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Procédé de production de photographies et de copies à valeur chromatique corrigée.
Tout récemment, on en est arrivé de plus en plus dans la pratique de la photographie de reproduction, en particulier en héliogravure, à employer les films positifs dits directs, con- nus depuis longtemps mais jusqu'ici recommandés et utilisés seulement pour les applications de copie, comme matériels de prise de vue dans la caméra de reproduction. Dans l'emploi de ces matériels on sait qu'après exposition et développement on obtient directement, c'est-à-dire sans processus intermédiaire, une image positive à partir d'un modèle positif. Il est mani- feste que par cette voie, comparativement au procédé dit néga- tif-positif, on réalise non seulement une économie de matériel sensible à la lumière, mais aussi de main-d'oeuvre et de temps.
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L'emploi de ces matériels de copie à travail positif direct pour la prise de vue fait apparaitre toutefois un grand défaut fondamental de ces émulsions. Etant donné notamment que les modèles à reproduire varient quant à leur étendue de con- traste dans les plus larges limites, le matériel de prise de vue doit pouvoir être de même influencé par le traitement, en particulier le développement, dans les limites de gradation les plus étendues, sans que se produisent des défauts dans le rendu des valeurs chromatiques.
Ceci toutefois, par suite de la nature propre de ces émulsions, n'est pas le cas ; ils ne sont pas développables à une courbe de noircissement suffisam- ment plate pour la pratique rectiligne jusque dans les ombres; cette courbe notamment s'infléchit prématurément, à savoir un peu en-dessous du noircissement 1,8, en une courbe horizontale.
La conséquence en est une différenciation défectueuse de la valeur chromatique dans les ombres, voire leur perte complète.
Dans ce cas n'est plus utile que la retouche à la main. De ce fait on perd de nouveau l'économie de temps et de main-d'oeuvre réalisée à la prise de vue.
On vient de découvrir présentement que l'on peut éliminer ce défaut lorsque pour la préparation d'un diapositif (négatif) corrigé concernant les valeurs chromatiques, en particulier les ombres (lumières), étant parti en l'occurrence d'un modèle posi- tif (négatif) à examiner par réflection ou transparence, par prise de vue photographique ou par copie, on produit et combine ' l'image demi-ton défectueuse quant à une ou plusieurs espèces de valeurs chromatiques et la ou les images de correctrices pour au moins une espèce des valeurs chromatiques à corriger, c'est-à-dire .les masques de valeurs chromatiques, successivement ou simultanément dans le temps, avec utilisation chaque fois d'une couche sensible à la lumière directement positive.
En l'occurrence on peut employer, pour la préparation de
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l'image demi-ton nécessitant une correction et d'au soins un masque de valeur chromatique, des couches sensibles à la lumière chacune sur un support. Avantageusement on applique toutefois ces couches sensibles à la lumière sur un ou les deux côtés d'un support. Suivant la présente invention on dispose deux cou- ches sensibles à la lumière à travail positif direct, une pour la production de l'image à corriger (couche demi-ton), l'autre pour la production du masque des ombres (couche masquante), sur un support commun, en l'occurrence la couche masquante présen- tant une sensibilité plus grande que la couche demi-ton.
Pour la plupart des cas de la pratique convient un matériel dont l'écart de sensibilité entre couche demi-ton et couche masquante se situe dans l'intervalle des valeurs de 5 à 100, de préférence;. dans l'intervalle de 20 à 80. Tenant compte de la diversité de l'étendue du noircissement des modèles à reproduire, par exemple. des modèles à examiner par réflection, on a trouvé comme bonne valeur moyenne que la couche masquante soit 25 fois aussi sensi- ble que ia couche demi-ton, les deux étant mesurées au noircis- sement de 0,3 au-delà du voile, exposées avec de la lumière blanche (lumière d'arc), les deux couches étant en association de couches.
Toutefois les valeurs indiquées ne doivent être considérées que comme des valeurs directrices ; d'autres modèles, par exemple avec étendue de noircissement extrêmement petit ou grand, une autre situation relative de sensibilité de la couche masquante envers la couche demi-ton pourra être plus favorable.
La gradation de la couche demi-ton, comme toutes les grada- tions de pareilles couches, se situe en-dessous de #= 2 ; la gradation de la couche masquante en principe n'est liée à aucune condition; de préférence on la choisit égale à double de la gra- dation demi-ton, mais cependant des gradations plus basses con- duisent aussi déjà à des améliorations des valeurs chromatiques :
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dans les ombres.
On montre à titre d'exemple dans la figure 1 la constitu- tion sensitométrique d'un matériel selon l'invention. La courbe de noircissement du matériel selon l'invention est désignée par Z (ligne en trait plein). On remarque dans les parties des ombres un peu au dessus du noircissement 1,0 l'accroissement sensiblement linéaire recherché. Les courbes partielles H et M représentent les courbes en noir et blanc de la couche demi-ton et de la couche masquante, isolément ; l'étendue désignée par A représente l'écart de sensibilité du masque relativement à la couche demi-ton. Il s'élève ici à 1,1 en unités logarithmiques, c'est-à-dire que le masque est ici environ 12,5 fois aussi sen- sible que la couche demi-ton. La gradation de la couche demi- ton s'élève ici à 1,0, celle du masque à 3,5, mesure faite à l'endroit le plus raide.
La constitution de base décrite et les autres propriétés du matériel sont adaptables à une conformation très variable et à ce point de vue ne sont pas sujette à une limitation.
Pour ce qui concerne la sensibilité spectrale des deux cou- ches individuelles, ces dernières peuvent être absolument iden- tiques, mais cependant aussi différentes. Si les deux couches sont sensibles pour des régions partielles différentes du spec- tre, on peut modifier par l'emploi d'une lumière adéquatement colorée, au moment de la prise de vue, l'écart de sensibilité entre couche demi-ton et couche masquante de manière définie, et l'adapter par conséquent aux modèles de reproduction les plus divers en ce qui concerne l'étendue du contraste.
Une forme de réalisation préférée à ce point de vue est représentée par un matériel sensible à la lumière dont la couche ! masquante est sensibilisée orthochromatiquement, et dont la couche demi-ton par contre n'est sensibilisée qu'au bleu. Par exposition avec un filtre jaune rigoureux (par exemple le
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Reproauszugsfilter 4 Agfa), seule la couche masquante ortho- chromatique est intéressée et par contre la couche sensible au bleu est exclue et demeure non exposée, alors qu'en cas d'expo- sition avec un filtre bleu rigoureux, par exemple le Reproaus- zugsfilter 552 L Agfa, la couche sensible au bleu est de préfé- rence intéressée.
En cas d'exposition avec les deux espèces de lumière, simultanément ou successivement dans le temps, on peut ! par conséquent, suivant la participation des deux espèces de lumière, influencer d'une manière quelconque la couche mas- quante relativement à la couche demi-ton entre les deux cas évoqués, et l'adapter ainsi au caractère des modèles à repro- duire.
Evidemment les deux couches d'émulsion individuelles peu- vent aussi être sensibilisées identiquement ou du moins pour les mêmes parties du spectre; par exemple les deux émulsions peuvent n'être sensibilisées au bleu, ou bien l'être orthochro- matiquement ou encore panchromatiquement. Alors la possibilité d'exercer une influence par la couleur de la lumière n'existe plus ou n'existe du moins plus que dans une mesure limitée, ce qui fait que par cette voie on peut créer des matériels qui, également dans l'emploi de sources de lumière de prise de vue variables, par exemple de la lumière incandescente, de la lumiè-' re d'arc, de la lumière au mercure, de la lumière composite, etc, montrent toujours la même caractéristique de courbe de noircissement.
En outre on a ainsi la possibilité, en cas de sensibili sation panchromatique des deux couches individuelles, de produi- re des matériels à valeur chromatique corrigée et à travail posi- tif direct pour l'obtention de tirés en couleur, par exemple des films de tirés en couleur, en particulier des films de tirés en couleur avec meilleure représentation des ombres ou des lumières.
La disposition des deux couches sur le support commun est possible de manière très diverse : bien des deux côtés du
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support, la couche masquante pour des raisons de netteté se trouvant de préférence sur le côté arrière et le support étant un film mince avec une épaisseur inférieure à 0,2 mm, ou bien aussi sur le même côté du support, la couche plus raide pour le masque se trouvant de préférence sur le côté supérieur pour pouvoir l'influencer par des affaiblisseurs Parmer.
De même, il n'est pas non plus absolument nécessaire que l'émulsion demi-ton et l'émulsion masquante soient placées dans des couches distinctes sur le support commun. On peut aussi les réunir en une seule émulsion, par exemple en une émulsion mixte; comme on le sait il est même possible en l'occurrence qu'elles conservent leur sensibilité spectrale spécifique, pro- duite d'avance par addition de sensibilisateurs appropriés, ce qui fait que, même après application sous forme de couche ur.ique sur le support, elles répondent encore spécifiquement à de la couleur de lumière différente, soit de préférence l'émulsion masquante, ou l'émulsion demi-ton.
L'idée inventive n'est pas non plus limitée au cas traité en détail plus haut et donné à titre d'exemple de la combinaison d'une image nécessitant une correction des valeurs chromatiques avec un masque d'ombres. Elle est applicable d'une manière abso- lument générale à la combinaison d'un masque de valeur chromati- que quelconque et d'une image à corriger qui sont obtenues sui- vant l'invention par le procédé positif direct, que ce soit sur deux supports séparés ou sur un support commun.
Parmi les possibilités les plus diverses de cette nature, le cas du masque des lumières mérite aussi d'être évoqué à cause de son importance dans la pratique. En l'occurrence on applique sur le support de couches en cas d'un matériel à deux couches, au lieu de la couche décriée plus haut pour le masque des ombres, une couche de masquage des lumières. Cette couche, qui naturelle- ment doit être de nouveau une couche sensible à la lumière à
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travail positif, a la caractéristique de noircissement représen- tée dans la figure 2 en M. Elle monte de manière relativement raide dans les lumières au dessus du voile, en l'occurrence la courbe de noircissement étant toujours plus plate et s'appro- chant de plus en plus d'une parallèle à l'abscisse horizontale.
Comme on le sait ces courbes de noircissement sont réalisées par des émulsions dures, c'est-à-dire riches en argent, qui doi- vent toutefois être appliquées en une couche très mince. L'ap- plication mince sert à ce que, même lors d'un développement poussé d'une telle couche, on ne franchisse pas un noircissement maximum, tandis que la dureté produit l'accroissement plus raide nécessaire dans les nuances grises les plus claires. La seconde de ces deux couches, la couche demi-ton, présente la courbe de noircissement désignée par H dans la figure 2. La combinaison des deux couches du film à deux couches est représentée par la courbe de noircissement désignée par Z, laquelle laisse voir nettement dans les lumières l'accroissement de raideur par rap- port aux nuances moyennes et profondes.
Cette forme de réalisation de l'invention peut aussi pré- senter la même diversité de formes quant à la disposition des couches, à la sensibilisation, etc, que dans le cas indiqué pré- cédemment pour le masquage des ombres selon l'invention.
En outre l'invention n'est pas limitée au cas où il n'y a à corriger qu'une espèce des valeurs chromatiques, par exemple uniquement les lumières ou uniquement les ombres ; peut aussi porter simultanément sur plusieurs valeurs chromati- ques. Pour la pratique, le cas de la correction simultanée des lumières et des ombres est le plus important. Ceci est possible dans le cas le plus simple avec des couches individuelles cor- respondantes, chacune sur un support séparé, une pour l'image demi-ton, une pour le masque des lumières et une pour le masque des ombres.
Dans un mode amélioré on obtient le même effet avec un matériel sensible à la lumière à deux couches, constitué de
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manière à ce qu'une couche soit une émulsion mixte du genre décrit plus haut, dans laquelle on obtient par exemple l'image demi-ton et le masque des ombres, tandis que la seconde émul- sion est simplement établie pour la production du masque des lumières. Naturellement l'émulsion mixte peut aussi consister en le mélange d'émulsion de l'image demi-ton et de masque des lumières; en l'occurrence la troisième des trois émulsions étant chaque fois appliquée comme seconde couche sur le film à deux couches.
Finalement les deux couches du film à deux couches peuvent consister en une émulsion mixte ; ce fait la correction de l'image demi-ton à valeur chromatique*fausse est possible par trois espèces différentes de masques de valeur chromatique.
Les images demi-ton obtenues suivant le procédé de l'inven- tion ou sur le matériel selon l'invention peuvent alors être employées par la suite de manière connue. Elles servent par exemple directement en héliogravure comme modèle de copie dans la préparation de la copie sur papier pigmenté. Dans les autres modes d'impression elles constituent le modèle pour la prépara- tion d'images tramées autotypiques qui, de manière connue, sont obtenues en intercalant une trame lignée ou encore une trame de contact.
Les images demi-ton selon l'invention peuvent cependant aussi être prises ou copiées à nouveau sur un matériel sensible à la lumière selon la présente invention. En l'occurrence le matériel pour copier peut être exactement le même que celui employé pour la préparation du modèle de copie, ou bien il peut convenir, avec une autre constitution quant à la disposition des couches, à la sensibilité spectrale, tout au moins pour la correction de la même espèce des valeurs chromatiques. Par exemple peut servir aussi bien pour la préparation du modèle à copier que pour la copie de ce modèle un matériel selon l'inven-
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tion qui ne corrige que les valeurs chromatiques dans les ombres.
Mais, on utilise avantageusement pour la préparation du modèle à copier et pour la copie à en tirer deux matériels dont la correction se rapporte à deux ou plusieurs espèces différen- tes de valeurs chromatiques. Le cas de ce genre le plus impor- tant est celui où le matériel employé pour la prise de vue cor- rige les lumières et par contre le matériel pour copier corrige les ombres, ou bien l'inverse, de manière à ce que la copie finale soit correcte en valeurs chromatiques aussi bien dans les ombres que dans les lumières.
Suivant les règles de la pratique, pour des raisons de reproduction nette, on appliquera lors de la copie la couche demi-ton du modèle à copier contre la couche demi-ton du matériel pour copier, mais, pour des ap- plications déterminées, par exemple la copie latéralement exac- te, il peut être nécessaire aussi que la copie soit faite à travers le côté arrière du modèle à copier ou aussi du matériel pour copier, en facilitant en l'occurrence le maintien de la netteté de l'image par l'emploi d'un support de couches aussi mince que possible.
Lors de l'exécution de la copie on peut évidemment employer les mêmes moyens pour la modification de l'écart de sensibilité de l'émulsion demi-ton et de l'émulsion masquante que dans la prise de vue ou dans la copie optique, en particulier aussi une lumière de copie colorée lors de la copie sur un matériel dont l'émulsiôn demi-ton et l'émulsion masquante répondent différem- ment à des espèces de lumière différentes.
Il est évident que l'on peut exécuter le procédé selon l'invention également de manière à exposer l'image nécessitant une correction et le masque de valeurs chromatiques, par exemple le masque des ombres, chacun sur une couche sensible à la lumiè- re à travail direct positif qui se trouve sur des supports
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séparés.
En l'occurrence on peut réaliser l'idée inventive par exemple en prenant ou copiant l'image à corriger et le masque des ombres successivement par un processus photographique essen- tiellement le même, par exemple en caméra de reproduction ou en appareil de copie, chacun sur un morceau du matériel connu en soi et pourvu de couches sensibles à la lumière à travail posi- tif ; en l'occurrence on expose le masque des ombres jusqu'à ce que le masque, après traitement photographique, ne présente plus de noircissement que dans les ombres et soit pratiquement transparent toutefois dans toutes les parties plus claires de l'image. Comme on le sait un tel masque présente un noircisse- ment maximum de quelques dixièmes, généralement non supérieur à 0,5.
Pour la préparation des deux images citées on peut uti- liser un matériel sensible à la lumière à travail positif, identique ou différent. Les deux images donnent alors, en combi- naison convenablement repérée, le dispositif corrigé dans les ombres. Cette voie, par rapport aux formes de réalisation don- nées plus haut, présente certains inconvénients, parce qu'elle exige deux prises de vue photographiques qui doivent être combi- nées avec repérage correct, ce qui représente encore un certain besoin de temps et de matériel et ne permet qu'une sûreté limi- tée du mode opératoire avec repéreur, si bien qu'il peut se produire une baisse de qualité. En outre des difficultés techni- ques peuvent surgir du fait que les deux films doivent être superposés exactement.
Mais en principe cette voie conduit au même résultat technique que celui obtenu avec le matériel dé- crit plus haut à deux ou plusieurs couches.
REVENDICATIONS.
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