100, il en résulte que lorsque le loquet occupe sa position de fig. 12, le bras 126 tient la bielle 90 en haut et empêche le galet 94 de tomber dans les autres creux de la came 96 à mesure qu'ails passent devant lui, la chaussure étant ainsi maintenue sous pression durant toute la série d'opérations. Au contraire, lorsque le loquet occupe sa position de fig. 1, il est incapable de produire ce résultat.
La tête 132 du loquet 130 est faite pesante afin de pouvoir le retenir dans l'une ou l'autre des deux positions ou le place l'opérateur.
La machine actuelle peut donc servir à lisser soit des chaussures à forte cambrure qui demandent une certaine atté- nuation de pression, soit des chaussures à dessous plat pour lesquelles une telle atténuation de pression n'est pas
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nécessaire ou nuirait à la-bonne exécution du lissage, sans que l'opérateur soit oblige de perdre son temps à introduire des outils dans la machine ou à chercher ces outils pour le cas où il les aurait égarés.
Il va de soi qu'il n'est pas essentiel que la came 120 soit rendue capable de contrecarrer l'action de tous les creux de la came 96. On pourrait en effet l'établir de façon à pouvoir boucher les creux que l'on voudra pour répondre aux exigences du travail en main. Le perfectionnement décrit en dernier lieu donne donc un mécanisme aussi simple que compact permettant d'obtenir un cycle de pression convenant à telle ou telle chaussure et un autre cycle de pression demanda par une chaussure d'un caractère différent, la disposition illustrée ci-contre comprenant deux mécanismes de pression alternatifs montés . demeure dans la machine et commandés respectivement par la came principale 96 et par la came auxiliaire 120, cette dernière rendant certaines parties de la came 96 inefficaces.
La bielle
90 et son mécanisme de pression peuvent aussi être places, au gré de l'opérateur, sous le contrôle de l'une ou l'autre des cames qui effectuent évidemment des cycles de pression essentiellement différents. Par "cycle" on entend ici la courbe des espaces que doit parcourir le galet dans son aller et retour correspondant à une révolution complète de chaque came pour le lissage de telle ou telle chaussure.