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"PROCEDE ET APPAREIL DE SOUDURE" Cetteinvention a trait à un procédé de soudure et à un appareil permettant de réaliser ce procédé. Quoique la flamme oxyacétylénique soit particulièrement applicable et avantageuse comme source de chaleur dans le procédé suivant l'invention, et quoique l'appareil décrit ci-après soit spécialement établi pour être commandé à la main, il est bien entendu qu'on peut appliquer d'autres sources de chaleur et que certaines des caractéristiques de l'ap- pareil peuvent être appliquées à des machines à souder semi-automatiques ou entièrement automatiques.
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Jusqu'à ce jour, pour réaliser une soudure par fusion à la main, excepté dans la soudure à l'arc métal- lique dans laquelle le courant de soudure est fourni par l'intermédiaire de la tige de soudure elle-même, le soudeur tenait généralement la ou les tiges ou barrettes de soudure à l'aide d'une main et un chalumeau à souder à l'aide de l'autre main et faisait osciller à lafois la tige et le chalumeau alternativement dans un sens et en sens inverse en travers et le long de l'espace en V constitué entre les lèvres contigùës à réunir. Ceci exige l'emploi des deux mains, est fatiguant et il arrive souvent que les mouvements de la tige et du chalumeau ne sont pas convenablement coordonnés pour l'exécution d'une soudure rapide.
En outre, il était généralement nécessaire, pour exécuter une soudure satisfaisante, que le soudeur se place sensiblement à angle droit par rapport au joint à souder et à proximité immédiate de ce joint afin de pouvoir observer les progrès de la soudure et distribuer convenablement la chaleur et le métal sur les lèvres con- tiguës du métal. Dans cette position, le soudeur ne peut pas voir facilement les deux côtés et le fond de la rainure en V et travaille par conséquent en supportant une fatigue considérable et de façon peu confortable près de la chaleur soudante.
La présente invention a principalement pour objet un procédé et un appareil perfectionnés permettant d'exé- cuter à la main une meilleure soudure plus rapidement et avec moins de fatigue et de gêne que jusqu'à ce jour+
D'une façon générale, suivant l'invention, on fait mouvoir l'ensemble du chalumeau et de la tige de métal longitudinalement par rapport aux lèvres à souder, la ou les flammes du chalumeau ,et la ou les tiges de métal étant disposées sensiblement symétriquement par rap-
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port à un plan (ou dans un plan vertical) intersectant la rainure en V constituée entre lesdits bords.
La flamme de soudure est projetée sur le fond et les côtés du V en un point situé en avant de la tige ; la tige et la flamme convergent au point de soudure, le métal de base et l'extrémité inférieure de la tige fondant en ce point pour constituer une petite mare ou masse de métal fluide.
L'extrémité inférieure de la tige repose directement dans cette masse et, à mesure qu'elle fond, la tige pénètre automatiquement, par exemple sous l'action de la pesanteur, dans la flamme soudante et dans la masse fluide progressi- vement engendrée.
Des parties successives de la tige peuvent être préchauffées avant qu'elles atteignent la flamme soudante et la masse fondue. Pour régler l'opération de soudure, on peut manoeuvrer le chalumeau de façon que sa flamme s'éloigne ou se rapproche du point de soudure et qu'elle .,monte ou descende sur la tige pendant que cette dernière repose dans la masse fondue, ce qui modifie à la fois la fluidité de cette masse et la vitesse de fusion de la tige. Pour préparer ou "mouiller" la rainure en V ou pour refroidir la masse fondue, suivant qu'il est désirable, on peut aussi faire mouvoir légèrement la tige de métal et laflamme en bloc alternativement dans un sens et en sens inverse le long du joint à créer, en frottant ainsi la tige dans la masse fondue ou faisant jouer la flamme dans la partie de la rainure située à l'avant de cette masse.
Un appareil propre à permettre de réaliser ce procédé peut comprendre un chalumeau oxyacétylénique dont la tige d'amenée de gaz possède la ou les buses de soudure usuelles et une longueur suffisante pour que le manche du chalumeau soit situé à une distance assez grande
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de la flamme soudante. La majeure partie du poids du chalumeau peut être supportée par un chariot fixé de façon réglable à la tête du chalumeau. Ce chariot s'étend vers l'arrière de la tête et est muni d'organes appropriés, tels que des patins ou galets, reposant et pouvant glisser sur des parties de la pièce située de part et d'autre du joint soudé à établir et derrière le point de soudure.
La tige de métal peut être amenée au point de soudure à travers un guide tel qu'un tube dont la section transver- sale est un peu plus grande que celle de la tige et qui est fixé soit à la tête du chalumeau, soit au chariot, dans une position telle -- de préférence entre la tête du chalumeau et le point de support du chariot - que la tige de métal puisse être amenée librement et exactement au point de soudure. Avec cet appareil, le soudeur peut exécuter l'opération de soudure à une distance commode de la chaleur, directement en regard du V et directement en vue de la soudure, et manoeuvrer ltappareil de l'une quelconque des mains, l'autre main restant libre.
Lors- que la pièce est fixe, l'appareil peut être déplacé avec un très faible effort le long de la surface de cette pièce et dans la direction de la soudure, tandis que si l'on fait mouvoir la pièce, l'appareil peut reposer sur cette pièce et être maintenu fixe, les patins du chariot permettant dans les deux cas à l'appareil de glisser par rapport à la pièce et de constituer un point d'appui autour duquel on peut à volonté élever et abaisser la flamme soudante en manoeuvrant l'appareil à l'aide de la main qui tient le chalumeau et qui agit par l'in- termédiaire d'un long bras de levier.
Les buts susmentionnés et les caractéristiques de l'invention seront décrits ci-après.plus en détail en se référant aux dessins annexes dans lesquels:
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Fig. 1 est une vue de côté perspective d'un appareil établi suivant l'invention et représente la façon dont on se sert de cet appareil pour exécuter un joint soudé entre des surfaces courbes, par exemple en vue de la jonction de tronçons de tube bout à bout.
Fig. 2 est une vue analogue à fig. 1, représentant la tige de métal relevée et l'appareil dans la position voulue pour préparer un point de soudure ou de fixation provisoire.
Fig. 3 est une vue par l'arrière de l'appareil représenté dans la position de fig. 1.
Fig. 4 représente un autre mode de réalisation comportant certaines des caractéristiques de l'invention et permettant de réaliser le procédé de soudure suivant l'invention.
Fig. 5 représente une autre construction d'appa- reil établie suivant l'invention.
Comme représenté dans les figs. 1, 2 et 3, un mode de réalisation typique de l'appareil suivant l'in- vention comprend un chalumeau à souder oxyacétylénique T comportant un manche convenable 10 et une tige tubulaire 11 qui est normalement maintenue sensiblement horizontale.
L'extrémité externe de la tige 11 peut aller en s'incli- nant vers le bas à partir du manche pour constituer une tête à souder 12 à laquelle les gaz ou le mélange soudants peuvent être amenés par la tige. Une buse con- venable 13 située à l'extrémité inférieure de la tête présente un orifice de distribution de mélange combustible propre à maintenir une flamme soudanteeàprojeter cette @ flamme sur la pièce et contre l'extrémité inférieure d'une tige ou barrette de métal R qui pénètre automati- quement dans la flamme soudante et dans la petite mare ou masse de métal fondu P située au point de soudure de la pièce.
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La tige R, usuellement fournie par longueurs de 91 centimètres, est maintenue dans une position qui est verticale ou légèrement inclinée par rapport à la verti- cale, et son extrémité inférieure repose normalement dans la masse fondue, de sorte que la flamme soudante et la tige convergent normalement au point de soudure ou masse fondue. Comme représenté, pour maintenir la tige R dans cette position, de façon qu'elle puisse pénétrer automatiquement dans la flamme et la masse fondue sous l'action de la pesanteur, on a prévu un dispositif comprenant un tube G dont la section transversale est un peu plus grande que celle de la tige R pour permettre à cette dernière de coulisser librement à travers lui à mesure que son extrémité inférieure fond et se dépose dans l'espace en V.
Le tube de maintien et de guidage peut recevoir intérieurement en section transversale toute forme propre à assurer l'alimentation automatique de tiges de métal de formes diverses telles que circulai- re, ovale, carrée, rectangulaire, hexagonale et en losange en section transversale, et disposées de façon simple, double ou triple, parallèlement ou de façon convergente.
A ses extrémités opposées, le tube G peut être rétreint légèrement pour diminuer le jeu entre sa surface interne et la tige en ces points et éviter ainsi un frottement exagéré entre le tube et les parties de la tige qui- pourraient être irrégulières ou cintrées. Le tube G peut être monté de façon réglable sur la tête 12 du chalumeau, par exemple, à l'aide d'un collier perforé 14 monté sur le tube et fixé par un boulon 15 à l'oreille 16 d'un collier 17 fixé de façon réglable à la tête 12 par des vis de serrage 18. Le tube et le chalumeau sont ainsi assemblés rigidement dans un même'plan et, 'pendant le soudure, ce plan intersecte l'espace en V constitué entre
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les deux lèvres à souder.
L'extrémité de tête du chalumeau et l'ensemble du tube de guidage G et de la tige de métal qu'il renferme sont convenablement supportés par la pièce fixe, ce qui permet à cet ensemble soudeur d'être déplacé le long de la surface de la pièce, longitudinalement à l'espace en V, ou d'être supporté par la pièce mais maintenu fixe quand on déplace la pièce. Le dispositif de support avantageux représenté comprend un chariot K muni d'une barre 19 dont une des extrémités est fixée rigidement à un collier
20 monté de façon réglable sur la tête du chalumeau par des vis de blocage 21. L'autre extrémité de la barre 19 est fixée à un bras transversal 22 qui est muni de deux patins ou galets parallèles 23 fixés aux extrémités de ce bras et s'étendant vers le bas à partir desdites extrémi- tés.
Ces patins peuvent recevoir des formes variées et possèdent de préférence des surfaces inférieures arrondies au moyen desquelles ils portent et glissent sur la surface supérieure de la pièce à des distances sensiblement égales, de part et d'autre du joint à souder S, et à une faible distance en arrière du tube de guidage G.
Outre qu'il fait reposer pratiquement tout le poids de l'appareil sur la pièce, l'ensemble du chariot K et de ses patins joue un autre rôle important en ce sens que ses extrémités inférieures arrondies, qui sont situées dans un plan paral- lèle à la surface de la pièce, constituent sur la pièce un point d'appui situé à l'arrière du tube de guidage et de la tête du chalumeau et autour duquel on peut faire pivoter la flamme soudante pour l'élever et l'abaisser par rapport à la masse fondue et à la tige de métal.
Quoique le chauffage préalable de la tige de métal avant l'exposition de cette tige à la chaleur directe de la flamme soudante ne soit pas essentiel pour tous les
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genres de soudure, il est généralement avantageux dteffec- tuer ce préchauffage, bien qu'une partie de la chaleur de la zone de soudure passe à travers le tube de guidage et autour de ce tube et préchauffe la tige dans une certaine mesure.
Pour assurer le préchauffage plus positif de la tige de métal, on peut monter sur la tête du chalumeau, au-dessus de l'extrémité de sortie de la buse à souder 13, une buse plus petite 24 dont le conduit communique avec le conduit à mélangecombustible principal de la tête du chalumeau et est parallèle à l'axe de la flamme soudante ou fait un petit angle avec cet axe de façon à diriger une flamme contre des parties successives de la tige et à chauffer ces parties au rouge cerise brillant, de préfé- rence juste avant qu'elles atteignent la flamme soudante.
Le présent appareil perfectionné est d'une appli- cation générale dans le soudage des pièces plates telles -que les tôles ou plaques ainsi que des pièces courbes telles que des tronçons de tuyau unis bout à bout par un joint circulaire. Dans le soudage des tôles, l'appareil est de préférence déplacé le long de l'espace en V constitué entre les bords à souder, mais on peut faire mouvoir la pièce dans la direction du V en regard de l'appareil fixe; tandis que, pour constituer une soudure courbe ou circulaire entre les extrémités opposées de deux tronçons de tuyau, il est nettement préférable de faire tourner les tronçons à l'unisson pendant que l'appareil est maintenu fixe sur la surface supérieure du tuyau, avec la flamme soudante et la tige convergeant approximativement à la génératrice supérieure de cette surface, comme indiqué dans la fig. 1.
D'ailleurs, le mode opératoire que l'on va décrire est sensiblement le même pour toutes les applications.
Avant de commencer la soudure principale et après avoir biseauté les extrémités des tronçons de tuyau, on
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aligne ces tronçons, une garniture pouvant, le cas échéant, être insérée de façon à obturer le fond du V constitué par leslèvers ou extrémités opposées. De préférence, on fixe alors provisoirement ces extrémités l'une à l'autre en déposant de la soudure dans le V à un certain nombre de points espacés sur le pourtour du joint circulaire à établir, par des opérations de soudure à la main d'un genre bien connu.
L'opérateur se place alors debout ou assis latérale- ment au tuyau et en regard du V ou joint, pose les patins sur la partie de la surface supérieure qui se recourbe en s'éloignant de lui et tient le chalumeau d'une main de façon que la tête et la buse du chalumeau ainsi que le tube de guidage soient placés dans le plan du V, les patins du cha- riot étant disposés de part et d'autre du dit V.
Lorsque le chalumeau a été allumé et pendant que la flamme joue à l'intérieur du V, le soudeur règle les robinets à oxygène et à acétylène de façon à créer la flamme soudante convena- ble, de préférence une flamme soudante contenant un excès suffisant d'acétylène pour carburer les surfaces du V à une distance de 6 à 13 mm environ en avant de la masse fondue constituée pendant la soudure, afin que ces surfaces fondent superficiellement à une température plus basse que le métal de base.
Lorsque les parois du V ont été amenées approxi- mativement à un état fondu, le soudeur insère la tige de métal dans le tube de guidage et l'y fait descendre jusqu'à ce que son extrémité ait pénétré dans la flamme de préchauffage fournie par la buse 24. Lorsque le métal de base est à l'état fondu, le soudeur abaisse la tige, qui a été convenablement préchauffée dans l'entretemps, dans la masse fondue, pour commencer la soudure .
Un aide fait alors tourner uniformément dans le sens de la flèche (les moitiés supérieures s'éloignant du soudeur), à une vitesse constante et à l'unisson, les tronçons de tuyau
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provisoirement fixés, pendant que le soudeur maintient l'appareil de façon que le point de soudure ou masse fondue reste approximativement sur la génératrice longitu- dinale supérieure du tuyau. Si le point de soudure était déplacé dans une mesure trop grande vers l'avant, la masse fondue coulerait vers l'avant et constituerait une voûte au-dessus du fond du V, en produisant ainsi une soudure superficielle.
Par contre, si le point de soudure était déplacé dans une mesure trop grande en arrière de la génératrice supérieure, la masse fondue pourrait s'allonger au point que le métal fondu se répande à l'ex- térieur au lieu de se solidifier suivant le contour régu- lier désiré.
En temps normal, le manche du chalumeau est main- tenu fixe pendant que les patins glissent le long de la surface du tuyau rotatif, ce manche étant de préférence maintenu sensiblement horizontalement ou dans une position telle que la flamme soudante soit projetée en partie sur l'extrémité de la tige de métal, mais principalement sur le métal de base, de façon à fondre superficiellement ou "mouiller" les côtés et le fond du V à ltavant de la masse fondue', afin que le métal fondu de la tige pénètre convenablement dans le V et s'unisse à lui.
Dans le cas où le métal de base ne fondrait pas superficiellement aussi rapidement que fond la tige, on pourrait abaisser le manche, ce qui abaisserait le chalumeau autour du point d'appui constitué par les patins et dirigerait ainsi la flamme soudante moins directement vers la tige , mais plus directement vers le métal de base, de façon à faci- liter la préparation de ce métal en vue de la soudure.
Inversement, si la fusion superficielle du métal de base s'effectuait relativement plus vite que la fusion de la tige de métal, on pourrait accélérer la fusion et le
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dépôt de cette tige en relevant le manche légèrement de façon que la flamme soudante frappe la tige plus directement.
La soudure la plus rapide s'effectue lorsque le métal de la tige fond et se dépose à une vitesse suffisante pour se solidifier plus ou moins instantané- ment en arrière de la tige, celle-ci fondant à un état semi- plastique pour remplir la partie convenablement préparée du V, Pendant qu'on fait ainsi mouvoir la flamme vers le haut et vers le bas, le tube de guidage peut glisser par rapport à la tige, de sorte que cette dernière conti- nue à reposer sur l'extrémité de la masse fondue, laquelle extrémité va normalement en s'inclinant vers l'avant et vers le fond du V dans le sens de la soudure.
Il est préférable que la petite mare ou masse liquide ne s'étende pas d'une distance plus grande que
12 à 19 mm en arrière de l'extrémité de la tige qu'elle renferme. Si cette masse devient trop longue ou trop fluide, on peut la refroidir et diminuer sa longueur par un léger mouvement du chalumeau alternativement vers l'avant et vers l'arrière, ce qui accélère la fusion et le dépôt de la tige pour créer le renforcement et soli- difier en même temps la masse fondue. Lorsqu'on relève la flamme soudante, cette dernière frappe la tige de métal plus directement et -la fond plus rapidement, ce qui commence la solidification de la masse fondue et raccourcit cette masse.
Les causes principales de ce ' résultat semblent résider dans le fait que, étant donné que la flamme soudante frappe la tige, cette flamme se trouve isolée de la masse fluide située derrière ladite tige, ce qui l'empêche d'agir sur la masse et de surchauf- fer à la fois le métal de base et cette masse. En outre, la tige fond plus rapidement, mais le métal ainsi fondu est plus froid que la masse fondue surchauffée et, par
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conséquent, lorsqu'il se dépose dans la dite masse, cette dernière se trouve refroidie dans une certaine mesure, ce qui accélère sa solidification.
Lorsque des obstacles tels que des points de fixation soudés ou des pattes de 1/garniture interne sont rencontrés le long du V, le soudeur peut arrêter la soudure à une distance de 6 à 13 mm du point de fixation, par exemple, et élever alors la tige de métal, à l'aide de sa main libre, sur une hauteur suffisante pour sous- traire l'extrémité inférieure de cette tige aux flammes de soudure et de préchauffage tout en retenant la tige dans le tube de guidage pendant qu'il fait mouvoir le chalumeau vers l'avant de façon à préchauffer le métal du point de fixation soudé.
Lorsque ce métal a été suffi- samment chauffé pour fondre superficiellement, le soudeur peut faire reculer le chalumeau et ramener la tige à sa position normale, la masse fondue ayant été maintenue à l'état fluide et prête pour la continuation de la sou- dure par la chaleur de la flamme de préchauffage de la tige. La soudure est alors exécutée par-dessus le point de fixation soudé. A l'achèvement de la soudure circon- férentielle ou de la jonction des deux extrémités du joint, on peut adopter le même mode opératoire que dans le cas du passage par-dessus un joint de fixation soudé.
Comme les positions limites du point de soudure sont très rapprochées l'une de l'autre dans la soudure des tuyaux, il convient que la rotation du tuyau soit coordonnée avec la soudure. Le tuyau doit recevoir un mouvement de rotation à une vitesse constante qui main- tient le point de soudure approximativement sur la génératrice supérieure, l"aide qui fait tourner le tuyau arrêtant temporairement la rotation dudit tuyau lorsque
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le soudeur relève la tige de métal, comme il le fait en passant par-dessus un point de fixation soudé.
Comme le soudeur est déchargé de lafatigue du maintien et de la manipulation de la tige de métal, il lui est possible d'employer des tiges plus lourdes, c'est-à-dire plus grosses et plus longues. Les dimensions et la capacité de travail du chalumeau peuvent aussi être augmentées sans fatiguer exagérément l'opérateur.
Ces avantages sont importants pour certains genres de soudure dans lesquels il est plus économique d'employer une tige de métal plus grosse et des buses et flammes de préchauffage et de soudure proportionnellement plus grandes. Les tiges peuvent aussi être utilisées jusqu'à ce qu'il n'en reste plus qu'un tronçon très court. Jusqu'à ce 'jour, les tronçons courts ne pouvaient pas être mani- pulés, facilement en raison de la chaleur transmise à la main du soudeur. Dans le présent appareil, lorsqu'il reste une longueur de tige de 8 à 10 cm, ce reste de tige peut être projeté hors du tube de maintien et de guidage par la simple manoeuvre consistant à relever et faire pivoter latéralement l'appareil et remplacé par une nouvelle tige sans que l'opération ait pour ainsi dire été interrompue.
L'appareil suivant l'invention permet l'application plus avantageuse de tiges de métal à revêtement de fondant. Dans le mode opératoire usuel, une longueur considérable du revêtement est exposée à la ' flamme du chalumeau, ce qui a pour effet de détacher le fondant de la tige. Au contraire, dans le présent appareil, le revêtement de la tige peut être protégé jusqu'au moment où il arrive près du point de soudure.
La position du soudeur pendant la soudure est telle que la gêne et la manipulation fatiguante usuelles sont pratiquement supprimées. Cette position permet au
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soudeur de surveiller de plus près et plus commodément. la soudure et d'exécuter des soudures meilleures et plus rapidement qu'il avait été possible jusqu'à ce jour. Ayant une de ses mains libre, il peut régler les robinets d'alimentation de gaz, régler et changer la tige de métal, avertir l'aide ou faire passer le manche de l'appareil d'une main à l'autre sans interrompre l'opé- ration.
A l'accroissement d'efficacité ou de rapidité de soudure ainsi obtenu et à l'économie réalisée dans la consommation de gaz s'ajoute l'utilisation effective de la chaleur de soudure fournie par l'inclinaison de la tige de métal par rapport à la flamme soudante étant donné que cette flamme est principalement confinée entre la tige et le V situé en avant de cette tige. En fait, l'opération de soudure effectuée à la main par le procédé suivant l'invention est presque l'équivalent d'une opération de soudure à la machine en ce qui concerne la rapidité et l'économie ainsi que la qualité et le contour de la soudure résultante.
Comme représenté dans la fig. 5, un dispositif convenable peut être prévu pour régler la position des patins 23 à la fois verticalement et horizontalement; et un dispositif peut aussi être prévu pour régler méca- niquement la position de la tige R dans le tube de guidage G. Comme représenté, les tiges des patins peuvent être filetées et vissées dans des trous taraudés constitués dans des bras de support prévus à l'extrémité arrière du chariot, dans le but de permettre de régler ces patins en hauteur ; les susdits bras de support peuvent être réglables autour d'un axe horizontal sur le chariot pour permettre de disposer les patins suivant tout angle désiré.
Ces réglages sont désirables dans certains cas
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pour permettre d'adapter l'appareil à des surfaces planes aussi bien qu'à des surfaces de différents rayons de courbure.
La tige de métal descend normalement par son poids propre à l'intérieur du tube G jusqu'à la pièce, maison peut la relever, lorsqu'on le désire, à l'aide d'une transmission mécanique comportant un bouton de manoeuvre 34 monté sur le manche du chalumeau et conve- nablement relié, par exemple par un câble Bowden, à un organe tel qu'un embrayage muni de doigts faisant saillie à travers la paroi du tube G de façon à entrer en prise avec la tige R et à la soulever. On peut soulever la tige en tirant le bouton 34 vers l'arrière et, en poussant ce bouton vers l'avant, on débraie l'embrayage et la tige descend par son poids propre.
Quoiqu'il soit préférable de prévoir un chariot muni de patins pour faire reposer la majeure partie du poids de l'appareil à souder sur la pièce, comme représenté dans les figs. 1 et 2, on peut obtenir certains des avantages de l'invention avec un appareil à souder ne comportant pas le chariot et ses patins. Un appareil typique de ce genre est représenté dans la fig. 4 et comprend un manche 25 et une tige 26 analogues à ceux de l'appareil de fig. 1. L'extrémité avant ou incli- née de la tige peut porter une tête de distribution de mélange 27 munie d'une ou plusieurs buses de soudure et d'une ou plusieurs buses de préchauffage fixées à ladite tête.
Un dispositif propre à maintenir la tige de métal et à l'entrainer par son poids propre vers le point de soudure et en position correcte par rapport aux flammes de préchauffage et de soudure peut aussi être monté sur la tête du chalumeau ou sur l'extrémité de la tige du chalumeau. Comme représenté, des bras de
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support 28 et 29 fixés à la tête du chalumeau portent des organes de guidage tubulaires alignés convenables 30 et 31 dont la section transversale interne est un peu plus grande que celle de la tige de métal qu'on se propose d'employer, afin que cette dernière puisse avancer sous l'action de la pesanteur à mesure qu'elle fond et pénétrer dans la masse fondue dans laquelle elle repose.
Deux buses de préchauffage convergentes 32, 32 peuvent être prévues pour projeter une flamme sur la tige de métal en un point situé entre les guides tubulaires 30 et 31 de façon à préchauffer la tige au rouge cerise brillant avant qu'elle ait atteint la zone de soudure. Deux buses de soudure convergentes 33, 33 peuvent être disposées comme représenté pour fournir une flamme de soudure inclinée par rapport à la tige et à la partie du V placée à l'avant de cette tige.
Cet appareil fonctionne et est manipulé en substance de la même façon que celui représenté dans les figs. 1 et 2, excepté que l'absence du support et du point d'appui que constitue l'ensemble du chariot et de ses patins exige plus d'habileté et entraîne plus de fatigue pour l'opé- rateur, et que la rotation qui peut être désirable pour faire varier l'équilibre de chaleur s'effectue autour d'un axe imaginaire, plutôt qu'autour d'un axe réel, derrière la masse fluide.
On a décrit en détail l'appareil et le procédé de soudure perfectionnés suivant l'invention, mais il est bien entendu que diverses modifications peuvent être apportées aux détails de l'appareil sans s'écarter de l'esprit de l'invention ni sacrifier aucun de ses avan- tages.