Procédé de préparation de l'alcaloïde raunormine et de ses sels avec des acides L'invention est relative à l'extraction de l'alca loïde raunormine de la plante Rauwolfia canescens.
Les plantes Rauwolfia de la famille des Apocy- nacées contiennent environ 2'% d'alcaloïdes qui peu- vent être extraits. Les extraits peuvent être fraction nés afin de fournir les. alcaloïdes séparément ou en mélange. Les alcaloïdes qu'on a pu jusqu'ici obtenir à partir de la Rauwolfia canescens sont une réser pine impure (Klohs et al., J.
Am. Chem. Soc. 76, 1381, 1954) fondant à 254e avec décomposition,
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(c = 1,03 dans CHC13) et la rau- wolscine (Mookerjee et al., J. Ind. Chem. Soc.<I>18,</I> 33, 1941) formant des paillettes jaunes épaisses ayant un P.F. = 131 - 1320, avec décomposition et un
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dans l'alcool.
Des méthodes d'extraction de l'ensemble des al caloïdes sont connues. Elles comprennent le traite ment de la matière première constituée par la plante, avec du méthanol ou de l'éthanol et la concentration de l'extrait ou son évaporation jusqu'à siccité. On peut également traiter le produit avec de l'eau acidu lée et, si on désire, précipiter les alcaloïdes de la so lution acide avec une base ; ou traiter le produit brut avec de l'eau ou un agent alcalinisant et procéder en suite à l'extraction avec un solvant non miscible à l'eau tel que le benzène, le chloroforme ou autre, et séparer les alcaloïdes d'avec le solvant.
L'ensemble des alcaloïdes extraits peut être séparé en deux fractions, l'une fortement basique et l'autre légèrement basique, à l'aide d'un système solvant composé d'un acide aqueux et d'un solvant constitué par un hydrocarbure aliphatique, partiellement halo- géné et non miscible à l'eau.
On a découvert que ce processus de séparation, lorsqu'il est appliqué à la R. canescens , donne un extrait organique qui contient un nouvel alcaloïde, lequel alcaloïde ne se trouve pas dans les extraits correspondants obtenus à partir de R. serpentina , R. heterophylla et R. vomitoria .
Ce nouvel alcaloïde a été appelé raunormine (Journal of the American Pharmaceuti- cal Association, Scientic Edition, Volume XLIV, No 11, november 1955, p. 688-693, W. E. Harrisson, E. W, Parkman, E. Smith, N. Hosansky et R. Salkin).
L'invention a pour objet un procédé de prépara tion de l'alcaloïde raunormine et de ses sels avec des acides caractérisé en ce qu'on distribue un extrait des alcaloïdes de la plante<I>Rauwolfia</I> canescens compre nant l'alcaloïde rauwolscine, l'alcaloïde raunormine et l'alcaloïde réserpine, dans un système solvant com posé d'un acide aqueux ayant un pH de 0,6<B>à,6,5</B> et d'un hydrocarbure aliphatique partiellement halogéné non miscible avec l'eau, de sorte que la rauwolscine, fortement basique,
soit fixée sous forme de sel dans la phase aqueuse acide tandis que la raunormine et la réserpine, faiblement basiques, passent dans la phase organique, on sépare la phase organique de la phase aqueuse et on élimine une partie au moins du solvant de cette phase organique, on dissout le produit résultant dans un alcool aliphatique à faible poids moléculaire et on sépare la réserpine et la rau- normine de la solution résultante.
Dans une mise en #uvre du procédé, les bases libres du résidu provenant de l'élimination au moins partielle du solvant de la phase organique, peuvent être transformées en sels et les solubilités différentes des sels dans des alcools aliphatiques à poids molé culaire réduit, peuvent servir à séparer les bases. La rauwolscine, fortement basique, passe sous forme de sel dans l'acide aqueux du système solvant.
On préfère utiliser l'acide ortho-phosphorique comme acide aqueux, mais on peut utiliser aussi d'autres aci des, tels que les acides chlorhydrique, sulfurique, acétique et autres, avec des résultats semblables.
Le solvant formé d'un hydrocarbure aliphatique partiel lement halogéné que l'on préfère utiliser dans le sys tème est le chloroforme ; mais d'autres solvants de ce groupe, tels que le dichlorure d'éthylène, le trichlor- éthylène et d'autres solvants analogues sont utiles aussi. On préfère utiliser le méthanol ou l'éthanol comme solvant pour la séparation des bases libres ou leurs sels d'avec le concentré dans le solvant orga nique.
Tous les sels ayant -des solubilités différentes dans ces alcools, sont utilisables ; on préfère les chlorhydrates et les nitrates, rirais d'autres sels inor ganiques tels que les sulfates,
et des sels organiques tels que les oxalates peuvent aussi être utilisés. On a trouvé que le chlorhydrate de réserpine et le chlor- hydrate de raunormine sont solubles dans l'éthanol froid respectivement dans des proportions de 0,1 '% et 2,
5 1%. Les solubilités des nitrates correspondants sont de 0,03 a/o et 0,3 % environ;
celles des bases li- bres dans l'éthanol bouillant sont respectivement de l'ordre de 0,5 n/o et 6:%.
Les exemples suivants décrivent plus explicite ment la présente invention. <I>Exemple 1</I> 5000 g de racines de la R. canescens sont humidifiés avec 2000 ml d'une solution aqueuse à 10'0% de bicarbonate de soude. On laisse gonfler le produit durant plusieurs heures et on utilise du benzol chaud pour l'extraction. L'extrait dans le benzol est concentré jusqu'à 1000 ml, deux volumes d'éther sont ajoutés et les alcaloïdes sont extraits par agita tion avec de l'acide orthophosphorique M/2 l'ensem ble des liquides acides est lavé avec de l'éther.
Les eaux acides clarifiées sont soumises à l'extraction au chloroforme, six fois, avec chaque fois une propor tion de- chloroforme égale au 1/xo de leur volume. Le mélange des extraits au chloroforme est lavé avec une solution aqueuse de carbonate de sodium à 10,%, puis avec de l'eau et ensuite évaporé jusqu'à siccité.
10 g du solide obtenu sont dissous dans 550 ml d'éthanol bouillant. En refroidissant, cette solution donne 2-g d'une fraction alcaloïdale riche en réser pine. Lorsque la liqueur-mère est concentrée à 400 ml on obtient 800 g d'une réserpine moins pure fon dant à 254,). Après concentration de la liqueur mère jusqu'à 50 ml et addition d'acétate d'éthyle au pro duit concentré, une troisième fraction de cristaux pesant 2,7 g est obtenue.
Le spectre ultraviolet de cette matière montre un maximum- à 267 mi
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de plus-de 310) et un minimum, à 239 m#t (
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de moins de 100).- dans l'acide acétique dilué: Les va- leurs -correspondantes pour la réserpine pure sont un, maximum de 267 m[,
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et un mini mum de 243 ml,
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Cela indique que la troisième fraction renferme un nouvel alcaloïde diffé- rent de la réserpine soit la raunormine. Dans les exemples suivants on isole cet alcaloïde sous une forme pure.
On utilise pour cette séparation de la raunormine avec la réserpine, un alcool à poids moléculaire bas comme l'éthanol ou le méthanol. <I>Exemple 2</I> 5 g du solide obtenu par évaporation des extraits au chloroforme, comme dans l'exemple 1, sont dis sous dans 5 ml d'acide acétique 5 N, la solution est diluée dans de l'éthanol de manière à obtenir dans celle-ci une proportion de 20'% environ d'alcaloïde et l'on ajoute de l'acide chlorhydrique jusqu'à avoir un pH qui ne dépasse pas 3,5 (réaction acide au pa pier Rouge Congo).
Le précipité cristallin obtenu contient principalement du chlorhydrate de réserpine monohydraté assez pur, fondant à 220 en accord avec le point de fusion de cette substance décrite par Klohs et al., J. Ain.-Chem. Soc.<I>75,</I> 4867, 1953. Le précipité est filtré et la liqueur mère concentrée jus qu'à la moitié de son volume. Ainsi une autre quan tité de chlorhydrate de réserpine impure est obtenue et filtrée.
La seconde liqueur mère est alors concen trée et donne une troisième récolte de chlorhydrate cristallisé. Par recristallisation dans l'éthanol jusqu'à obtenir un pouvoir rotatoire spécifique et un point de fusion constants, cette troisième substance brute don ne un chlorhydrate de raunormine analytiquement pur, fondant à 245 - 2460 environ et ayant un pou voir rotatoire spécifique de - 100 2o dans le chlo roforme (c = 1).
La formule empirique est C22H3808N2 . HCl. 1,5 H20. On obtient par calcul C = 59,85 H = 6,59 N = 4,36 Cl = 5,52 On trouve C = 59,85- H = 6,94N = 4,62 Cl = 5,63 Le chlorhydrate pur est transformé en base libre par agitation dans une solution de bicarbonate de sodium à 10'% et en présence de chloroforme. L'ex- trait au chloroforme est séparé,
lavé d'abord avec une solution diluée de carbonate de sodium, puis avec de l'eau ; il est séché sur du sulfate de sodium et le chloroforme est séparé dans le vide. L'alcaloïde obtenu est -cristallisé deux fois dans l'acétate d'éthyle. La:. base à l'état libre, la raunormine, forme de longues aiguilles fondant à 224 - 2260 avec dé composition. Elle a un pouvoir rotatoire spécifique de -135<U>+'2o</U> (c = 1) dans le chloroforme, - 162 20 (c = 0,5) dans la pyridine, et - 123 20 (c = 0,1) dans l'acide acétique 2 N.
Les fig. 1 et 2 des dessins ci-annexés montrent res, pectivement les spectres d'absorption dans l'ultraviolet et l'infrarouge. Ces spectres constituent le meilleur moyen d'identifier l'alcaloïde.
Les maximums et les minimums trouvés dans la courbe de l'ultraviolet, dans l'alcool sont
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(Fig. <SEP> 1) <SEP> max. <SEP> 218 <SEP> m[, <SEP> (E <SEP> i <SEP> = <SEP> 1000 <SEP> ; <SEP> E57860)
<tb> max. <SEP> 272 <SEP> mu <SEP> (E <SEP> 1 <SEP> = <SEP> 311 <SEP> ; <SEP> e18000)
<tb> palier <SEP> 289 <SEP> m#L <SEP> (E <SEP> 1 <SEP> = <SEP> 205 <SEP> ; <SEP> e11900)
<tb> min. <SEP> 243 <SEP> m[i <SEP> (E <SEP> 1 <SEP> = <SEP> 107 <SEP> ; <SEP> e <SEP> 6800) dans l'acide acétique dilué
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max. <SEP> 268 <SEP> mu <SEP> (E <SEP> 1 <SEP> = <SEP> 331 <SEP> ; <SEP> e19200)
<tb> palier <SEP> 286 <SEP> m@, <SEP> (E <SEP> 1 <SEP> = <SEP> 196 <SEP> ; <SEP> e11400)
<tb> min. <SEP> 230 <SEP> m#, <SEP> (E <SEP> i <SEP> = <SEP> 96 <SEP> ;
<SEP> s <SEP> 5550) Formule empirique de la base libre C32H3808N2 On obtient par calcul C=66,42 H=6,62 N=4,84 5 - OCH3=26,82 On trouve C=66,10 H=6,47 N=5,18 OCH3=27,10 Selon des expériences biologiques avec des souris et des chiens, la raunormine semble avoir des, pro priétés sédatives et hypnotiques. <I>Exemple 3</I> Un extrait solide d'alcaloïdes faiblement basiques est obtenu à partir de la R. canescens comme dé crit dans l'exemple 1, à partir de la fraction organi que du système solvant.
Le solide est dissous par chauffage dans l'éthanol en utilisant trois parties d7al- cool pour une partie du produit. On laisse la solution au repos jusqu'à ce que la séparation de la réserpine cristalline soit complète. La réserpine est filtrée et la. liqueur mère est évaporée jusqu'à siccité. Le résidu est dissous dans de l'acide acétique 5 N, la solution est traitée jusqu'à avoir une teneur en alcaloïde de 20 %, avec de l'éthanol, et la base est alors précipitée de la solution refroidie par addition d'acide nitrique.
Le nitrate de réserpine obtenu est filtré et la liqueur mère est concentrée. Le concentrat donne du nitrate de raunormine cristallisé dont le point de fusion est de 244 - 2460 environ et le pouvoir rotatoire spéci fique de - 109 2() dans du chroroforme (c = 1). La formule empirique est C32H38O8N2HN03.
On obtient par calcul C = 59,90 H = 6,13 N = 6,55 On trouve C = 59,86 H = 6,32 N = 6,57 On préfère utiliser l'éthanol pour la séparation fractionnée des sels de raunormine d'avec les sels de réserpine, mais d'autres alcools aliphatiques à poids moléculaire léger tels que le méthanol peuvent être utilisés.
Les exemples suivants se réfèrent à la prépara tion de sels à partir d'une raunormine obtenue con formément à l'invention. <I>Exemple 4</I> La raunormine est dissoute dans de l'acide acé- tique 2 N et traitée avec de l'acide oxalique alcoolisé à 10 %.
Le sel qui se sépare est recristallisé dans du méthanol. Il fond à 234 - 236o. La formule empirique est C8243808N2 . C24204 1/2 H20 On obtient par calcul C=60,26 H=6,10 N=4,13 On trouve C = 60,44 H = 6,47 N = 4,44 <I>Exemple 5</I> La raunormine est dissoute dans de l'acide acé tique 2 N et la solution refroidie est traitée avec de l'acide sulfurique concentré. Le sel qui se sépare est recristallisé dans du méthanol aqueux. Il fond à 238 - 239o environ.