<Desc/Clms Page number 1>
COUTURES IRRETRECISSABLES ET PROCEDE ET MOYENS POUR LES ETABLIR.
La présente invention concerne la formation des coutures servant à réunir plusieurs couches superposées de tissus de textiles et, plus spécia- lement, un fil composite destiné à coudre des tissus en formant une couture avec un minimum de fronces et de froissements de ces tissus, lorsqu'ils sont soumis par la suite à des opérations de blanchissage. L'invention concerne aussi le procédé de formation d'une telle couture.
On a depuis longtemps reconnu que, lorsqu'on réunit des tissus textiles par leurs bords en les cousant à l'aide de fil à coudre ordinaire., et plus spécialement en se servant d'une machine à coudre,une opération sub- séquente de blanchissage provoque un nouveau rétrécissement sensible des tis- sus réunis, même si ceux-ci ont été "prérétrécis". La formation de fronces entre les points de couture observée à la suite d'un blanchissage constitue aussi un problème dont la solution a fait l'objet de nombreuses recherches.
On a cherché à surmonter la difficulté à laquelle donne lieu le rétrécisse- ment des coutures parce que, dans la fabrication des vêtements, il est né- cessaire de donner à ces derniers des dimensions légèrement supérieures aux dimensions désirées, même lorsque le tissu utilisé a subi un "prérétrécisse- ment" à un degré assez poussé pour que le rétrécissement subséquent soit à peu près nul, afin de tenir compte du rétrécissement des coutures. Un des moyens proposés consistait à disposer une feuille de matière sur les tissus à réunir, à coudre le tout et à enlever alors la feuille supérieure, en la déchirant, de manière à donner un certain relâchement aux points de couture.
Ce moyen ne donne pas satisfaction parce que la couture devient alors une opération longue et coûteuse.
D'autres chercheurs ont proposé des moyens basés sur le principe que le rétrécissement des coutures dans un tissu serait occasionné par les efforts auxquels est soumis le fil à coudre pendant l'opération de couture à la machine et par le rétrécissement subséquent subi par le fil au cours des blanchissages, de la même manière qu'une corde à linge se contracte lorsqu' elle est mouillée puis séchée.
D'autres efforts tentés aux fins de compenser un tel rétrécissement ont abouti à la solution qui consiste à placer des doigts au-dessous du fil pendant l'opération de couture et à retirer ces doigts une fois la couture terminée,mais cette solution n'est pas entièrement satisfai-
<Desc/Clms Page number 2>
sante pour diverses raisons d'ordre mécanique, entre autres l'impossibilité de faire travailler la machine à coudre à sa pleine vitesse.'Il a aussi été proposé, mais sans succès, d'empêcher le tissu de goder à l'endroit des cou- tures par l'emploi de fils faits de-différentes matières-.- -
Il a été établi que, bien que le rétrécissement du fil ait réel- lement quelque effet sur le rétrécissement des coutures et la formation ré- sultante de fronces entre les points,
d'autres facteurs influent davantage sur les effets observés, l'un d'eux étant le type de tissu dont il est fait' usage. On a constaté que les fibres que contiennent les parties des filés du tissu emprisonnées ou encerclées par les boucles du fil de couture gonflent considérablement pendant le lavage du tissu et que le degré de gonflement dépend de la sorte de fibre du tissu.
Ce gonflement a pour effet de rassem- bler les boucles du fil de couture qui se tirent mutuellement en provoquant le rétrécissement des tissus cousus et la formation de fronces le long des coutureso Pour vérifier l'exactitude de cette observation, on a réuni par couture un certain nombre de tissus par groupes de plusieurs épaisseurs, tou- tes les épaisseurs d'un même groupe étant faites de la même sorte de fibres et celles-ci étant différentes pour les différents groupes, mais tous les groupes étant cousus avec la même sorte de fil de coton. Les tissus ainsi cousus ont alors été lavés et le rétrécissement des coutures a été déterminé.
- Si le rétrécissement du fil de coton était seul la cause du ré- trécissement de la couture, on aurait dû trouver le même rétrécissement quel que soit la nature des fibres dont sont faits les tissus cousus. Cependant, tel n'a pas été le cas. Par exemple, lorsque les tissus étaient faits de fibres qui ne gonflaient pas à un degré appréciable par l'effet du mouillage, le rétrécissement était relativement faible. Ainsi, les coutures des tissus à base de fibres de verre cousus par le fil de coton en question n'avaient qu'un très faible rétrécissement et godaient très peu, alors que, dans le cas de tissus de coton, les coutures présentaient un fort rétrécissement et des fronces très prononcées.
La Demanderesse a découvert que ce rétrécissement de la couture et les fronces qui en résultent peuvent être en principe éliminés en utili- sant comme fil à coudre pour réunir les tissus, un fil composite dont un des constituants est soluble dans un liquide dans lequel l'autre constituant est relativement inerte. Plus particulièrement, la Demanderesse a découvert qu'un tel fil peut avantageusement avoir un constituant qui est soluble dans les solutions de lavage dont on se sert ordinairement dans les blanchisse- ries, et un autre constituant insoluble ou inerte dans ces mêmes solutions.
On incorpore le constituant soluble au fil composite de telle manière que le constituant insoluble soit espacé et maintenu, au moins dans une certaine mesure, hors de contact des couches de tissu avec lesquelles le fil composite est susceptible d'entrer en contact et quil est destiné à réunir, de sorte que, lorsque le constituant soluble a été éliminé, comme cela se produit au cours du lavage, la disparition de ce constituant a comme résultat qu'une sec- tion transversale accrue se trouve offerte au tissu à l'intérieur de chaque point de couture.
Bien qu'un fil à coudre puisse être revêtu d'une matière so- luble qui le maintienne écarté du tissu, la dissolution du revêtement n'assu- re généralement pas un relâchement suffisant pour résoudre de façon convena- ble le problème des fronces occasionnées par les points de couture, et c'est pourquoi il est préférable que le constituant insoluble du fil soit sous forme d'un corps tortueux ou en hélice, et que le constituant soluble résiste à la disparition de l'hélice ou au redressement du corps tortueux.
On peut soit re- vêtir un ou plusieurs brins de fils d'une matière soluble et tordre les brins ensemble pour constituer le fil composite, soit entrelacer le constituant so- luble avec le constituant insoluble d'une manière propre à donner à ce dernier une forme tortueuse ou en hélice dont le maintien est assuré par la matière soluble. Dans un tel fil composite, un ou plusieurs brins en matière soluble peuvent être entrelacés avec un ou plusieurs brins faits de la matière rela- tivement insoluble.
Lorsqu'on lave ou blanchit, à la manière habituelle, une couture comprenant un ou plusieurs fils composites de ce genre reliés entre eux et re-
<Desc/Clms Page number 3>
liant entre elles plusieurs épaisseurs de tissu, le constituant-soluble se désagrège et disparaît, et il en résulte la formation d'un espace dans le- quel le constituant insoluble peut se redresser et se relâcher pour dégager ou libérer le tissu enveloppé par chaque point.. - @
Dans la pratique, un fil composite peut avantageusement être obte- nu en doublant ou réunissant un ou plusieurs brins ou fils faits de toute ma- tière connue ou convenable propre à fabriquer les fils à coudre,
avec un'ou plusieurs brins ou fils à coudre faits d'une matière qui est soluble ou qui se désagrège dans les solutions*de lavage usuelles. Le doublage ou l'entre- lacement de ces fils élémentaires peut être réalisé de toute'manière appro- priée, comme dans la fabrication des fils textiles ordinaires.
Le dessin annexé illustre schématiquement la façon dont la pré- sente invention peut être appliquée à la formation de coutures.
Sur ces dessins
La figure 1 est une vue en plan de plusieurs couches de tissu su- perposées qui sont reliées entre elles par le fil composite,puis soumises à une opération de lavage ou de blanchissage pour éliminer ou désagréger Pâme du fil, une portion de la couche supérieure du tissu ayant été représentée à une plus grande échelle à l'intérieur du cercle de cette figure.
La figure 2 est une coupe par la ligne 2-2 (figure 1) représen- tant la portion agrandie des couches de tissu reliées entre elles.
La figure 3 est une coupe verticale semblable à la figure 2, mais avant que les tissus cousus aient été lavés, le fil de couture composite étant aussi représenté à grande échelle.
La figure 4 représente, également à grande échelle,un petit tron- çon d'un fil composite qui peut être utilisé pour établir une couture confor- me à l'invention.
La figure 5 est une vue semblable à la figure 4 d'un autre tron- çon de fil composite conforme à l'invention.
Les figures 6 et 7 représentent par des vues semblables aux fi- gures 4 et 5, deux autres formes de réalisation d'un fil à coudre composite.
Dans l'exemple des figures 1 à 5, on a représenté plusieurs cou- ches superposées 1, 2 et 1 d'un tissu textile réunies par une couture exécu- tée sur une machine à coudre ordinaire, en se servant du fil à coudre compo- site ou perfectionné !3. pour réunir les couches. Le fil composite particulier qui a été représentépar les figures 4 et 5 comprend un filé 5 composé de fibres ou filaments d'une matière qui est soluble ou qui se désagrège dans les solutions de lavage qu'on utilise couramment dans les blanchisseries.
Dans ces figures, le filé 5, fait d'une matière soluble, est entrelacé avec un fi- lé 6 fait d'une matière qui est relativement insoluble ou inerte dans un bain de lavage, et, pour simplifier la fabrication, le fil insoluble est enroulé hélicoidalement autour du fil soluble, comme représenté à la figure 5, ou bien lès deux fils sont torsadés hélicoidalement, comme représenté à la fi- gure 4.
Il est possible de mélanger entre elles les fibres constituantes solubles et insolubles pour en obtenir un filé ou brin ordinaire dont les fibres sont tordues ensemble pour constituer un fil composite. Toutefois, en pareil cas, la dissolution des fibres ne donne ordinairement pas un relâche- ment suffisant de chaque point pour résoudre le problème du rétrécissement ou des fronces de la couture. Il est par conséquent préférable d'établir un bout ou filé distinct fait de la matière soluble et d'entrelacer un ou plu- sieurs brins ou filés solubles avec un ou plusieurs brins ou filés relative- ment insolubles.
Ce procédé, consistant à combiner des fibres solubles et in- solubles,donne des filés composites qui assurent un plus grand allongement au cours du lavage que le procédé consistant à mélanger entre eux deux types de fibres dans un seul toron. Toutefois, des précautions doivent être prises dans la conception et la fabrication de fils obtenus en tordant des brins ou
<Desc/Clms Page number 4>
torons composés de différentes fibres.
Certains filés faits de différentes matières possèdent différents coefficients d'électricité ou différentes résistances à l'extension; par con- séquent, lorsque le fil composite est soumis à une tension longitudinale, com- me cela se produit lorsqu'il est utilisé dans les machines à coudre modernes travaillant à des vitesses élevées, un de ces filés s'allonge plus que l'au- tre, ce qùi modifie dans une certaine mesure la torsion d'un filé sur l'autre.
Il peut en résulter un filé qui tend à se tordre lorsqu'il est bouclé dans le mécanisme de formation de point et qui possède un contour superficiel non équi- libré et rugueux, de tels filés pouvant donner des résultats peu satisfaisants dans les machines à coudre modernes travaillant à des vitesses élevées. Toute- fois,par un choix convenable de la torsion et par l'application d'un débit plus grand d'un des brins par rapport à l'autre, on peut compenser ce compor- tement et obtenir un fil apte à la couture.
On peut entrelacer le constituant soluble et le constituant inso- luble de telle manière que, lorsque la partie soluble se désagrège ou se trou- ve éliminée par dissolution,on obtienne dans le constituant insoluble restant, à l'intérieur d'un point, exactement l'excès de longueur disponible de fil insoluble qu'on désire ou qui est nécessaire pour empêcher le tissu de se ré- trécir le long de la couture et diminuer ou éliminer en principe les fronces.
Lorsque les fils eu brins de matière soluble et insoluble sont tordus ensemble de la manière représentée à la figure 4, le degré de relâchement disponible désiré s'obtient en augmentant ou en diminuant le nombre de tours de torsion par centimètre de longueur des brins ou torons du fil composite.
En raison de la différence d'extensibilité des différentes matiè- res dont sont faits les brins ou filés, il peut, dans certains cas, être dé- sirable d'entrelacer ensemble une série de filés composites du type représen- té à la figure 4, pour en obtenir le type de filé composite représenté à la figure 6, ce type de filé étant moins sujet à subir un allongement relatif des filés élémentaires que lorsque ceux-ci sont entrelacés de la façon indiquée aux figures 4 et 5. On peut aussi entrelacer des filés du type représenté à la figure 5 pour établir un autre type de filé composite représenté à la fi- gure 7, dans lequel l'entrelacement des filés composites empêche l'allonge- ment relatif des constituants solubles et insolubles sous l'influence d'une force de traction longitudinale.
A la figure 6, le filé composite est désigné par 7; à la figure 7, le filé composite est désigné par 8. Lorsque les filés composites des fi- gures 6 et 7 sont soumis à une tension longitudinale comme cela se produit pendant la couture, l'allongement est le même pour tous les filés élémentaires 4, de sorte que le glissement relatif de ces filés les uns par rapport aux autres est minimum.
La grosseur des filés utilisés, le nombre de brins dans chaque câ- blé ou filé élémentaire et le nombre de câblés ou filés élémentaires de chaque fil composite dépendront de la force désirée et de l'aspect du fil à coudre.
Les deniers des fibres, filés ou fils seront aussi choisis conformément à la force désirée, à l'aspect de la couture et au rétrécissement prévu. De plus, il'va de soi que les matières relativement insolubles utilisées pour les di- vers filés peuvent être l'une ou plusieurs quelconques de celles dont on se sert ordinairement pour la couture, telles que des fibres, filaments ou fils de nylon, des fibres d'acétate, des fibres V, des fibres de coton, de lin, de soie, de rayonne, de laine, d'acétate de cellulose et de protéine, des fibres acryliques, des fibres de ramie, de jute et d'autres fibres propres à la fa- brication des fils à coudre.
Les matières utilisées pour les constituants solubles peuvent être des fils, fibres, filaments, brins ou autres corps ténus faits de toutes matiè- res solubles peuvent être converties en fibres ou filaments, et telles que, par exemple, l'alcool polyvinylique, la carboxyméthylcellulose (par exemple la carboxyméthylcellulose sodique) l'acide polyméthacrylique et l'acide poly- acrylique, ainsi que d'autres matières qui sont solubles dans les solutions de lavage, telles que les rayonnes d'alginate qui sont solubles dans les solu-
<Desc/Clms Page number 5>
tions alcalines faibles.
Une forme de carboxyméthylcellulose qu'on peut main- tenant se procurer est fabriquée à partir d'un filé de coton, en traitant d' abord le filé par de l'acide mono-chloro-acétique, en éliminant l'excès d'a- cide, par exemple par essorage centrifuge, en traitant ensuite le filé par une solution de soude caustique à 50 %, en éliminant l'excès d'alcali, en la- vant le filé à l'alcool éthylique, en neutralisant le filé lavé, en éliminant l'excès d'agent neutralisant, et en séchant finalement le filé.
Ce produit est aussi appelé "filé de coton soluble" et quelquefois aussi flcarooxyméthylcellu- lose sodique". Il doit aussi être bien entendu que tous les filés peuvent être faits de filaments ou de fibres en mèches et que les filaments et fibres doi- vent être considérés comme étant des équivalents dans le cadre de l'invention.
Les matières relativement solubles peuvent être des matières qui sont solu- bles ou qui se désagrègent dans des liquides autres que l'eau ou les soluti- ons faibles d'alcali, liquides dans lesquels les autres filés sont sensible- ment inertes, bien que, pour des raisons économiques, les matières utilisées soient de préférence celles qui sont solubles dans l'eau ou celles qui sont solubles dans les solutions de lavage couramment utilisées dans les blanchis- series.
Les brins. ou torons 2. et 6 peuvent être constitués soit par des fibres, soit par des filaments, soit même par un seul filament ou corps ténu.
De préférence., chaque brin ou toron et 6 est fait de plusieurs fibres ou fi- laments, mais en l'absence d'un terme générique englobant convenablement et de façon claire un ou plusieurs filaments, les termes "brins" et "filés" lors- qu'ils sont appliqués aux éléments 5 et 6 doivent être considérés en gros com- me des équivalents et comme comprenant chacun une ou plusieurs fibres ou fila- ments forment collectivement un brin. On peut revêtir de la matière soluble un brin ou fil insoluble et entrelacer alors ou réunir plusieurs brins revê- tus de ce genre pour constituer le fil composite.
Il n'est pas nécessaire que les fils reliés entre eux pour établir la couture, tels que le fil d'aiguille et le fil de canette quelquefois appe- lés le fil de dessus et de dessous, possèdent tous le même degré de torsion ou de mou disponible, mais il importe que le mou disponible total ménagé par la réunion des fils de couture, une fois éliminé le constituant soluble,. soit suffisant pour empêcher la couture de se rétrécir ou de goder. Comme le degré de mou nécessaire varie avec le caractère des fibres dont sont faits les tis- sus à coudrè, ce mou est sujet à varier quelque peu.
Si le mou disponible est trop grand, ou si l'excédent du débit d'un constituant sur l'autre est trop élevé,le mou ou relâchement restant dans le- point de couture, une fois le tissu lavé ou traité pour éliminer le constituant soluble, peut être disgra- cieux. S'il n'est fait usage du fil composite que dans un des fils reliés en- tre eux de la couture, par exemple dans le fil de dessous ou de canette, et que le ou les autres fils de la couture, par exemple le fil d'aiguille,soient constitués par un fil à coudre en coton,, il peut être recommandable d'utiliser un excès de fil d'au moins 28 % environ pour constituer le mou disponible par l'élimination du constituant soluble.
Dans la fabrication des vêtements, les diverses couches superpo- sées sont réunies par des coutures ou piqûres qui font partie des opérations de fabrication du vêtement, et, lorsqu'on se sert du présent fil composite peur l'un ou pour chacun des fils destinés à former des coutures, on peut obtenir des coutures d'aspect normal, cependant que, après que le vêtement ainsi fabri- qué a été lavé, le mou créé par l'élimination du constituant soluble empêche les coutures de rétrécir et de goder.
Dans les pieds de col des chemises et faux-cols, il existe souvent une série de rangées étroitement disposées de coutures qui donnent lieu à des difficultés sérieuses du point de vue du ré- trécissement et des fronces qui en résultent, mais, en utilisant le présent fil composite à titre d'un ou de chacun des fils dont est constituée chaque couture, le vêtement fini aura l'aspect ordinaire, et il sera impossible,par un examen occasionnel, d'observer que les coutures sont établies autrement qu'à l'aide d'un fil à coudre ordinaire. Une fois le vêtement lavé et le cons- tituant soluble désagrégé ou éliminé, le fil à coudre restant dans la couture possède toujours le même aspect normal.
<Desc/Clms Page number 6>
On sait qu'il n'est pas nécessaire d'utiliser un fil aussi gros que celui qu'on utilise habituellement pour les coutures, pour obtenir là ré- sistance mécanique que doit posséder la couture, mais on utilise un fil plus gros parce qu'un fil plus petit risquerait souvent de se rompre au cours de--- l'opération de couture en raison de la force de traction à laquelle'il est sou- mis. Conformément à la présente découverte, le fil composite peut comprendre, à titre de constituant ou bien insoluble, un fil plus fin que celui qui avait été nécessaire jusqu'à ce jour, le fil composite ayant néanmoins une résistan- ce mécanique suffisante.
A titre d'exemple particulier, trois couches d'un tissu de coton en grande largeur qui avait été "prérétréci" de façon que le rétrécissement résiduel soit inférieur à 1 %, ont été cousues sur une machine à coudre or- dinaire en utilisant, dans un des cas, un fil à coudre en coton ordinaire et, dans l'autre cas, un fil composite spécial comprenant un brin en alcool po- lyvinylique du denier 200 sur lequel était enroulé un fil à coudre en coton câblé ordinaire N 60/2 avec un débit de ce fil de coton ordinaire excédant de 6 % celui du brin en alcool polyvinylique.
Des échantillons établis de cette manière ont alors été soumis à trois essais de lavage couramment appli- qués pour déterminer le rétrécissement des tissus en coton, essais (dénommés "CCC-T-191a) préconisés par les bulletins "Federal Specifications" du "Depart- ment of Commerce" des Etats-Unis.
Le résultat des essais est donné ci-dessous, le rétrécisse- ment des coutures ayant été mesuré après chaque lavage : Pourcentage de rétrécissement
EMI6.1
1er lavage 2e lavage 3e lavage
EMI6.2
<tb> Tissus <SEP> cousus <SEP> par <SEP> un <SEP> fil
<tb>
<tb> à <SEP> coudre <SEP> ordinaire <SEP> 3 <SEP> 2,8 <SEP> 2,4
<tb>
<tb> Mêmes <SEP> types <SEP> de <SEP> tissus <SEP> cou-
<tb>
<tb> sus <SEP> par <SEP> le <SEP> présent <SEP> fil <SEP> composite <SEP> 0 <SEP> 0,2 <SEP> 0,2
<tb>
Dans un autre exemple particulier, divers types de fils composi- tes ont été fabriqués et utilisés pour établir des coutures à trois épais- seurs d'un tissu de coton qui avait préalablement été soumis à un traitement propre à réduire le rétrécissement à une valeur inférieure au.rétrécissement résiduel normal.
Les fils utilisés sont identifiés comme suit :
Fil à coudre V-15, fil en fibres V, du denier 70, "Premier" (tor- sion S 9,6 tours/cm) approximativement)
Fil à coudre "Pacifique", coton 60/2
Fil à coudre "Américain ", coton 120/2
Fil d'alcool polyvinylique
Les coutures ainsi établies sont identifiées par des lettres com- me suit : Couture A.- établie avec un fil composite de fibres V-15 et de fibres en al- cool polyvinylique, 4. tours par cm, torsion S, ce fil étant utilisé à la fois comme fil d'aiguille et comme fil de canette.
Couture B.- établie avec un fil d'aiguille composite de fibres V-15 et des brins en alcool polyvinylique, torsion S, de 8 tours par cm. et avec un fil de canette composite fait de fibres V-15 et de brins en alcool polyvinylique, torsion S de 4 tours/cm.
Couture C.- établie avec un fil d'aiguille composite comprenant deux brins d'un filé de fibres V, du denier 70., et un filé en alcool polyvinylique, tor- sion Z de 9.tours/cm et avec un fil de canette constitué par l'assemblage de fibres V-15 et de plusieurs fils en alcool polyvinylique, torsion S, de 4 tours par cm.
Couture D.- Le fil d'aiguille et le fil de canette étaient l'un et l'autre
<Desc/Clms Page number 7>
constitués par deux brins assemblés d'un fil à plusieurs brins ou fibres V du denier 70, et d'un filé en alcool polyvinylique, torsion Z de 9 tours par cm.
Couture E.- Le fil d'aiguille et le fil de canette étaient l'un et l'autre constitués par l'assemblage d'un fil en fibres V-15 et d'un fil en alcool po- lyvinylique, 8 tours par cm, torsion S.- Couture F.- Cette couture était du type normal avec un fil supérieur,ou fil d'aiguille,constitué par du fil à coudre ordinaire en coton, N 60/2, et un fil de canette constitué par un fil à coudre ordinaire en coton ? 68/2.
Toutes les coutures, à l'exception de la couture normale F, ont été lavées manuellement, puis séchées et mesurées. Elles ont alors été sou- mises à l'essai de lavage du coton blanc couramment appliqué dans l'industrie, puis séchées et mesurées. Un spécimen de chacun des fils composites a aussi été marqué tous les 45 centimètres pendant qu'il était soumis à une tension de 100 gr, puis lavé sous forme d'écheveaux de manière à en éliminer le cons- tituant d'alcool polyvinylique soluble, après quoi le fil a été mesuré sous la même tension en vue de déterminer le fil en excès disponible.
Les résultats de ces mesures ont été les suivants :
EMI7.1
<tb> Fil <SEP> composite <SEP> Tours <SEP> de <SEP> Sens <SEP> de <SEP> Excès
<tb>
<tb>
<tb> torsion <SEP> par <SEP> cm <SEP> la <SEP> tor- <SEP> d'allon-
<tb>
<tb>
<tb> ¯¯¯¯¯¯¯¯¯ <SEP> sion <SEP> gement
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> Coton <SEP> et <SEP> alcool <SEP> polyvinylique <SEP> 60/2 <SEP> 8 <SEP> S <SEP> 14,6 <SEP> %
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> Coton <SEP> et <SEP> alcool <SEP> polyvinylique <SEP> 120/2 <SEP> 8 <SEP> S <SEP> 9,7
<tb>
<tb>
<tb> V-15 <SEP> et <SEP> alcool <SEP> polyvinylique <SEP> 4 <SEP> S <SEP> 4,6
<tb>
<tb>
<tb> V <SEP> " <SEP> " <SEP> " <SEP> " <SEP> 8 <SEP> S <SEP> 9,7
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> Deux <SEP> brins <SEP> de <SEP> V <SEP> et <SEP> d'alcool <SEP> polyvi-
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> nylique, <SEP> denier <SEP> 60 <SEP> 8 <SEP> Z <SEP> 9,
7
<tb>
Le rétrécissement des coutures lavées est indiqué dans le tableau suivant :
EMI7.2
<tb> Rétrécissement. <SEP> % <SEP> Fil <SEP> en <SEP> excès
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> Tissu <SEP> blanc <SEP> Fil <SEP> de <SEP> Fil <SEP> de
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> Couture <SEP> lavage <SEP> à <SEP> la <SEP> main <SEP> Lavage <SEP> type <SEP> "usine" <SEP> aiguille <SEP> canette
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> A <SEP> 0,3 <SEP> + <SEP> 0,1 <SEP> 4,6 <SEP> % <SEP> 4,6 <SEP> %
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> B <SEP> 0,9 <SEP> + <SEP> 0,2 <SEP> + <SEP> 9,7 <SEP> % <SEP> 4,6 <SEP> %
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> C <SEP> 0,5 <SEP> + <SEP> 0,5 <SEP> 5,5 <SEP> % <SEP> 4,6 <SEP> %
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> D <SEP> 0,9 <SEP> + <SEP> 0,2 <SEP> + <SEP> 5,5 <SEP> % <SEP> 5,
5 <SEP> % <SEP>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> E <SEP> - <SEP> 1,1 <SEP> + <SEP> 0,4 <SEP> + <SEP> 9,7 <SEP> % <SEP> 9,7 <SEP> % <SEP>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> F- <SEP> 2,7 <SEP> 0 <SEP> 0
<tb>
+ indique un gain
Dans un autre exemple,des essais ont été effectués sur une coutu- re unissant trois épaisseurs du même genre de tissu de coton en grande lar- geur, en faisant usage d'un fil composite uniquement pour le fil de canette de la couture et en utilisant un fil à coudre en coton ordinaire pour le fil d'aiguille ou de dessus. Le fil composite utilisé comme fil de dessous était le fil de coton ordinaire N 120/2 tordu avec un fil en alcool polyvinylique soluble dans l'eau, ayant une torsion S de 4 tours/cm.
Le fil de coton et les fils en alcool polyvinylique ont été tordus ensemble à la torsion S de 13 tours/cm et de façon que l'excès disponible de fil de coton soit d'environ 28 %. Le fil de dessus, ou fil d'aiguille, utilisé pour établir la couture était le fil à coudre de coton ordinaire N 60/2. On a alors soumis la coutu- re terminée à l'essai normal de lavage du coton dénommé "CCC-T-191a", après quoi, le rétrécissement a été mesuré et trouvé égal à 0,1 % dans la couture, et que celle-ci ne présentait en principe pas de fronces.
Pour établir une comparaison avec la couture normale faite d'un fil à coudre "tout coton", on a établi une couture composée de trois épaisseurs d'un tissu de coton en grande largeur de même type que celui indiqué ci-dessus pour les autres exem- ples, en utilisant comme fil de dessus, ou fil d'aiguille, un fil à coudre en coton du ? 60/2 et comme fil de canette, ou de dessous,un fil à coudre en
<Desc/Clms Page number 8>
coton ordinaire N 68/2. Cette couture a aussi;, en même temps;, été soumise à l'essai de lavage normal du coton, et l'on a trouvé que son rétrécissement était de 5,3 %. La couture présentait des fronces considérables dans la di- rection longitudinale.
Ceci indique qu'on peut en principe supprimer le rétré- cissement et les fronces en faisant usage-d'un fil composite comme fil de ca- nette et d'un fil à coudre ordinaire comme fil d'aiguille.
Comme autre exemple, des fils faits de matières autres que le coton ont été assemblés chacun avec un fil fait d'une matière soluble dans l'eau, telle que l'alcool polyvinylique. Dans cet exemple, les lettres "PVA" .s'entendent pour un fil en alcool polyvinylique soluble dans l'eau. On a préparé une série de fils composites établis comme suit : Fil PVA et fil à coudre en coton N 120/2, torsion S, 4 tours/cm
EMI8.1
w If Il If Il n w nylon "Néophil" n If, if n if If Il If n 11 Fortisan n ti.4 il fi " 11 If Il n il il Orlon(fibre acrylique)" if, il if If fi fi n w fi ta fibre V rt wu Il 9 il
On avait aussi préparé cinq fils à coudre ordinaires faits des matières suivantes :
Coton 60/2; Néophil Nylon; Fortisan, Orlon(fibre acrylique); fi- bre V.
Le tissu utilisé était un tissu de coton qui avait été "prérétré- ci" de façon que son rétrécissement résiduel soit inférieur à 1 %. Trois épais- seurs d'un tel tissu ont alors été cousues de manière à constituer d'une part cinq coutures établies respectivement à l'aide des fils composites ci-dessus, et d'autre part cinq autres coutures établies respectivement à l'aide des fils à coudre ordinaires ci-dessus. Les coutures ont été marquées à des intervalles de 45 cm de leur longueur, et les tissus cousus ont été soumis à l'essai de lavage normal du coton CCC-T-191a, d'une durée d'une heure, après quoi tous les spécimens ont été séchés à la température ambiante et l'on a mesuré le ré- trécissement.
Les résultats obtenus ont été les suivants :
EMI8.2
<tb> Rétrécissement <SEP> des <SEP> coutures
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> mm
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> PVA-Coton <SEP> 3,17 <SEP> 0,69
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> PVA-Nylon <SEP> 3,17 <SEP> 0,69
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> PVA-Fortisan <SEP> 3,17 <SEP> 0,69
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> PVA-Orlon <SEP> (fibre <SEP> acrylique) <SEP> 4,7 <SEP> 1,04
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> PVA-Fibre <SEP> V <SEP> 3,17 <SEP> 0,69
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> Coton <SEP> 11,1 <SEP> 2,43
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> Nylon <SEP> 15,8 <SEP> 3,47
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> Fortisan <SEP> 12,7 <SEP> 2,78
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> Orlon <SEP> (fibre <SEP> acrylique) <SEP> 12,7 <SEP> 2,78
<tb>
<tb>
<tb>
<tb> Fibre <SEP> V <SEP> 12,7 <SEP> 2,78
<tb>
Il est par conséquent évident qu'on peut faire usage de fils com- posites qui comprennent,
à titre d'un de leurs constituants l'un quelconque des fils à coudre courants, et à titre d'autre constituant, un brin en matiè- re soluble, et que tous ces fils suppriment de façon satisfaisante le rétré- cissement des coutures. On a aussi constaté que, lorsqu'on fait usage de cha- cun des fils composites de cet exemple, le séchage auquel sont soumis les ar- ticles après l'opération de blanchissage, ne créée pas de fronces à l'endroit des coutures. Au contraire, lorsqu'il est fait usage des fils à coudre habita - els cités dans cet exemple, sans leur adjoindre aucun constituant soluble, on observe des fronces importantes le long des coutures.
Le constituant soluble peut être soit sous forme d'un filament, soit sous forme d'un filé fait de fibres en mèches, chacun d'eux pouvant être à un ou plusieurs brins ou à un seul brin, à volonté. La contraction des brins faits de constituants solubles et insolubles, lorsque ces derniers sont tor- dus ensemble, assure la présence d'un mou ou relâchement, lorsque le consti-
<Desc/Clms Page number 9>
tuant soluble a été élimine et permet au constituant insoluble de se redres- ser. rallongement disponible communiqué au brin insoluble par l'élimination du constituant soluble est d'autant plus grand que la torsion conférée aux brins élémentaires,lorsqu'on les entrelace, est plus élevée.
Il est bien entendu qu'on peut réunir des tissus faits de'toute matière par des coutures établies à l'aide du présent fil composite, utilisé pour constituer l'un ou plusieurs des fils entrant dans la formation de la couture, par exemple pour le fil d'aiguille, pour le fil de canette ou. à la fois pour l'un et l'autre de ces fils, dans une machine à coudre du type'ro- tatif. Par exemple, on peut réunir à l'aide de ce fil composite perfectionné non seulement des tissus de coton, mais aussi des tissus faits d'une quelcon- que des autres fibres, entre autres ceux faits d'acétate de cellulose, de nylon, d'Orlon (fibre acrylique),, de fibres V, de lin, de soie, de rayonne, de laine, de ramie et de jute, chacun d'eux permettant de supprimer en prin- cipe le rétrécissement et les fronces de la couture.
Dans certains tissus, tels que ceux faits de nylon, la couture occasionne quelquefois de légères fronces et un léger rétrécissement le long de la ligne de jonction. En pa- reil cas, il est désirable d'augmenter la torsion ou le relâchement disponi- ble dans le constituant insoluble du fil composite, afin qu'il y ait un lé- ger gain dans la couture après l'opération de blanchissage. De cette façon-, lorsque le fil est relâché ou s'allonge au cours du lavage d'une couture, 1-'effort auquel il est soumis et qui provoquait les fronces et le rétrécisse- ment de la couture se trouve supprimé ou diminué de telle sorte que l'aspect que présente le tissu le long de la couture redevient normal.
Par exemple, on a cousu ensemble trois épaisseurs d'un tissu de nylon à 100 %, en faisant usage, à la fois pour le fil d'aiguille et pour le fil de canette, d'un fil composite obtenu en doublant ou réunissant un fil à coudre en coton ordinai- re N 60/2 avec un fil en alcool polyvinylique soluble dans l'eau, le fil composite ayant une torsion S de quatre tours/cm. La couture comprenait 5,6 points par cm. Les tissus de nylon ainsi cousus ayant été lavés à la main à une température de -38 -43 0, puis séchés à l'air à la température ambiante, on a constaté que le rétrécissement de la couture consistait en un gain de 1,73 % et que les fronces de la couture étaient en principe toutes suppri- mées.
Par le terme "soluble" on entend ici non seulement les matières qui sont entièrement solubles dans l'eau ou dans les solutions de lavage des blan- chisseries mais aussi celles qui subissent un degré important de désagréga- tion ou qui perdent une forte proportion de leur résistance à l'extension ou de leurs résistance à un allongement permanent.
Les résultats obtenus mettent en évidence le fait que le ré- trécissement et les fronces des coutures peuvent être pratiquement suppri- més en utilisant ce fil composite comme fil de canette ou comme fil d'ai- guille ou à la fois came fil d'aiguille et de canette. Les machines à cou- dre n'exigent aucune modification et peuvent travailler aux vitesses habi- . tuelles et à la manière habituelle.
Il va de soi que diverses modifications peuvent être apportées dans les détails et dans les matières qui ont été exposés ou énumérés ci- dessus, ces modifications rentrant dans le cadre de cette invention.