Procédé pour la conservation de liquides coagulables, tels que par exemple le lait et le sang, et appareil pour la réalisation de celui-ci. On connaît déjà des procédés ayant comme but la conservation du lait par traite ment sous pression d'oxygène, ces procédés permettant une stérilisation supérieure à celle obtenue avec la pasteurisation et une conservation relativement longue du lait .dans des lieux ambiants habituels, c'est-à-dire à une température moyenne de 18 à 28 degrés.
L'un de ces procédés :connus travaille à une forte pression à une température de 8 de grés, de sorte que celui-ci est assez coûteux en raison de la basse température exigée. De plus, il est nécessaire de conserver le lait ainsi traité à une basse température, cela pouvant être effectué par refroidissement continuel du récipient.
Un autre procédé plus économique con siste en un traitement du lait à 48 à 59@ de grés centigrades en agitant ou secouant forte ment le lait en présence d'oxygène, puis le laissant se refroidir lentement. L'efficacité de ce traitement se borne toutefois à la mix tion intense. L'agitation effectuée à l'aide d'un secoueur à glissière forme du beurre, tandis que l'emploi d'un agitateur mécanique n'est pals très efficace et exige en, plus une boîte à étoupes renfermant un lubrifiant qui se mélange au lait.
Pour empêcher cet incon vénient, il a été proposé de provoquer l'agi tation du lait par circulation dans un dispo sitif -en verre; mais aussi dans ce dernier cas l'introduction :dans le lait du lubrifiant pro venant .des partie lubrifiées n'a pas pu être évitée complètement. L'exécution de ce Tro- cédé échoua par conséquent à défaut d'agita teurs mécaniques appropriés. L'efficacité de ce procédé dépend largement :du degré de dis persion de l'oxygène dans le lait.
Grâce au procédé faisant l'objet de la présente invention, les inconvénients sus mentionnés peuvent être complètement exclus, tandis que la mise en oeuvre à grande échelle est possible.
Le présent procédé a donc comme but la conservation de liquides coagulables, tels que, par exemple, le lait et le sang, par traitement de ces derniers sous pression d'oxygène et est caractérisé en ce qu'on traite le liquide à des températures comprises entre 40 et 58 de grés dans un autoclave feimré, divisé en deux chambres par un diaphragme percé de trous, en faisant basculer à, plusieurs reprises l'auto clave de façon à forcer le liquide à passer dans un sens à travers le diaphragme, tandis que l'oxygène le traverse .dans l'autre sens.
L'appareil pour la mise en ceuvre de ce procédé comprend un autoclave susceptible de tourner autour d'un axe horizontal pas sant par son centre de gravité, dont. l'inté rieur est divisé en deux chambres par un diaphragme percé de trous.
Il est surprenant que le lait ainsi traité se conserve bien. plus longtemps que du lait ayant été traité suivant le procédé suscité. De plus, du lait traité selon la présente in vention présente des qualités plus favorables au point de vue bactériologique.
Par un essai fait avec un récipient connu du genre 10001-Hofius et durant 14 jours il a été constaté, après avoir chauffé le lait à 58 de- rés pendant une durée de 5 heures et re g<B>o</B> froidi subséquemment avec de l'eau, une ré duction du nombre de germes après un em magasinage de 24 heures dans ledit récipient, tandis qu'après un emmagasinage de 4 & heures une augmentation du nombre de germes se produit.
D'autre part, la teneur en s acide reste la même pendant 48 heures, e'est- à-dire environ 6,6 SH (degrés Soxh.let- Heinkel), puis après 3@ jours, elle augmente à 7 SH pour atteindre après une période de 11 jours 11 SH. Après 3 jours d'emmagasi- o nage, le goût du lait devenait mauvais.
Par contre, un essai ayant été effectué pendant 70 jours dans un autoclave suivant l'invention donnant des résultat très favora bles. Après avoir traité le lait de la même 5 manière que celle décrite auparavant, on a, pu constater une réduction du nombre des germes d'une valeur infinie à 1000 après un emma gasinage de 24 heures. Cette dernière valeur resta constante. Vers la fin de l'essai, c'est- à-dire après 70 jours, elle était tombée à 0.
La teneur en acide demeura pendant toute la durée de l'essai à. 6,6 à 7,1 SH..Il est remar quable qu'après 70 jours le lait était encore parfaitement potable. Du lait ainsi traité et mis en bouteilles était encore en. bon état ;
après un emmagasinage à<B>+</B> 7 degrés pen dant trois semaines. Avant tout, par suite de cette homogénéisation., le lait traité suivant l'invention acquiert une saveur particulière ment avantageuse qui, d'après le jugement, général, est encore meilleure que celle du lait brut, attendu que le palais croit percevoir la présence d'une plus grande quantité de crème.
La conservation de lait traité suivant le procédé de la, présente invention et mis en bouteilles normales est franchement surpre nante. A. 20-22' degrés le lait se conserve pendant 7 2)' heures dans ces récipients ouverts et lorsqu'il est emmagasiné à 10 degrés, le lait peut être conservé même. pendant 240 heures.
A part ces avantages, on a constaté que le lait non écrémé possède un certain degré d'homogénéité après avoir passé à travers le diaphragme percé de trous, l'homogénéité ayant une grande influence sur la conserva tion et la digestibilité du lait. Cette: homo gén6ité est d'autant plus surprenante que jus qu'à présent il fut nécessaire de presser le lait par des petits tubes, afin d'obtenir ce résultat, de sorte que dans la plupart des cas la qualité du lait en souffrait. Lorsqu'on tra vaille suivant le procédé faisant l'objet de l'invention, le lait passe à travers le dia phragme percé de trous en vertu de l'effet de la gravité.
Il est naturel (lue le lait tiède n'est pas approprié pour être remis au consommateur. Pour cette raison, ultérieurement au traite ment de lait suivant l'invention, on procéda â, un refroidissement à, l4-18 degrés. En opérant ainsi il a. été constaté que l'effet bactériologique est considérablement aug menté par un refroidissement relativement minime. Ce fait est d'autant plus surprenant qu'il s'agît, dans le présent cas, d'une diffé rence de température beaucoup moins gmande et non d'un refroidissement brusque comme lors de la pasteurisation du lait.
s Il est :évident qu'il existe des facteurs exerçant à l'intérieur de l'autoclave leur in fluence sur la qualité du lait, comme la pres sion, la. température, le genre et le nombre des trous du -diaphragme ainsi que le nombre de fois que le liquide en question passe à tra vers le diaphragme. Seul les deux derniers facteurs ont une certaine importance :dans le présent procédé. Ainsi on a trouvé qu'il est particulièrement avantageux de prévoir dans le diaphragme des trous d'un petit diamètre par rapport à l'épaisseur :dudit diaphragme, c'est-à-dire de munir le diaphragme de ca naux fins.
Pour le traitement envisagé du lait on emploie de préférence des canaux d'un diamètre de 0,5 à 3 mm, préférablement de 1 mm, et d'une longueur de 2 :à 20 mm, pré- férablement de 10 mm.
Le dessin ci-joint montre, à titre d'exem ple, un appareil pour la mise en oeuvre du procédé appliqué au traitement du lait.
La fig. 1 montre l'appareil en -élévation et avec des parties en section.
La fig. 2 montre le diaphragme fixé à l'intérieur de l'appareil.
La fig. 3 enfin est une section, à une échelle plus grande, des moyens de fixation pour le diaphragme.
L'appareil représenté.- est constitué par un autoclave comportant; deux demi-calottes cy lindriques -en acier 1 et 2% Chaque calotte est munie d'un rebord 3, mespectivement 4, et est boulonnée avec l'autre d'une manière étanche contre toute pression, tandis -que les bords du diaphragme 5, dans lequel sont prévus -des trous 6, sont serrés entre lesdits rebords 3@ et 4,au moyen d'anneaux .de joint 13:.
Chacune des deux calottes 3 et 4 est .de préférence recouverte par une chemise 7 dans laquelle on peut faire circuler soit un réfri gérant, soit un liquide de chauffage. Afin d'augmen:ter la surface active, des ;ailettes en spirale 8 sont soudées sur la partie extérieure des deux calottes; tandis que la chemise 7 est recouverte d'une couche 9 se composant d'un mauvais conducteur calorifique.
Sur la coupole de chaque calotte est prévu un trou d'homme 10. Sur le couvercle du trou d'homme supérieur est monté une petite soupape en acier inoxydable pour l'introduc tion de l'oxygène, ainsi qu'un manomètre et un tube, ce .dernier entrant dans l'autoclave jusqu'à être en contact avec le lait de ma- nière à pouvoir y introduire un thermomètre. D'autre part, 'le couvercle du trou d'homme inférieur comporte une assez grande soupape de décharge.
Ces accessoires ne figurent pas sur le dessin annexé en raison de clarté.
Tout autour des rebords 3, et 4, qui peu vent être liés ensemble à l'aide :de boulons ou par soudure, est fixé un cercle 11 au moyen, de boulons., ce cercle étant muni de deux pi vots 12 disposés diamétralement à des en droits opposés. Ces derniers sont placés sur deux supports s'appuyant sur un chevalet qui, de préférence, est muni,de roues et représenté s sur le dessin -en lignes mixtes.
Le poids entier de l'autoclave y compris la chemise et l'isolement s'appuie sur les deux pivots 12 et, par conséquent, sur les deux supports. L'axe des .deux pivots passe à travers le diaphragme muni de trous.
En raison du prix, il est avantageux de ne pas bâtir l'autoclave en acier antirouille, mais en acier ordinaire pourvu d'une couche d'émail. Les-émaux communs ne sont toute fois pas appropriés, vu qu'ils ne- sont pas assez élastiques, de sorte qu'ils peuvent se fendre sous haute pression.
A ce but se prê tent très bien certaines laques élastiques qu'on obtient des résines synthétiques. Celles-ci présentent encore :l'avantage que leurs éclats éventuels ne sont -pas nuisibles au corps humain comme les éclats de matières vitreuses.
Il est avantageux que le diaphragme ne comporte pas de trous à sa périphérie. Les ca naux ou trous peuvent, par exemple, être dis posés à l'intérieur .d'une zone en forme de cercle, -comme montré à la fig: 2. Le lait est chauffé sur une plaque jus qu'à ce qu'il ait atteint la température dé sirée pour être ensuite introduit, à travers un filtre, par en bas dans l'autoclave ou bien il est versé d'en haut dans l'autoclave et en suite amené à la température désirée en fai sant circuler de l'eau chaude dans la che mise 7. Dans ce dernier cas, il est avanta geux de tourner l'autoclave pendant le chauf fage, afin d'agiter le lait et de le mettre ra pidement en contact avec la. paroi envisagée.
Après avoir suffisamment rempli l'autoclave avec le liquide, par exemple jusqu'à '/,o de son volume, il est fermé. Puis on introduit l'oxygène par en haut jusqu'à ce qu'un mano mètre indique la pression de travail désirée, par exemple de 10 atu. Après avoir rempli l'autoclave avec le liquide en question et de l'oxygène, on le tourne autour de son axe qui, comme mentionné plus haut, se trouve au niveau du diaphragme. Le renversement doit avoir lieu lentement, par exemple 360 par minute. Lorsqu'on emploie des autoclaves de petites dimensions, ce renversement peut être effectué à la main, tandis que pour tour ner de grands autoclaves, il est approprié d'utiliser un petit moteur.
Vu que le diaphragme n'est pas pourvu d'ouvertures ou de trous à sa périphérie, l'autoclave peut être tourné de 90 , c7est-à- dire il peut se tourner en position horizon tale sans que l'oxygène fuisse passer de la coupole supérieure à la coupole inférieure. Toutefois, la rotation continuant, dès que le niveau du liquide a rendu les premiers trous libres, -l'oxygène se précipite dans l'autre cou pole qui à présent est la coupole supérieure. L'oxygène se partage en formant des petites bulles dans le liquide, tandis que ce dernier traverse le diaphragme en sens inverse.
Après avoir tourné l'autoclave de 180 , c'est-à-dire lorsque ce dernier se trouve de nouveau en position verticale, toute la surface du dia phragme muni de trous travaille de la même manière, l'oxygène montant alors à travers le liquide. Ainsi, toute la quantité ou presque toute la. quantité de l'oxygène remonte dans la partie supérieure de la coupole maintenant si@héricure en traversant. les trous ou canaux du diaphragme. Les conditions initiales sont ainsi de nouveau rétablies.
L'autoclave est tourné environ dix fois de la même manière. Enfin, on laisse l'oxy- Ilène s'échapper par la. soupape supérieure.
Il est à. mentionner que par ce traitement. à l'oxygène tous les gaz d'écurie et bactériels sont entraînés par l'oxygène et, par consé quent, le lait est purifié par ce traitement.
Puis on introduit encore une fois de l'oxy gène dans l'autoclave jusqu'à obtenir environ la pression de ICI atu; on fait encore tourner l'autoclave à plusieurs reprises, en exécutant une rotation après chaque heure.
La, durée du traitement dépend de la. qua lité désirée ,du produit. Il est remarquable qu'un traitement d'une heure et demie suf fit pour détruire les microbes pathogènes, tandis qu'un traitement d'une durée de trois heures suffit pour obtenir du lait pouvant être conservé pendant une semaine. Par un traitement d'une durée de cinq heures on obtient le meilleur résultat.
Après un pareil traitement, on provoque l'écbappement de l'oxygène, puis le lait est refroidi. Le refroidissement peut avoir lieu soit en laissant couler le lait par la soupape inférieure et ensuite à travers un appareil de réfrigération à serpentins ou ;à plaques, soit en faisant. circuler de l'eau froide dans la che mise 7 de l'autoclave.
Un avantage appréciable de l'autoclave consiste en ce que le remplissage du lait en bouteilles est effectué sans la moindre for mation d'écume. A cet effet, l'autoclave est disposé au-dessus de la, machine de remplis sage et est relié à, celle-ci par la soupape de vidange, tandis que le diaphragme empêche la mousse de sortir de l'autoclave par l'inter médiaire de la soupape de vidange.
Il est naturel que, suivant l'invention, l'autoclave peut être monté de façon mobile; ainsi on peut munir l'autoclave de roues ou bien on peut le disposer sur un wagon de chemin de fer. De cette manière, le traite ment peut s'achever pendant le transport.