Dispositif de tournage mécanique continu des pâtons dans la boulangerie. Le procédé manuel selon lequel travaille l'ouvrier boulanger pour le tournage des pâ- 1 ons en. les formes les plus diverses est cer tainement le fruU d'une longue expérience, et il doit par suite être considéré comme le plus approprié à, fournir les meilleurs résul tats.
Par conséquent, si l'on veut qu'un pro cédé mécanique aboutisse à ces mêmes résul tats, il faut que celui-ci se rapproche le plus possible du premier, c'est-à-dire il faut que les organes de machine qui l'effectuent, af fectent la même forme et le même mouve ment qu'affectent, dans le procédé manuel, les mains de l'ouvrier boulanger. Mais en fait, ce principe si simple et pourtant si fon- darnental, aucune des machines en usage ne l'a ,jusqu'à présent respecté, et c'est pour cela que les résultats fournis par ces machines ne donnent guère satisfaction aux boulangers qui les emploient.
Car il ne suffit pas d'ob tenir l'hygiène et la. rapidité de production qui sont propres aux moyens mécaniques, mais encore faut-il que ce résultat ne soit pas obtenu. aux dépens de la qualité du produit et, bien au contraire, ces deux points doi vent attirer en une mesure égale l'attention du constructeur.
Le dispositif qui constitue l'objet de la présente invention vise précisément à l'ap plication pratique du principe énoncé ci-des sus. Par les organes opérateurs que ce dis positif utilise, organes qui ont des mouve ments spéciaux qui leur sont caractéristiques, le but imposé est atteint, et, par l'entremise de ces organes, la machine effectue exacte ment le même travail que celui effectué par la main de l'ouvrier.
Dans le dessin annexé, Les fig. 1 et 2 illustrent le procédé ma nuel; Les fig. 3 à 6 montrent en différentes vues un exemple d'exécution du dispositif faisant l'objet de l'invention; Les fig. 7 à loâ expliquént le fonction nement de ces organes; Les fig. 11 à 14 représentent un exemple d'exécution d'un dispositif de tournage com- plet suivant l'invention et quelques-uns de ses détails.
Si l'on observe attentivement la façon de procéder de l'ouvrier pendant: l'opération de tournage, on note qu'il n'imprime jamais aux pâtons la, forme définitive, sans en avoir d'a, bord plus ou moins longuement et d'une ma nière convenable manipulé la. pâte; et si l'on recherche le but de cette manipulation, on le retrouve dans le fait que, après, celle-ci, la couche superficielle des pâtons est tendue et enserre la pâte comme dans une gaine élastique, dont l'effet est de donner aux pains mêmes une élasticité et une résistance parti culière, telles que si môme les pains sont li- brements abandonnés à eux-mêmes, ils. ne s'affaissent ni ne se relâchent aucunement.
Bien mieux, et c'est même là une qualité ca ractéristique des pains qui ont été tournés à la main, ces pains se comportent comme s'ils étaient en gomme, c'est-à-dire qu'ils aplanis sent rapidement toute empreinte accidentelle qui serait opérée à leur surface.
Cette manipulation préparatoire dont dé pend la, qualité du produit consiste en la répétition sur chaque élément, plusieurs fois radialement en tous sens, d'une double opération : 1o, un étirage de la pâte sur la table, sorte de laminage que l'ouvrier effectue comme indiqué par la fig. 1, c'est-à-dire avec la base charnue (le la paume, la, main .étant tenue ouverte pendant tout un mouvement d'aller selon la flèche 3;
et successivement, 2e, un réunis sage de la même pâte, sorte d'enroulement que l'ouvrier effectue avec la. même main comme indiqué par la fi-. 2, c'est-à-dire avec les doigts repliés et la main mi-ouverte pen- dans tout un mouvement de retour selon la flèche B. De cette façon, en effet, et en rai son de ce que cette double opération est ef fectuée plusieurs fois radialement dans toutes les directions, la pâte est foulée et enroulée sur elle-même suivant une sorte de spirale.
Cette manipulation provoque dans le gluten et spécialement dans la couche superficielle une certaine tension qui tend à enserrer la pâte comme dans une enveloppe élastique et par sa nature même à. lui donner une forme sphérique qu'elle reprend après chaque effort déformant accidentel survenant à l'extérieur.
Ce n'est précisément que l'opération pré paratoire manuelle décrite et analysée ci- dessus, que l'objet de la présente invention rend mécanique; des opérations qui viennent après, la. présente invention ne s'occupe pas, étant donné que son but n'est pas celui de tour ner les pains en leur forme définitive, mais bien celui de les préparer et de les rendre aptes à. recevoir efficacement ce modelage définitif:
ce dernier pourra, être effectué par l'une quel conque des modellatrices en usage, lesquelles <I>n</I> yen de rouleaux <B><I>î</I></B> acissent notoirement au mo profilés, sous lesquels les pâtons sont con duits par des tapis roulants sans fin.
Tou tefois, à titre d'exemple d'application, une machine à. tourner complète est également dé crite ci-après, c'est-à-dire une machine ca pable d'effectuer le modelage ou tournage total: mais il reste bien entendu que les or ganes qui .effectuent ce dernier modelage Ntwrront varier n'importe comment et même être enlevés, sans que pour cela. l'objet de l'invention ait à. subir aucune atteinte dans son essences laquelle - ré@étons,le - se rapporte uniquement à l'opération prépara toire.
Exception est évidemment .à faire pour les pains de forme sphéroïdale, puisque l'objet de l'invention est déjà à même (le les fournir finis en telle forme, et que ces pains ne requièrent aucune autre opération subsé- quente.
Dans le dispositif décrit, le tournage pré liminaire analysé ci-dessus est effectué comme dans le procédé manuel par le travail simultané de deux parois entre lesquelles chaque pâton est introduit, et ayant chacune une forme et un mouvement particuliers. De ces deux parois (fig. 7), l'une est un plan ri gide 1, qui remplace la table, et l'autre est une espèce de longue tuile 2, qui remplace la main de l'ouvrier. Pour obtenir un travail continu, on imprime au plan 1 ou mieux à un tapis roulant sans fin se déplaçant sur ce plan un mouvement -de translation continu qui entraine les pâtons dans le sens de la flèche C.
Dans le même but., la tuile 2 est façonnée de manière à constituer non pas une sculc, mais bien une succession de mains qui reprennent l'une- après l'autre successivement, chaque pâton pour le former. Enfin, pour re produire le va-et-vient de la. main qui étire et enroule la. pâte et pour faire varier conti nuellement l'orientation du pâton afin que la pâte soit refoulée en elle-même suivant une sorte de spirale, on imprime à, la tuile un mouvement circulaire dans son plan qui est parallèle au plan 1.
Pour ce qui concerne le plan 1 et le tapis roulant 3, rien de particulier n'est à rema.r- (luer: le premier est une petite planche or dinaire, et l'autre un anneau de grosse toile (lui court sur deux rouleaux 4 et 4', dont l'un (-t fou et l'autre est moteur; mais pour ce qui eopicerne la tuile 2, sa. forme a une impor tance capitale, ainsi que son mouvement, car c'est à. elle qu'est confiée principalement l'ouvre délicate effectuée par la main.
Selon l'exemple d'exécution représenté en détail par les fi-. 3 à 6 des dessins an nexés. celte tuile 2 a son axe Ion-gitudinal rec- iiligne, et elle présente longitudinalement un(- concavité générale qu'elle tourne vers le Plan l; mais en outre de cela, cette huile est aussi ondulée presque transversalement, de manière à. présenter sur sa. face en regard du plan 1 une succession de saillies oblongues inclinées 5, et pour la. légèreté, une succes sion de creux 6 est; prévue sur le dos de la.
luile même, correspondant aux saillies. Les saillies, qui sont bien visibles dans la. fig 6, de profil, et encore mieux clans les, fig. <B>S</B>et<B>9,</B> ne, s'étendent pas sur toute la, largeur de la, tuile, mai: elles s'arrêtent à. la région centrale de celle-ci, où elle estl plus élevée, de manière à laisser libre une espèce de petite voûte 7.
quant au bord latéral opposé 8, il reste libre et droit, mais il présente une assez brusque orientation verticale vers le plan 1, de ma nière à. ressembler aux doigts de la. main re pliés vers la table côte-à-côte, tandis que les dites saillies 5 ressemblent à, la. base charnue de la, paume de la main; de la. sorte, une par- faite ressemblance des organes opérateurs manuels et mécaniques est obtenue. ainsi que cela. résulte de la comparaison des fig. 8 et 9 respectivement avec les fig. 1 et 2.
Si, maintenant, on associe mentalement à cette forme le mouvement de la, tuile et du plan, on voit que: 10, en partant de la posi tion initiale, fi-.<B>8,</B> et en mouvant la tuile selon la flèche _4' pendant tout le quart de circon férence I, fig. 10a, qui est transversal au tapis 3, la saillie 5 effectuera l'étirage désiré de la pâte E selon les petites flèches indiquées en fig. 8;
20, en partant de la po sition, fig. 9, et en mouvant la. tuile selon la flèche 13' pendant tout l'autre quart de circonférence III, fig. 100, qui est aussi transversal, mais en sens inverse, au tapis 3, le bord replié 8 effectuera l'enroulement dé siré de la. pâte E selon les petites flèches in diquées en fig. 9; enfin, :30, pendant les deux autres quarts de circonférence II et IV, <B><U>fi-.</U></B> 10b et 10a, dans le sens longitudinal du tapis 3, chaque pain sera ultérieurement étiré ou enroulé, et en même temps il sera retourné et il roulera de manière à changer chaque fois son orientation.
11 se peut que, quelquefois, la. pâte es saie de sortir de dessous la tuile, du côté des saillies 5, vers: la fin de l'étirage. Pour éviter cela., chaque saillie s'arrête avant d'atteindre le bord correspondant -de la<B>,</B> tuile; entre cette saillie et ledit bord existe lin petit canal 8', dans lequel la. pâte est retenue en tout cas par le bord correspondant cité de la. tuile. Ce détail est important.
Dans les fig. 3 et 6, un mode de montage et d'actionnement de la, tuile 2 sur le plan 1 est mi-schématiquement représenté. Selon ce mode, la. tuile est munie à ses côtés de quatre saillies 9 et, au moyen de celles-ci. elle est soutenue par quatre petites colonnes 10 qui, en dessous du tapis .3, font corps avec un plateau 11. C'est ce plateau 11 qui reçoit directement le mouvement, et ce par l'effet. de deux petites manivelles 12-l2', dont les axes sont verticaux et qui sont animées de rotations identiques par le jeu de deux cou ples identiques 13-l:3' d'engrenages.
Dans la fig. 11, les organes décrits ci- dessus sont réunis en un ensemble constituant une machine complète; dans celle-ci, les rou leaux 4-4' sont montés avec le plan 1 sur un même cadre 14, lequel à son tour est porté par deux petites colonnes 15-1.5' pouvant glisser verticalement, de manière à ce due le plan 1 puisse être plus ou moins rapproché de la. tuile 2. A cet effet, l'extrémité infé rieure de ces colonnes. est munie de crémail lère, et ces crémaillères, identiques, sont ac tionnées par d'identiques engrenages que l'on meut à la, main très lentement, par des dis positifs de renvoi démultiplicateurs.
La tuile 2 est supportée de la façon déjà, décrite par ,les petites colonnes fixées sur un même pla teau 11 qui est situé en dessous du tapis 8; la, rotation désirée est imprimée à ce plateau par les petites manivelles identiques 12-12' que l'on a déjà décrites, et qui à leur tour sont actionnées par l'arbre moteur 16 moyen nant l'arbre 17 et les couples d'engrenages identiques 13 et 13'. Au rouleau moteur 4.
1e mouvement est également imprimé par l'arbre moteur 16, par l'intermédiaire de couples d'engrenages montés aux extrémités d'un petit arbre vertical ;de üransmission, lequel s'allonge en dépendance de la position du plan 1, ou plutôt de celle du cadre 14.
En sortant de dessous la tuile 2, les pains ainsi préparés tombent sur un deuxième plan 18, fig. 11 et 12, en passant sur un tapis transporteur 19 transversal intermé diaire, lequel est mfi par le même arbre 17 au moyen d'une courroie 20. Sur ce plan fixe 18, qui est disposé à côté et un peu plus bas que le plan 1, glisse dans le sens de la, flè che F un troisième tapis sans fin 21 tour nant sur deux rouleaux dont l'un 22 est mo teur, actionné par l'arbre 16 moyennant un train 23 d'engrenages.
C'est sur ce plan qu'est effectuée la. modellation ou tournée définitive, par l'action de rouleaux profilés de type connu, qui sont superposés à. ce plan, et par l'action d'un plan superposé terminal 24, lequel est chargé à une extrémité de poids 25 et pivote à l'autre extrémité, de façon à céder au passage des pains. Ces der- niers rouleaux de modelage. lorsqu'il y en a, sont montés sur l'arbre 26, actionné par le même rouleau 22 au moyen; de la courroie 27; un type quelconque 28 de ces rouleaux est représenté à la fig. 14; vu d'en haut.
Un saupoudreur 29 de farine est prévu à l'ei,trée de la machine. Les pâtons partent informes de la table antérieure 30 et ils re viennent modelés à celle-ci. Enfin, les mon tants appropriés, reliég entre eux, soutien nent le tout, de la façon indiquée mi-scbE#- matiquement dans le dessin.
Dans l'exemple d'exécution de plan l et de tuile 2 décrit en premier lieu, l'axe Longi tudinal de ces organes était droit.; mais rien n'empêche, et réserve expresse en est faite: dès à présent, d'adopter comme axes d'autres lignes différentes de la droite et fermées ou non, telles par exemple des cireonfér sur des plans parallèles ou sur des cylindres coaxiaux entre eux.