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"Procédé et machine pour le finissage du bord de certaines- pièces de cuir employées en cordonnerie et autres industries"
Cette invention, relative aux procédés et machines usités.en cordonnerie et autres industries pour finir le bord de certaines matières minces par l'action contractile de la chaleur, est appliquée ici au finissage du bord des pièces de cuir entrant dans la fabrication des tiges de chaussures.
La tranche d'un morceau de cuir à dessus est finie d'ordinaire en présentant la partie marginale de son côté chair à l'action d'une chaleur assez forte pour le contracter et amener par suite le côté fleur à se replier par dessus jusqu'à ce qu'il recouvre entièrement ledit côté chair. Les cuirs refendus sont traités de la même manière, le beau côté
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(côté fini) se repliant alors vers le côté brut.
L'agent calorifique utilisé jusqu'ici pour ce travail de finissage comportait un outil en métal, tenu très chaud, et cet outil devait être non seulement étroit pour n'agir que sur une faible largeur du bord de 1'ouvrage, mais aussi passablement court afin de pouvoir traiter comme il faut les parties fortement cintrées de ce bord. De plus, certaines sortes de cuir (par exemple, les croûtes épaisses provenant de certains tannages) demandent une quantité rela- tivement grande de chaleur qu'il n'est possible de leur ap- pliquer qu'en les faidant passer à une allure plutôt lente devant l'outil. Enfin, la rapidité du finissage de n'importe quelle sorte de cuir dépend de la température à laquelle le petit outil peut être porté sans risquer d'abîmer l'ouvrage.
Ceci posé, la présente invention vise à faciliter le traitement de cuirs réfractaires comme ceux mentionnés plus haut, aussi bien qu'à accélérer le finissage de toutes sortes de cuir, par l'emploi d'un nouveau procédé consistant à présenter le bord de l'ouvrage à l'action directe d'une flamme, et ce de mahiêre à obliger le côté du cuir non exposé à cette flamme à se replier vers le côté chauffé par elle.
Une flamme (celle d'un chalumeau oxyacétylénique, par exemple) peut être rendue excessivement chaude et contrôlée de façon à confiner la chaleur à une petite étendue de l'ouvrage. L'em- ploi d'une flamme exiguë et très chaude permet d'appliquer la quantité voulue de chaleur à l'endroit désiré. L'application d'une chaleur intense rend le cuir momentanément souple et plastique et, de préférence, dès que le bord s'est recroque- villé tel que susdit, il est comprimé (par exemple, à l'aide d'un marteau) pour l'affermir et lui donner en même temps une forme ronde.
L'invention comporte encore une machine spécialement étudiée pour la mise en oeuvre du nouveau procédé. On yerra que'cette machine possède une table sur laquelle la pièce de
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cuir est entraînée, ainsi qu'un chalumeau dont la flamme peut être projetée sur une étroite portion marginale d'un côté du bord à finir. La flamme est toute petite, de sorte qu'on peut la faire agir juste à l'endroit que l'on voudra sur l'ouvrage . En outre, sa température étant assez élevée pour pouvoir roussir et contracter instantanément chaque partie du bord y présenté, il est possible d'entraîner l'ou- vrage rapidement dans la machine.
La flamme brûle constamment et le chalumeau est tenu normalement en position inactive en dessus du porte-ouvrage, et commandé au moyen d'une pédale par la manoeuvre de laquelle il peut être placé en position active et retenu dans cette position. Pour protéger la machine des ardeurs de la flamme, de même que pour dissiper les fumées produites par le roussissage du bord, un bloc d'aminnte, ou autre substance incombustible, est muni, à sa partie supérieure, d'une chambre où pénètre la flamme quand le chalumeau est en position inactive, et muni aussi d'un passage aboutissant à un carneau par où la poussière et les vapeurs sortent quand le chalumeau est en position active.
Au dessin ci-joint : -
Fig. 1 est une vue de face d'une machine pouvant servir à la mise en oeuvre du procédé visé par l'invention;
Fig. 2 montre en perspective une pièce de cuir dont le bord est fini;
Fig. 3 est une perspective illustrant les poêlons respectives du soc retrousse-bord et de la garde;
Fig. 4 une autre perspective illutrant plus en détail les pièces de la machine qui viennent en contact avec l'ouvrage;
Fig. 5 une élévation par bout des pièces représen- tées fig. 4:
Fig. 6 une perwpective de la garde;
Fig. 7 une perspective de l'extrémité du bec du chalumeau ;
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Fig. 8 une vue détaillée, principalement en coupe, montrant une pièce de cuir en traitement.
A noter que les figures 3 à 8 inclusivement sont dessinées à plus grande échelle que figure 1, et que figure 7 est à une échelle encore plus grande.
Il a été dit au commencement do ce mémoire que la nouvelle machine est étudiée pour finir le bord d'une pièce de cuir, ou matière analogue, en amenant un des côtés du cuir (généralement le côté chair) à se contradter en long dudit bord, son autre côté (généralement le côté fleur) se repliant alors par-dessus le côté chair jusqu'à ce qu'il le recouvre entièrement. Le résultat de cette opération est illustré sur fig. 2 où 100 désigne la pièce de cuir, 200 le côté chair, 300 le côté fleur et 400 une ligne marquant l'é- tendue au repliage du-côté fleur par-dessus le côté chair.
Pour l'exécution d'un tel finissage, l'ouvrier posant la pièce de cuir 100 sur une table 9 (fig. 1 et 8) de manière à en faire appuyer le bord sur un soc 11 pour le retrousser un peu, pousse ladite pièce devant lui afin de soumettre sa partie marginale à l'action de la flamme 13 d'un chalumeau oxyacétylénique, cette flamme étant d'une température très élevée et sortant par un bec approprié 15.
En sus de retrousser le bord du cuir de manière à le présenter comme il faut à la flamme; le soc 11 aide à placer le cuir ' le en position convenable sur la table 9, aussi bien qu'à/guider dans la machine. Pour que la flamme n'agisse que sur une faible largeur du bord, il est prévu une garde 19 esquissée en lignes pleines fig. 6 et en pointillé fig. 3 où elle accuse la position qu'elle occupe par rapport à l'outil retrousseur.
La partie utile de la garde 19 est la petite traverse 19' dont elle est munie à son extrémité extérieure cette traverse longeant un côté du soc 11 et servant non seulement à protéger de la flamme la partie de. l'ouvrage'
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attenante au bord, mais aussi- à tenir le cuir à plat sur la table-support 9. Le soc 11 est évidé en 20 (fig. 3) pour qu'une partie quelconque de la flamme qui dévie du cuir puisse passer à travers ledit soc.
En arrière de celui-ci est un marteau 28 (fig. 5) qui, durant l'entraînement du cuir dans la machine, frappe sur chaque partie du bord préa- lablement recroquevillée par l'action contractile de la flamme du chalumeau, pour l'arrondir un peu et finir d'en replier la fleur par-dessus le côté chair, chose qu'il peut faire aisément parce que le cuir'est alors plus ou moins plastique.
Le mécanisme d'entraînement en usage ici comprend un organe supérieur 25 doué d'un mouvement à quatre temps, et un organe inférieur 27 qui va et vient sur la ligne d'en- traînement. Le marteau vibre rapidement autour d'un pivot (non représenté). Ce marteau, ainsi que les organes d'entraî- nement et leur commande, ressemble beaucoup à ceux de la machine du brevet français du 17 février 1925, n 595.103.
Pour tenir le cuir fermement sur la table 9, il est prévu une roue de pression 29 montée pour tourner au bout d'une petite tige 31 dont l'autre bout est solidaire du moyeu 33 d'un arbre oscillant 35. Sur ce dernier est calé un bras 37 (fig. 5) au bas duquel est attaché un ressort 39 serti par le haut dans une petite barre plate 41 coulissant dans une console 43. Dans cette barre sont implantées plu- sieurs chevilles 44 dont l'une quelconque peut être amenée en contact avec le dessus de la console 43 à l'aide d'une poi- gnée 45 adaptée à ladite barre. Le bras 37 reste accoté sur une vis de butée 47 à l'état normal, ce qui permet de régler la position de la roue de pression 29 en dessus de la table, comme aussi de varier la tension du ressort 39.
La garde 19 peut glisser horizontalement dans la face de dessous d'un bloc 49 surmonté d'une tige verticale,
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et elle est retenue dans la position qu'il faut par une vis 51 qui traverse une coulisse dans le bloc 49 et se visse dans la 'garde. La tige du bloc 49,peut glisser,à son tour ver- ticalement dans un deuxième bloc indiqué en 53, une vis 55 pénétrant dans un trou conique percé dams ladite tige. D'au- tre part,n le bloc 53 est solidaire d'une barre 57 coulissant horizontalement dans le bâti de la machine. Dans le bout de la barre s'engage une vis à main 59 munie d'une collier 60 logé dans une rainure pratiquée dans le bâti, cette vis permettant d'ajuster la barre, donc la garde, en travers de la direction d'entraînement du cuir.
Une autre vis, 61, sert à enclencher la barre dans la position où elle est amenée. Afin de pouvoir serrer de haut en bas la tige du bloc 49, un cylindre vertical 65 est assujetti au bloc 53 au moyen d'une vis 63, et dans ce cylindre se visse un manchon 67 dans l'oeil duquel s'enfile une petite tige 69. Entre le dessous du manchon 67 et le dessus d'un collier 73, solidaire de la tige 69, est intercalé un ressort de pression 71. Grâce à une telle disposition, la tension du ressort 71 peut être variée en tournant le manchon 67, après quoi ce dernier est fixé en place à l'aide d'un écrou 68. La garde 19 peut encore être ajustée en hauteur par la manoeuvre de la vis 55, et inclinée aussi sur la ligne d'entraînement après avoir des- serré la vis 51.
Le chalumeau comprend (fig. 4) le bec 15 à son ex- trémité Inférieure, une chambre de mixtion 75 à son extré- mité supérieure, enfin un tuyau 77 établissant la communica- tion entre les,deux, le bec 15 est constitué par un petit tube en cuivre dont le bas aplati est percé d'une rangée de tout petits trous 79 montrés fig. 7 où le bec est reproduit à bien plus grande échelle que sur fig. 4. La flamme affecte ainsi la forme d'un petit 'pinceau mince et plat. Le haut du bec 15 porte un collier (fig. 8) fixé au tuyau 77 au moyen d'une douille 81 vissée sur le bas de ce tuyau.
Ce mode d'as-
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semblage permet d'enlever le bec en usage pour le remplacer par un autre ayant moins de trous que lui ou plus, lorsqu'on veut appliquer à l'ouvrage plus de chaleur qu'auparavant ou moins. Dans la chambre de mixtion débouchant deux petite:. tuyaux, 83 et 85, auxquels des tubes flexibles 87 et 89 fournissent respectivement de l'oxygène et de l'acétylène sous pression venant de réservoirs appropriés. L'écoulement des gaz est contrôlé par les régulateurs d'usage installés à la sortie des réservoirs. Le chalumeau, qui émet constam- ment de la flamme, peut être retiré de sa position inactive (fig. 1, 4 et 5) et amené en position active (fig. 8) en le mpuvant tout d'une pièce de haut en bas aussi bien qu'an- gulairement autour d'un axe dont il sera reparlé.
Quand le chalumeau est en position inactive, la flamme entre dans une chambre 90 formée dans un bloc d'amiante 92, ou autre ,substance incombustible, et présentant une ouverture laté- rale. D'autre part, quand le chalumeau est en position active, les vapeurs produites par l'action de la flamme sur le cuir sont conduites dans un passage 94 (fig. 5) qui débouche dans le bras creux 98 (fig. 1) et se rend jusquéà un tuyau 96 qui débouche à son tour dans le carheau d'une cheminée.
Le chalumeau est placé en position active par l'oscillation d'un levier 91 (fig. 1) pivotant en 93 sur le bras fixe 98. Un ressort 95, attaché par un bout à ce bras, s'enroule autour du pivot du levier 91 et passe, à son autre bout, part-dessous ledit levier, l'amplitude de mouvement de ce dernier sous l'action du ressort étant limitée par une vis de,butée 198. Le levier 91 dérive son mouvement d'oscillation d'un levier coudé 97 commandé par une pédale (non représenté) 'accouplée au bas d'une tige 99.
Voici maintenant comment le chalumeau est raccordé au levier et à une partie fixe de la machine. Dans une montu- re 101 (fig. 4 et 5) est une perforation dans laquelle peut
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glisser le tuyau 77 du chalumeau. Ladite mbnture, qui est fendue et peut être serrée autour du tuyau au moyen d'une vis 103, porte une tige cylindrique qui traverse à jeu libre une bague excentrée 105 montée dans la perforation susdite par en dehors du levier 91, cette bague étant maintenue dans la position angulaire voulue au moyen d'une vis de fixation 107.
La tige cylindrique de la monture 101 est réduite à l'extérieur pour recevoir une rondelle 109 et des écrousllll. Cette disposition permet au chalumeau de monter et descendre lors de l'oscillation du levier 91, mais elle ne permet pas de le mouvoir dans la direction susindiquée.
Pour l'amener à s'incliner durant sa montée ou descente, il est muni d'un galet 113 qui court dans une piste de came 115 pratiquée dans une console fixe 117. Le galet 113 n'est pas monté sur le chalumeau même, mais au sommet d'une barre de guidage 119 en queue d'aronde, le moyeu au bas de cette barre étant capable deourner sur la tige cylindrique de la monture 101. La barre 119,est logée dans un coulisseau formé dans le côté de la chambre de mixtion 75 du chalumeau.
Une vis de réglage 121, engageant la monture 101 et empêchée de se mouvoir par rapport au chalumeau, fournit le moyen de lever ou baisser celui-ci autant qu'il le faut sur le guide 119. Il résulte de cette disposition que le chalumeau demeure normalement en position nactive, celle indiquée sur fig. 1, 4 et 5. Mais quand la tige de pédale 99 descend, cela fait osciller le chalumeau de haut en bas autour du pivot 93 et l'amène à effectuer en même temps, sous l'action de la piste de came 115, un faible mouvement de rotation dans le sens des aiguilles d'une montre autour de l'axe de la tige de la mon- ture 101, et le place finalement dans la position indiquée fig. 8.
Le chalumeau peut être ajusté en hauteur, pour le rapprocher ou l'écarter da l'ouvrage, par la manoeuvre de la vis 121, et il peut %tre avancé ou reculé transversalement à la ligne d'entraînement par le réglage de la bague excentrée
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Mode d'emploi de la machine - L'opérateur met d'abord en jeu le marteau et le mécanisme d'entraînement par la manoeuvre d'un levier à main ou--, par l'abaissement d'une pédale. Il place ensuite le cuir dans la position indiquée fig. 8 et tire la tige de pédale 99 en bas pour amener le chalumeau en position active. Cela fait, il guide le cuir à mesure qu'il avance dans la machine.
La pièce à finir passe ainsi par intermittences devant la flamme qui agit sur sa partie marginale pour la faire contracter tel que susdit, après quoi ladite partie marginale est %frappée par le marteau.
Pendant ce tempsèlà, les vapeurs produites par l'action de la flamme entrent dans le passage 94 et sortent de la machine par le tuyau 96. Le.traitement de la pièce de cuir achevé, la tige de pédale 99 est lâchée et le chalumeau se replace aussi- tôt dans sa position inactive.