Procédé pour rendre une enveloppe de pneumatique antidérapante.
La présente invention se rapporte à un procédé pour rendre une enveloppe de pneu matique pour véhicules antidérapante.
On a consacré jusqu'à présent beaucoup d'efforts pour obtenir une bande de roulement, venant en contact avec la route, qui résiste au dérapage et fournisse aussi une bonne adhérence pour le démarrage et l'arrêt.
Au début, ces efforts ont cherché à développer une enveloppe antidérapante de différentes manières, par exemple en créant un type de bande de roulement en une ou plusieurs parties, ou en appliquant des accessoires séparés à la roue, mais jusqu'à présent, on n'a pas encore réussi à obtenir une enveloppe antidérapante absolument satisfaisante.
On a proposé de nombreux modèles de bandes de roulement qui augmentent sensiblement les propriétés antidérapantes des enveloppes, en moulant des dessins de différents types sur la surface de roulement, mais le résultat n'a pas été entièrement satisfaisant, parce que la bande de roulement diminuait de façon appréciable la durée de fonctionnement de l'enveloppe.
De nombreuses parties constituantes de la bande de roulement ont été proposées pour augmenter la résistance au dérapage d'une enveloppe, mais elles n'ont pas donné satisfaction parce qu'une partie considérable de la durée d'existence de l'enveloppe est sacrifiée si elle est initialement fabriquée avec ce type de bande de roulement. Si l'enveloppe est réparée et reçoit une nouvelle bande de roulement constituée par une telle partie, il faut alors démonter l'enveloppe et choisir entre les deux solutions suivantes: employer une enveloppe de rechange pendant que l'autre est réparée, ou remiser sa voiture pendant le temps de la réparation. Les ennuis et le retard qui en résultent, sans compter les frais élevés de l'opération, empêchent une grande partie des gens de profiter de la nouvelle protection offerte.
On a imaginé beaucoup d'accessoires qui doivent être fixés aux enveloppes ou aux roues, mais ils n'ont jamais été très satisfait sants en raison des difficultés rencontrées pour les appliquer et les enlever. En général, ces accessoires ne sont utiles que dans la neige, la boue, la glace, etc., etne sont d'aucun secours sur des chaussées mouillées. Ils ne donnent pas satisfaction pour un montage permanent ou saisonnier sur un véhicule, mais doivent être appliqués quand certaines conditions règnent et être enlevés quand ces conditions cessent. De nombreux dispositifs de ce type incommodent les conducteurs et font supporter au véhicule des efforts mécaniques indus.
L'invention a pour objet un procédé pour rendre une enveloppe de pneumatique antidérapante, caractérisé en ce qu'on pratique des incisions dans la bande de roulement à intervalles très rapprochés les uns des autres.
Un autre objet de l'invention est un appareil pour la mise en oeuvre de ce procédé, caractérisé en ce qu'il comprend au moins un organe ayant une surface présentant des saillies destinées à entailler la bande de roulement de l'enveloppe, tandis que celle-ci roule sur ladite surface.
Encore un autre objet de l'invention est une enveloppe de pneumatique vulcanisée, telle que traitée par le procédé selon l'invention.
Dans le dessin annexé, donné à titre d'exemple:
La fig. 1 est une vue en plan partielle d'une bande de roulement suivant l'invention.
La fig. 2 est une élévation frontale d'un appareil pour la mise en ouvre du procédé suivant l'invention.
La fig. 3 est une vue, à échelle agrandie, de l'un des éléments employés pour traiter une bande de roulement.
La fig. 4 est une vue, à échelle agrandie, d'une autre forme des éléments employés pour traiter une bande de roulement.
La fig. 5 est une vue développée montrant la disposition des éléments.
La fig. 6 est une vue schématique en bout illustrant le procédé de traitement des enveloppes sur une automobile.
La fig. 7 est une vue schématique latérale illustrant une variante du procédé de traitement des enveloppes sur une automobile.
La fig. 8 est une vue schématique latérale montrant un autre appareil pour la mise en oeuvre du procédé.
En se référant à la fig. 1, une bande de roulement vulcanisée 1 présentant des nervures est employée à titre d'exemple, mais il est entendu que la présente invention peut s'appliquer à n'importe quel type de bande de roulement et ne se limite pas aux enveloppes d'un type particulier. Un grand nombre d'incisions 2 très rapprochées sont disposées de façon irrégulière sur toute la surface de la bande de roulement 1 destinée à venir en contact avec la route.
Les incisions 2 présentent à la surface de la route une multiplicité d'arêtes vives quand la bande de roulement entre en contact avec la route, parce que la déformation de la bande, en raison de la charge, ouvre légèrement les incisions; le contact des arêtes vives avec la surface de la route augmente sensiblement la capacité de l'enveloppe de < coller à la route, empê- chant ainsi le dérapage, et améliore aussi les arrêts et les départs sur des routes glissantes.
L'ouverture des incisions 2 n'est pas suffisante pour provoquer une usure indue de la bande, réduisant la durée de l'enveloppe, mais les enveloppes ayant subi ce traitement ont montré une augmentation remarquable des propriétés antidérapantes par rapport aux autres types.
La fig. 9 montre une forme d'exécution d'un appareil employé pour produire la surface de la bande traitée telle que celle montrée à la fig. 1. Dans cet appareil, l'envie loppe 3, montée sur la roue 4, est supportée par les rouleaux 5 et 6 qui sont fixés sur des arbres 7 et S respectivement, qui, à leur tour, sont montés rotativement sur les paliers 9 à leurs deux extrémités.
La surface du rou- leau 5 présente une multiplicité de saillies aiguës 10 qui ont une longueur non supérieure à l'épaisseur de la bande de roulement: de préférence, la longueur des saillies 10 est assez grande pour inciser seulement la couche extérieure de la bande correspondant à l'usure normale de l'enveloppe pendant les mois d'hiver, de sorte que la faible réduction de durée de l'enveloppe due à ce traitement ne se fait pas sentir plus longtemps qu'il n'est nécessaire. Le rouleau 6 est monté fou sur son arbre et sert à supporter, centrer et guider l'enveloppe 3 pendant le traitement de l'enveloppe.
Les saillies 10 peuvent avoir toute forme désirée capable d'inciser la bande de roulement de l'enveloppe quand elle tourne sur la surface du rouleau 5, et les fig. 3 et 4 montrent, à titre d'exemple, deux types de saillies qui donnent de bons résultats. La saillie 11 montrée à la fig. 3 se termine par un crochet dont l'extrémité est de préférence disposée dans la direction de l'axe de rotation du rouleau 5, quelques saillies se dirigeant dans la direction opposée, tandis que la saillie 12 montrée à la fig. 4 a la forme d'un cône droit.
Les saillies 10 sont de préférence réparties au hasard sur la surface du rouleau 5, de façon à rendre moins probable que des saillies pénètrent à nouveau dans des incisions faites antérieurement au cours de rotations successives, mais une disposition uniforme des saillies peut être utilisée également avec de bons résultats, car de telles saillies pratiqueront en définitive, selon toute probabilité, des incisions disposées au hasard dans la bande de roulement, après que celle-ci ait repassé plusieurs fois sur lesdites saillies.
Comme on le voit à la fig. 2, le rouleau 5 peut être entraîné en rotation par une courroie ou une chaîne 13 nuie par le moteur 14 qui à son tour fait tourner la bande de roulement 1, en contact avec les saillies 10, à une vitesse circonférentielle sensiblement égale à celle de la surface du rouleau 5. Le rouleau 6 aide à supporter la bande de roulement et à maintenir l'alignement et le contact de la bande I et du rouleau 5. Il n'est pas essentiel que le rouleau 5 soit le rouleau entraîné par le moteur, ce pourrait aussi être le rouleau 6, ou bien la force motrice de l'automobile pourrait être utilisée pour entraîner la roue 4 qui à son tour ferait tourner l'enveloppe 3 contre les rouleaux 5 et 6.
En employant la force motrice de l'automobile pour mouvoir une bande de roulement contre les rouleaux, la nécessité de prévoir un moyen d'entraînement indépendant pour l'un ou l'autre des rouleaux est éliminée. L'ensemble du moteur 14 et des rouleaux 5 et 6 est monté sur un socle 15 5 qui aide à le transporter d'un endroit à l'autre.
Par l'emploi d'un appareil tel que celui de la fig. 2, les pneus ou roues n'ont pas besoin d'être enlevés de leur position respective sur le véhicule, mais peuvent être traités simplement et rapidement dans leur position.
La fig. 6 ; illustre une manière de procéder pour effectuer cette opération; la bande de roulement 16 est placée sur l'ensemble 17 des rouleaux (comme à ]a fig. 2), et l'enveloppe 15, à l'extrémité opposée de l'essieu 19 du véhicule, repose 5103' un bloc 0), de sorte que l'essieu arrière 19 reste sensiblement parallèle au sol. La bande de roulement 16 tourne ainsi contre la surface du rouleau 5 à une vitesse circonférentielle sensiblement égale, en employant soit la force motrice du véhicule, soit une force motrice indépendante, par exemple le moteur 14.
La bande de roulement 16 tourne contre les saillies du rouleau 5 jusqu'à ce qu'elle soit suffisamment incisée; l'appareil est alors déplacé pour traiter l'autre enveloppe 18; le bloc 20 est disposé sous l'enveloppe 16 et le procédé se répète. Naturellement, il est nécessaire d'utiliser une force motrice indépendante si l'on désire traiter sans changer leur position les enveloppes avant du véhicule; on peut aussi intervertir les enveloppes avant et arrière une fois que ces dernières ont été traitées, et utiliser alors pour les quatre pneus la force motrice du véhicule.
I1 est entendu cependant que plusieurs de ces appareils peuvent être employés simultanément pour traiter plus d'une enveloppe à la fois, afin de réduire le temps total du traitement des enveloppes d'un véhicule. I1 n'est pas essentiel que les enveloppes soient montées sur le véhicule pour être traitées; elles peuvent aussi être traitées quand elles sont démontées, pourvu qu'on prenne des mesures pour appliquer une pression suffisante à l'enveloppe ou à la roue de façon que les saillies puissent percer la bande de roulement à la profondeur requise.
La fig. 7 illustre une autre façon de procéder pour traiter au moins deux enveloppes d'un véhicule simultanément pendant qu'elles sont montées sur le véhicule. Deux ensembles de rouleaux, 21 et 22 (tels que celui de la fig. 2), sont disposés sous les roues avant 23 et arrière 24 du même côté du véhicule; une chaîne ou courroie 25 fait tourner le rouleau 26 de l'ensemble 22, cette chaîne ou courroie passant également sur le rouleau 27 de l'ensemble 21, ce dernier rouleau étant de préférence entraîné en rotation par la force motrice du véhicule, comme précédemment décrit.
De préférence, l'ensemble 22 est monté de façon à pouvoir être réglé linéairement, par exemple par une tige filetée 28 pouvant tourner sous l'action d'une manivelle 29, de facon à fournir des moyens pour adapter la position de l'ensemble 22 aux différentes dimensions des véhicules, la tension de la chaîne 25 étant maintenue par un contrepoids 30. Une source de force motrice indépendante peut être utilisée pour entraîner le rouleau 26 ou le rouleau 27, si on le désire.
La fig. 8 représente une autre forme d'exécution de l'appareil, consistant en une plaque 31 recouverte de saillies 32 semblables à celles des fig. 3 ou 4. De préférence, la plaque 31 a une longueur au moins légèrement supérieure à la circonférence de la bande de roulement à traiter. La surface de la bande de roulement peut être incisée en conduisant le véhicule en avant et en arrière sur les saillies 32 de la plaque 31, jusqu'à ce que le nombre d'incisions voulu soit obtenu.
Dans le traitement d'une bande de roulement avec un des appareils représentés, la bande tourne en restant en contact avec la surface du rouleau qui présente de nombreuses saillies, et ces dernières pratiquent des incisions dans la bande. La bande et le rouleau tournent à une vitesse sensiblement égale jusqu'à ce que la surface de la bande soit suffisamment incisée par les saillies, les incisions étant assez rapprochées les unes des autres. Les saillies produisent une faible déchirure ou coupure dans l'enveloppe en raison du changement d'orientation de la saillie par rapport à la bande entre le point d'entrée et celui de sortie de la saillie.
Le traitement des enveloppes par ce procédé n'est pas limité à une enveloppe de grandeur donnée ou de type particulier, mais peut être appliqué à n'importe quelle enveloppe aussi longtemps que la bande de roulement de cette dernière a encore une épaisseur suffisante pour que les saillies ne percent pas la carcasse ou le corps de l'enveloppe. I1 n'y a pas de précautions à prendre pour traiter une enveloppe par le procédé décrit, de sorte que l'enveloppe peut être immédiatement traitée, même si la surface de la bande est mouillée.
Dans toutes les formes d'exécution décrites, les saillies peuvent être chauffées pour faciliter leur pénétration dans la bande.
REVENDICATIONS:
I. Procédé pour rendre une enveloppe de pneumatique antidérapante, caractérisé en ce qu'on pratique des incisions dans la bande de roulement à intervalles très rap prochés les uns des autres.