Procédé de fabrication d'un matériau à base de plâtre Il est connu de traiter par expression les bétons frais et fluides, c'est-à-dire préparés avec une pro portion d'eau bien supérieure à celle que peut fixer l'hydratation du ciment, afin d'en ôter l'excès d'eau dont la présence est cependant utile pendant la coulée dudit béton.
Plusieurs moyens techniques peuvent être em ployés, dont le but commun est de drainer l'excès d'eau de la masse pâteuse du béton frais tout en maintenant sur ou dans cette masse une pression relative juste suffisante pour que les éléments so lides de la pâte se tassent les uns sur les autres, au fur et à mesure que l'eau s'en va, afin d'éviter que le départ de cette eau ne soit la cause de la for mation de fissures dans la masse dudit béton en voie de tassement, comme il arriverait si l'on exé cutait un simple essorage.
Le moyen le plus général pour faire cette ex pression consiste à drainer le béton fluide par des parois perméables tout en le serrant convenable ment contre ces parois.
Ces traitements n'ont jamais été appliqués aux pâtes fluides formées d'eau en excès et de plâtre, mais cependant de nombreuses expériences ont mon tré que l'on pouvait appliquer avec succès à ces pâtes tous les procédés techniques d'expression utilisés avec les bétons fluides et découlant des principes généraux énoncés ci-dessus, surtout en raison du fait que les pâtes de plâtre, contrairement aux pâtes de ciment, laissent filtrer l'eau exprimée à travers leur masse même quand elles sont déjà fortement tassées.
Le présent brevet a pour objet un procédé de fabrication d'un matériau à base de plâtre, carac térisé par le fait que l'on forme une pâte fluide avec du plâtre et de l'eau en excès par rapport à la pro portion d'eau que peut fixer le processus physique d'hydratation et de prise du plâtre, et par le fait que l'on exprime ensuite l'excès d'eau.
Le brevet a encore pour objets une installation pour la mise en oeuvre du procédé et le matériau obtenu par ce procédé.
Conformément à ce qui a été exposé plus haut, au sujet des bétons, l'expression de l'eau se fera en général en drainant l'eau excédentaire de ces pâtes et en exerçant en même temps une pression relative suffisante pour assurer la continuité de la pâte en voie d'expression et éviter que le départ de l'eau drainée n'y cause des fissures.
La réalisation technique des opérations d7expres- sion est assez difficile à régler parce que la prise du plâtre est ordinairement très rapide et parce que la filtration de l'eau drainée à travers la masse est lente. Il en résulte qu'il est utile en général de ra lentir la prise par tous moyens connus et de com mencer l'opération avec une pâte très fluide et lar gement dosée en eau excédentaire pour bien remplir le moule de traitement. La pression relative appli quée doit être douce et régulière, afin d'obtenir une expression exacte dans toute la masse et d'éviter le blocage de la filtration par des tassements locaux. L'incorporation de charges et en particulier de ma tières fibreuses facilite l'expression.
Toute insertion d'armatures et pièces auxiliaires est possible.
Quand l'opération est bien conduite, les pièces sortent du moule sans eau excédentaire et l'on peut démouler dès que l'expression elle-même est termi née, c'est-à-dire dès qu'on ne voit plus d'eau res- suer, et bien que la réaction d'hydratation du plâtre puisse n'être pas terminée ou même pas commencée. Les pièces ont alors l'aspect sec et peuvent être manipulées et utilisées presque immédiatement.
On obtient alors ainsi une matière entièrement nouvelle, d'une dureté supérieure à celle que l'on obtient par la coulée des plâtres alunés, et compa rable à celle d'un calcaire dur, résistant aux intem péries, ne corrodant pas les armatures de fer, et susceptible de recevoir un beau poli ou des revête ments et glaçures par vernis, silicates, laques, résines ou peintures.
Une installation pour la mise en oeuvre du pro cédé décrit comprendra au moins un appareil dans lequel la pâte traitée est soumise à une action centri- fuge.
On peut obtenir, à l'aide de tels appareils, soit des pièces en forme de tuyaux ou de corps cylin driques dans un moule de révolution tournant autour de son axe, soit des pièces de formes quelconques en utilisant des moules de forme, tournant également autour d'un axe.
Contrairement à la pratique de la centrifugation en matière de bétons, le plâtre sera délayé dans un grand excès d'eau avec, éventuellement, des matières pour retarder ou contrôler le durcissement ; la pâte pourra présenter l'aspect d'un lait ou d'une suspen sion très peu visqueuse que l'on coule sans difficulté dans les moules en état de rotation. La matière solide en suspension se met à sédimenter dans des direc tions axifuges, et il se forme rapidement un sédi ment solide et l'eau en excès peut être évacuée par des évents ou des siphons, soit pendant la marche, soit à l'arrêt en fin d'opération.
On peut envisager d'effectuer, dans le même moule, plusieurs sédimentations successives par plu sieurs injections successives de suspensions aqueuses sans interrompre sa rotation, les sédimentations suc cessives pouvant être pratiquées avec des matières différentes. Les diverses modalités connues de la technique de la centrifugation peuvent être utilisées, en par ticulier la trépidation des moules.
Dans une mise en oeuvre particulière du procédé décrit, on peut préparer une matière pâteuse très concentrée en matière solide, par expression centri fuge, puis extraire cette pâte de son moule avant son durcissement, puis la mouler par pression, filage ou tout autre procédé connu, pour en faire un objet