Gazogène. La présente invention a pour objet un gazogène, notamment pour véhicule automo bile, destiné à être alimenté en combustibles minéraux de qualité médiocre.
La plupart des gazogènes conçus pour uti liser, sur véhicules automobiles, les combus tibles minéraux ne peuvent brûler, en réa lité, que des combustibles de qualité excep tionnelle et par suite très peu répandus, tels que les anthracites à 1 ou 2 % de cendres, et exempts de goudron.
On se trouve en effet en présence d'un grave inconvénient qui est la nécessité de vi danger le gazogène journellement ou même plus souvent, pour éliminer les cendres fon dues ainsi que les cendres libres qui obstruent le foyer après un kilométrage parfois très ré duit si le combustible contient une quantité appréciable de cendres.
Cette opération entraîne une grosse perte de combustible et de temps et, de plus, en in troduisant chaque jour du combustible frais dans le foyer, on envoie au filtre, à la pé riode d'allumage, une grosse quantité de ma tières volatiles plus ou moins condensables qui très rapidement arrivent à le colmater et mettent même assez rapidement les toiles fil trantes hors d'usage.
Par ailleurs, seuls les fibres du type à sec ont pu jusqu'à présent donner une sécu rité suffisante dans des installations qui doi vent être légères.
En bref, les palliatifs préconisés se heur tent à d'autres conséquences rédhibitoires, telles qu'un moindre rendement, une usure prématurée du gazogène, une mauvaise qua lité du gaz produit, etc.
Le gazogène faisant l'objet de l'invention résoud heureusement et simplement la ques tion par le fait qu'une grille unique est pla cée de façon inclinée à la base du foyer et en face d'une tuyère à air. Dans une forme d'exécution préférée, l'inclinaison de la grille est telle que sa partie supérieure soit un peu en dessous de l'horizontale passant par l'ex frémité de la tuyère, tandis due son pied ne dépasse pas l'aplomb de la verticale passant; par le nez de la tuyère.
Dans ces conditions, on constate que la descente du mâchefer est parfaitement régu lière et que jamais celui-ci ne vient devant le nez de la tuyère; ceci permet. donc de dimi nuer l'enfoncement de la tuyère dans le com bustible et, de plus, tous les organes peuvent être logés dans une enveloppe cylindrique, ce qui diminue considérablement le prix du gazogène. C'est ainsi qu'il est possible de tirer une puissance de 70 CV. d'un gazogène de 450 mm de diamètre avec une distance minima. tuyère-grille de 800 mm, qui con vient parfaitement.
Dans une forme d'exécution préférée, avec les dimensions de grille convenables, l'angle de la grille avec la verticale est d'envi ron 40 .
Avec cette disposition, la. grille peut pos séder une grande surface, tout en conservant une largeur relativement faible; on peut ainsi la sortir par la porte de décrassage sans créer de porte supplémentaire comme cela se fait d'habitude.
Avec ces proportions et en employant un charbon minéral de qualité très médiocre - 7 à 8 % de cendres - il devient possible de faire plusieurs centaines de kilomètres sans aucun décrassage et la qualité du gaz produit reste constante; la. seule chose qui va rie légèrement est la dépression du gazo gène, le bloc de mâchefer ayant une perméa bilité nulle.
Le dessin annexé représente, à titre d'exemple, une forme d'exécution du gazo gène faisant l'objet de l'invention.
La fig. 1 est une coupe verticale médiane de ce gazogène qui est de forme cylindrique. La fig. 2 est une vue séparée de la grille. La fig. 8 est une coupe suivant III-III de la fig. 1.
A la partie basse de l'enveloppe en tôle a du gazogène, qui est fermée en haut par un couvercle b et à la partie inférieure de laquelle s'introduit une tuyère à air e, de tout type approprié, est disposée, face à la tuyère, une grille inclinée d, constituée par un cadre rectangulaire e et des barreaux f. Cette grille est supportée par des tôles g qui sont fixées à l'enveloppe a et ferment: l'espace compris entre cette dernière et la grille.
On voit à la fi-. 1 due l'inclinaison donnée à la grille est telle que sa partie haute, voisine de la paroi a, est un peu en dessous de l'hori zontale passant par l'extrémité de la tuyère, et que. son pied contigu au fond du gazogène, ne dépasse pas l'aplomb du nez de la tuyère.
Un levier<B>ni,</B> placé à l'extérieur permet de donner un mouvement: de secousse à la brille, grâce à un mentonnet îa en équerre qui s'en gage dans une encoche o du cadre de grille.
Le gaz produit s'échappe par une tubu lure p pour se rendre au filtre.
En (j est une porte pour l'extraction des cendre, en b un orifice permettant d'accéder Ù, la, partie basse du foyer, en k un trou ser vant. ;à passer un ringard pour faire remon ter le gâteau de mâchefer - dont. le dessin montre en traits pointillés la forme générale et l'emplacement - jusqu'à une porte de dé crassage r.
Par le fait de la grille unique inclinée et par la combinaison des divers éléments préci tés, on obtient un résultat industriel absolu ment nouveau: la possibilité d'utiliser de fa çon pratique et continue du combustible mi néral de qualité médiocre avec un temps d'entretien journalier réduit à quelques mi nutes<B>(3</B>à 4 minutes) au lieu de 1 heure en viron. De plus, le combustible du foyer étant toujours du combustible déjà distillé, le filtre ne reçoit plus de matières volatiles condensa- bles et son entretien en est très diminué et sa durée augmentée.
L'exécution des divers éléments décrits pourra être modifiée, en particulier en ce qui concerne les supports de la grille inclinée et: la forme à donner à la cloison qui étrangle la base de la trémie.
Le gazogène décrit ci-dessus permet de dégager très facilement les mâchefers même quand la trémie est pleine, sans qu'on ait à retirer du charbon ni à manipuler du com bustible; l'opération peut ainsi se faire même à chaud sans difficulté. Il n'en reste pas moins qu'un conducteur peut négliger de faire cette opération simplifiée; le mâchefer finira alors par devenir si considérable qu'il arrivera à la limite de sa descente et qu'il viendra former devant la tuyère un écran de réflexion de la flamme de chalumeau pro duite par l'air aspiré; cette flamme renvoyée ainsi violemment sur la paroi en tôle qui sur monte la tuyère pourra la porter au rouge et la détériorer.
Pour éviter cela, on peut prévoir un bou clier de réfractaire recouvrant les parties qui risquent d'être portées à température élevée, soit quelques décimètres carrés autour de la tuyère. Un réfractaire mince suffit pour don ner la protection désirée.
L'adjonction de ce petit réfractaire léger permet de réduire de moitié environ l'épais seur de la tôle du foyer, d'où résulte une éco nomie intéressante de matière et de poids, avec, cependant, une sécurité nettement supé rieure.
Il est intéressant de constituer ce bouclier en carborundum, ce qui assure sa conserva tion pour ainsi dire indéfinie.
Dans le cas où l'on emploie des charbons goudronneux, les goudrons distillés près de la trémie peuvent trouver, le long de la paroi en métal du foyer, un passage dans une zone à, faible température et arriver ainsi à la grille sans être décomposés. On peut alors avoir intérêt à développer le bouclier de ré fractaire sur tout le pourtour du foyer. Les parois du foyer, ainsi rapprochées de la zone brûlante de formation du gaz pauvre et mieux protégées contre le refroidissement extérieur, seront à une température plus éle vée qui assurera la décomposition des gou drons qui s'acheminent vers la grille.
Enfin, si ces charbons sont particulière ment chargés en goudrons et que la disposi tion précédente ne suffise plus à les décom poser complètement, on pourra prévoir un trou calibré dans la paroi au-dessus du talus d'éboulement, de préférence en face de la tuyère, par exemple dans la porte de décras sage n si celle-ci est placée à cet endroit. L'air entrant par ce trou brûlera une quan tité correspondante de charbon et élévera la température de la quantité nécessaire pour la réduction totale des goudrons qui passent justement à cet endroit: