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Au cours de la préparation de monoglycérides d'acides gras par réestérification d'esters d'acides gras avec la glycérine, on obtient des produits de réaction qui contiennent, suivant les proportions en poids de matières premières, des quantités variables de glycérine libre, de mono- et de diglycérides. Si l'on essaie de traiter ce genre de mélanges par dis- tillation fractionnée, les monoglycérides se décomposent, dans les conditions de la distillation, en di- et/ou en triglycérides. La reconstitution de di- ou de triglycérides à partir de monoglycérides doit être favorisée par le catalyseur utilisé au cours de la réestérification, lequel catalyseur cata- lyse non seulement la formation de monoglycérides à partir d'esters d'aci- des gras et de glycérides, mais aussi la reconstitution de di- ou de tri- glécérides à partir de monoglycérides.
C'est pourquoi l'on a proposé de neutraliser le catalyseur acide ou basique de réestérification avant la distillation. Mais on a constaté, au cours d'une vérification supplémentai- re du procédé, qu'une inactivation du catalyseur, par neutralisation avant la distillation, n'avait pas d'influence sur la décomposition du monogly- céride au cours de la distillation; on n'a trouvé de monoglycérides ni dans le résidu, ni dans la glycérine distillée.
Dans une autre proposition destinée à obtenir des monoglycérides à partir des produits de réaction de la rées- térification, on renonce à une inactivation du catalyseur et on soumet le produit de la réaction à une évaporation instantanée, qui est effectuée dans des évaporation à couche mince et au cours de laquelle la glycérine et le monoglycéride sont expülsés, au bout de très peu de temps, hors du résidu non volatil dans les conditions choisies de la réaction.
Ce procédé ne peut être réalisé que dans des évaporateurs à couche mince dans les con- ditions d'une distillation moléculaire, conditions dans lesquelles la ma- tière à distiller est répartie en couche mince sur un support chauffé et dans lesquelles les vapeurs dégagées parviennent au condenseur, à des pres- sions très petites, sans franchir d'obstacles, tels que par exemple des fonds d'échangeurs. Les appareillages de ce genre doivent être manipulés avec un soin particulier. Comme en général, le mélange de glycérides à distiller possède une teneur en monoglycérides comprise,seulement entre 40 et 60%, le rendement en monoglycérides rapporté à la quantité totale de la matière à distiller est relativement petit, ce qui constitue un inconvénient essen- tiel du procédé.
Or la Demanderesse a trouvé que l'on peut distiller des monogly- cérides à l'aide de glycérine à l'état de vapeur comme vapeur de support à partir de leurs mélanges avec des di- et des triglycérides, qui peuvent être préparés de manière connue. Dans ce procédé, le catalyseur de réesté- rification présent peut être inactivé avant l'expulsion du monoglycéride; cependant, on doit considérer, comme un avantage particulier de l'invention, le fait de pouvoir conserver les catalyseurs de réestérification dans le mélange. Par ce moyen, il est possibile de ne produire les monoglycérides que pendant la distillation puis de les distiller en continu à partir du mélange de réestérification. Dans les deux cas, on peut travailler aussi bien de façon continue que de façon discontinue.
Comme matière première pour la fabrication des monoglycérides, on se sert d'esters d'acides carboxyliques possédant de 6 à 26, et en particu- lier de 12 à 20 atomes de carbone dans le radical d'acide carboxylique. Dans les acides carboxyliques, il s'agit de préférence d'acides gras, à chaîne rectiligne ou ramifiée,' saturée ou non saturés, qui sont extraits de plan- tes, d'animaux terrestres ou marins ou de microorganismes, mais qui peuvent être fabriqués par voie synthétique d'après des procédés quelconques. Mais l'invention est aussi applicable à des esters d'acides carboxyliques de na- ture cyclique, par exemple aux esters de l'acide benzoïque ou de l'acide sa- licy lique, auquel cas il peut s'agir aussi, comme par exemple pour les aci-
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des résiniques, d'acides carboxyliques non aromatiques.
Pour plus de simpli- fication, on ne parle ci-après que d'acides gras ou d'esters d'acides gras, mais cependant sous ce terme, on doit comprendre par ces expressions tous les acides carboxyliques cités ci-dessus ou leurs esters. Il s'est révélé avantageux d'éliminer dans les esters d'acides gras à traiter, les quanti- tés présentes relativement grandes de composants acides, avant la réestéri- fication; la teneur en acides gras libres ne doit pas dépasser 2% en poids.
Par neutralisation des acides gras libres au moyen d'alcalis, de composés alcalino-terreux ou de bases organiques fortes, on peut éliminer simultané- ment les acides gras libres et produire le catalyseur de réestérification.
Comme composants des alcools, dans les esters à traiter, il peut exister des radicaux de la glycéride, mais aussi des radicaux d'alcools bi- ou monovalents. La réestérification peut être obtenue non seulement sur les triglycérides, mais aussi sur les diglycérides.
La réestérification des esters d'acides gras à traiter a lieu par des méthodes connues. En général, on travaille avec un excédent de gly- cérine, qui peut être compris entre 0,5 et 2 fois la quantité nécessaire théoriquement ; mais si la réestérification et la distillation ont lieu au cours d'une seule phase de travail, cet excédent peut être essentiellement plus grand.
Comme catalyseurs de réestérification, on utilise, dans les con- ditions de réaction, des substances non volatiles à réaction acide ou alca- line, telles que par exemple des acides inorganiques forts polybasiques, notamment de l'acide sulfurique ou de l'acide phosphorique, ainsi que leurs dérivés acides organiques, tels que des acides sulfoniques ou phosphoniques, des esters partiels d'acide sulfurique ou d'acide phosphorique, etc. D'autres produits acides, tels que, par exemple, le chlorure d'aluminium, peuvent ê- tre utilisés comme catalyseurs.
Comme catalyseurs basiques, on peut utiliser les métaux alcalins ou alcalino-terreux, tels que, par exemple, le sodium, le potassium, le lithium, le magnésium, le calcium, le strontium, le zinc, le cadmium ainsi que leurs oxydes, leurs hydroxydes, leurs carbonates, leurs savons, leurs alcoolates ou toutes autres substances à réaction alcaline.
De même, on peut utiliser des bases organiques, notamment des bases d'azote tertiaire ou quaternaire, comme catalyseur de réestérification, pour autant qu'elles ne sont pas volatiles dans les conditions de la réaction. La quan- tité de catalyseur est au moins égale à 0,01 mol., mais de préférence est comprise entre 0,05 et 0,1 mol. par mol. de radical d'acide gras. Comme catalyseurs, on peut se servir aussi d'échangeurs d'ions basiques ou acides, notamment à base de résines synthétiques . Les indications en quantités se rapportent à la quantité des ions échangeables.
La température de la réaction est comprise entre 130 et 250 comme la réaction est relativement lente à 130 et que la formation de poly- glyc7rines est perceptible au-dessus de 200#, on travaille, de préférence, à des températures comprises entre 150 et 200 C.
Les esters dtacides gras à réestérifier e t la glycérine se mélangent mal ensemble et il est avantageux, pour accélérer la réestérifica- tion, de mettre les deux phases en contact intime. On peut obtenir ceci au moyen d'agitateurs intensifs et/ou respectivement par addition d'émulsifiants.
Comme émulsificants, on se sert de préférence de substances qui possèdent un radical d'acide carboxylique soluble dans les graisses, ayant par exemple de 10 à 26 atomes de carbone et, dans la molécule, un groupement soluble dans l'eau et dans la glycérine. Des groupements de ce genre sont, par exem- ple, plusieurs groupes hydroxyles libres ou plusieurs atomes d'oxygène éther, notamment sous la forme de chaînes polyéthers.
De préférence, on utilise des émulsifiants qui ne contiennent pas de liaisons d'esters et qui, par consé-
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queuta ne peuvent pas subir de réestérification dans les conditions de la réaction, tels que par exemple des produits d'addition d'oxyde d'éthylène sur des alcools gras ou des amines grasses, qui contiennent par exemple en- tre 10 et 26 atomes de carbone dans le radical gras ou des éthers partiels d'alcools gras avec des alcools polyvalents qui contiennent au moins trois groupes hydroxyles dans la molécule, tels que par exemple la glycérine, les polyglycérines, la sorbite, la mannite, ou leurs produits intra- ou in- termoléculaires obtenus par séparation d'eau.
De même, on peut utiliser, com- me émulsifiants, les produits d'addition de l'oxyde d'éthylène sur les éthers partiels indiqués. Les émulsifiants ne doivent pas être distillables, c'est-- à-dire qu'ils ne doivent pas posséder de tension de vapeur mesurable dans les conditions de la distillation avec la glycérine comme vapeur de support,
Les monoglycérides, qui peuvent être ajoutés avant la réestérification com- me émulsifiants, forment une exception. La quantité d'émulsifiant peut être comprise entre 1 et 50 pour cent en poids du mélange de réaction.
Selon l'invention, on distille le monoglycéride formé à partir du mélange de réaction à l'aide de vapeur de glycérine comme support.. Ceci a lieu, par exemple, en introduisant de la vapeur de glycérine dans le mé- lange de réaction. On entraîne alors une quantité de monoglycéride qui cor- respond à la pression de vapeur de monoglycéride pour chaque température de travail considérée. Si le produit de réestérification contient un excé- dent suffisamment grand de glycérine, on peut effectuer aussi la distilla- tion avec vapeur de glycérine comme support sans introduction de vapeur de glycérine.
L'entraînement du monoglycéride s'effectue, de préférence, aux températures de réestérification et à des pressions comprises entre 1 et 20 mm Hg, mais on peut aussi utiliser des températures plus basses pour autant qu'on abaisse la pression de façon correspondante, par exemple jusqu' à 0,1 mm Hg.
On ne recommande pas d'utiliser des températures essentiellement supérieures à 250 ; déjà lorsqu'on opère au-dessus de 200 , on recommande d'inactiver le catalyseur par neutralisation pour éviter une formation de polyglycérine.
L'entraînement de vapeurs de monoglycêride hors du mélange bouil- lant de glycérine et de monoglycéride a lieu aussi, dans une mesure minime, au cours de la séparation connue, par distillation, de la glycérine en ex- cédent hors des mélanges de réestérification. Mais, dans ce procédé, on en- visageait une séparation de la glycérine et du monoglycéride par une distil- lation fractionnée, ce qui ressort déjà du fait que l'on cherchait à isoler le monoglycéride par distillation à partir du résidu obtenu après distilla- tion de la glycérine.
Mais, au cours de la séparation de mélanges de produits par la distillation fractionnée, on travaille ordinairement avec des colon- nes de distillation dans lesquelles les constituants entraînés des compo- sants à point d'ébullition élevé sont précipités, par échange de produits, entre la vapeur ascendante et le condensat en reflux. En outre, la quantité excédentaire utilisée ordinairement au cours de la réestérification des graisses avec la glycérine n'est pas suffisante pour obtenir des quantités notables de monoglycéride.
Si l'on veut entraîner le monoglycéride à partir de mélanges de réestérification, à l'aide de la glycérine excédentaire pré- sente dans le mélange de réestérification, sans glycérine supplémentaire, par exemple sous la forme de vapeur introduite, on a besoin, dans ce bute- suivant la pression de vapeur du monoglycéride pour chaque température,qui dépend de la grandeur du.radical d'acide gras qui y est présent, - d'une quantité de glycérine égale à au moins 8 fois et de préférence à 10 à 25 fois, la quantité de monoglycéride existant dans le mélange. Le tableau suivant indiqué, comme mesure pour la pression de vapeur, les points d'ébullition de quelques monoglycérides.
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EMI4.1
<tb> Monoglycéride <SEP> Point <SEP> d'ébullition <SEP> o/mm <SEP> Hg.
<tb>
<tb>
Monocaprine <SEP> 175 <SEP> /1
<tb> Monolaurine <SEP> 186 <SEP> / <SEP> 1
<tb> Monomyristine <SEP> 199 <SEP> / <SEP> 1 <SEP>
<tb> Monopalmitine <SEP> 211 <SEP> / <SEP> 1
<tb> Monooléine <SEP> 186 <SEP> / <SEP> 0,2
<tb> Monostéarine <SEP> 190 <SEP> / <SEP> 0,2
<tb>
Dans le cas du monoglycéride de l'acide laurique, on a besoin environ de 12,5 fois la quantité de glycérine. De cette constatation, il ressort la conséquence inéluctable que, au cours des procédés connus, pour autant qu'on distille un excédent de glycérine à partir du mélange de rées- térification, on n'a pas atteint la production de monoglycéride par distil- lation avec vapeur de glycérine comme support.
Il n'est toutefois pas toujours nécessaire de maintenir des excé- dents aussi grands de glycérine au cours de la distillation avec vapeur de support dans la cornue de distillation: on peut aussi travailler avec des quantités plus minimes, lorsqu'on ramène, dans la cornue de distillation, à l'état de vapeur ou de liquide, la glycérine qui se sépare d'avec le mo- noglycéride après la condensation des vapeurs entraînées de glycérine et de monoglycéride. Dans ce cas, le rapport en poids glycérine: ester d'acide gras, dans la cornue de distillation, peut être égale au moins à 1 : 1, et être de préférence de 2 : 1 à 8 : 1.
Dans la forme de réalisation décrite jusqu'à présent du procédé nouvellement développé, la glycérine et le monoglycéride distillent dans le même rapport que celui existant entre leurs pressions de vapeur. On peut maintenant augmenter le rendement de la distillation, c'est-à-dire la quan- tité de monoglycéride entrainée pour une même quantité de,,vapeur de glycérine, en travaillant avec de la vapeur de glycérine surchauffée.Si l'on produit la vapeur de glycérine séparément, on peut amener celle-ci, dans des surchauf= feurs de vapeur connus, à la température désirée, puis l'utiliser à entraî- ner le monoglycéride.
Une forme de mise en oeuvre, bien appropriée au but décrit ici, du mode de travail avec de la vapeur de support surchauffée consiste en ce qu'on charge la cornue de distillation additionnellement avec une quantité de polyglycérine telle que la température de cornue nécessaire à la distil- lation du mélange de monoglycéride et de glycérine soit supérieure au point d'ébullition de la glycérine pour la pression considérée. En principe, on peut aussi naturellement utiliser, à la place de polyglycérine, tout autre liquide inerte ne distillant pas dans ces conditions, par exemple un poly- éther obtenu à partir d'alcools polyvalents qui contiennent, par exemple, 2 à 5 atomes de carbone dans la molécule.
On peut utiliser, par exemple, des polyglycols supérieurs, des éthers polyglycoliques supérieurs d'alcools gras, etc . Les polyglycérines sont particulièrement appropriées à ce but, parce qu'elles sont miscibles à la glycérine et qu'elles peuvent être récu- pérées, au cours d'un traitement ultérieur de la glycérine utilisée pour la distillation, de la manière ordinaire dans d'obtention de glycérine pure à partir de glycérine brute. En outre, elles ne subissent pas de réaction se- condaires indésirables.
Si l'on charge, par exemple, une cornue de distillation d'un mé- lange de parties égales de polyglycérine et de glycérine avec de la graisse
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à réestérifier, un catalyseur et un émulsifiant, on atteint une surchauffe d'environ 20 pour un vide de 8 mm Hg. Si le monoglycéride à distiller est le monoglycéride de l'acide stéarique, il passe alors avec un rapport en poids égal environ à 1 : 40 avec la vapeur de glycérine, tandis que ce rapport est égal à environ 1 : 50 pour une distillation sans surchauffe de la vapeur de glycérineo
La surchauffe de la vapeur par addition de polyglycérine ne peut pas être poussée arbitrairement loin parce que la quantité de glycérine présente dans la cornue décroît avec une surchauffe croissante de la vapeur de glycérine.
Or, une certaine quantité de glycérine est nécessaire pour empêcher une décomposition du monoglycéride au cours de la distillation. Le rapport en poids de la glycérine libre au monoglycéride dans le distillat doit être au moins égal à 3 : 1 dans ce mode opératoire. Le rapport en poids polyglycérine,:glycérine peut varier suivant la longueur de chaîne de l'aci- de gras de la graisse utilisée entre 20 : et 80 : Dans le mode de mise en oeuvre dans lequel, dans la matière à distiller, la réestérification de la graisse en monoglycéride à lieu simul- tanément, il se forme, en présence, de polyglycérines, évidemment aussi des esters partiels d'acides gras de polyglycérines.
Mais la formation désirée de monoglycéride n'est pas gênée du fait que, dans la mesure où le monogly- céride distille, il se forme aussi ensuite du monoglycéride à partir de l'ester partiel de polyglycérine et de glycérine.
La mise en oeuvre du procédé objet de l'invention, en ramenant la glycérine condensée et à séparer du monoglycéride, est possible, par exemple dans l'appareillage représenté, dans lequel aussi ont été réalisés les exemples décrits ici. Le ballon 1 sert de vase de réaction ou de distil- . lation; il est muni de deux raccords 2 et 3 par lesquels on peut introduire, au besoin, des capillaires d'ébullition, des thermomètres ou les substances à faire réagir l'une sur l'autre. Le ballon 1 est relié par un bouchon à l'émeri 4 au tube de vapeur ascendant 5.
Ce tube peut être rempli partiellement ou complètement de matière de remplis- sage qui sert simplement à retenir les fractions liquides entraînées du contenu du ballon. Comme une séparation ne doit pas avoir lieu dans ce tube, il doit être bien isolé, ou même chauffé, afin qu'il ne se produise pas de retour dans le tube. Le tube 5 se rend dans le réfrigérant descendant 6, dans lequel les gaz sont condensés et sont amenés dans le récipient qui se compose du ballon supérieur pyriforme 7 et du tube 8 qui lui est fixé en-dessous. Au ballon pyriforme sont fixés le tube de raccord 9 pour le vide et un trop-plein 10 avec robinet 11. Dans le ballon 7 débouche le tube du réfrigérant 6 ; au-dessous de l'extrémité du tube est monté l'entonnoir collecteur 12.
Le tube de l'entonnoir collecteur 12 se prolonge par une baguette de verre 13, qui est entourée d'une spirale de verre 14 et repose dans le tube 8. Au point de raccordement entre le tube de l'entonnoir col- lecteur 12 et de la baguette de verre 13, on a prévu un orifice 15. Les va- peurs de glycérine porduites dans le ballon 1 et chargées de monoglycéride montent dans le tube 5, sont condensées dans le réfrigérant ascendant 6, parviennent au récipient 7 sous forme de mélange de glycérine liquide et de monoglycéride dans l'entonnoir 12 et s'écoulent, par l'orifice 15, dans le tube 8, que l'on a rempli auparavant de préférence, complètement ou partiel- lement, e glycérine.
En ce point, la glycérine et'le monoglycéride se sé- parent; la couche de monoglycéride monte dans le tune 8 et dans le ballon 7 assez haut pour qu'elle puisse être évacuée par le trop-plein 10 dans un ré- cipient à vide. Le tube 8 se rend à son extrémité inférieure dans le conduit de retour 16 de la glycérine, dont la partie 16a-16c, en forme de siphon, porte un robinet d'évacuation 17 et sur la partie de trop-plein 16d duquel
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est monté un robinet 18, à l'aide duquel la quantité de glycérine recyclée est réglée.
La partie de trop-plein 16d retourne dans le tube de vapeur ascendant 5 et se termine à sa partie inférieure comme morceau de tube ouvert en bas 16e,
Le procédé, objet de l'invention, peut être réalisé dans cet appareil en continu ou en discontinu, en exécutant dans le ballon 1 tout d'abord la réestérification et ensuite en distillant le monoglycéride avec recyclage de la glycérine. Mais on peut aussi effectuer la réestérifica- tion de l'ester d'acide gras avec la glycérine dans un autre récipient t introduire le produit de réaction qui y a été obtenu, en continu ou par charge, dans le ballon 1, la séparation du monoglycéride s'effectuant égale- ment en continu ou par charge.
Il est particulièrement avantageux d'intro- duire dans le ballon 1 les esters d'acide gras, la glycérine et les cata- lyseurs, et d'entraîner le monoglycéride au moment où il se forme.
Si l'on traite des esters d'acides gras d'alcools, qui possèdent un point d'ébullition inférieur à celui de la glycérine, les alcools libres formés au cours de la réestérification se distillent conjointement et on peut alors aspirer, par condensation fractionnée, les alcools sous forme de vapeur par le conduit de vide 9 dans le réfrigérant 6 et, si on le désire, les condenser. Le procédé décrit n'est pas lié à une cornue comme vase de distillation. et' de réaction. Il peut aussi être réalisé, dans tous les appareillages usuels et connus pour les pressions comprises entre 0,1 et
20 mm Hg en vue de la distillation.
Il s'est révélé que les couches de monoglycérides et de glycérine se séparant dans le récipient contiennent encore de petites quantités de glycérine ou de monoglycérides. On peut éliminer la glycérine hors des mo- noglycérides lorsqu'on lave des monoglycérides bruts avec de l'eau, mais de préférence avec des solutions de sels , ou qu'on la sépare d'après d'autres procédés connus.
Mais on peut aussi favoriser la séparation de la glycérine d'avec le monoglyoéride en faisant passer le condensat à travers un agent d'extrac- tion, qui dissout notamment le monoglycéride, mais pas la glycérine. Dans ce but, conviennent les hydrocarbures ou les combinaisons organiques polaires: par exemple, les alcools, les éthers, les esters, les cétones ou les ni- triles,- de préférence ceux qui entrent en ébullition à une température infé- rieure au moins de 20# et de préférence jusqu'à 100 à celle où bout le monoglycéride considéré, de manière à pouvoir les séparer facilement par distillation du monoglycéride qui y est dissous. Le diacétone -alcool s'est révélé particulièrement utilisable.
- Exemple 1.
On utilise l'appareillage représenté sur la figure dont le ballon
1 est muni d'un capillaire à ébullition, d'un thermomètre et d'un entonnoir à robinet. Dans l'appareillage vidé d'air, on aspire tout d'abord par le tube
10 suffisamment de glycérine pour qu'elle ait rempli complètement le tube
16c. Puis on aspire du diacétone-alcool assez longtemps pour que la couche- limite entre le àiacétone-alcool et la glycérine se trouve quelque peu au- dessus du raccord entre les tubes 8 et 16c. La glycérine chassée hors du tube 8 s'écoule par le robinet 18 et les parties de tube 16d et 16e dans le ballon 1. Dans ce ballon, on introduit un mélange de 150 g de glycérine, de
100 g de monoglycéride et de 1 g d'oxyde de zinc.
Puis on chauffe, sous une pression de 5 mm hg et à une température de 165 environ, un mélange de va- peur de glycérine et de monoglycéride qui passe et est condensé dans le ré- frigérant 6. On ajoute ensuite goutte à goutte, en 8 heures, 300 g d'huile de coco (indice d'acide = 0,2; indice de saponification = 256; indice d'iode
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= 8,0) et 150 g de glycérine. La réestérification a lieu dans le ballon et le monoglycéride formé est entraîné avec la vapeur.de glycérine. Le conden- sat parvenant dans l'entonnoir collecteur 12 sort par l'orifice 15 du tune d'entonnoir et s'écoule le long de la spirale de verre 14 à travers la cou- che de solvant où la glycérine est débarrassée du monoglycéride et revient par le tube 16 dans le ballon.
Après que le liquide d'extraction a atteint une teneur en monoglycéride égale à 20% environ, on ferme le robinet 18, on aspire, sous le vide se trouvant dans l'appareil de la glycérine en 17, et on fait couler le solvant par le robinet 11 dans un récipient à vide.
Dès que tout le solvant contenant le monoglycéride a été chassé on aspire du solvant frais par le robinet 11 et on expulse à nouveau, par le robinet
17,la glycérine utilisée pour chasser le solvant. Dès que le solvant a at- teint son ancien état, on ferme les robinets 11 et 17 et on ouvre le robi- net 18.
On évapore, sous vide, hors du mélange de monoglycéride et diacé- tone-alcool, le solvant à des températures supérieures à 140 ; on chasse les dernières traces par traitement à la vapeur d'eau surchauffée.
On obtient ainsi, à partir de 300 g d'ester d'acide gras, 430 g de monpglycéride (sans le monoglycéride ajouté préalablement) avec les carac- téristiques suivantes : indice d'acide = 3; indice de saponification: 196; indice d'iode: 1,8.
Exemple 2 -
On remplit le ballon 1 de 400 g de glycérine, de 100 g d'un pro- duit de réaction de 1 mol. d'alcool laurique et de 8 mol. d'oxyde d'éthy- lène avec 1 g d'oxyde de calcium,. On remplit de glycérine le tube 8 et le conduit de retour de glycérine 16. On fait le vide jusqu'à 10 mm. Hg envi- ron et on chauffe suffisamment longtemps pour que la glycérine distille à 1760 environ. Puis on introduit goutte à goutte, à partir de l'entonnoir à robinet lentement 300 g/h d'huile de coco (indice d'acide (2) et environ 100 g/h de glycérine pour remplacer la glycérine utilisée au cours de la réestérification.
Pendant l'opération, il se forme dans le récipient 7 et dans le tube 8 une couche de mono glycéride, que l'on enlève de temps en temps de l'appareil, comme on l'a décrit à l'exemple 1 et qu'on remplace partiellement par de la glycérine.
Le monoglycéride retiré du récipient 7 contient environ 20% de glycérine.
Une fois la réaction terminée, en vue d'éliminer la glycérine, on fait passer à une température d'environ 160 ,pendant 3 heures, de la vapeur d'eau surchauffée à travers le produit de réaction. La plus grande partie de la glycérine distille. Une fraction minime de chacun des monoglycérides de l'acide caproique et de l'acide oaprylique présents dans le mélange distil- lent aussi. Le produit restant contient encore 3% environ de glycérine li- bre et a un indice de saponification égale à 186 et un indice d'acide égale à 2,3.
Exemple 3.
Dans une installation de distillation par le vide munie d'une cor- nue de distillation, d'un réfrigérant, d'un récipient de séparation, d'un pré- chauffeur et d'un récipient pour le monoglyoéride, on fait réagir, dans la cornue de distillation contenant 5 m3, un mélange de 1,6 kg de polyglycérine (indice d'hydroxyle =- 1245), de 500 kg de graisse de coco neutre, de 900 kg de glycérine (poids spécifique 1, 263-1,2645), de 100 kg de monoglycéride d'acide gras de coco omme émulsifiant et 10 kg d'oxyde de zinc à 180 et on distille sous un vide de 10 mm Hg.
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Après une durée de démarrage de 1 à 2 heures, dans les condi- tions indiquées, un mélange de 9 parties de glycérine et de 1 partie de monoglycéride d'acide gras de coco distille. Dans le récipient de sépara- tion monté au delà du réfrigérant, le mélange de glycérine et de monogly- céride se sépare, à une température comprise entre 80 et 130 , en deux couches, la couche inférieure contenant la glycérine et la couche supérieure, le monoglycéride. La glycérine s'écoule en retour à partir du récipient de séparation continuellement dans la cornue de distillation et le monoglycé- ride s'écoule dans le récipient monté en aval pour le monoglycéride, d'au il peut être retiré séparément, sans interrompre la distillation.
Suivant la quantité de monoglycéride distillée, on aspire, dans la cornue de dis- tillation, de la graisse neutre et de la glycérine, afin que le rapport en quantité, introduit primitivement, des participants à la réaction soit maintenu pendant la distillation. Le monoglycéride obtenu est alors débar- rassé( de la glycérine qui y est disssoute et des petites fractions d'acide gras libre. On obtient une substance incolore et inodore, graisseuse, ayant un indice de saponification compris entre 193 et 195 et possédant les pro- priétés émulsifiantes connues.